Littérature suisse
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:: 21 janvier Bestiaire magaliesque
:: 19 janvier Le dernier dimanche
:: 15 janvier sable
:: 24 décembre des lèvres de noël
:: 21 décembre Tara
:: 18 décembre Dans l’obscur corridor des totalités
:: 12 décembre Un ruisseau de ressemblances
:: 20 novembre tout était immédiatement possible
:: 26 octobre Dialogue autour d’une feuille
:: 11 octobre Esprit d’automne en flammes
:: 7 octobre Impossibles calculs
:: 30 septembre Projet Lima
:: 28 septembre Silvina Simao Valente et Marc au Beau-Rivage
:: 10 septembre Nul ne sait nul n’a vu
:: 31 août Taches rouges sur Gran Sasso
:: 15 août Mowgli
:: 11 août Etoiles d’enfants
:: 5 août Sous les pinèdes
:: 8 juillet Câlins
:: 4 juillet Dans mon âme
:: 3 juillet La beauté du mensonge
:: 21 juin Au-delà de l’amour
:: 13 juin Justice?
:: 4 juin Je te condamne à l’amour
:: 2 juin Va t’en
:: 28 mai 2019 etc
:: 26 mai Summerhill
:: 25 mai L’envol
:: 10 mai Mange-moi lentement
:: 24 avril Jenny de Oldstones
:: 19 avril Le couple de Schrödinger
:: 5 avril mon coeur bat pour voir
:: 29 mars Délicatement
:: 28 mars Elle ici
:: 18 mars Chère inconnue
:: 11 octobre | Esprit d’automne en flammes
:: 7 octobre | Impossibles calculs
:: 28 septembre | Silvina Simao Valente et Marc au Beau-Rivage
:: 13 juin | Justice?
:: 25 mai | L’envol
:: 4 mars | Mazot japonais
:: 17 février | La forêt sombre
:: 9 février | L’oeil retiré
:: 6 janvier | Tube infuseur de vie
:: 18 novembre | Effusion lente
:: 24 octobre | Le dernier des musées
:: 11 septembre | Sémantique urbaine
:: 21 juin | L’été flamboyant

Archive pour décembre 2019

24 décembre 2019

dormir?
mais non
mais y’a pas de sommeil
et quand il est là, c’est qu’il est faux
comme le père noël glissant sur la salive des songes

dormir?
mais non y’a pas de sommeil
et quand il est là, c’est qu’on rêve
de traineaux et de cadeaux
mais y’a pas de cadeaux
coulissant dans le cul de l’ange

dormir
au coin du feu, frénétique silence
des robots qui baisent
et des jouets qui hurlent
d’exister comme des jouets

dormir ?
mais non, qui s’enfuirait
pour une si belle grimace ?
les dents de père noël
derrière sa barbe humide
s’humectent de bonheur
à l’idée que tu rêves qu’il t’avale.

allez, dormir
écartons les lèvres du père noël
pour bien voir les caries sous sa barbe,
je suis sûr qu’il en a plein

Des lèvres tendres comme des élastiques.


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21 décembre 2019

Nous étions dans notre dernière forêt
Le long des rives du lac
Nous marchions sous les frondaisons
Des taches de soleil éparses
Marquaient la Terre
Autour de nos pieds nus

Je te ramenais quelque part
Et je voulais t’embrasser
Mais tu ne voulais plus trop
J’ai dit ton prénom comme pour te rapprocher
Tu t’es énervée: ne m’appelle plus comme ça
As-tu insisté, tu as dit: Appelle-moi maintenant Tara

Nous sommes arrivés non loin d’une terrasse de café
Cachés sous les branches nous murmurions
Tu devais y aller et il était là-bas assis
A t’attendre je crois, et tu es partie, je crois
Je revenais seul dans les bois
Entourés des gens faisant la guerre ou un sport violent

Le chemin était pénible et se perdait
Et je détestais ce nouveau prénom: Tara
Je répétais: Tara, Tara, mais pourquoi Tara?
Et la nuit pluvieuse m’a entouré
Une hirondelle chantait dans la nuit hivernale
Ou était-ce un nouveau matin?

Je suis allé voir ce que signifiait Tara.

Nos mains étaient proches autour de la petite table
Dans le brouhaha du café
Nos yeux s’évitaient, lourds et lents
Cette petite table plus vaste qu’un Océan
Autour de nos mains perdues, solitaires
Il s’est arrêté finalement, le temps
Le temps s’arrête parfois vraiment, tu vois
Tara.


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18 décembre 2019

Peut-être que je ne sais pas
Raconter une histoire, de mort
Peut-être que c’est trop, et que ça va trop loin
Parce que des trucs vont trop loin
Et qu’on pense qu’on sait, mais on ne sait rien

Il s’est jeté sous les rails et il a eu les bras coupés
Et les flics l’ont pris dans leurs bras
Il respirait encore, comme par défaut,
Et il a dit : merde je regrette, j’aurais pas du
Et son estomac coulait sur les rails

Dans l’obscur corridor des totalités,
Comme le couloir d’un supermarché
Mais là il n’y a plus de choix,
Tous les produits sont périmés
Il poussait un caddy vide

Peut-être que je ne sais pas
Il avait tout vu bien avant moi, et avant vous
Vous pensez connaitre le prochain week-end
MERDE, des conneries, lui il savait tout ce qui se passe
Avant même de comprendre

Avant même d’avoir une idée, d’espoir,
Il est allé vers les rails, près du talus
La lueur orange des lampadaires, et le brouhaha
Paisible des voitures qui freinent et
Des errances des piétons

Il voyait tout et comprenait tout,
Pendant que tu pensais à tes courses
Et ton rendez-vous du lendemain
Il savait bien que de lendemain, franchement
Il n’y en avait pas vraiment

Dans l’obscur corridor des totalités
La lumière est brutale et totale
Tes baskets ont l’air de rien, à la dernière mode
Et il se sentait nu, devant les rails
Mais nu bien, nu total, nu vrai

Nu vrai, dans la ligne droite de la chaille
Ce plongeon qui respire la vie
L’essence même de tout espoir déchu
Parce que c’est ça donner, donner sa vie
Pour que toi, quand tu te brosses les dents
Tu saches.

A Joël.


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12 décembre 2019

le soleil se couche tôt, là il se couche, c’est 16h43
le tabac ne lui manque plus, et ses longues nuits de sobriété adoucissent la journée qui suit, ne sommes-nous pas des créatures de rêve qui construisons la nuit, le prochain jour à venir?
ses affaires avancent et le bateau, contre vents et marées, engrange d’autres millions, et ses histoires, il les raconte en dessinant, maintenant, et l’amour? Il ne dit plus je, alors l’amour n’est plus là, il appartient à un autre, là-bas, quelque part au fond d’un désert au fond d’une vallée au fond d’une oasis au fond d’une grotte à l’intérieur d’une pierre, il y a le « je » et son coeur qui bat. Comme dans les histoires de sorcière maléfique. Il y a des histoires d’amour maléfique: elles existent en mourant, elles naissent en même temps qu’elles meurent.
il se couche tôt, il se lève tôt, il dicte, ordonne, prépare, il baise ou se fait baiser, dans la lente et parfaite coordination du temps de vie diurne de sa vie de cohabitant de la société des Hommes, et il s’écarte du temps d’une manière drôle en s’enfermant dans un sous-sol avec d’autres, pour transpirer et paraître beau.
il vit comme s’il se préparait à errer longtemps sur un sol aride, sans eau ni nourriture, il grossit pour avoir des réserves de graisse, et dort beaucoup car peut-être il ne dormira plus, et les autres il les aime comme des visages en noir et blanc sur d’anciennes photos.
il part maintenant et trottine dans la nuit qui s’ouvre devant lui, encore et encore, un berceau prometteur, un autre hôtel de luxe à la montagne, avec une autre femme à ses côtés, et une autre encore qui l’écrasera sous ses talons aiguille, et il ne sait pas, il oublie, quelle étoile regarder.

D’une certaine manière tragi-comique, il est libre.


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