Littérature suisse
Dessins suissesadmin
:: 10 septembre Nul ne sait nul n’a vu
:: 31 août Taches rouges sur Gran Sasso
:: 15 août Mowgli
:: 11 août Etoiles d’enfants
:: 5 août Sous les pinèdes
:: 8 juillet Câlins
:: 4 juillet Dans mon âme
:: 3 juillet La beauté du mensonge
:: 21 juin Au-delà de l’amour
:: 13 juin Justice?
:: 4 juin Je te condamne à l’amour
:: 2 juin Va t’en
:: 28 mai 2019 etc
:: 26 mai Summerhill
:: 25 mai L’envol
:: 10 mai Mange-moi lentement
:: 24 avril Jenny de Oldstones
:: 19 avril Le couple de Schrödinger
:: 5 avril mon coeur bat pour voir
:: 29 mars Délicatement
:: 28 mars Elle ici
:: 18 mars Chère inconnue
:: 14 mars D’un simple message
:: 4 mars Mazot japonais
:: 17 février La forêt sombre
:: 9 février L’oeil retiré
:: 27 janvier Trop beau
:: 20 janvier Élévation
:: 12 janvier La chambre immaculée
:: 7 janvier Jamais maudite
:: 6 janvier Tube infuseur de vie
:: 4 janvier La merveilleuse impossibilité de se détacher
:: 3 janvier Le Peuple mort
:: 29 décembre Il respire lentement
:: 25 décembre La Fleur de Nuit
:: 13 juin | Justice?
:: 25 mai | L’envol
:: 4 mars | Mazot japonais
:: 17 février | La forêt sombre
:: 9 février | L’oeil retiré
:: 6 janvier | Tube infuseur de vie
:: 18 novembre | Effusion lente
:: 24 octobre | Le dernier des musées
:: 11 septembre | Sémantique urbaine
:: 21 juin | L’été flamboyant
:: 24 décembre | Neige et solitude
:: 22 décembre | Morte Neige Reine
:: 2 janvier | Grand Chalet Leysin
23 novembre 2007

Dans un temps infini, tout est possible, me répètent les reflets flous des voyageurs contre le verre obscur du train dans la fin d’après-midi.
Et de penser cela sonne faux. Il n’y a même pas de temps, tout comme il n’y a même pas d’infini.
En se promenant dans un paragraphe, José remarque la vie qui lui sourit parce qu’à la suite trois femmes croisées dans les corridors du métro lui ont jeté un bref regard.
Les regards.
Il y en a tellement, mais tellement, l’éreintant fourmillement des regards jetés les uns sur les autres pèle-mêle. Dans un temps infini, tout est possible. Tout. A en croire les maths. Parce qu’alors tout est indéterminé et alors, à en croire les maths, sur l’escalier de l’éternité, chaque effort, chaque peine et chaque joie se propage doucement dans le vide noir de la vitre des passagers du train sur le point d’arriver à une autre gare. Où quelques néons et frôlements s’étaleront, doucement, lentement, dans toutes les directions. Éléments indistincts du quotidien de la masse.
Il y en a tellement, mais tellement.
Une solution, disait-elle, serait d’abaisser le nombre d’individus à moins d’un milliard, par des massacres réguliers et un contrôle puissant des tentations sexuelles.
En Afrique, au Centre, où le soleil est toujours au-dessus de la tête, nébuleuse tétraplégique dans la brume que respire le sol, continuellement, dans un temps infini, où tout est possible, avant de s’effondrer sur l’horizon et dévoiler une nuit suante, que les rares lumières soulignent d’halos vagues à la respiration, il existe aussi des passagers, et des vitres qui les reflètent, et quelque part sur le fond noir des plaines, des grognements d’amour.
Dans le jour José voit ses pieds contre la terre suspendue et au-dessus, des bâtisses qu’on a arrêté de finir. Parce que dans un temps infini, les fenêtres se troueront, et le béton s’affaissera, et les oeuvres mourront, épuisées par la brume, l’avancée des déserts et les aires de repos disparaitront sous les ères glaciaires. La violence commune de la foule, et de la famille, et de José, est tellement plus jouissive. Vivante.
Il y en a tellement, mais tellement.
L’araignée trotte sur la balustrade en béton et José laisse l’hamac se balancer lentement, doucement. Il cherchait quelqu’un là-bas. Quelqu’un comme un Golem à sa taille qui aurait été quelque chose. D’autre. Et il a trouvé bien sûr. Les yeux éclatants de la foule noire lui ont chanté des précipices plus vivants que les routes rouillées et le temps infini. Doucement, lentement. Et l’araignée trotte sur le béton en se disant qu’un hamac est une toile bien réussie.


Version imprimable de cette page
1 commentaire actuellement

Laisser un commentaire


  1. je sens que mon infu de fenouil commence à monter…sur l’escalier de l’éternité.
    … »l’éreintant fourmillement des regards jetés les uns sur les autres pèle-mêle. »
    bien vu l’aveugle !
    change pas de main !

    Commentaire déposé by sylvain — 24/11/2007 @ 12:43

:

:

:

:

Recherche sur le site
Romans et nouvelles en PDF
Mots-clés / consultations
Archive mensuelle
Le plus consulté récemment
Commentaires récents
Calendrier des publications
novembre 2007
L M M J V S D
« Oct   Déc »
 1234
567891011
12131415161718
19202122232425
2627282930  
Flux RSS