Littérature suisse
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Archive pour le 1 juillet 2005

1 juillet 2005

Selon ses dires, l’enfermement a commencé à la fin de l’année 2005. Il se souvient que la France avait dit non à la modification de la Constitution Européenne, les Etats-Unis envoyaient des troupes mourir en Irak et en Afghanistan, un raz-de-marée avait inondé les îles de l’Indonésie, la chaleur de l’été avait dépassé tous les records du siècle précédent et son labrador, Karl, trop vieux et fatigué, était mort sous un arbre au début du mois de septembre. J.-P. Kernsky et Cyrulnik débattaient de la résilience des terroristes preneurs d’otage. Les événements s’enchaînaient les uns aux autres comme la vie hagarde sait si bien le faire. On aurait dit que tout le monde était ivre et que chaque semaine était une matinée de plus dans le brouillard.
Sa voix faiblit dans l’obscurité de notre cellule. Dehors, des corbeaux se battaient pour un bout de chat. Le monastère érigé sur les hauteurs du lac surplombait la mer des nuages. C’était presque comme si rien ne se déroulait là -bas, sous les nuages. Nous, le ciel d’hiver glacial et limpide, un coucher de soleil et des corbeaux mastiquant un vieux chat, c’est tout ce qu’il y avait au monde.
Comme je le disais, l’enfermement, Igor l’avait vécu aux premières loges. Il travaillait à l’époque comme administrateur système pour une PME créant des logiciels de gestion de sites web et proposant des hébergements à bas coût. Il travaillait comme informaticien, ce métier à la fois moribond et savant que tous élevaient au rang de chaman technologique sans savoir exactement à quoi l’informaticien passait ses journées. Une sorte d’être à part qu’on appelait quand « ça ne marche pas » et qu’on laissait repartir quand « ça marche ». Peu importe, il vivait enfermé. Il vivait dans un monde sans fenêtres, climatisé, électronique, illuminé par les diodes et peu enclin à chercher l’air frais pollué, la circulation trépidante ou les foules en sueur s’agglutinant aux marchés du samedi matin.
« Un cinéma, parfois, pour le divertissement : passer d’un écran à l’autre », marmonna-t-il.
« L’utopie, l’énergie de la découverte, tu sais cette ferveur presque aveugle et cette joie devant l’inconnu, cet acharnement qui te fait jubiler à chaque réussite et tressauter d’impatience à chaque échec, cette envie, ce besoin de découvrir, tout ça était tombé, remplacé par la fatigue, le cynisme et une sorte de fatuité dans l’aisance et la répétition schématique des idées et du bien-pensant, une sorte de raison désillusionnée à l’échelle de toute la société médiatisée. Ça me rappelle Jean d’Erythrée qui hurlait aux païens : vous vivez dans la boue, vous ne souriez plus en levant les yeux au ciel. »
Les corbeaux croassaient, dédaigneux.


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1 juillet 2005


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Chapitre 1


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L’être virtuel

roman, David Ruzicka, © 2005

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