Littérature suisse
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16 février 2005

Pluie glaciale dans la nuit. Fin d’hiver achevant un printemps raté d’avance. Je tourne en rond depuis que la femme de ma vie m’a quitté pour un faux pédé. J’embrasse trop souvent le goulot, sinon rien, je répugne les snobinardes guindées, j’intrigue seulement en tant que créature empaillée du Musée de l’Impossible les artistes dépressives, et je fais peur aux autres quand je m’allume une clope ou quand je souris. Bref, j’ai dégueulé à la Saint-Valentin, quoi. Passé un temps en solitaire du cul à m’automalsatisfaire avec ce régime asexué de cassettes pornos et de jambes croisées dans les bistros, et j’ai du commencer à m’intéresser de plus près aux solutions alternatives. Il faut savoir que je suis une bête de sexe et quand trop longtemps je n’ai pas quelque chose de vivant pour nourrir mes parties frétillantes je deviens dangereux pour moi-même comme pour les autres (une fois, j’ai avidement accepté de me faire draguer et plus par une nympho de 13ans dans les chiottes de Bellerive, pour me faire compacifié une seconde plus tard pris sur ce coup impubère par son père gorillesque…j’évite la jeunesse maintenant, elle me fait trop mal). Ce qui me mène piteusement à cette nuit mouillée du Flon, à cette première pute inaugurant mon voyage pervers. En fait, pour un début, Aphrodite là -haut m’a bien arnaqué. Tout concorde on dirait, en face de mon humeur baveuse, j’ai un masque peinturluré dégoulinant grimaçant sa fausse gratitude. Elle est immonde. Est-ce tout ce que je mérite?… L’Apocalypse à forme humaine. Une erreur génétique invraisemblable évadée d’un laboratoire souterrain oublié. Le résultat médiocre d’une formule alchimique du dégoût. Un nez globuleux et rouge et je me croirais au cirque tellement elle est maquillée. Et au chaud dans la voiture, elle me sourit, doublement avec ses mentons, comme si j’étais le petit-fils de grand-maman auquel on va offrir une gentille sucrerie. A vrai dire, elle ressemble à ma grand-mère. En plus grosse et usée. Hélas, je n’exagère rien. Mais je ne peux plus faire machine arrière; qu’est-ce que je serais supposer faire? Stopper, ouvrir sa portière et lui balancer quelque chose dans le genre: casse-toi t’es vraiment trop moche je peux pas payer pour ça? Comme je l’ai dis avant, j’ai du respect pour les femmes, même quand elles sont exécrables sous tout aspect je reste poli. Et là , je vais donc devoir baiser par politesse…mes fantasmes masturbatoires répétitifs ne m’avaient pas vraiment préparés à ça: je voyais la grosse pute salope genre magazines pornos & Cie, et là je me retrouve avec la grosse pute, rien d’autre merci. Plutôt brutal comme confrontation avec la réalité pour l’être sensible que je suis. Certains spécialistes ou perfectionnistes se demanderont à juste titre comme j’ai pu m’arrêter devant un tel monstre (le terme n’existe pas au féminin, inventez l’équivalent), je répondrais que ma nervosité hallucinatoire avait déjà tout construit à l’avance, que la succession de ces quelques instants jubilaires précédant mon arrivée sur place était déjà travestie par mon désir intense de voir ce que je m’étais concocté mentalement chez moi. Comme un mauvais cuisinier, j’avais joliment écris la recette, mais le repas était à dégueuler. En flashs cinémas, l’explication de ma misère malencontreuse donnerait sans doute cela: les essuie-glaces repoussent péniblement un déluge réconfortant, la voiture chuinte le long de la route de Genève, lumières oranges éclaboussées sur le pare-brise, orange puis ombre orange puis ombre orange…, personne, je dépasse le quartier mort du Flon en cette nuit début de semaine, mets la radio un peu plus fort pour me consoler, malgré que je ne trouve pas l’objet de ma soif sexuelle j’ai l’impression de mieux respirer, d’être étrangement réconforté – la pute te confronte directement à la lâcheté de tes désirs, je fais deux fois le tour de ce désert aquatique sans résultat, je fuis presque et voici bien sûr au dernier moment l’ombre mouvante tant attendue, tant préparée, lorsque courageusement je freine elle se détache du mur et s’approche rapide courbée comme une sorcière ou une araignée, déjà là je sens un malaise au milieu de mes frissons de plaisir, mais je l’attribue à un excès de timidité et non à ce que mes yeux me servent crûment, car cette ombre n’avance pas royalement sensuellemnt, elle dandine, elle patauge, elle rebondit presque contre la voiture, moi je ne vois que la fée pulpeuse qui attrapera avidement mon sexe donateur, je vis un film où mon imagination possède tous les droits, me penchant pour ouvrir la portière je suis soudain ébloui par un lampadaire et trempé par la pluie, la voix pourtant est succulente : « Salut, tu veux baiser ou tu veux te faire sucer? », je succombe, « baiser c’est combien? », « 100 pour toi mon chéri », je bande, « d’accord », aveuglé comme en amour, voilà le début du drame. Je redémarre et constate de biais l’erreur l’horreur. La baise vite fait, même gratuite, c’est aussi simple que ça: tu agis, après tu te morfonds.


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