Littérature suisse
Dessins suissesadmin
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:: 21 décembre Aimer tellement
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:: 24 octobre Le dernier des musées
:: 8 octobre Une étrange certitude
:: 12 septembre [Hommage] Dialogue d’elle-lui-elle
:: 11 septembre Sémantique urbaine
:: 7 septembre Nous allons mourir, mon amour
:: 4 mars | Mazot japonais
:: 17 février | La forêt sombre
:: 9 février | L’oeil retiré
:: 6 janvier | Tube infuseur de vie
:: 18 novembre | Effusion lente
:: 24 octobre | Le dernier des musées
:: 11 septembre | Sémantique urbaine
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6 juin 2007

Je me demande quelle formidable supernova a lancé son énergie dans l’espace pour faire que nous nous rencontrions, je me demande si une amitié peut exister uniquement grâce à un évènement puissant qu’on partagerait commme les rescapés d’un attentat. Je pense à New-York, ce lointain après-midi de printemps 1994 où le mouvement général des foules en T-shirt et en sueur cuisait dans la grille des rues déjà estivales. Il y avait cette fin d’après-midi-là une discussion vive entre elle et moi sur une terrasse en balcon quelque part près de Central Park, elle me demandait d’interpréter ses rêves. Je parlais tellement et si vite que j’en avais la tête qui tournait et des picotements dans les mains. Nous nous étions rencontrés quelques jours auparavant à une pièce de théâtre grâce à Laetitia, une pièce montée par quatre ou cinq femmes de tête, des anecdotes drôles ou tragiques de vies de femmes. Depuis, ça n’a jamais cessé avec Anne-Flore, elle a toujours eu cet étrange effet sur moi le taciturne timide, cette aptitude naturelle à me faire parler. D’habitude je ne dis pas grand chose. C’est grâce à Anne-Flore que je crois aux alchimies de caractères, au mélange surnaturel de deux différentes personnalités avec des conséquences immédiates, en bien ou en mal. Il existe cette magie entre elle et moi, faisant qu’en présence l’un de l’autre il se produira forcément toujours quelque chose d’invisible et de puissant. Peut-être est-ce une forme paradoxale d’amour, une relation de la 4ème dimension, un échange de flux permanents qui s’intensifie inconsciemment lorsqu’on se revoit et explose à l’intérieur. Ca n’a rien de l’ordre de la séduction ni même de la tendresse, encore moins de la sexualité, bien que parfois cette énergie puisse présenter des affinités avec un rapport sexuel, comme si on avait fait l’amour en bavardant, tandis qu’à d’autres occasions il semblerait qu’un simple bavardage échangé avec le sourire contienne une mini-bombe nucléaires de tensions, non c’est plutôt que la réalité autour de nous se déforme un peu, l’air se pose à fleur de peau, les mots s’épaississent, durcissent puis doivent impérativement exister; et dans les silences qui les séparent se précipitent des discours entiers que nous sommes les seuls à entendre. Anne-Flore possède ce don extraordinaire de se souvenir intégralement de tous ses rêves. Dans une autre société, une autre époque, elle serait chiromancienne, à mi chemin entre la sorcière dont elle a les yeux et la fée dont elle a la grâce, d’ailleurs son sourire espiègle suggère que la nuit elle a les oreilles qui s’effilent, elle se change en Elfe. Je la vois, attentive et pensive, assise quelque part dans ces forêts jurassiennes que la fenêtre du train fait disparaître trop vite, à discuter avec les chants d’oiseaux et parler doucement à une pierre. C’est grâce à elle que j’ai compris ce que je vis, ce qui se passe, ce que je deviens, d’où vient ma réalité et surtout, où il faut agir pour tout changer.


Ce texte n’engage que son auteur et ne prétend en rien être exhaustif ou représentatif de quiconque. Il s’agit d’un instantané subjectif, d’une représentation parcellaire et momentanée, ayant pour but l’esquisse littéraire d’un personnage fictif autour d’une personne existante. En aucun cas ce texte n’a pour prétention ou objectif le viol de la vie privée ou la description unilatérale d’une personne existante. A considérer avec précautions, tel un tabloïde de seconde catégorie.


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