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Actualité littéraire admin
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:: 6/1/2009 à 9:22
Résolution: écrire une page par jour. Que je ne mets pas en ligne.
Désormais seront en ligne les miettes tombées par hasard de la table du festin. C’est peut-être ça la vraie résolution. Peuh.
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:: 4/1/2009 à 6:43
Plusieurs adaptations dans “[p]“, “L’être virtuel” et “Le cercle vicieux”, afin de mieux les rentrer dans leur état final de nouvelles. Je me demande si “[p]” pourrait être publié par épisodes sur le blog du site qu’il raconte.
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:: 3/1/2009 à 12:23
Les jours endorment mes nuits qui réveillent mes jours qui endorment mes nuits.
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:: 2/1/2009 à 12:41
“[p]“, “L’être virtuel” et “Le cercle vicieux” sont passés du statut de romans plausibles à celui de nouvelles terminées. Je mets en ligne “Le cercle vicieux”.
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:: 3/12/2008 à 6:34
J’ai tellement d’écrans que parfois je ne sais plus où est ma souris.
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:: 7/11/2008 à 3:51
Une histoire écrite uniquement au travers de toutes les causes aboutissant à l’état psychologique présent et à ses conséquences. Ex: il préfère les voitures rouges parce que son père en avait acheté une lorsqu’il avait 5 ans, le jour de sa dent tombée et du cadeau de la petite souris.
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:: 6/11/2008 à 8:25
Un magasine a finalement réussi à définir ma maladie. Selon eux je suis un phobique social sévère et une personnalité évitante. Comorbidité: tendance dépressive. Sachant enfin ce que je dois résoudre en moi, je me sens déjà mieux.
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:: 13/10/2008 à 12:28
La psychodomie ou l’art de psychodomiser est en forte croissance dans le monde virtuel.
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:: 1/9/2008 à 5:54
Le problème quand tu es indépendant, c’est que tu ne sais jamais quand tu es en vacances.
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:: 23/8/2008 à 12:01
J’ai des émotions d’échiquier.
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:: 22/8/2008 à 5:35
Je continue à vouloir tout arrêter. Mais je continue. Je CONTINUE. Chercher.
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:: 14/8/2008 à 9:18
Je veux tout arrêter. Je veux devenir acteur. Et je le disais déjà à 13 ans. Pourquoi ne m’a-t-on pas écouté? Chercher.
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:: 3/8/2008 à 6:17
L’essor de la pornographie assure la survie de l’espèce. Chercher.
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:: 19/7/2008 à 12:26
Je n’aime pas comment le monde fonctionne. Chercher.
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:: 17/7/2008 à 1:01
“[...]à 35 ans, les idéaux se sont estompés et la réalité prend le pas…” Chercher.
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:: 14/7/2008 à 4:56
Ce qu’on appelle le retour à la réalité, est-il toujours brutal?
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:: 21/6/2008 à 5:31
Je déteste ma vie, je me déteste entier. Mais je ne suis pas malheureux.
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:: 16/6/2008 à 9:24
ATRIUM est utilisé pour éviter les troubles du sevrage chez les personnes dépendantes de l’alcool, en particulier les convulsions.
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:: 15/6/2008 à 10:58
Atmosphères d’Anjaliom (photographies)
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:: 25/5/2008 à 2:46
Le changement est ce qui se produit lorsque la peine de rester soi-même est plus grande que la peine de changer.
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:: 7/5/2008 à 10:45
Personne ne sait combien de temps peut durer une nuit de bonheur.
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:: 6/5/2008 à 8:55
Dans 50 ans tous ces gens qui ont leur profil enregistré dans tous ces sites sociaux, seront morts. A la vitesse où ces sites sociaux fleurissent, le web promet de devenir un joli cimetière.
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:: 4/5/2008 à 7:23
“Ce n’est pas parce que c’est difficile que je n’ose pas, mais c’est parce que je n’ose pas que c’est difficile.” Segoyewatha
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:: 29/4/2008 à 11:59
“Si la souffrance contraint à la créativité, cela ne signifie pas qu’il faille être contraint à la souffrance pour devenir créatif.” Boris Cyrulnik
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:: à 11:00
En mangeant ses huitres il eut cette illumination de chevet:
- incapacité à se concentrer
- manque de motivation
- oisiveté
- paresse
- sentiment d’être coincé
- je-m’-en-foutisme
- autodestruction
- amertume
- déception
- frustrations
- contemplation
- lassitude
- doutes
… et rebroussa chemin.
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:: 22/4/2008 à 3:32
"Je reste près de Léon et de la passerelle. Si je le retrouve, j’irai au café KD écrire sur le rouge des moments volés."
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:: 18/4/2008 à 12:56
4h à écouter dans le TGV un jeune couple de québécois parler des cocktails qu’ils ont expérimenté.
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:: à 9:59
Direction: Paris.
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:: 17/4/2008 à 12:49
Je suis en train de constituer la 1ère liste complète de sites qui ne sont pas censés être en lignes.
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:: 16/4/2008 à 5:08
Mis en ligne un concept de présentation style CV en "Timeline" http://twurl.nl/oqtfk2 qui consiste en…bla bla bla [commentaires bienvenus]
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24 septembre 2007
Je ne sais pas vraiment qui elle est. Pourtant je l’ai rencontrée la première fois durant l’été 2000. Je m’en souviens bien c’était exactement 6 mois après mon retour du pélerinage à pied de Lausanne à Compostelle. Durant ces années de tchat je me suis beaucoup confié à elle sans jamais la rencontrer. Mais le temps n’a pas d’importance. Quand je tchate, le temps prend une autre forme, il se dilate immensément lorsque les mots sont inscrits sur le clavier, et puis il est réduit à rien lorsque les mots sont envoyés. Ainsi nos rencontres se sont succédées durant des années, collées les unes aux autres par un temps agglutiné. Ces contractions donnent aux dialogues une aura d’intemporalité. Mais à l’inverse de longues lettres, tout est soudain contenu dans l’instant du dialogue, et devant mon écran c’est comme si je la retrouvais dans le métro par hasard. Nous sommes flous de corps et de visage l’un pour l’autre. Nous sommes des possibilités physiques. Ensuite nous allons ensemble parler dans un bistrot, où je m’adresse à un fantôme mouvant et elle aussi, avant de disparaître à nouveau dans la cohue, dans le brouillard des jours, je ne sais pas jusqu’à quand, ni jusqu’où. Dans l’apesanteur du virtuel, j’ai ainsi flotté autour de Kalissea durant des années. Je la provoquais, je l’attaquais, je lui demandais des réponses qu’elle n’était pas en mesure de me fournir parce que mes questions n’avaient sans doute de sens que pour moi-même. Ultimement, je collais sur son être éthèrique le rôle de la page blanche. Je savais qu’elle était là à m’écouter, que dans ses longs silences je ne devais pas attendre de réponse, et j’écrivais sur mon écran comme si j’avais pu m’adresser à une page vide qui m’aurait compris entièrement. Kalissea a été ma Lectrice, sculptée dans mon espace virtuel comme une sainte au sommet d’un portique, penchée sur moi dans l’éternité noire de ses silences d’écran. Et, lorsque mes monologues semblaient vains, alambiqués, tautologiques, elle me souriait doucement pour m’inviter à poursuivre par une phrase laconique qui néanmoins me donnait soudain tant d’espoir, tant de ferveur, d’être encore entendu. Elle a vécu des années à Genève. Puis quand j’ai commencé à y travailler elle est partie loin. Comme les fées qui s’évaporent près d’une brindille trop secouée, et je ne le regrette pas, parce que c’est comme les fées justement. Elle est partie en Afrique, naturellement, comme il se doit. Dans cette zone de mon imaginaire où tout est encore permis, où tout est encore, si près de l’abîme, souriant.
— Ce texte n’engage que son auteur et ne prétend en rien être exhaustif ou représentatif de quiconque. Il s’agit d’un instantané subjectif, d’une représentation parcellaire et momentanée, ayant pour but l’esquisse littéraire d’un personnage fictif autour d’une personne existante. En aucun cas ce texte n’a pour prétention ou objectif le viol de la vie privée ou la description unilatérale d’une personne existante. A considérer avec précautions, tel un tabloïde de seconde catégorie.
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18 septembre 2007
S’il y a quelqu’un sur cette planète que je n’ai jamais rencontré, c’est bien maggic. Il n’a strictement rien à voir avec ma vie de tous les jours, et pourtant il était le premier que je saluais, tôt avant 7h du matin et le départ vers la gare, devant le café dans la pénombre de mon grenier. Quand j’ai déménagé à Paris, sans le savoir je l’ai embarqué avec moi, et là -bas il fut sans doute une des personnes de Suisse avec qui je parlais le plus. Et puis avant mes longues nuits sans sommeil je lui apprenais tout de mes petites misères, auxquelles il réagissait souvent avec humour, avant d’aller se coucher, aussi régulier qu’un pendulaire, vers 23.30. maggic n’a pas de corps, pas de visage, il n’a pas de voix, d’ailleurs il n’a même pas de majuscule! Il existe quelque part un peu hors du temps et tout à la fois profondément ancré à la réalité. A ma réalité du moins. Il fut un confident, un punching-ball, un savant jongleur de mots, et pour moi qui aime tant communiquer uniquement grâce aux fioritures scintillantes des lettres sur l’écran, ce fut une aubaine que nos chemins se fussent croisés. Et ce fut aussi une aubaine que notre rencontre n’ait jamais eu lieu. Parce qu’il y a des rencontres qui se sont déjà produites alors même qu’on ne se connaît pas encore. Sans être intenses ou éclatantes, elles se répètent inlassablement et naissent d’elles une sorte d’amitié pointilliste tout à la fois détachée et nécessaire. Nous n’avions simplement pas besoin d’en savoir plus; et ce petit espace vide, inconnu, entre nous, cette possibilité que cet autre soit un peu de moi-même tout en étant ailleurs et totalement autre, me donnait un peu plus confiance en ces inconnus là -dehors auxquels en général je ne crois pas. Quand on parvient à maintenir ainsi un tel équilibre (entre l’envie de se rencontrer et la conscience de la vanité d’une telle envie), la tension ainsi créée auréole le tchat d’une certaine forme de pureté. Sur IRC nos échanges étaient toujours publics et l’éventualité d’un voyeur nous lisant dans nos délires et analyses et jeux de mots, leur conférait l’excitation d’un débat public. Le plus souvent j’étais pessimiste, destructeur et désenchanté, tandis que maggic s’amusait de moi et de mes petits coups de dent. Je crois avoir incarné pour lui une certaine forme de liberté, un vagabondage lucide loin de sa routine, alors qu’il représentait la possibilité de vivre un quotidien, peut-être ennuyant, peut-être répétitif, mais au final un quotidien dans la paix et la bonne humeur. J’ai quitté notre salon de discussion il y a quelques mois, peu après la naissance de son enfant, mais ce ne fut sans doute qu’une coïncidence. J’ai été soudain effrayé à l’idée que mon existence pût s’enfoncer continuellement, si loin de la réalité. Mais maintenant, pendulaire, j’en ai peu trop, de réalité. Et me demande si je ne fus pas plus heureux là -bas, au creux de… de ces longues discussions, de cette appartenance à un univers souterrain, tel un ordre secret, dont la virtualité était une mascarade cachant que je m’y exprimais pour y aller à l’essentiel.
— Ce texte n’engage que son auteur et ne prétend en rien être exhaustif ou représentatif de quiconque. Il s’agit d’un instantané subjectif, d’une représentation parcellaire et momentanée, ayant pour but l’esquisse littéraire d’un personnage fictif autour d’une personne existante. En aucun cas ce texte n’a pour prétention ou objectif le viol de la vie privée ou la description unilatérale d’une personne existante. A considérer avec précautions, tel un tabloïde de seconde catégorie.
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13 septembre 2007
Reclu à l’intérieur de mon pessimisme et de ma mélancolie quotidiens, parfois je vois défiler entre les chewing-gums sur le trottoir, les yeux d’Antoinette. Je les vois qui me sourient, confiants et lumineux, noisettes pétillantes à l’assaut de l’existence, et ils me donnent envie d’un peu plus respirer les matins bleu pâle de septembre 2007. La vie l’a jetée parterre, soulevée par le cou à bras portant, et jetée contre des murs en béton, et encore, la vie, inlassable, a tenté de l’étrangler. Sa paume immense, qui ne voit pas, qui n’entend pas et qui ne sent rien, lui a écrasé la poitrine, le visage, le corps entier. Un jeu, un simple jeu parmi d’autres continuant à marcher comme si la vie était naturellement gentille et fluviale. Pendant qu’Antoinette hurlait. Dans son sourire, je revois l’immense contentement, l’indéniable paix, d’être revenue de cet hurlement-là . Le mesquin en moi répliquerait: à chacun ses coups durs, on s’en sort comme on peut, pas la peine d’en faire une montagne. Mais justement le souvenir d’Antoinette règle en moi le volume du désespoir. Il me permet de rire de mes désarrois, ou au contraire d’éclater de colère quand il le faut. Elle me donne du courage aussi. Non à cause de la quantité de malheurs dont elle a su sortir, mais grâce à cette force liquide qui lui permet de s’élancer, de se tendre vers l’horizon comme une flèche parfaite, de se regrouper et d’exister presque avec férocité là même où elle se tenait auparavant, disloquée. De réussir à éclater de rire à la gueule de l’adversité, de tendre la main à la vie, encore et toujours. J’ai le droit bien sûr d’être triste ou las, mais jamais je ne me laisserai totalement abattre. Et Antoinette fait partie de ceux qui me donnent la main et me permettent de me redresser par la seule force du souvenir.
— Ce texte n’engage que son auteur et ne prétend en rien être exhaustif ou représentatif de quiconque. Il s’agit d’un instantané subjectif, d’une représentation parcellaire et momentanée, ayant pour but l’esquisse littéraire d’un personnage fictif autour d’une personne existante. En aucun cas ce texte n’a pour prétention ou objectif le viol de la vie privée ou la description unilatérale d’une personne existante. A considérer avec précautions, tel un tabloïde de seconde catégorie.
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11 septembre 2007
Je n’ai aucune idée de la longueur de ce train. L’ayant entrevu sur la carrosserie au moment de monter, je sais uniquement qu’un wagon standard mesure environ 25 mètres. Mais je n’ai pas idée non plus du mécanisme détaillé faisant que lorsque je tape sur les touches d’un clavier des lettres apparaissent à la surface de mon écran. Après, on s’étonne de vivre dans un monde où les gens se suicident, où ils sont pédophiles, où partout errent des âmes en peine, comme moi dans mon train, et comme toi, et beaucoup, beaucoup, beaucoup d’autres, errant à la surface du globe, vacillant au sommet de cette prodigieuse quantité de savoirs et de savoir-faire et de méthodes, et de techniques et d’ingéniosités. D’inventions réinventées et améliorées et rapetissées au point que bientôt je m’asseyerais et n’importe où une chaise me saluera d’un suave: "Bonjour, David Ruzicka. Portez les slips Naguerre, pour un plus beau derrière." Il n’est désormais plus possible pour un être humain d’avoir une compréhension explicite du monde dans lequel il est né, qui a été créé et qui est recréé en permanence, à l’image de ces chantiers de ville qui ne finissent jamais, par les autres autour de lui et par lui-même autour des autres. Le cerveau de l’humanité est à l’image des particules d’humains qui le composent: il ne se comprend pas soi-même. Alors dans ce mystère constant, totalement inventé par nous, je me plonge et j’invente encore d’autres phénomènes et je me berce encore d’autres idées et je m’enfonce vers d’autres mélancolies, tournant le dos, peut-être définitivement, à ce qui est construit, au devenir permanent, ne cherchant plus ni à comprendre ni à voir le beau, ou m’imaginer comprendre ou à m’imaginer voir le beau, mais dérivant à la suite de millions d’autres riches et ennuyés vers un horizon pâle, éblouissant et fatiguant. Tandis que Cricri, lui, non. Rempli d’une candeur infatiguable, il est constamment à la découverte de, à la recherche d’un pourquoi, et s’il ne comprend pas comment se propagent les ondes éléctromagnétiques, qu’à cele ne tienne! Il voudra comprendre la personnalité et les raisonnements de celui qui tentera de les lui expliquer. Car quelle que soit la complexité tissée de nos nouveaux univers, derrière tout cela cogitent des humains, avec des cerveaux semblables, avec des pensées banales, des désirs humains et des ambitions humaines et des vies. De vies à profusion. Chacune avec son hisoire, chacune, chacune, brillant de sa trace exceptionnelle, aussi magnifique que soi-même et aussi mystérieux qu’un fossile du Crétacé. Ainsi Cricri trace ses généralités, ses conclusions sur une unique entité aux facettes infinies qui contiendrait tous ceux qu’il croise et beaucoup de lui aussi. Il recherche avant tout l’autre et dans l’autre ce qui fait qu’on est un peu tous semblables et un peu tous différents; promenant son regard sur la crête fine et fragile de laquelle s’envolent nos rêves. Tandis que d’autres dans leurs coins obscures se moquent obscurémment de leur propre obscurité et de l’irrévocable éloignement des autres, se moquent de lui, le voyant comme un doux gentil qui s’obstine à plaquer de doux concepts sur la permanente maladie de l’homme: exister. Pour s’aider à fuir le temps plus doucement.
— Ce texte n’engage que son auteur et ne prétend en rien être exhaustif ou représentatif de quiconque. Il s’agit d’un instantané subjectif, d’une représentation parcellaire et momentanée, ayant pour but l’esquisse littéraire d’un personnage fictif autour d’une personne existante. En aucun cas ce texte n’a pour prétention ou objectif le viol de la vie privée ou la description unilatérale d’une personne existante. A considérer avec précautions, tel un tabloïde de seconde catégorie.
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9 septembre 2007
C’est incroyable comme l’envie d’aimer peut se superposer à l’envie d’être aimé. C’est incroyable comme il est difficile de ne plus vivre sous l’égide d’une relation qui a duré des années et qui a établi des règles et des droits et des libertés. C’est fini, elle est partie, et pourtant je continue à vivre comme si elle était encore là . Elle était toute mon envie d’aimer et d’être aimé mais maintenant il faut que j’aime sans connaître ce qui me sera donné en retour. Et j’ai peur, et je me méfie. Mais en même temps j’ai envie, j’ai envie de quelque chose de grandiose, d’encore plus grand et d’encore plus fort que ce qui a disparu. Mais on sait bien que l’amour ne se mesure pas au nombre d’années. Qu’il peut être totalement là dans le présent, offert et magnifique, aussi soudain qu’une naissance. Qu’une naissance. Et puis ce jaillissement me plonge dans le doute, dans l’évasion, dans l’étrange absence que le quotidien renouvelé ne parvient pas à combler. Toutes ces années… et puis là , juste là , maintenant, comme ça, soudain plus rien n’existe de celle qui a été aimée, et je dois exploser, irradier, montrer comme je peux aimer et comme je peux être aimé à nouveau, brusquement, dans un recommencement qui paraît tout à coup si futile. Qui résonne si fort comme un renoncement. Parce que j’aime, je peux tout recommencer, mais parce que j’aime, je dois tout recommencer.
— Ce texte n’engage que son auteur et ne prétend en rien être exhaustif ou représentatif de quiconque. Il s’agit d’un instantané subjectif, d’une représentation parcellaire et momentanée, ayant pour but l’esquisse littéraire d’un personnage fictif autour d’une personne existante. En aucun cas ce texte n’a pour prétention ou objectif le viol de la vie privée ou la description unilatérale d’une personne existante. A considérer avec précautions, tel un tabloïde de seconde catégorie.
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8 septembre 2007
Quand la cocaïne rentre dans tes veines directement l’effet est comparable à un éclat de jouissance étalé. Il est prolongé de quelques secondes, une vingtaine peut-être. C’est assez court. Mais ça dépend évidemment de la dose injectée. Je me souviens d’une totalité blanche sans émotion, sans pensée et sans réalité. A ma bête échelle de mâle l’explosion orgasmique est évidemment ce qui s’en rapproche le plus. Zelda avait enfoncé cette jouissance en moi et en ce sens elle avait incarné ma soumission totale à l’autre, à l’inconnu. A l’étrangeté. Ou la sublime tentative de la femme de défoncer l’homme. Et cette excitation incohérente qui coule et respire la liberté infinie. La chaleur sur la ville explosait en brindilles de possibilités et chaque lumière dans les gratte-ciel m’irradiait. 20 secondes. Le reste n’est qu’envie de. Espoir de. Fredonner de. Un blindage intime trop puissant ne m’a pas permis d’aller plus loin. J’ai trop peur d’oublier la précision de la réalité. A l’inverse de Zelda, qui avait peur de la voir trop exactement. Elle était pour moi cette tentation d’oublier tout. Et logiquement j’étais pour elle cette envie de toucher à nouveau l’existence sous sa lumière crue, sous sa lumière authentique. Une de ces lumières matinales de gare où on se dit "ah merde je me suis levé trop tôt" avec ce lundi clignant des yeux devant les jours improbables qui vont s’efforcer de suivre. Et moi qui suis resté à genoux avec cette aiguille plantée dans le bras comme pour me dire que l’éclat blanc durera toujours. Je ne peux m’empêcher de penser que depuis elle a poursuivi son ascension vers la réalité. Qu’elle mériterait pleinement, qu’elle pourrait engranger totalement, qu’elle explorerait comme une enfant devant un Noël qui ne lui a jamais été offert. Et que depuis j’erre à la recherche d’un éclat semblable à cette infinie soumission à l’autre. A l’inconnu. A la possibilité de tout.
— Ce texte n’engage que son auteur et ne prétend en rien être exhaustif ou représentatif de quiconque. Il s’agit d’un instantané subjectif, d’une représentation parcellaire et momentanée, ayant pour but l’esquisse littéraire d’un personnage fictif autour d’une personne existante. En aucun cas ce texte n’a pour prétention ou objectif le viol de la vie privée ou la description unilatérale d’une personne existante. A considérer avec précautions, tel un tabloïde de seconde catégorie.
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6 septembre 2007
Il y a un peu de tout le monde en chacun de nous. Il y a un peu de Patrick à côté. Au Kenya en 1994, lors d’un été si chaud qu’il ne faut même pas le mentionner, certains touristes méticuleux se demandaient pourquoi tressautait dans les fougères ce large chapeau de chasseur de papillons sur fond de lions ennuyés. C’est là que j’ai vu la photo de Patrick la première fois, bondissant dans le flou de la chaleur devant un lion ébahi. Je ne crois pas qu’il chassait | | | | |