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:: 5/5/2012 à 1:06

Je viens de me rendre compte que l’essentiel est de dire aux femmes qu’elles sont belles.

:: 24/4/2012 à 8:36

apple products resolutions: ipad3 [1536x2048] – ipad1,2 [768x1024] – iphone4,4S [640x960] – iphone3,3GS [320x480]

:: 20/4/2012 à 8:41

Télécharger des updates résolvant des bugs, c’est comme de faire croire à un tétraplégique qu’il peut encore marcher (moi)

:: à 8:40

Beaucoup de gens perdent les petites joies dans l’attente du Grand Bonheur (Pearl S. Buck)

:: 31/3/2012 à 9:05

Il était une fois un petit matin doré où les oiseaux gazouillaient. Quand le sang gicla sur un mur blanc. C’était celui du voisin.

:: 29/3/2012 à 10:28

« J’aimerais un logo plutôt violet » – sic.

:: à 10:09

Woodkid Iron: http://t.co/VCnU5xtW – Lyrics – paroles traduites: http://t.co/HdZ8c7ep

:: 28/3/2012 à 1:46

Wordpress multiedit-plugin does NOT work on WP 3.3.1

:: 19/3/2012 à 12:25

Il était une fois un une fois qui traversait une fois une histoire d’une fois une ligne.

:: 14/3/2012 à 11:15

Il était une fois une fille qui rêvait de plein de choses belles qui ne lui était pas données. Et rien ne lui fut donné. Elle se suicida.

:: 13/3/2012 à 12:54

J’étais sûr que ce concept de navigation « légère » apparu lors de la présentation du Google Nexus aurait un avenir ;-) http://t.co/fX0U4XIR

:: 12/3/2012 à 11:35

« Décrivez-vous en quelques mots ». « J’ai peu de cheveux. »

:: 9/3/2012 à 10:46

#Pinterest sur Android 4: une authentique catastrophe!

:: 26/2/2012 à 12:11

Tu as Google Apps enregistré en Suisse et tu ne peux pas y intégrer Youtube? C’est normal. Pour contourner ça: http://t.co/BkQMxiCa

:: 25/2/2012 à 10:08

L’espoir d’une autre possibilité.

:: 1 avril C’est mignon
:: 29 mars Woodkid Iron Lyrics – paroles traduites
:: 14 février La nouvelle pensée d’être mondial
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:: 20 janvier Articulation à 4
:: 16 janvier L’archiveur des pensées
:: 31 octobre Le cerveau humilié
:: 9 septembre Pourquoi tout à coup?
:: 15 juillet Work
:: 4 mars La main de Lily
:: 10 février Vue du boulot
:: 9 novembre Une femme chinoise
:: 25 octobre Crazy iphone
:: 8 octobre Une histoire d’amour loin de ses lèvres
:: 7 octobre Les pseudos évolués pseudos sages de la démocratie
:: 22 septembre Le pirate
:: 17 septembre Le gnome africain
:: 17 septembre Le prédateur
:: 15 septembre Le spermatozoïde Fou
:: 7 septembre Le domaine Emprisonné
:: 31 août La petite fille et ses peurs
:: 4 août En manque de vie
:: 27 juillet Eole
:: 2 juillet L’ennui
:: 14 juin Napoléon Bonaparte
:: 13 juin Les pensées sur roulettes
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Archive pour juillet 2007

29 juillet 2007

Avec mon nouveau téléphone portable ultra sophistiqué je peux écouter la radio dans le train. Un auteur de théâtre très en vue tentait d’expliquer à France Culture son idée de l’écriture romanesque. Il me chuchotait à l’oreille ses expériences mystiques, une voix très féminine, je l’imaginais plutôt pâle et décharné  avec de grandes lunettes qui le rapetississent. Il m’agaçait avec sa voix couinant des absurdités d’auteur. A un moment il a rigolé de sa voix de souris: "Vous savez avec mes 100kg je ne passerais pas!" 100kg. CENT. KILOS. Christelle est un peu comme ça. Je crois voir et entendre quelqu’un qui est elle. Mais je soupçonne qu’elle est une toute autre personne. Plus exactement, c’est un peu comme s’il y avait un minuscule lutin agrippé à des manettes qui la téléguidait de l’intérieur. Elle n’est pas tout à fait là , en me plaçant en face d’elle j’ai la sensation de glisser toujours un peu à côté. J’attendais que ma lessive sèche au salon-lavoir sous-gare et j’ai remarqué cette femme aux jeans moulants et top pigeonnant qui traversait la rue; un "wouah" intérieur typiquement masculin a discrètement résonné dans ma gorge. Et puis de plus près j’ai vu que c’était Christelle et j’ai eu comme un choc. Christelle est pleine de charme mais discrète, ce n’est pas le genre de fille que je m’imaginais "wouahyer" dans la rue. Elle me fait penser au personnage de Carrie dans le roman éponyme. L’héroïne timide d’un film d’horreur. D’abord on ne la remarque pas au milieu des blondes aux gros seins, et au fur à mesure que les gros seins disparaissent à quatre pattes dans les jets d’hémoglobine, l’héroïne pâlichonne attache ses cheveux en arrière, enlève son pull angora rose, n’a par miracle plus besoin de ses lunettes, et sa peau de pâle devient marbre fatal soulignant le mascara discret d’yeux immenses et magnifiques. Elle s’incarne pour les besoins du scénario. Evidemment quand il n’y a rien d’écrit sur la page comme en face de moi, elle ne s’incarne pas, elle ne présente pas son rôle et glisse à côté. Une de ses amies, que je ne nommerais plus ici par prudence (de crainte qu’elle ne surgisse en bas de mon immeuble un couteau de cuisine à la main), est au contraire tellement incarnée, férocement elle-même, que ça ne m’étonne pas qu’elles soient devenues si proches. Elles trouvent entre elles comme un compensation réciproque, une osmose reposante. Tant de discrétion, d’effacement qui n’a rien de timide mais qui est volontaire, me ferait penser à une vaste incertitude que Christelle entretiendrait au sujet d’elle-même, une peur d’être quelqu’un qui ne lui plairait pas et qui ferait du mal aux autres. Innocente, enfantine, fragile et papillonnante suggérant pourtant, évidemment, tout le contraire.

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Ce texte n’engage que son auteur et ne prétend en rien être exhaustif ou représentatif de quiconque. Il s’agit d’un instantané subjectif, d’une représentation parcellaire et momentanée, ayant pour but l’esquisse littéraire d’un personnage fictif autour d’une personne existante. En aucun cas ce texte n’a pour prétention ou objectif le viol de la vie privée ou la description unilatérale d’une personne existante. A considérer avec précautions, tel un tabloïde de seconde catégorie.


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26 juillet 2007

Les femmes sont tellement belles. Elles traversent les foules et chacune pointe son nez d’un charme unique. Au-delà des hormones qui les observent, elles sont invraisemblables. Parce qu’elles sont capables de renverser la marche du monde, mais elles déambulent, pas à pas tellement liées à la terre mais en même temps tellement éthèriques, elles avancent dans leurs soucis humains en oubliant la marque phénomènale qu’elles ont laissé derrière elles. Les femmes sont tellement belles, chacune à sa manière, qu’il vaut mieux les laisser passer, les laisser traverser son regard, parce que de s’arrêter sur l’une serait déjà comme d’abandonner toutes les autres qui glissent ailleurs au-delà de la foule. Il a envie d’aimer. De les aimer chacune comme une pierre secrète qui se proménerait entre ses doigts, étincelante sans un regard et silencieuse, une bague comme un attachement et un attachement qui signifierait déjà de l’avoir perdue. En observant ces brillances qui s’accumulent comme un trésor innabordable il a levé les yeux vers les étoiles. Et là -bas flotte comme une infinie possibilité d’exister avec elles. Des étoiles, des femmes. Une utopie parfaite qui lui permet de les aimer en les oubliant. Parce qu’il y a ce côté demandant qui est si gênant. Ce rattachement au noyau millénaire qui n’en vaut pas la peine. Elles gambadent avec leurs chevilles si rassurantes, et ces jambes et ces fesses et ces dos soyeux qui sont là pour attirer dans le sens de la gravitation, mais il y a ce sentiment indicible et frustrant qui l’aspire vers le haut, vers elles mais sans elles, comme pour marquer son nom quelque part parmi elles mais sans elles: s’arracher à son désir d’être humain. Alors il en a fait des étoiles de scientifique, et quand il en découvre une parce que sa masse inopinémant la fait tournoyer trop vite autour de lui, il lui donne un nom comme S-To4-mo4. Et il tente autant que possible d’exister avec elle. Même si ça n’a aucune sorte d’importance et qu’elle en est juste une parmi d’autres, d’autres étincelles inassouvibles, il essaie de lui donner tout l’éclat de sa planète, dont il est fier et dont il a honte. Parce qu’un moment à donner tout vaut mieux que plein de moments à ne donner qu’un regard. Et la femme s’en va avec ses chevilles si libres se croisant rapidement vers un autre univers. Il n’a pas de regret. Tandis qu’il observe les étoiles.

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Ce texte n’engage que son auteur et ne prétend en rien être exhaustif ou représentatif de quiconque. Il s’agit d’un instantané subjectif, d’une représentation parcellaire et momentanée, ayant pour but l’esquisse littéraire d’un personnage fictif autour d’une personne existante. En aucun cas ce texte n’a pour prétention ou objectif le viol de la vie privée ou la description unilatérale d’une personne existante. A considérer avec précautions, tel un tabloïde de seconde catégorie.


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22 juillet 2007

J’ai été forcé par l’Administration cantonale des impôts à me rendre à la Poste : un détour insupportable sur mon chemin habituel vers la gare. Derrière la guichetière hypermaquillée et flasque comme un veau qui me toisait depuis l’abri de sa vitre blindée, j’ai remarqué une jeune femme longiligne et malingre. Elle était tournée vers une immense pile de cartons et je n’ai pas compris tout de suite ce qu’elle faisait. J’ai d’abord cru qu’elle pleurait parce que ses épaules tressautaient. J’en ai presque oublié l’avis de saisie que la grosse m’a tendu en ricanant. Toute maigrichonne perdue parmi ces immenses cartons, ces montagnes de travail, ces mollets si pâles et si fins sous une robe grise et rêche pendant lourdement comme ces habits qu’on récupère dans les remises, et cette chemise d’un violet étonnant, bouffante vers le bas et serrée sur la nuque ployée, un cou à tenir dans une main d’homme, surplombé d’un chignon maladroit tout droit sorti d’un secrétariat de commis dans un film américain des années trentes. C’est l’étrange palpitation saccadée de son dos qui m’a fait penser à un vieux film, et la montagne des paquets et la poussière et cette lumière matinale qui descendait de nulle part dans le fond des stocks. Quelqu’un l’a appelée et cette secousse a immédiatement cessé, elle s’est un peu tournée. Son visage doux, lumineux, empêché par d’immenses lunettes, la vingtaine. Dans une main elle tenait un vieux tampon encreur, encore en bois, elle a souri à ce qu’avait hurlé la voix jaillie du fond des stocks: "PLUS VITE!". Puis son visage s’est fermé, durci comme un colonel en 14, d’une seconde à l’autre elle ne fut plus ce profil capable d’exprimer le rêve, une autre vie qui poinçonne des lilas et fait des films des années trentes et conduit des décapotables et virvolte entre les jours, jonglant avec les talents, capable de tout en fait, littéralement de cueillir le monde entre ses doigts, elle redevint une jeune apprentie déjà trop aigrie et ses épaules se sont remises à tressauter à toute vitesse. En fait elle tamponnait des enveloppes. En sortant sous la pluie vexante de ce mois de juillet, je n’ai pas compris pourquoi je pensais à Charlotte. Elle si souriante, si ouverte, si intelligente et si talentueuse dans tout ce qu’elle entreprend; peut-être y a-t-il ce durcissement en elle, comme un échappatoire, cette dureté pour échapper à la vie, et qui la change en épreuve. Elle lui tourne le dos pour sangloter. Ou oublier en tamponnant des enveloppes à toute vitesse.

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Ce texte n’engage que son auteur et ne prétend en rien être exhaustif ou représentatif de quiconque. Il s’agit d’un instantané subjectif, d’une représentation parcellaire et momentanée, ayant pour but l’esquisse littéraire d’un personnage fictif autour d’une personne existante. En aucun cas ce texte n’a pour prétention ou objectif le viol de la vie privée ou la description unilatérale d’une personne existante. A considérer avec précautions, tel un tabloïde de seconde catégorie.


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14 juillet 2007

Il y a parfois des clients pour lesquels je suis totalement transparent. Ils me voient, ils pourraient me toucher s’ils s’approchaient. Ils se contentent de m’offrir ce sourire désincarné me rappelant qui je suis pour eux: juste un employé. Un rouage, ce petit écrou que des main sales huilent de temps en temps grâce à une pipette qui s’infiltre dans les méandres d’acier et de sang chaud de la grande machine. Sylvain me vient alors à l’esprit. Toute cette farouche intelligence s’obstinant à lutter contre l’hypnotique mécanique du système. Avec finesse, un rationalisme horloger, il balaie les conventions. Emergeant au-dessus des petites arêtes boisées des mécanismes sous-jascents du Bon Ordre Global, ses vues révèlent les secrets sous le déroulement abrutissant de la réalité médiatique. Sylvain est un révolté de l’état actuel des choses. Mais pas de ceux qui se révoltent parce qu’une campagne marketing aussi subtile que massive le leur a suggéré. Il lit au travers des événements et des phénomènes, et interprète. Parfois, ces réflexions l’amènent à des conclusions s’apparentant à de la paranoïa. Parfois, ces conclusions paranoïaques sont en-deça de la réalité. C’est dire à quel point il peut exister dans une réalité décalée des autres, et cela fait de lui un marginal presque naturel. Un soldat contre le système tout cuit, un dissident de la démocratie prémâchée et liquide. Il aurait pu aller trop loin hors de la société. A cause d’une épuisante dislexie, ces visions critiques de la société n’ont pu être couchées en mots, lui fermant du coup un intégration bâtarde au travers par exemple de l’écriture journalistique ou politique. Cette assimilation étant impossible, il aurait pu en accuser encore et encore le système, de ne pas l’accepter parce qu’il le comprend trop bien, le voit "trop" entièrement en ne pouvant partager avec lui ses visions, et cette exclusion aurait abouti à une aliénation pathologique. Voir et critiquer, lucidité, voir et critiquer, lucidité, voir et critiquer, lucidité, etc. Tel un tourbillon hargneux et vengeur, et si gorgé de larmes qu’il en devient presque paisible et doucâtre par moments, l’éloignant toujours plus de la surface et nourissant au coeur son amertume.  Mais la naissance de sa fille lui a donné la main. Cette attache tendre et prosaïque au Grand Système Global l’a sauvé.  Sa révolte a été tempérée par l’obligation de suivre un rythme précis, ancestral, une sorte de danse ancestrale, au fil des jours, des semaines et des mois au côté de sa fille. Par exemple, je pense que s’il avait eu tout le temps de réfléchir à quelle direction prendre dans l’action parmi la multitude de possibilités que sa pensée critique lui offre en permanence, en définitive il n’aurait rien choisi, restant assis dans cette vapeur du tourbillon agréable et paralysante. D’être à côté d’un enfant sans arrêt et de n’avoir plus le temps, ou d’avoir l’impression de n’avoir plus le temps de rien faire d’autre, opère une sélection radicale dans le besoin d’agir. Une sélection qui lui permet de canaliser sa force et son intelligence dans des intentions plus précises et des objectifs plus aiguisés. De ne plus gigoter dans la complainte analytique ou l’expectative.  En exergue, l’enfant lui tire la main en riant et l’amène à danser, preuve d’humilité et d’acceptation, en compagnie de paysans pour la plupart arriérés, qui eux-même tireront la sarabande vers les élus locaux, et des élus locaux à des entrepreneurs de la région, et des entrepreneurs de la région à des conseils d’administrations citadins… Et le système, certes toujours aussi pourri, d’écarter les bras et de taper dans le dos de Sylvain. Qui lui n’aura rien oublié, avec son mince sourire en coin, derrière ses lunettes en éclats d’esprit, il serrera des mains, parfaitement conscient du sens de son acte.

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Ce texte n’engage que son auteur et ne prétend en rien être exhaustif ou représentatif de quiconque. Il s’agit d’un instantané subjectif, d’une représentation parcellaire et momentanée, ayant pour but l’esquisse littéraire d’un personnage fictif autour d’une personne existante. En aucun cas ce texte n’a pour prétention ou objectif le viol de la vie privée ou la description unilatérale d’une personne existante. A considérer avec précautions, tel un tabloïde de seconde catégorie.


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10 juillet 2007

Il n’y a personne qui ose entrer dans cette grotte. Souvent ils tournent autour de mon trou, mais sans réel intérêt ou véritable envie. Ils ont peur. Sauf elle. Parfois je me retourne à l’improviste et mon regard difforme, monstrueux, cette chose obscure qui me sert d’observatoire sur le monde, tombe sur elle. Je me rappelle, à une époque, dans cette posture attentive, quand le monde s’efface totalement autour d’elle, ses doigts tournaient dans ses cheveux. Cette manière de ne plus exister soudainement, les immeubles s’effondrent autour d’elle, tout tombe en miettes et les rues s’évaporent dans des nuages de poussière où seule elle se tient, au sommet d’une improbable éminence, en train par exemple, de lire un article. J’aime cette possibilité de disparition totale que son regard absolu me suggère si souvent. Elle a cette manière d’observer le monde comme un phare frappé par des vagues de néant. Elle n’a pas de limites, elle a décidé une fois de ne plus se donner de limites. Et si dans un sens elle est ainsi comme une nonne acceptant tout de ce qui vient sur elle du monde extérieur, sans même la force de pouvoir le refuser, dans un autre sens cela lui permet de tout comprendre et de tout accepter. Et si ce phare s’arrête sur toi, sois sûr qu’à un moment tu baisseras les yeux, de peur d’aller trop loin en sa compagnie, de peur d’atteindre trop vite en face d’elle tes propres limites. De ce fait, sa relation avec les autres est souvent une forme d’expérimentation intime. Il faut savoir aller loin pour qu’elle reste intéressée par toi. Il faut savoir aller trop loin pour toi, parce qu’elle te tiendra la main l’air de rien et ensuite elle te jetera dans les vagues, là où tu n’as plus fond. Sans cesse, elle a conscience de sa présence et de son acte, mais elle a trouvé une issue à cet enchaînement: plonger dans l’acte. Quel qu’il soit, plonger dedans. Et du fond de ma grotte j’ai la surprise de sa lumière, toujours insistante, et toujours inextinguible, où je la vois briller comme une fée toute-puissante qui n’aurait pas le droit d’être là , de la courbe de sa nuque fragile, vaguement illuminée, à la pointe de son épaule, iridescente le long du bras fin comme une branche avant l’hiver, et son corps entier se révèle dans l’obscurité, cisaillant un instant l’air, les muscles fins, les arêtes translucides, et pourtant ses courbes se déhanchent comme une esquisse au fusain. Déondulant comme un noir désir. Elle est faite pour cette époque, pour cette histoire, pour cet instant, dansant sur un char techno, chacun de ses regards vers la foule serait un geste, un mouvement, une grâce, un exemple et une offrande pour la femme du 21ème siècle. Mais elle n’est pas là . Elle est juste dans ma grotte. Comme elle le disait il n’y a pas longtemps, dans un de ces moments où plus rien n’a aucun sens et où elle se retrouve, pantoise, au bout d’une longue suite d’instants dans lesquels elle s’est immergée, je suis son point final. La frontière au-delà de laquelle toute liberté sera associée à un manque, au vide, et à l’échec. Pourquoi? Parce qu’elle est ce phare, et sa lumière observe la vague immense à l’horizon qui un jour, inévitablement, la submergera et l’effacera, et m’inondera, et m’engloutira aussi. Nos enfants. Et les enfants de nos enfants. Et le temps qui passe. Je suis la fin de son amour et elle est la fin du mien, et quoi qu’il advienne mon amour pour elle ainsi survivra.

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Ce texte n’engage que son auteur et ne prétend en rien être exhaustif ou représentatif de quiconque. Il s’agit d’un instantané subjectif, d’une représentation parcellaire et momentanée, ayant pour but l’esquisse littéraire d’un personnage fictif autour d’une personne existante. En aucun cas ce texte n’a pour prétention ou objectif le viol de la vie privée ou la description unilatérale d’une personne existante. A considérer avec précautions, tel un tabloïde de seconde catégorie.


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7 juillet 2007

Lorsque je me souviens de Christophe, je repense avant tout à sa surdité congénitale. C’est dommage. Tout un immense personnage qui s’est placé à l’ombre de ce problème d’audition… Fichtre, mille excuses, ce n’est pas un vulgaire "problème", mais une catastrophe de naissance, un Hiroshima personnel l’ayant abandonné, seul miraculé, nimbé de silence dans les vapeurs de poussière, chancelant, agressé par une radioactivité intime pour le restant de ses jours. Certes la surdité congénitale est une catastrophe pouvant annéantir toute une enfance, des jeux impossibles et des petits amis loins très loins plongés dans le silence, faisant du reste du monde un secret encore plus lourd qu’il ne l’est lors de l’apprentissage de l’autre et de la découverte des relations et des réseaux vivants. Un "je t’aime" lancé à une moue timide chuchotant le même verbe en une réponse qui n’arrivera nulle part. L’univers entier se résume alors à des interprétations d’une réalité impossible à partager. Une forme de solitude d’anachorète imposée par la nature dès la naissance, comme une injuste marque. L’amour hurle au fond d’un cachot introuvable. Une marque apposée qui plus est, comme si cela ne suffisait pas, au coeur d’une famille de musiciens! Immonde ironie dont le seul coupable est éthérique. Alors Christophe s’est inventé un personnage autour de son handicap. Un personnage hybride, damné tel un Beethoven, rongé d’angoisses tel un Rilke, romantique et sentimental, mais aussi incisif et aiguisé qu’un chercheur en physique des particules, un Beethoven de la poésie, un Rilke découvrant la femme sur des posters de magasines X, un romantique qui a vu des pays se déchirer à la télé, un chercheur essayant de retrouver la foi, de pardonner Dieu de l’avoir présenté aux autres ainsi. Mais ce personnage, j’essaie de ne pas l’oublier, est bel et bien  une invention mirobolante. S’il ne s’était pas donné cette apparence de poète romantique échevelé rejoint par la folie à un âge où on joue encore dans les bacs à sable, Christophe M. aurait les cheveux nets et bien lissés, des habits soyeux méticuleusement choisis pour leur confort, il serait comme ces masses de lichen, compactes, potelées et bien entretenues à l’ombre des bois. Il entretient derrière son personnage d’artiste illuminé le cercle vicieux du refus et de la peur des autres. Résigné, se condamnant aux limbes de la pensée et préférant se moquer des palabres ridicules de la parole. Mais qu’il retire ses lunettes, repousse un peu en arrière cette tignasse protégeant ses appareils auditifs des regards indiscrets, et soudain c’est un enfant qui apparaît. Un grand enfant immobilisé dans le silence de son enfance, infiniment naïf et tendre. Seul un sourire crispé rappelle l’adolescence frustrée et le jeune âge vexé par des amours rédhibitoires. Ainsi, d’obscure et confus Christophe M. devient translucide, de cette clarté surréelle des eaux des abysses. De terribles orages le traversent, aussi grandiloquents qu’enfantins: saisissant un couteau de cuisine il menace de se le planter dans le ventre, puis mime toute la scène et s’effondre sur le sol, comme mort; une heure plus tard nous buvons un jus ensemble dans la gargote du coin où avec une remarquable lucidité il analyse ses comportements déviés et ses pulsions, tout en rigolant. De ce rire hénissant, cette suite d’aspirations haletantes, comme s’il était sur le point de s’étouffer; un rire si hermétique. Il va trop au bout de lui-même, parce qu’il y est forcé, parce que son personnage le lui dicte, parce qu’il ne veut pas juste être le professeur de français sourdingue et looser mais l’Artiste Maudit (voilà pourquoi son personnage existe). Il peut être agressif envers son entourage, et grâce à une analyse de ses proches aussi fine et unilatérale que pour lui-même, le mal qu’il peut faire est aussi poignant que l’amour qu’il peut donner. Je n’amoindris pas l’ampleur de ces catastrophes émotionnelles qui le traversent, aussi comiques ou lassantes qu’elles puissent paraître lorsqu’on le connait mieux, car lui les vit sans artifice, de fulgurants instants d’émotion pure qui le laissent pantelant. Comme une drogue à l’effet violent et instantané. D’ailleurs je soupçonne qu’il y puise aussi ses amples élans de poésie. Ses amples poèmes rythmant la composition d’opéras de mots, une profusion de sonorités verbales, des orfèvreries de vers, positionnés, échelonnés, hiérarchisés, calculés pour remplir des éternités d’harmonie mystique en l’honneur du personnage sourd qui rêvait d’être compositeur. L’écriture telle une occupation sacerdotale a naturellement envahi son univers silencieux. Avec minutie il classe ses élans, il range ses émotions dans la rime, écriture aussi incisive que son esprit entraîné à l’analyse, et parfois aussi forte que ses jets qui le traversent, et à d’autres moments aussi sentencieuse et fatiguante qu’un ermite radotant dans sa tour. Mais quand tout s’efface, quand il oublie le personnage qu’il s’est composé, ses mots atteignent la puissance des grandes oeuvres du génie de l’Homme, et je retrouve en Christophe le gentilhomme immaculé, un tantinet maniaque, follement drôle, promenant son regard sur tout et tous avec une acuïté inoubliable. Au coeur d’une nuit d’insomnies par exemple. Alors que dans la rue claquent des rires de femmes, des poupées enfantines et pornographique choyées comme des totems, à jamais innabordables tant elles incarnent le summum de ses frustrations dans sa relation avec un monde noyé où, lumineux et idéalisés, île fatidique, l’amour et le divin émergent.


Ce texte n’engage que son auteur et ne prétend en rien être exhaustif ou représentatif de quiconque. Il s’agit d’un instantané subjectif, d’une représentation parcellaire et momentanée, ayant pour but l’esquisse littéraire d’un personnage fictif autour d’une personne existante. En aucun cas ce texte n’a pour prétention ou objectif le viol de la vie privée ou la description unilatérale d’une personne existante. A considérer avec précautions, tel un tabloïde de seconde catégorie.

 


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4 juillet 2007

Elle se voit comme elle est, ce qui est rare, mais elle se voit trop comme elle est, et se retient de rêver au-delà , préférant tourner sur elle-même comme une ballerine en attendant l’imprévu, plutôt que de le provoquer. C’est un peu triste. Elle est un peu triste. Ce creux boisé et mélancolique caché au fond d’une vallée si verte, elle en arrache les mauvaises herbes, le tient vivant. Elle n’ose pas assez profiter des autres et cherche excessivement à ne pas être inconvenante. Elle veut être remarquée mais pas trop non plus, s’emplissant d’un immense désarroi, une tristesse très disproportionnée, si elle apprend que quelqu’un ne l’aime pas. Elle ne se permet plus de croire encore en une vie meilleure, ou juste une autre vie, elle veut se satisfaire absolument de ce qui est, façonnant l’avenir à tout petits coups d’espoirs modestes, pour ne pas être déçue si elle ne l’obtient pas et profiter du plaisir de l’obtenir malgré tout. Se limitant ainsi à ce qu’elle estime « rêvable » et ne se permettant pas d’aller au-delà . L’entretien soigneux d’une envie spartiate de jouir de la vie. A l’abri sous le toit de cette morale par le plaisir immédiat, sous l’égide sans doute d’une philosophie du présent, se protégeant au mieux des déceptions, s’attendant souvent au pire, elle se promène dans sa vie, la regardant comme si elle ne lui appartenait pas tout à fait, à pas de loup, trop consciente de ce que chaque acte pourrait apporter de néfaste, peu encline à se bercer d’illusions et encore moins à essayer de les vivre. Alors elle préfère penser qu’elle est libre des ferveurs et des passions usantes et enfantines, mais tantôt celles-ci lui manquent, parce que la plaine est si lisse et les autoroutes si lassantes parfois. Avec les autres, elle devrait plus en tirer profit, au lieu de cela elle les aide parfois comme une millionnaire coupabe de l’être, portant la vaisselle sale aux cuisines à la place du room service. Par lâcheté ou un peu par paresse, elle vit la passion de celui qu’elle aime, faire battre son coeur à l’unisson de ce qui le fait vibrer lui, elle se dit que c’est de l’amour, alors que c’est un peu aussi, plus égoïstement (mais son égoïsme est tendre comme du beurre sur un croissant un matin d’été sous les oiseaux), une façon de se remplir de passion sans prendre le risque d’en être trop déçue… Pourquoi je l’imagine aussi en petite grand-mère toute sèche, fine comme un filet d’eau dans un endroit abandonné parmi les pierres sous le soleil, mais elle y cusinera de bons gros cakes humides, juteux de fraîcheurs: elle les aura préparé avec les meilleurs ingrédients et les distribuera avec toute l’immensité de son coeur, même aux inconnus, garnissant son visage de ce timide sourire qui en dit si peu mais qui, à celui ayant eu la chance de connaître sa joie franche et piquante, en révèle tant. Sophia entretient en secret ce besoin d’échapper à ce trop plein d’elle-même, comme si elle disparaissait souvent quelque part d’innatteignable, enfermée dans une minuscule prison, tendant son visage vers l’espoir et se permettant une larme au passage d’un oiseau solitaire. Donc elle peut être dure, glaciale, mais avec elle-même essentiellement, parce qu’elle en bave parfois, seule dans cette minuscule prison. En silence. Et même elle réussit à sourire alors qu’elle pleurt. Observant depuis l’abri de mon train les constructions folles et vaporeuses des nuages caracolant sur les murailles des montagnes, j’aurais envie de lui chuchoter qu’elle se laisse aller en-dehors d’elle-même. De sauter par la fenêtre plusieurs fois par jour. Inconsistante, incohérente, mais éclatante. Sautillant à pieds joints sur les autres surpris, en oubliant les conséquences et surtout en n’ayant aucune conscience d’elle-même. S’oublier. Avoir foi en l’univers, même si ce qui y souffle est lâche et violent et insensé et impitoyable, rire de l’éventualité de cataclysmes intimes, avoir foi en tous ces mirages qui traînent, nombreux, là -dehors, et les étreindre rigolant quand ils filent en lambeaux d’illusions.


Ce texte n’engage que son auteur et ne prétend en rien être exhaustif ou représentatif de quiconque. Il s’agit d’un instantané subjectif, d’une représentation parcellaire et momentanée, ayant pour but l’esquisse littéraire d’un personnage fictif autour d’une personne existante. En aucun cas ce texte n’a pour prétention ou objectif le viol de la vie privée ou la description unilatérale d’une personne existante. A considérer avec précautions, tel un tabloïde de seconde catégorie.


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