Littérature suisse
Dessins suissesadmin
:: 10 septembre Nul ne sait nul n’a vu
:: 31 août Taches rouges sur Gran Sasso
:: 15 août Mowgli
:: 11 août Etoiles d’enfants
:: 5 août Sous les pinèdes
:: 8 juillet Câlins
:: 4 juillet Dans mon âme
:: 3 juillet La beauté du mensonge
:: 21 juin Au-delà de l’amour
:: 13 juin Justice?
:: 4 juin Je te condamne à l’amour
:: 2 juin Va t’en
:: 28 mai 2019 etc
:: 26 mai Summerhill
:: 25 mai L’envol
:: 10 mai Mange-moi lentement
:: 24 avril Jenny de Oldstones
:: 19 avril Le couple de Schrödinger
:: 5 avril mon coeur bat pour voir
:: 29 mars Délicatement
:: 28 mars Elle ici
:: 18 mars Chère inconnue
:: 14 mars D’un simple message
:: 4 mars Mazot japonais
:: 17 février La forêt sombre
:: 9 février L’oeil retiré
:: 27 janvier Trop beau
:: 20 janvier Élévation
:: 12 janvier La chambre immaculée
:: 7 janvier Jamais maudite
:: 6 janvier Tube infuseur de vie
:: 4 janvier La merveilleuse impossibilité de se détacher
:: 3 janvier Le Peuple mort
:: 29 décembre Il respire lentement
:: 25 décembre La Fleur de Nuit
:: 13 juin | Justice?
:: 25 mai | L’envol
:: 4 mars | Mazot japonais
:: 17 février | La forêt sombre
:: 9 février | L’oeil retiré
:: 6 janvier | Tube infuseur de vie
:: 18 novembre | Effusion lente
:: 24 octobre | Le dernier des musées
:: 11 septembre | Sémantique urbaine
:: 21 juin | L’été flamboyant
:: 24 décembre | Neige et solitude
:: 22 décembre | Morte Neige Reine
:: 2 janvier | Grand Chalet Leysin
10 septembre 2019

Sous le ciel de Porto
Dans ta robe noire
Nul ne sait, nul n’a vu

Sous la falaise dans l’eau
Ton corps glissait près de moi
Nul ne sait, nul n’a vu

Nous on dansait dans la nuit
Nus sous les arbres des larmes
Nul ne sait, nul n’a vu

On s’embrassait contre des livres
Et on parlait tard sur une terrasse
Mais nul ne sait, nul n’a vu.

Nul ne sait, nul n’a vu
Comme tu me manques
L’automne souffle maintenant
Lentement ta main je ne la sens plus.

Nul ne sait, nul n’a vu.


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31 août 2019

6:30 petit matin 170 km/h
Balenciaga aux pieds appuie sur les gaz
Lunettes Persol pliables Steve McQueen
Chemise blanche cintrée Gran Sasso
Pantalon moulant Lacoste 180 km/h

Soleil levant devant mains agrippées,
Silhouettes des montagnes, autoroute
Défilant, les autres voitures n’avancent plus,
Immobiles à 100 km/h, 200 km/h
Nina Simone chante rue hurle

Le temps s’étale, s’ouvre en pétales
S’émerveille dans tous les sens
La route glisse disparaît
La direction je la connais
L’envie d’elle je la connais

Paysage qui disparaît, le temps
Des autres aussi, le temps s’étale
Partout autour des Balenciaga
Des Persol, de Gran Sasso, de Lacoste
Autour de Nina Simone, je le dépasse

Au bout de la route qui
N’a plus de bout, du tout
Le temps grince, le temps s’efface
Les traits blancs deviennent des lignes
Les virages, les paysages, fondent, 230 km/h

Le temps s’étale, s’ouvre en pétales
S’émerveille dans tous les sens
La route glisse disparaît
La direction n’a plus de sens
L’envie d’elle je la reconnais

Suce l’esprit, la vitesse dépasse
Le temps des autres immobiles
Le temps le mien qui se compresse
Maintenant je sais, je peux l’attraper 
Elle apparaît, assise à mes côtés

Le temps n’est plus, brisé, l’espace
Entre nous doucement s’efface
Lentement elle se dresse
Glisse sa main sur mon bras
Comment puis-je attendre encore autant? 250 km/h

Le temps s’étale, s’ouvre en pétales
S’émerveille dans tous les sens
La route glisse disparaît
La direction explose, l’atteindre
Elle est là quand j’ose, 270 km/h

La rejoindre, sans temps, lâcher le volant.
Sur Gran Sasso, sans temps, du sang.


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15 août 2019
Juillet 2019

Salut, obscurité, ma vieille amie
Je suis venu te parler de nouveau

Cajole bien ce petit bout de chien
Il a sale caractère mais on l’aimait bien
Et quand tu regardes dans ses yeux
Tu verras comme il est doux et a été heureux

Ma vieille amie, prends-le dans tes bras
Comme nous le faisions, au creux des bras
Et il te suivra partout, la queue battant
Et il t’aimera comme il nous a aimé tant

Il courait dans les bois, Mowgli
Derrière Tom et Bonnie
Toujours à l’affût, tous ses sens ouverts
Et il revenait trop tard, avec ses yeux tout offerts

Bien plus malin que nous,
Toujours il comprenait tout
Et même quand nos cœurs ne savaient rien
Il sautait sur nos genoux pour nous faire du bien

Salut, obscurité, ma vieille amie,
Prends bien soin de lui, cajole-le, notre cher Mowgli


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11 août 2019

Aucune liberté
Tout est tissé
Quand je m’échappe
Je m’attache
Quand je m’attache
Je me détache

Mon enfant m’aime
Je suis tout pour lui
Un moment, pour qu’il voie
Non, je ne l’aime pas
Je fais un truc, un miracle
Et on se tient ensemble
Un moment

Tout est passé
Les cloches ont sonné
Au milieu de la nuit
En ce lieu inconnu
J’ai frissonné, et lui
Mon enfant, dans son sommeil
A tremblé, seul

Je n’arrive pas
A être mère
Parce que lentement
Les liens tissés
Me séparent de
Ce en quoi j’ai cru.

Mère seule hurlant
Mais pourquoi
Ai-je cru
Comme donner et aimer
Mais il  n’y a rien qui sait vraiment

Que le vide
Qu’ils affronteront.

Des instants de beauté pure
Dans un état de
transitoire accommodation

Pour un moment,
Pour un moment s’il vous plaît,
Etoiles.


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5 août 2019

Le soir approche sous les pinèdes de l’hôtel qui découpent l’horizon entre mer et autre chose de bleu au-dessus, je devrais être entouré de monde car c’est trop beau et quand c’est beau il y a du monde qui prend des photos et des téléphone qui notifient mais il n’y a personne, qu’au loin le son cotonneux d’enfants se jetant dans une piscine et la brise légère de l’absence de l’activité des hommes, où même les oiseaux se taisent, parfois là parfois ailleurs je suis liquide dans la terre et terre dans le liquide et la solitude est belle; quand elle est arrivée, comme son incarnation, et me demande si elle peut s’asseoir à ma table, et sans attendre de réponse elle s’assied et sérieuse elle avale deux gorgées de mon vin avant de sourire au vent et d’arrêter de sourire en observant dans le vague les pins hachurant ciel et mer, je pense que je devrais parler mais je ne dis rien, elle est là et puis-je y croire?, ses cheveux aussi noirs que ses yeux et ses yeux aussi noirs que ses sourcils et ses sourcils aussi noirs que ses cils et ses cils aussi noirs que le pli de ses lèvres, alors je ne dis rien, quand elle me regarde elle pourrait dire quelque chose, elle le dit presque, sans doute cela m’aurait ébloui, mais elle ne dit rien, et je tremble dans ce monde intérieur de la solitude, silences à deux tout n’est-il pas déjà dit?, et puis, alors que je pensais voir un fantasme, elle me dit lentement, en tournant mon verre dans sa main, qu’elle pensait avoir oublié le bonheur et que maintenant, maintenant, elle a insisté, elle le retrouve maintenant, et nos regards, jusqu’alors croisés, se sont vraiment figés l’un dans l’autre, et je croyais être seul avant, mais la mer a disparu, le son cotonneux des enfants dans la piscine a disparu, les pinèdes ont soudain brûlé, la mer libre a coulé dans le ciel, ou peut-être le ciel a coulé dans la mer, l’iris noir de son regard a pris ma solitude et l’a plongée dans les étoiles parce qu’elles uniquement comprennent, parce qu’uniquement leur lumière lointaine est là et n’est plus là, sous les pinèdes j’ai tournoyé un moment dans le vent, et quand elle s’est levée j’étais encore plus seul mais je ne l’étais plus.


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