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Archive pour le 4 juillet 2005

4 juillet 2005

Igor n’aurait pas pu faire de mal à une mouche. Tout son potentiel de violence était aspiré par les jeux d’actions, les rafales de laser et autres découpages de monstres sanguinolents. Sa préférence pour les films fantastiques l’aidait encore à calmer les résidus de pulsion qu’il aurait pu entretenir. Même s’il ne percevait pas son enfermement comme une condamnation ou une frustration issue d’un quelconque complexe ou de sa timidité, il avait eu une génitrice comme il disait, il était donc malgré lui encore attaché à l’espèce humaine par ce frêle cordon : il tremblotait parfois, devant la vidéo multimédia d’une famille en vacances par exemple, il tressaillait devant une file de porcs destinés à l’abattoir, il pleurnichait discrètement, gros soupirs de baleine assez vite tus dans un jeu violent ou dans un sundae chocolat. Mais il avait des émotions. Ses problèmes de digestion et ses pets aux effluves affolantes en étaient peut-être les seuls témoins, à leur tour sucés par la puissante et silencieuse climatisation.

« Je n’ai pas eu d’enfance, je crois, comme tant d’autre élevés par une mère célibataire débordée et par les mails annuels d’un père désoeuvré parcourant le monde à la recherche d’une identité autre que celle de mâle déchu, détrôné par une femme plus ambitieuse que lui. Je n’ai jamais compris exactement quel avait été son travail avant de partir. Je crois qu’il était responsable de l’acquisition de nouveau matériel informatique pour une grosse banque de la région lausannoise. Il bossait dans un bureau, comme on dit. Après son licenciement, il s’est enfui pour ne plus jamais revenir. J’avais quatre ans.
Ma mère n’était pas du genre à se laisser aller dans le malheur, elle nous a ramené plusieurs types à la maison, des beaux mecs sexuellement actifs, flattés par son poste de directrice des ressources humaines. Ils faisaient beaucoup de bruit dans la chambre à coucher, ça je m’en rappelle bien. Sinon, ils disparaissaient assez vite. Le record de longévité ne dépasse pas un an, je crois. A l’adolescence, j’ai appelé mes pères « les godes de maman », puis plus tard, lorsque j’ai cru que je serai poète, « les trémolos de la chambre d’à -côté ». Bon, je lui dois quand même un ego débordant, à mon père.
Je disais que je n’ai pas eu d’enfance parce que dans ce genre de situation il faut apprendre très vite à vivre avec toutes sortes de visages différents, inconnus. La jeune fille au pair boutonneuse, la maman de jour flasque, la baby-sitter baby-sittant la play-station ou encore la multitude confuse de maîtresses stressées au jardin d’enfant. Un univers clos de femmes en délire qui m’a assez vite donné le goût de l’indépendance et la méfiance d’autrui. Enfin, surtout la méfiance envers les femmes. »


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