Littérature suisse
Dessins suissesadmin
:: 21 juin Un jour d'été
:: 8 juin Avant de s’endormir
:: 19 mai La famille
:: 18 mai La dent de la Nuit
:: 3 mai La distance
:: 1 mai Dans le temps
:: 15 avril Dans la solitude qui n'existe pas
:: 1 avril Comme si rien
:: 28 mars L'Ange Virus
:: 9 mars La bite molle
:: 8 mars Seule et bien
:: 28 février Ne pas être à la recherche
:: 26 février Se bercer
:: 15 février Mes caresses
:: 7 février Jouissant
:: 4 février Comme le bonheur
:: 31 janvier Jeudi soir
:: 21 janvier Bestiaire magaliesque
:: 19 janvier Le dernier dimanche
:: 15 janvier sable
:: 24 décembre des lèvres de noël
:: 21 décembre Tara
:: 18 décembre Dans l’obscur corridor des totalités
:: 12 décembre Un ruisseau de ressemblances
:: 20 novembre tout était immédiatement possible
:: 26 octobre Dialogue autour d’une feuille
:: 11 octobre Esprit d’automne en flammes
:: 7 octobre Impossibles calculs
:: 30 septembre Projet Lima
:: 28 septembre Silvina Simao Valente et Marc au Beau-Rivage
:: 10 septembre Nul ne sait nul n’a vu
:: 31 août Taches rouges sur Gran Sasso
:: 15 août Mowgli
:: 11 août Etoiles d’enfants
:: 5 août Sous les pinèdes
:: 11 octobre | Esprit d’automne en flammes
:: 7 octobre | Impossibles calculs
:: 28 septembre | Silvina Simao Valente et Marc au Beau-Rivage
:: 13 juin | Justice?
:: 25 mai | L’envol
:: 4 mars | Mazot japonais
:: 17 février | La forêt sombre
:: 9 février | L’oeil retiré
:: 6 janvier | Tube infuseur de vie
:: 18 novembre | Effusion lente
:: 24 octobre | Le dernier des musées
:: 11 septembre | Sémantique urbaine
:: 21 juin | L’été flamboyant
21 juin 2020

Le jour le plus long fut cet été-là le jour de ton rire le plus long, large et voluptueux, s’étalant dans la lumière tachetée des quelques nuages. L’air était rempli de toi le long des ruelles médiévales, et le lac dans ses couleurs des jours de plaisir faisait résonner ton rire au-dessus des foules dominicales, jusqu’au Jura qui te répondait, et me renvoyait ton coeur jusqu’au creux de ma main dans la tienne. Nous nous promenions dans ce dimanche du premier été entre nous comme si nous en avions déjà vécu tant et tant et tant et tant nous allions en vivre.

Maintenant, au crépuscule, je repense à toi qui était comme en moi ce jour-là, ce jour l’air de rien, ce jour d’été, et j’aurais du savoir alors que ce fut un jour magique, un jour réunissant tout, simplement, sans folies, d’amour partagé pour toujours. J’entends ton rire encore, si vrai et si tendre, comme nous nous aimions!, et je laisserai ce souvenir, lent, long, infini, m’accompagner jusqu’à la fin.


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8 juin 2020

c’est la fête
dansons sur les lits
jetons les draps
tapons-nous avec des coussins
laissons la nuit pleuvoir
alors que nous rions
avant de nous endormir


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19 mai 2020

La famille est chez moi
L’ex-famille
J’ai dépassé ton copain dimanche dernier sur l’autoroute,
J’apprends qu’il était là aussi, sur l’autoroute, ton nouvel homme
Il m’a reconnu, bizarre croisement de vie sur l’asphalte.
Tu m’as raconté toute ta vie en ce moment.
Notre fille part avec ta co-locatrice un mois en Grèce cet été.
Ils te rejoignent ensuite toi et ton nouvel ami sur Paros avec une amie à notre fille.
Notre fille ne viendra pas en vacances sur l’île d’Elbe.
Les vies se séparent les liens se défont le passé se délite les enfants partent.
Tu voulais annuler Lucerne pour notre fils ce week-end avec moi car il a rdv de longue date chez le dentiste vendredi
J’ai réussi à te sortir de ton programme avec une étonnante facilité.
Tu changes aussi.
J’ai appris que ta coloc me trouve froid et distant
… va falloir que je l’invite une fois pour mettre ça à plat, tellement elle est proche de notre fille
Elles boivent des verres ensemble dans ton jardin et refont le monde.

Je me sens tellement loin de ma famille
Le vent souffle fort et mon pote l’érable me chuchote des trucs que je ne comprends pas mais aimerais
Le vent souffle sur le passé
Ça fait un chuchotement interminable
Je vous ai chassé, ma famille, parce que ta voix et ton accent ont fini par m’agacer légèrement.

Et c’est moi qui ai créé tout ça.
Mon fils tousse renifle et s’en va sans dire grand chose
Triste impression d’avoir observé une unité défaite
Je me sens l’étranger de ma propre famille : il se passe des choses dont je ne fais plus partie
Je crois avoir été froid et distant
Cette non-présence cette non-unité m’a fait peur

Je vais sortir dans la nuit


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18 mai 2020

Les éclairs frappent derrière la Dent d’Oche révélant par moment son immense et infaillible silhouette, comme si elle n’avait jamais été là et que soudain dans la nuit sa présence dans l’ombre aspirait les vents et les vies qui par malchance l’entrevoyaient. La dent de la Nuit.


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3 mai 2020

Elle est arrivée chez elle. Son appartement est tout comme il faut. Peut-être qu’il y a encore 2-3 trucs à ranger pour bien débuter la semaine qui vient. Elle rentre dans une routine rassurante faite d’éléments connus qui l’entourent. Les lumières, la température de l’eau, tout est là où il faut une fois que les bagages sont vidés.
Elle grignote quelques noix, un morceau de chocolat. Tout est bien là même si elle a laissé derrière elle quelque chose qui n’est pas là.
Agréable sensation de vide. Agréable sensation de tout ce qu’il faut remplir à nouveau. Il y a comme une énergie de nouveau départ qui, même si elle est artificielle, la réconforte.
Elle rentre d’une sorte de voyage savoureux. Tout est possible, encore et toujours. Libre. Libre. Les ablutions passées, ce sentiment de liberté et de paix rend le calme encore plus évident. Elle a eu des vacances dont la durée n’a rien à voir avec la réalité. Elle est chez elle, et c’est important, autant que ce qu’elle a rêvé le temps de son absence est important.

Maintenant, elle retourne doucement dans une autre réalité, celle que je ne connais pas.


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