Littérature suisse
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:: 11 octobre | Esprit d’automne en flammes
:: 7 octobre | Impossibles calculs
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Archive pour le 28 avril 2007

28 avril 2007

Hier je me promenais en ville, ce que je fais très rarement: de peur de rencontrer une lointaine connaissance. J’ai été d’abord halluciné de voir la quantité de gens qui peuvent se permettre de baguenauder en ville un vendredi après-midi à 17:00! Une foule dense et bigarrée et en sueur d’avril perturbé par les déforestations massives du Brésil, dans laquelle je reconnus facilement les nombreux employés du service publique finissant à 16:00, avec leurs lunettes de soleil en forme de globes de mouches et leurs habits grotesques à force d’espérer être dernier cri, et les premiers travailleurs las devant une bière au bistrot, à côté de ceux qui n’ont clairement rien fait de toute la journée, bref un bel évantail d’oisifs déclarés alors que moi d’habitude à ces heures-là je suis encore loin de voir la lumière du soleil. Et après ils vont se plaindre que leurs vies n’avancent pas, qu’ils ne sont pas plus riches, que leurs plaisirs ne riment à rien et que tout ça c’est la faute aux autres, surtout à ceux qui font de la politique. J’ai réussi, phénomène exceptionnel, à voir les visages des gens que je croisais dans la totalité perceptible de leurs existences. Ce qui signifie: tels qu’ils sont. Et non tels que j’aurais envie ou pas envie ou craindrais de les voir. Sans interprétation ni barrière de ma part. Ce qu’ils sont moches. Vulgaires. Superficiels. Des singes seraient au moins touchants. Mais il n’existe aucune grâce en eux, ni aucune finesse, pas une ombre de contrastes ou de profondeurs; ils giclent leurs identités calquées les unes sur les autres et les autres sur les premiers et les premiers sur les stars et les stars sur les unes revomies dans les magasines et sur l’infini relief des écrans, et ces remugles puants traînent derrère eux sur les trottoirs encombrés de leurs particules lourdes et vaines. Ils jouent ensemble, se tripotent et rigolent. Des parcelles carrées et préprogrammées de vies suivant mécaniquement l’existence qui leur est préparée. Une sorte de joie grasse de fête populaire étreint leurs rêves aux odeurs de bière et de saucisses. Au coeur de cette vision éreintante, si je croyais aux "auras", cette foule aurait été noire ou violacée comme un ciel avant l’orage. Bien loin de moi le cri prémonitoire de la fin du monde, tant il est vrai qu’une réalité aussi absurde est en mesure, par le fait même de son absurdité, de continuer à exister ainsi encore des millénaires: cette foule n’attend pas l’apocalypse mais l’incarne pleinement. Leurs libertés erratiques s’entrechoquent sans plus aucun espoir ni aucun véritable désir. Ils ont de plus en plus le temps de ne rien faire et au lieu d’exploser de joies et de fureurs de vivre dans ces nouvelles libertés ils poursuivent sempiternellement les mêmes jeux barbares autour de la fornication, du pouvoir, de l’oubli et de la solitude. Et dire que j’en suis un aussi, et pire, que j’ai fait des enfants. Retournant à l’intérieur de la carcasse polluante et protectrice de ma voiture, j’ai été doucement replongé dans mon stress quotidien, si protecteur, si annihilant, derrière mon écran et mes soucis garants d’une liberté fondamentale: celle de ne pas voir trop souvent le monde extérieur.


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