Littérature suisse
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4 août 2006

Jamais il n’aurait du se permettre de prononcer un mot comme « encule », et jamais il ne l’aurait fait, sans vodka. Angeline a écouté le prof et décroise les jambes. L’acétylène rend ce simple geste violemment provocateur, parce qu’ici sous terre toute surface existe par l’ombre qu’elle projette, et la flamme lance le corps d’Angeline contre la pierre telle une ondulation frénétique des bouts les moins innocents de son anatomie, comme si la pierre avait besoin de sa peau.
« Fulgence, vous n’êtes pas quelqu’un de symbolique. »
Elle ajoute, souriant comme pour effriter la pierre :
« Et si on éteignait tout, pour voir jusqu’où vont les symboles ? »
Fulgence croise les jambes, pour empêcher la bosse d’ombre sur sa braguette d’être trop visible :
« La nuit sous terre ne vous effraie pas ? », déglutit-il.
« Au contraire, elle me rassure. Elle est calme et parfaite tandis qu’à la surface, elle est violente, les fenêtres illuminées, les étoiles ou les lampes à sodium, le ballet frénétique des voitures, la même indifférence. C’est sous terre que j’ai mis toute mon existence. »
« Depuis la disparition de votre ami, n’est-ce pas ? »
Des tonnes de gypse et de calcaire épaississent le silence, à la manière d’une pensée étouffée par l’absence de vie qui pourrait y être attachée, une pensée enterrée entre des cœurs qui pourtant palpitent encore à plus de 20 mètres sous la vie. Angeline a avalé une plus longe goulée d’alcool :
« C’est pas loin d’ici que la Mexicaine de Perforation se réunissait dans cette grande salle pour des séances de ciné clandestines ? »
« Non cette salle est sous le Trocadéro, elle a été scellée depuis par l’Inspection Générale. »
« Ces bâtards. »
« Ils font leur boulot. »
« Je hais justement tous ces gens qu’on peut ranger une fois ou l’autre sous l’expression : ils font leur boulot. »
« Vous vous rangez pourtant parmi eux Angeline, le visage de la RATP auprès du public est essentiellement celui des contrôleurs et de la sécurité. »
« Non. »
« Quoi non ? »
« Je suis en congé maladie longue durée. Je n’y retournerai plus. Le gars qui m’a ouvert la porte des catacombes m’a convaincu à sa manière. »


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