Littérature suisse
Dessins suissesadmin
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:: 27 janvier Trop beau
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:: 7 janvier Jamais maudite
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:: 30 novembre Je ne crois pas en lui
:: 21 novembre Aime-les tous
:: 19 novembre Les fils électriques
:: 18 novembre Effusion lente
:: 28 octobre Bang bang, mon amour m’a descendue
:: 27 octobre Le bateau coule
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:: 25 octobre C’était sensé être
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:: 11 septembre Sémantique urbaine
:: 7 septembre Nous allons mourir, mon amour
:: 4 mars | Mazot japonais
:: 17 février | La forêt sombre
:: 9 février | L’oeil retiré
:: 6 janvier | Tube infuseur de vie
:: 18 novembre | Effusion lente
:: 24 octobre | Le dernier des musées
:: 11 septembre | Sémantique urbaine
:: 21 juin | L’été flamboyant
:: 24 décembre | Neige et solitude
:: 22 décembre | Morte Neige Reine
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11 septembre 2007

Je n’ai aucune idée de la longueur de ce train. L’ayant entrevu sur la carrosserie au moment de monter, je sais uniquement qu’un wagon standard mesure environ 25 mètres. Mais je n’ai pas idée non plus du mécanisme détaillé faisant que lorsque je tape sur les touches d’un clavier des lettres apparaissent à la surface de mon écran. Après, on s’étonne de vivre dans un monde où les gens se suicident, où ils sont pédophiles, où partout errent des âmes en peine, comme moi dans mon train, et comme toi, et beaucoup, beaucoup, beaucoup d’autres, errant à la surface du globe, vacillant au sommet de cette prodigieuse quantité de savoirs et de savoir-faire et de méthodes, et de techniques et d’ingéniosités. D’inventions réinventées et améliorées et rapetissées au point que bientôt je m’asseyerais et n’importe où une chaise me saluera d’un suave: "Bonjour, David Ruzicka. Portez les slips Naguerre, pour un plus beau derrière." Il n’est désormais plus possible pour un être humain d’avoir une compréhension explicite du monde dans lequel il est né, qui a été créé et qui est recréé en permanence, à l’image de ces chantiers de ville qui ne finissent jamais, par les autres autour de lui et par lui-même autour des autres. Le cerveau de l’humanité est à l’image des particules d’humains qui le composent: il ne se comprend pas soi-même. Alors dans ce mystère constant, totalement inventé par nous, je me plonge et j’invente encore d’autres phénomènes et je me berce encore d’autres idées et je m’enfonce vers d’autres mélancolies, tournant le dos, peut-être définitivement, à ce qui est construit, au devenir permanent, ne cherchant plus ni à comprendre ni à voir le beau, ou m’imaginer comprendre ou à m’imaginer voir le beau, mais dérivant à la suite de millions d’autres riches et ennuyés vers un horizon pâle, éblouissant et fatiguant. Tandis que Cricri, lui, non. Rempli d’une candeur infatiguable, il est constamment à la découverte de, à la recherche d’un pourquoi, et s’il ne comprend pas comment se propagent les ondes éléctromagnétiques, qu’à cele ne tienne! Il voudra comprendre la personnalité et les raisonnements de celui qui tentera de les lui expliquer. Car quelle que soit la complexité tissée de nos nouveaux univers, derrière tout cela cogitent des humains, avec des cerveaux semblables, avec des pensées banales, des désirs humains et des ambitions humaines et des vies. De vies à profusion. Chacune avec son hisoire, chacune, chacune, brillant de sa trace exceptionnelle, aussi magnifique que soi-même et aussi mystérieux qu’un fossile du Crétacé. Ainsi Cricri trace ses généralités, ses conclusions sur une unique entité aux facettes infinies qui contiendrait tous ceux qu’il croise et beaucoup de lui aussi. Il recherche avant tout l’autre et dans l’autre ce qui fait qu’on est un peu tous semblables et un peu tous différents; promenant son regard sur la crête fine et fragile de laquelle s’envolent nos rêves. Tandis que d’autres dans leurs coins obscures se moquent obscurémment de leur propre obscurité et de l’irrévocable éloignement des autres, se moquent de lui, le voyant comme un doux gentil qui s’obstine à plaquer de doux concepts sur la permanente maladie de l’homme: exister. Pour s’aider à fuir le temps plus doucement.


Ce texte n’engage que son auteur et ne prétend en rien être exhaustif ou représentatif de quiconque. Il s’agit d’un instantané subjectif, d’une représentation parcellaire et momentanée, ayant pour but l’esquisse littéraire d’un personnage fictif autour d’une personne existante. En aucun cas ce texte n’a pour prétention ou objectif le viol de la vie privée ou la description unilatérale d’une personne existante. A considérer avec précautions, tel un tabloïde de seconde catégorie.


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