Littérature suisse
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22 janvier 2005

Joe

Joe passe son temps à écrire. Il y a plein de trucs qu’elle devrait faire, mais non, elle écrit.
Joe habite dans un grenier; elle a eu un plan avec un concierge qui la laisse squatter une pièce sans eau, 5m2, en ville. Les locataires savent qu’elle vit là , ils la tolèrent, ils l’aiment bien dans le fond; Joe est leur petit coin d’impossible liberté, là -haut, tout là -haut dans le grenier. Sa fenêtre grillagée donne sur un puits de ventilation. Joe va prendre ses douches à la piscine municipale. Joe vole des club-sandwichs et des chips dans les épiceries; de temps en temps, une bouteille de gnôle.
Un jour, un beau jour de printemps sur son puits tout de gris éclaboussé de pépiements, elle a fini. Trois ans. Trois ans d’enfermement, de réflexion, d’écriture, de sacrifice total, de peur du point final. Mais là , non, enfin, oui, Joe a terminé son livre.
Le concierge fait une collecte auprès des locataires pour que Joe puisse envoyer son livre, son graal, son « grand tout » comme elle dit, aux maisons d’éditions.
Et elle attend.
Et elle attend.
Elle se promène dans les parcs, elle redécouvre la lecture, elle retrouve le monde avec surprise, effroi, émerveillement.
Elle attend.
Puis les réponses commencent à venir. Elles sont toutes négatives. L’une après l’autre, des formules de politesse, des phrases alambiquées mais gentilles. Tu sais cette gentillesse qui, inévitablement, pue.
Joe plonge dans le vide. Elle n’a plus de vie, plus rien.
Par hasard elle tombe sur un concours de nouvelles : « Quand la vie n’a plus de sens ».
Elle pond une nouvelle brève, en une nuit.
Et Joe gagne le concours. Ce prix attire l’attention sur son livre, et le livre est publié.
L’écriture, cette salope.


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