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Archive pour le 28 février 2005

28 février 2005

A la recherche d’une autre histoire pour abreuver ses pages immaculées de vide, il devine dans l’acte à venir un mystérieux message.
Elles sont tellement présentes, obsédantes, imprimant leurs courbes marquées jusque dans ses rêves, sinueuses, insidieuses, lisses, veloutées, imprégnées de vie, de mort, de peur et de plaisir….

La marque de sa vie réside-t-elle indubitable dans cette étrange sensation que déjà , de longues houles de sérénité se meuvent erratiquement dans le corps servile qui les accueille. Encore ces images, encore ces corps, aléatoires… présentes… toujours présentes…une hantise vitale!

L’infini approche de ses mains, il le sent. Des essences d’immortalité imprègnent le bureau comme des spectres rageurs. Oui! Les immortaliser, les dessiner, les figer dans l’état instantané qu’il affectionne et faire deviner leurs histoires, les dévoiler à mots couverts, à sens ouverts!

Isolé de la terne réalité, l’estomac déchiré par l’épaisseur de l’atmosphère, il gémit intérieurement tandis que les éléments tournoient au-dessus de lui, se concentrent, se concertent, hésitent encore… avant d’enfin l’investir sauvagement.

Et voilà l’esprit guidé vers un nouveau monde où des plaines fertiles attendent d’être pillées de leurs mots inconnus. L’air y est visible, clair et intense, gonflant les veines de saveurs rares et généreuses qui appellent à jouir du ciel et de sa liberté. A jouir de ses jouissances à venir, venues, manquées…espoirs, regrets et souvenirs d’elles.

Des ribambelles de lettres dansent, se cherchent, s’effleurent, affluent en nombre grandissant, avec insistance. Elles s’entrechoquent en criant à la délivrance si proche de les emmener dans sa fuite, vers le fourneau de leur origine. Là , elles se soumettront, dociles, aux regards affamés de rêve. Elles s’accoupleront pour dire les chairs enlacées, les peaux délaissées, avant, après, sur l’instant des extases.

Un instant seulement, tout est simple ! Mais face au destin qui se débat, l’homme inconscient attend encore, apeuré. Il attend l’horizon qui se profile, il attend un signe qui lui dira peut-être qu’il est élu…que son chemin est tracé, qu’il l’a trouvé ! Ses mots diront pour lui ce qu’elles violent par leur existence, résidence acharnée là où l’esprit explose.

Un désespoir immense l’envahit alors, vieux et cynique compagnon de ses périples introspectifs. Peut-être qu’il n’y a rien à faire, qu’il ne peut rien faire ?! Juste se laisser porter par le temps et attendre que les actes, d’eux-mêmes, viennent dicter un itinéraire à sa vie ? Sans comprendre, sans partager, gardant tapies dans l’obscurité de tous ses élans les histoires de celles qui en sont les sources.
Que croire encore pour continuer à croire ?

Des questions, sans relâche injectées dans ses chairs, torturent sa raison, absorbent l’espace illusoire, puis disparaissent au gré de la futilité que sa lâcheté leur attribue. Et il ne reste plus rien de cet essentiel : une fuite, un vide, un répit qui déjà souffre de douleurs futures.
Le doute renâcle à s’évanouir une dernière fois ? Quelle importance ! Déjà , il se dissipe dans la brume du futur…car la valse s’emballe, étourdissante, enivrante, hystérique.

Peu à peu, un être entier redécouvre ses sens. Le muscle à nouveau tendu se bat contre le vent, les yeux assaillent sans merci la plus petite image, arrachent de leur torpeur des couleurs et la lumière de fantômes fugaces et sensuels puis recommencent ailleurs leur rite sauvage, ne trouvant pas le repos, insatiables pilleurs de leurs charmes, de leurs mystères.
.
Le combat est brutal, les blessures saignent, des corps tombent sans vie, le chaos est partout mais passé le brouillard encore tenace, une ombre donne le courage, appelle à la bravoure, au coup de rein, à creuser des sillons noirs, portant à bout de bras l’étendard des passions.

Bien plus tard, gorgés de larmes de bonheur, les yeux de l’âme remonteront l’abîme les bras chargés de poésie pour la livrer à l’alchimie du corps et de l’esprit. L’ombre deviendra un temple, son temple. Il le sait maintenant, il bâtira un lieu où brûler ses vertus et ses fantasmes.

L’infini agissant sans entrave, le blanc aveuglant s’assombrit de lumière, laisse jaillir la clarté tandis que de fines taches d’encre effacent les derniers vestiges de passivité.
Les doigts agiles survolent la virginité agonisante, l’emplissent de chairs imaginées, ballottées au gré de sentiments choisis pour leur indicible nécessité.
Des bruits hurlants silencieusement viennent parachever un relief d’images hallucinées, ensemencées par le souffle du besoin!

Dans une tempête de souffre et de douleur, la métamorphose s’opère ; matière palpable, fruit de tourmentes apprivoisées, fausse prisonnière de deux dimensions démesurées.
Cette sculpture horizontale et plate, taillée à la plume, n’a plus de léger que son support.

D’un trait continu, démence du serpent, une autre histoire, comme un cri de vie poussé par un être naissant, se livre à demain.

Alors seulement, les liens suspendus relâchent leur emprise pour laisser le corps reprendre sa forme meuble et docile.
Le bras retombe lourdement sur l’établi humide, la tête s’incline, épuisée, la respiration reprend son rythme apaisant et la jouissance se dissout en mille éclats foudroyants. Avec elles toutes, avec chacune, il a dansé jusqu’à la petite mort.

Vide d’avoir offert une parcelle de sa vérité, il repose enfin et – pour une nuit encore- laisse le sommeil l’emmener loin de tout, si proche d’une autre histoire…

Texte écrit par FrédÔm, secteur ODC, Parano.be


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