Littérature suisse
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:: 4 mars Mazot japonais
:: 17 février La forêt sombre
:: 9 février L’oeil retiré
:: 27 janvier Trop beau
:: 20 janvier Élévation
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:: 7 janvier Jamais maudite
:: 6 janvier Tube infuseur de vie
:: 4 janvier La merveilleuse impossibilité de se détacher
:: 3 janvier Le Peuple mort
:: 29 décembre Il respire lentement
:: 25 décembre La Fleur de Nuit
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:: 30 novembre Je ne crois pas en lui
:: 21 novembre Aime-les tous
:: 19 novembre Les fils électriques
:: 18 novembre Effusion lente
:: 28 octobre Bang bang, mon amour m’a descendue
:: 27 octobre Le bateau coule
:: 26 octobre Corcovado
:: 25 octobre C’était sensé être
:: 24 octobre Le dernier des musées
:: 8 octobre Une étrange certitude
:: 12 septembre [Hommage] Dialogue d’elle-lui-elle
:: 11 septembre Sémantique urbaine
:: 7 septembre Nous allons mourir, mon amour
:: 6 septembre Quand le vent froid soufflera
:: 3 septembre Architecture réalisée : bureaux en mailles métalliques à Crissier
:: 2 septembre D’amour, de mères et de femmes
:: 1 septembre L’instant précis
:: 31 août Déréliction IV
:: 25 juin Où vas-tu, à Vinicius
:: 24 juin Quand elle dort
:: 4 mars | Mazot japonais
:: 17 février | La forêt sombre
:: 9 février | L’oeil retiré
:: 6 janvier | Tube infuseur de vie
:: 18 novembre | Effusion lente
:: 24 octobre | Le dernier des musées
:: 11 septembre | Sémantique urbaine
:: 21 juin | L’été flamboyant
:: 24 décembre | Neige et solitude
:: 22 décembre | Morte Neige Reine
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:: 29 décembre | La faiseuse de mondes
:: 6 décembre | REP Gérard Delaloye ou La solidité de l’Existance
7 août 2006

Fulgence a promené ses doigts sur l’empreinte ciselée :
« Impressionnant n’est-ce pas ? »
« J’ai beau être une fille assez anormale et ivre à la vodka, je dois avouer que cette plaque artificiellement placée là m’épate. On n’arrête pas le progrès, même dans l’artificiel. »
« Oui, sauf que ceci n’est pas artificiel. Cette plaque d’acier inoxydable est enfoncée profondément dans une roche qui date de plus de deux siècles en tout cas. Or savez-vous quand a été inventé l’acier inoxydable ? »
« Hier ? »
« 1913. »
«  Et comment savez-vous que cette plaque d’acier date de plus de deux siècles ? »
« J’en ai pris un échantillon, je l’ai fait analysé… Vous avez entendu ? »
«  Oui j’ai entendu. »
« Non je veux dire vous avez entendu ces clapotis ? »
Aucun animal ne vit à ces profondeurs dans les carrières, aucun rat, aucune vermine, aucun volatile, la nuit est parfaite, sans appât, sans nourriture, sans cycle, dénuée de vie.
« Fulgence, j’aurais envie de m’inquiéter mais je sais très bien qu’il n’y a aucune raison d’avoir peur ici sauf de soi-même. »
« Extinction. »
Ils ont éteint leur lampe à acétylène et sont restés immobiles dans le néant, le temps a disparu avec la lumière. Un camion très haut très loin, quelque part dans un monde encore en vie, a fait trembler imperceptiblement la cavité, provoquant un léger mouvement de la surface de l’eau. Angeline s’est rapprochée du professeur, sa main effleurant la sienne, parce que suspendu dans le néant elle a vu le scintillement diffus de la plaque d’acier et le [p] gravé paraissait encore plus noir que la nuit, flottant tel un appel du bout du monde. Elle a entendu le chuchotement de son ex au creux de l’oreille, un murmure caressant sa nuque d’entre les morts, et les mots glaciaux et rauques remontèrent son échine pour lui empoigner l’esprit, scandés comme une ritournelle morte : « Enterrrrre-moi, enterrrre-toi, enterrre-moi, enterrre-toi, enterrre-moi, enterrre-TOI… » Ils ont rallumé.
« Angeline vous me faites mal à la main. »
Elle lui écrasait les doigts.
« Excusez-moi. »
« Ils semble que dans la nuit ce ne sont pas les symboles que vous attendiez qui rejaillissent », sourit-il.
« Vous l’avez entendu aussi ? »
« Le camion ? Non je ne parlais pas de cela mais du symbole sur la plaque. Vous avez remarqué comme il brille ? Or ce n’est pas parce qu’il est recouvert d’une pellicule luminescente qui aurait capté nos torches : cette plaque émet de la lumière. »
Elle a réussit à déglutir en reprenant un peu de vodka.
« Je crois que l’alcool me joue des tours. J’ai entendu un murmure tout près de moi, un souffle, il y a eu un souffle sur ma nuque. »
« Reprenez-vous Angeline. Il n’y a aucun murmure ici. »
« Juste à côté, juste tout contre moi… »


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