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Actualité littéraire admin
:: 4/1/2009 à 6:43

Plusieurs adaptations dans “[p]“, “L’être virtuel” et “Le cercle vicieux”, afin de mieux les rentrer dans leur état final de nouvelles. Je me demande si “[p]” pourrait être publié par épisodes sur le blog du site qu’il raconte.

:: 3/1/2009 à 12:23

Les jours endorment mes nuits qui réveillent mes jours qui endorment mes nuits.

:: 2/1/2009 à 12:41

“[p]“, “L’être virtuel” et “Le cercle vicieux” sont passés du statut de romans plausibles à celui de nouvelles terminées. Je mets en ligne “Le cercle vicieux”.

:: 3/12/2008 à 6:34

J’ai tellement d’écrans que parfois je ne sais plus où est ma souris.

:: 7/11/2008 à 3:51

Une histoire écrite uniquement au travers de toutes les causes aboutissant à l’état psychologique présent et à ses conséquences. Ex: il préfère les voitures rouges parce que son père en avait acheté une lorsqu’il avait 5 ans, le jour de sa dent tombée et du cadeau de la petite souris.

:: 6/11/2008 à 8:25

Un magasine a finalement réussi à définir ma maladie. Selon eux je suis un phobique social sévère et une personnalité évitante. Comorbidité: tendance dépressive. Sachant enfin ce que je dois résoudre en moi, je me sens déjà mieux.

:: 13/10/2008 à 12:28

La psychodomie ou l’art de psychodomiser est en forte croissance dans le monde virtuel.

:: 1/9/2008 à 5:54

Le problème quand tu es indépendant, c’est que tu ne sais jamais quand tu es en vacances.

:: 23/8/2008 à 12:01

J’ai des émotions d’échiquier.

:: 22/8/2008 à 5:35

Je continue à vouloir tout arrêter. Mais je continue. Je CONTINUE. Chercher.

:: 14/8/2008 à 9:18

Je veux tout arrêter. Je veux devenir acteur. Et je le disais déjà à 13 ans. Pourquoi ne m’a-t-on pas écouté? Chercher.

:: 3/8/2008 à 6:17

L’essor de la pornographie assure la survie de l’espèce. Chercher.

:: 19/7/2008 à 12:26

Je n’aime pas comment le monde fonctionne. Chercher.

:: 17/7/2008 à 1:01

“[...]à 35 ans, les idéaux se sont estompés et la réalité prend le pas…” Chercher.

:: 14/7/2008 à 4:56

Ce qu’on appelle le retour à la réalité, est-il toujours brutal?

:: 21/6/2008 à 5:31

Je déteste ma vie, je me déteste entier. Mais je ne suis pas malheureux.

:: 16/6/2008 à 9:24

ATRIUM est utilisé pour éviter les troubles du sevrage chez les personnes dépendantes de l’alcool, en particulier les convulsions.

:: 15/6/2008 à 10:58

Atmosphères d’Anjaliom (photographies)

:: 25/5/2008 à 2:46

Le changement est ce qui se produit lorsque la peine de rester soi-même est plus grande que la peine de changer.

:: 7/5/2008 à 10:45

Personne ne sait combien de temps peut durer une nuit de bonheur.

:: 6/5/2008 à 8:55

Dans 50 ans tous ces gens qui ont leur profil enregistré dans tous ces sites sociaux, seront morts. A la vitesse où ces sites sociaux fleurissent, le web promet de devenir un joli cimetière.

:: 4/5/2008 à 7:23

“Ce n’est pas parce que c’est difficile que je n’ose pas, mais c’est parce que je n’ose pas que c’est difficile.” Segoyewatha

:: 29/4/2008 à 11:59

“Si la souffrance contraint à la créativité, cela ne signifie pas qu’il faille être contraint à la souffrance pour devenir créatif.” Boris Cyrulnik

:: à 11:00

En mangeant ses huitres il eut cette illumination de chevet:

  • incapacité à se concentrer
  • manque de motivation
  • oisiveté
  • paresse
  • sentiment d’être coincé
  • je-m’-en-foutisme
  • autodestruction
  • amertume
  • déception
  • frustrations
  • contemplation
  • lassitude
  • doutes

… et rebroussa chemin.

:: 22/4/2008 à 3:32

"Je reste près de Léon et de la passerelle. Si je le retrouve, j’irai au café KD écrire sur le rouge des moments volés."

:: 18/4/2008 à 12:56

4h à écouter dans le TGV un jeune couple de québécois parler des cocktails qu’ils ont expérimenté.

:: à 9:59

Direction: Paris.

:: 17/4/2008 à 12:49

Je suis en train de constituer la 1ère liste complète de sites qui ne sont pas censés être en lignes.

:: 16/4/2008 à 5:08

Mis en ligne un concept de présentation style CV en "Timeline" http://twurl.nl/oqtfk2 qui consiste en…bla bla bla [commentaires bienvenus]

:: 12/4/2008 à 5:39

La beauté de mon desktop: ses reflets, sa simplicité, son calme, la pureté diaphane de son étendue vierge, j’aurais envie de la partager.

:: 5 janvier “[p]“, extrait page 45
:: 2 janvier “[p]” est achevé
:: 1 janvier “L’être virtuel” est achevé
:: 30 décembre Périhélie autour de Lorna
:: 27 décembre Lutin de Noël perdu en banlieue
:: 5 décembre Le sexe ou la mouche
:: 18 novembre L’écrasante majorité (Paris 3)
:: 16 novembre La chambre vide
:: 15 novembre Discussion autour du mal (Paris 2)
:: 14 novembre Machine à distribuer des claques (Paris 1)
:: 2 novembre Elémentaire
:: 1 novembre A ce stade
:: 31 octobre Mon papa aurait bien voulu que je sois architecte
:: 25 octobre Je suis trop con
:: 14 octobre Machine à ramoner le temps
:: 9 octobre Femme en train de fumer
:: 25 septembre Calories défaites de substances entremêlées
:: 22 septembre Bâtir un monde à l’envers
:: 18 septembre Champignons vaginaux
:: 15 septembre To-do list du lunmanche 15 avrembre
:: 27 août …merde
:: 22 août La fleur du mal
:: 16 août Sans ton père
:: 15 août Chatons
:: 2 août Le pendentif plus-que-parfait et la tasse
:: 1 août vers ce sentiment gâchant le bonheur
:: 26 juillet File feelings
:: 23 juillet Mes erreurs de travail
:: 21 juillet La plaque
:: 18 juillet Un simple poème d’amour
:: 14 juillet Riva del Sole
:: 15 juin De l’hébreu “Daoud”, aimé, sous-entendu de Dieu
:: 9 mai A la pute qui a pris mes poèmes
:: 17 avril L’illusoire démocratie des sens
:: 12 mars Synopsis 2
:: 11 mars Synopsis 1
:: 5 mars Le plan qui m’a été adressé
:: 27 février Rien
:: 18 février L’intelligence serait-elle un “virus” attendant mieux que l’Homme?
:: 4 février scénario

Archive pour la catégorie 'on the fly'

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31 octobre 2008

Mon papa ne me le disait pas comme ça, mais il aurait bien voulu que je sois architecte, je sais.
C’aurait été plus simple aussi: j’aurais repris l’affaire familiale, je l’aurais mise un peu à ma sauce, j’aurais poursuivi l’oeuvre du père tout en essayant de l’amener plus loin.

C’aurait été simple, beau, noble presque.

Mais il a fallut que je complique tout avec mes ambitions d’artiste, 20 ans et têtu et tout ça.

Maintenant au téléphone, quand je fais des petits gribouillis, ça ressemble à des croquis d’architecture. Souvent.

Parfois il faut écouter ses parents.


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9 octobre 2008

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15 juin 2008

Chéri des dieux, chéri des hommes… En moi, quel étonnant mélange de sensualité et d’intelligence, de trouble et de volonté, de spleen et de joie de vivre! Jamais immobile mais jamais non plus tout à fait absorbé par ma course perpétuelle, j’évoque la flèche de Zénon d’Elée “qui vibre, vole et ne vole pas”. On pourrait dire aussi que je danse plus que je n’avance, que j’échafaude plus que je ne bâtis. Ma séduction ne me laisse pas de repos: j’en use sans compter. Mais est-ce que je compte jamais? Je suis né pour dépenser. La joie de conceptualiser, le plaisir d’aimer - parfois même de souffrir -, le plaisir d’entreprendre, se disputent mon âme jamais blasée, jamais repue.
Qu’est-ce qui fait courir David?
Ni l’ambition, ni la gloire, ni la fortune n’ont à mes yeux valeur d’absolu. Je place plus haut, la vérité, l’honneur, l’amitié. Je suis de ceux que la condition humaine enchante et désespère à la fois et qui ne cessent d’écouter leur musique intérieure dont l’harmonie a quelque chose des caprices du vent.
On aura compris que je ne suis pas toujours facile à vivre.
Mais, si épuisant que je sois parfois, quelle fête!
Ce vieux prénom royal ne saurait être sensible aux fluctuations de la mode. Dans les années 50-60 j’étais au sommet du hit-parade. Mon prénom est moins fréquent depuis - du moins, en France.
Peut-être ma prodigieuse réserve d’énergie fait aujourd’hui un peu peur. A tort, puisque mon prénom comme moi-même sommes armés pour les tempêtes.

Mon patron: jeune berger roux qui fut choisi par le grand prêtre Samuel pour être le roi d’Israël. Son règne fut glorieux: conquêtes, fastes, grandes réformes. Il enleva à l’un de ses officiers sa femme, Bethsabée, dont il eut un fils, le futur roi Salomon. Il passe pour l’auteur des Psaumes, le plus beau monument de la poésie universelle. Il mourut en 947 avant J.-C.

Les David célèbres: plusieurs rois d’Ecosse, de Géorgie, de Trébizonde. Un héros de roman: David Copperfield, de Dickens. Un homme d’état: David Ben Gourian. Et des chanteurs et des acteurs, comme David Bowie, David Hallyday. Sans oublier un prix Nobel de physique: David Bohme.

Correspondances: du signe du Bélier. Chiffre de chance: le 4. Couleur: le bleu. Pierre: le diamant. Métal: l’or.


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13 avril 2007

Je passe une petite soirée avec mes deux derniers amis. Et même s’il me paraît vraisemblable qu’une personne au caractère comme le mien ne possède pratiquement pas d’ami, je m’en étonne parfois à part moi car somme toute je suis quelqu’un d’assez intéressant, ouvert, patient et attentif. En tous cas il y a plein de gens totalement mauvais, salauds et cons qui ont beaucoup plus d’amis que moi. Anne-Laure* est sur le point de partir de cette petite soirée entre amis, lorsque je lui demande pour rire si avec son nouveau copain ils vivent encore chacun dans leur appartement, ceci évidemment pour suggérer qu’ils sont j’imagine souvent fourrés chez l’un ou chez l’autre. Elle maugrée qu’il dort souvent chez elle. M’ignorant ensuite ostensiblement elle organise avec Alina* (mon autre dernier ami) un petit après-midi à deux "si elle passe dans le quartier". Je me sens comme une merde. Si sur les deux derniers amis qui me restent il y en a un qui préfère m’éviter, c’est vraiment que j’ai un souci quelque part. Un grave souci. J’ai fait la remarque et Anne-Laure a réagi en me piquant d’abord d’un ironique : "Ta positivié me fait vraiment du bien, David. J’en ai vraiment besoin", devant mon ahurrissement, elle poursuit d’un condescendant : "Tu sais très bien que ça t’arrive de me tirer en-bas, d’être agressif et déprimant". Ce n’était peut-être pas exactement ses mots - l’émotion me coupe la mémoire - mais à peu de chose près. J’étais arrivé à cette soirée le coeur sur la main, ouvert, souriant je crois. Lorsqu’Anne-Laure a fermé la porte trois quinze-tonnes d’affilée m’étaient passés dessus. Ou la définition de "se prendre une volée de baffes", ou "tomber des nues". Depuis le début de l’année je l’ai vue trois ou quatre fois à tout casser; si à ce rythme-là j’arrive encore à créer de tels sentiments négatifs, il vaut mieux effectivement que je n’aie aucun ami. Théodore* et Chris* doivent se frotter les mains; je suis bien obligé de leur donner entièrement raison, j’admets que si ces deux amis lointains n’ont plus souhaité me voir c’est parce que je suis un mauvais ami, parce que "je tire en-bas". Même envers ceux qui sont le plus proches de moi je dois inspirer une automatique méfiance, une sorte de crainte sourde, un potentiel inné de cruauté, une vague toujours en approche de férocité. Cette peur ne fait sans doute que refléter ma propre peur des autres, au point que même lorsque je me sens ouvert et disponible je me ramasse des baffes parce que ma plus proche amie s’attend toujours à un sardonique volte-face. Je me demande si Jérôme* ne m’évite pas depuis toutes ces années pour les mêmes raisons, peut-être qu’en quittant Paris du jour au lendemain je lui ai porté un coup au coeur, il s’est senti abandonné sans que de mon côté je ne me rende compte de rien. Je me demande si Nino* m’a toujours vu comme une bouilloire en permanence en train de siffler à l’intérieur, si Lawrence* ou Sylvio* me tolèrent par politesse, bref tous ces amis que je ne vois plus, s’ils forment une ronde de méfiance suffisamment loin de moi, le pestiféré. Il faudrait peut-être que je m’accomplisse, que je devienne pleinement moi-même, que je me rende compte finalement de qui je suis, aux regards de ceux qui m’étaient le plus proche, on appelle cela "en son for intérieur", le cynique mesquin et dangereux qu’ils évitent. M’enfermer dans une pierre. A moins que ce ne soit déjà la cas.

*prénoms d’emprunt


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12 avril 2007

L’orgasmique entente entre les faiseurs et les penseurs est à son point le moins humide. Et si toute action sur le net tenait plus du but sournois de communiquer à tout prix en souhaitant interagir plus que du simple fait de penser à part soi devant une page blanche, enfermé dans un chalet au sommet d’une montagne innatteignable par le wifi ? Je pense que ma connexion internet incarne mon désir d’être lu. D’exister par mes mots, loin de mes actes. Je pense aussi qu’on écrit sur le web pour être entendu et non pour avancer soi-même dans sa vie grâce aux mots, grâce à l’écriture. J’écris pour être aimé, pas pour m’aimer plus moi-même. On n’écrit pas par amour de communiquer avec les autres, on écrit avant tout pour affirmer sa propre existence. Pour émerger. Pour l’illusion d’émerger, parce que virtuellement je peux me sortir de la masse et avoir l’espoir que cette masse (informe par définition) me voit jaillir d’elle. L’échafaudage technique séparant le moi des autres s’est simplifié. Avant la Chose, il fallait des relations, du caractère, il fallait jeter son corps physique devant les autres en même temps que son écriture, il fallait s’impliquer corps et âme afin d’être lu, d’être entendu, il n’y avait presque pas d’espace entre les mots et l’être, ce qui était publié ramenait immédiatement à celui qui avait écrit. Maintenant (après la Chose), je peux me jeter entièrement vers les autres et n’être pas plus qu’un point-virgule. Ou je peux pondre de l’info et attirer de l’attention en m’effaçant rapidement. Je suis un potentiel de mots, un potentiel de communications, je suis un potentiel d’interagir et mes mots sont noyés dans l’ambition qui les porte au-dessus des autres au lieu d’être simplement mes mots, avec leur rouille, leur inutilité, et ces conneries de point-virgules.


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11 avril 2007

Mon corps déborde de partout. Mon ventre et mes hanches gélatineux sont secoués de spasmes dès que je fais un mouvement un peu brusque. La plus petite torsion plie de multiples couches de graisse et m’attacher les chaussures est épuisant. Quand j’enfile mon pantalon, c’est un calvaire, et ensuite il me sert autour de la taille, entre les jambes et me gratte, je me sens moulé dans un sac à patates. Le café a un goût d’huile à moteur deux temps et d’interminables météorismes me gondolent les intestins, s’échappant en longs filets d’odeurs infâmes. Je suis envahi par un alien et lentement il gonfle pour faire craquer l’épiderme sec, exhiber ses bourrelets plein d’écailles. Non seulement mon corps flasque m’empêche de vivre mais en plus mon cerveau enfoncé dans les plis de graisse me répète que je n’ai plus assez de temps dans une journée pour la terminer en allant normalement me coucher, repus et fatigué. Je suis insatisfait et intranquille. La nudité des gens sous le soleil qui chauffe trop à cause de mes pets trouant la couche d’ozone est aussi intolérable que la vision de la première page d’un quotidien. La fonte des glaces me donne envie de m’offrir une coupe Danemark. Mon corps déborde et le niveau des océans monte. Comme il est bon lorsqu’ils me regardent passer comme une vache dans son nuage de méthane d’imaginer ces rues, ces parcs, ce fleuve, Genève, le Jura, les montagnes noyés dans l’Océan. Et j’y ajouterai une calotte glaciaire pour bien faire. Contenant toutes ces nobles sensations, je suis assez embarrassé lorsqu’il s’agit de répondre à la question d’un collègue : "Salut ça va ?" Parfois, envie de gicler du sang; moi alien XXL, toi pas approcher moi sinon moi écrabouiller purée toi et manger, toi. Miam. Mon bide tremblote d’appétit et déjà de bonheur je gargouille dans l’envie d’alcool mélangé à du chocolat et de la chair humaine. "Ça va et toi" Insatiable envie de m’échapper, trottine trottine, ça passera tu sais bien, ça passera. Ce que j’ai froid, malgré le printemps radieux je suis une boule de neige. Ne pas oublier d’aller m’acheter un petit duplicateur pour carte graphique et brancher un troisième écran; après ça ira mieux.


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10 avril 2007

J’aime bien les gens qui reprennent le dessus sur la vie. Personnellement je reprends le dessus sur la vie chaque printemps, me suis-je aperçu avec effroi ce week-end en relisant quelques anciens articles sur ce site. Ce n’est pas négligeable, mon troisième printemps à survivre à moi-même sur le net, et puis ça permet déjà d’établir des courbes et des statistiques comportementales. Donc chaque printemps je me remets à écrire avec vigueur, doué d’une énergie que chaque printemps j’estime être unique, surprenante, et décisive. Le genre d’énergie qui me permettrait de commencer et de terminer un roman par exemple, d’aller au-delà de moi-même, de me surpasser (déprimant, j’associe l’écriture d’un roman à un surpassement personnel), et chaque printemps j’asperge ce site de nouveaux espoirs. Généralement, à titre plus personnel, c’est aussi à cette époque que je me remets à faire un peu de sport. Un béhavioriste me caserait avec indolence et rapidité dans la section des "couches moyennes influencées par les magasines de mode, la télévision et le ciné, trentenaire avancé approchant la crise de la quarantaine paniqué à l’idée de prendre du poids après avoir arrêté de fumer  et tentant désespérément de trouver un équilibre zen dans sa vie de tous les jours", ou un truc plus long dans le genre… Le gars que les jolies midinettes imberbes de 25 ans commencent à appeler "Monsieur" et à voussoyer du haut de leur jeune indulgence.

La gorge sèche, je viens de me rendre compte que cette description me correspond bien, en tout cas à travers une certaine lorgnette un peu distante, mais somme toute on se voit tous de façon un peu distante. Toujours selon les statistiques, je devrais arrêter d’écrire aussi fréquemment d’ici fin avril ou début mai, date à laquelle le rythme des saisons reprend le dessus sur mon enthousiasme de trentenaire lucide, aisé et cynique.
Je reste néanmoins remarquablement stable dans les chiffres nuls des commentaires laissés ici. Et dire que certains blogueurs très virils comparent le nombre de commentaires à des performances sexuelles. Heureusement que je suis au-dessus de ça. Heureusement, oui.


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9 avril 2007

En rentrant de Bâle j’ai croisé Leonard Cohen dans le train. Une de ces journées ecclésiastiques où je repère une succession de détails sous forme de messages à transcrire et interpéter. D’abord cette jeune femme aux cernes immenses et brunâtres qui m’a longuement fixé lorsque je me suis assis en face d’elle. Le titre de son livre : "Lexique de l’Esotérisme". Et puis le soleil brillait trop fort comme il sait le faire certains jours de printemps qui ressemblent encore à l’hiver, conférant trop d’éclat et de reflets aux objets, la réalité paraît m’hurler aux yeux. Puis elle est sortie du train régional en secouant la tête et rigolant et a été remplacée par un yorkshire terrier dont les maîtres, un vieux couple moche et sans enfant, sentaient la naphtaline. Après quelques minutes leur chien s’est mis à lentement grogner dans ma direction. Ses maîtres au dédain aussi flasque que leurs joues reniflaient de contentement; ou alors ils pouffaient. Et cet être indéfinissable aux longs cheveux gris, sales, enfoncé dans un blouson comme humide de larmes sur le quai de Bienne, elle reniflait, peut-être qu’elle avait pleuré toute la nuit et toute cette matinée avant de se trouver plantée devant moi sur ce quai aveuglant de lumière comme si elle m’avait attendu, cette chose avait l’air de me fixer aussi de derrière ses lunettes de soleil sauf qu’elle ne pouvait voir que son reflet de l’autre côté de la vitre teintée. Comme elle avait l’air triste et inutile dans cette ville aux immeubles fades. Elle aurait aussi bien pu mourir l’instant d’après, j’en aurais été soulagé. Ces éléments devaient se combiner, posséder un sens particulier, ils tentaient de me révéler quelque chose alors que j’observais le défilement des vignes neuchâteloises derrière la vitre teintée du wagon restaurant, doublement protégé par mes lunettes de soleil. Lorsque je l’ai vu. Il me fixait aussi depuis l’autre bout du restaurant. Il portait aussi des lunettes de soleil. D’abord j’ai eu un doute. J’ai vu la dernière fois Leonard Cohen dans un documentaire où il faisait le moine bouddhiste à Los Angeles, il y a quelques années. Il me semble qu’il était plus vieux que ce type. Protégé par mes lunettes j’ai détourné la tête pour faire semblant de regarder dehors alors que je le scrutais attentivement. Ce long visage marqué, ce nez incomparable, l’arc fragile des sourcils, les joues émaciées, la coupe de cheveux… Il se teigna