Littérature suisse
Dessins suissesadmin
:: 6 septembre Le temps ne nous aide pas
:: 28 août Le vent de panique
:: 21 juin Un jour d'été
:: 8 juin Avant de s’endormir
:: 19 mai La famille
:: 18 mai La dent de la Nuit
:: 3 mai La distance
:: 1 mai Dans le temps
:: 15 avril Dans la solitude qui n'existe pas
:: 1 avril Comme si rien
:: 28 mars L'Ange Virus
:: 9 mars La bite molle
:: 8 mars Seule et bien
:: 28 février Ne pas être à la recherche
:: 26 février Se bercer
:: 15 février Mes caresses
:: 7 février Jouissant
:: 4 février Comme le bonheur
:: 31 janvier Jeudi soir
:: 21 janvier Bestiaire magaliesque
:: 19 janvier Le dernier dimanche
:: 15 janvier sable
:: 24 décembre des lèvres de noël
:: 21 décembre Tara
:: 18 décembre Dans l’obscur corridor des totalités
:: 12 décembre Un ruisseau de ressemblances
:: 20 novembre tout était immédiatement possible
:: 26 octobre Dialogue autour d’une feuille
:: 11 octobre Esprit d’automne en flammes
:: 7 octobre Impossibles calculs
:: 30 septembre Projet Lima
:: 28 septembre Silvina Simao Valente et Marc au Beau-Rivage
:: 10 septembre Nul ne sait nul n’a vu
:: 31 août Taches rouges sur Gran Sasso
:: 15 août Mowgli
:: 11 octobre | Esprit d’automne en flammes
:: 7 octobre | Impossibles calculs
:: 28 septembre | Silvina Simao Valente et Marc au Beau-Rivage
:: 13 juin | Justice?
:: 25 mai | L’envol
:: 4 mars | Mazot japonais
:: 17 février | La forêt sombre
:: 9 février | L’oeil retiré
:: 6 janvier | Tube infuseur de vie
:: 18 novembre | Effusion lente
:: 24 octobre | Le dernier des musées
:: 11 septembre | Sémantique urbaine
:: 21 juin | L’été flamboyant

Archive pour le 4 avril 2007

4 avril 2007

Que je la croise chaque matin devant les toilettes du restaurant n’a strictement rien à voir. Le train surine le paysage des berges ennuyantes du lac chaque matin, et ça n’a strictement rien à voir aussi. J’aurais très bien pu ne jamais faire l’amour avec elle. Je veux dire que de la prendre férocemment sur la lunette ouverte des toilettes du train du restaurant pourrait très bien rester juste une phrase moche de plus sur mon long parcours de phrases moches. Le fait que la météo de ce printemps soit aussi impressionnante que celle du printemps d’avant et que celle probablement encore plus impressionnante du printemps prochain ne vient apporter qu’une once d’explication aux gémissements qu’elle étouffait sur la première page du journal "20 minutes". Elle se pose là avec sa trotinette quelques instants après le départ du train et j’ai tout loisir de l’observer à travers la porte vitrée du restaurant alors que le train traine sur ses fenêtres une succession de reflets tous moins intéressants que les autres. Elle aurait peut-être souhaité être prise ailleurs. C’est fascinant ce que la répétitivité a de puissant. Moi, je n’ai rien dit. Elle n’a pas dit grand-chose non plus. Se retournant avec ce déhanchement que je trouve si féminin pour que mon sexe glisse hors d’elle à la fin prévisible de cette rencontre, elle a aussi glissé un sourire accompagné de : "Emilie, enchantée." Je me demande si elle sera aussi là demain matin. Ca risque de poser problème désormais de la revoir tous les matins à côté de sa trotinette. Eviter de la tancer d’un "Bonjour" inutile; changer de wagon, sueur en tête, ou alors plus simplement nous pourrions faire l’amour chaque matin. Je suis assez du matin. Elle aussi ça m’en a tout l’air… Ou encore elle n’était là que pour assouvir ce fantasme, apparaissant, disparaissant, comme les reflets ennuyants en surimpression sur le paysage fade du printemps. Et je ne la reverrai plus. Ce serait plus simple, oui.


Laisser un commentaire (aucun commentaire actuellement)  Version imprimable de cette page
Recherche sur le site
Romans et nouvelles en PDF
Mots-clés / consultations
Archive mensuelle
Commentaires récents
Calendrier des publications
avril 2007
L M M J V S D
« Mar   Mai »
 1
2345678
9101112131415
16171819202122
23242526272829
30  
Flux RSS