Littérature suisse
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:: 26 octobre Dialogue autour d’une feuille
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:: 7 octobre Impossibles calculs
:: 30 septembre Projet Lima
:: 28 septembre Silvina Simao Valente et Marc au Beau-Rivage
:: 10 septembre Nul ne sait nul n’a vu
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:: 15 août Mowgli
:: 11 août Etoiles d’enfants
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:: 8 juillet Câlins
:: 4 juillet Dans mon âme
:: 3 juillet La beauté du mensonge
:: 21 juin Au-delà de l’amour
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:: 26 mai Summerhill
:: 25 mai L’envol
:: 10 mai Mange-moi lentement
:: 24 avril Jenny de Oldstones
:: 19 avril Le couple de Schrödinger
:: 11 octobre | Esprit d’automne en flammes
:: 7 octobre | Impossibles calculs
:: 28 septembre | Silvina Simao Valente et Marc au Beau-Rivage
:: 13 juin | Justice?
:: 25 mai | L’envol
:: 4 mars | Mazot japonais
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:: 9 février | L’oeil retiré
:: 6 janvier | Tube infuseur de vie
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Archive pour le 31 janvier 2005

31 janvier 2005

Tranquille pudeur devant la fenêtre qu’elle entrouvre aux parfums du printemps, la silhouette de son petit nez dans l’entrebâillement, sa chevelure tombe bas, elle ne semble pas s’apercevoir de sa nudité. Criez, criez sur les toits le vain oubli du corps d’une femme. Une main sur la poignée, l’autre effleurant le carreau humide, l’air rentrant m’apporte son odeur, une sueur sucrée, un goût de lutte et d’extase. Elle m’oublie, les yeux vers l’au-dehors, vers les arbres qui balancent sous son air, comme le monde entier balance dans son haleine, le souffle de sa voix paisible. Criez, criez à ses pieds que ces escaliers-là , il ne faut pas les descendre. L’ombre d’un sein que cache le pli de son bras, elle se balance sur un pieds, l’autre pieds, levé, caresse lentement le mollet, contact silencieux, lisse et doux dans la pénombre de l’embrasure. Poursuivant la mélodie, ses hanches se balancent, à l’écoute d’une musique qu’elle seule entend. Criez, criez, que chacun de ses gestes me semblent ceux d’un beau nuage impossible à rejoindre. Elle soupire et s’éloigne, la lumière du matin pleure de ne plus la voir, il pleut, des ramages vierges et verts comme ses glissements, ses mouvements, dans le noir un froufrou d’habits s’égoutte sur sa peau, elle remet sa robe, sa peau si claire que la moindre envie de lueur avale et dévoile, éclat soyeux de gestes quotidiens. Criez, criez qu’elle est belle dans les basses-cours et les impasses. Babylone la grande s’écroule devant un petit café noir qu’elle réchauffe, un carreau lointain marque le poudroiement rose de ses lèvres contre la porcelaine, ses doigts s’agrippent à la tasse, chaleur de la vie, chaleur de la vie. Existera-t-on encore pour voir dans mille ans sa grâce éternelle ? Criez, criez, mais criez donc, immobile dans mon lit, que chacun de ses pas est une danse de pyramides, un défi souriant aux étoiles. Elle croit que je dors et la porte se referme. Ce soir, je l’aurais aimée.


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