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23 novembre 2007

Dans un temps infini, tout est possible, me répètent les reflets flous des voyageurs contre le verre obscur du train dans la fin d’après-midi.
Et de penser cela sonne faux. Il n’y a même pas de temps, tout comme il n’y a même pas d’infini.
En se promenant dans un paragraphe, José remarque la vie qui lui sourit parce qu’à la suite trois femmes croisées dans les corridors du métro lui ont jeté un bref regard.
Les regards.
Il y en a tellement, mais tellement, l’éreintant fourmillement des regards jetés les uns sur les autres pèle-mêle. Dans un temps infini, tout est possible. Tout. A en croire les maths. Parce qu’alors tout est indéterminé et alors, à en croire les maths, sur l’escalier de l’éternité, chaque effort, chaque peine et chaque joie se propage doucement dans le vide noir de la vitre des passagers du train sur le point d’arriver à une autre gare. Où quelques néons et frôlements s’étaleront, doucement, lentement, dans toutes les directions. Éléments indistincts du quotidien de la masse.
Il y en a tellement, mais tellement.
Une solution, disait-elle, serait d’abaisser le nombre d’individus à moins d’un milliard, par des massacres réguliers et un contrôle puissant des tentations sexuelles.
En Afrique, au Centre, où le soleil est toujours au-dessus de la tête, nébuleuse tétraplégique dans la brume que respire le sol, continuellement, dans un temps infini, où tout est possible, avant de s’effondrer sur l’horizon et dévoiler une nuit suante, que les rares lumières soulignent d’halos vagues à la respiration, il existe aussi des passagers, et des vitres qui les reflètent, et quelque part sur le fond noir des plaines, des grognements d’amour.
Dans le jour José voit ses pieds contre la terre suspendue et au-dessus, des bâtisses qu’on a arrêté de finir. Parce que dans un temps infini, les fenêtres se troueront, et le béton s’affaissera, et les oeuvres mourront, épuisées par la brume, l’avancée des déserts et les aires de repos disparaitront sous les ères glaciaires. La violence commune de la foule, et de la famille, et de José, est tellement plus jouissive. Vivante.
Il y en a tellement, mais tellement.
L’araignée trotte sur la balustrade en béton et José laisse l’hamac se balancer lentement, doucement. Il cherchait quelqu’un là-bas. Quelqu’un comme un Golem à sa taille qui aurait été quelque chose. D’autre. Et il a trouvé bien sûr. Les yeux éclatants de la foule noire lui ont chanté des précipices plus vivants que les routes rouillées et le temps infini. Doucement, lentement. Et l’araignée trotte sur le béton en se disant qu’un hamac est une toile bien réussie.


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  1. je sens que mon infu de fenouil commence à monter…sur l’escalier de l’éternité.
    … »l’éreintant fourmillement des regards jetés les uns sur les autres pèle-mêle. »
    bien vu l’aveugle !
    change pas de main !

    Commentaire déposé par sylvain — 24/11/2007 @ 12:43

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