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	<title>[ David Ruzicka - Mouvements de pensées ] &#187; Mes autres</title>
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	<description>Assez souvent, David Ruzicka écrit encore</description>
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		<title>Manifeste d’un pendulaire Lausanne &#8211; Genève: Kalissea</title>
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		<pubDate>Mon, 24 Sep 2007 21:12:40 +0000</pubDate>
		<dc:creator>DR</dc:creator>
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			<content:encoded><![CDATA[<p>Je ne sais pas vraiment qui elle est. Pourtant je l&#8217;ai rencontrée la première fois durant l&#8217;été 2000. Je m&#8217;en souviens bien c&#8217;était exactement 6 mois après mon retour du pélerinage &agrave;  pied de Lausanne &agrave;  Compostelle. Durant ces années de tchat je me suis beaucoup confié &agrave;  elle sans jamais la rencontrer. Mais le temps n&#8217;a pas d&#8217;importance. Quand je tchate, le temps prend une autre forme, il se dilate immensément lorsque les mots sont inscrits sur le clavier, et puis il est réduit &agrave;  rien lorsque les mots sont envoyés. Ainsi nos rencontres se sont succédées durant des années, collées les unes aux autres par un temps agglutiné. Ces contractions donnent aux dialogues une aura d&#8217;intemporalité. Mais &agrave;  l&#8217;inverse de longues lettres, tout est soudain contenu dans l&#8217;instant du dialogue, et devant mon écran c&#8217;est comme si je la retrouvais dans le métro par hasard. Nous sommes flous de corps et de visage l&#8217;un pour l&#8217;autre. Nous sommes des possibilités physiques. Ensuite nous allons ensemble parler dans un bistrot, où je m&#8217;adresse &agrave;  un fantôme mouvant et elle aussi, avant de disparaître &agrave;  nouveau dans la cohue, dans le brouillard des jours, je ne sais pas jusqu&#8217;&agrave;  quand, ni jusqu&#8217;où. Dans l&#8217;apesanteur du virtuel, j&#8217;ai ainsi flotté autour de Kalissea durant des années. Je la provoquais, je l&#8217;attaquais, je lui demandais des réponses qu&#8217;elle n&#8217;était pas en mesure de me fournir parce que mes questions n&#8217;avaient sans doute de sens que pour moi-même. Ultimement, je collais sur son être éthèrique le rôle de la page blanche. Je savais qu&#8217;elle était l&agrave;  &agrave;  m&#8217;écouter, que dans ses longs silences je ne devais pas attendre de réponse, et j&#8217;écrivais sur mon écran comme si j&#8217;avais pu m&#8217;adresser &agrave;  une page vide qui m&#8217;aurait compris entièrement. Kalissea a été ma Lectrice, sculptée dans mon espace virtuel comme une sainte au sommet d&#8217;un portique, penchée sur moi dans l&#8217;éternité noire de ses silences d&#8217;écran. Et, lorsque mes monologues semblaient vains, alambiqués, tautologiques, elle me souriait doucement pour m&#8217;inviter &agrave;  poursuivre par une phrase laconique qui néanmoins me donnait soudain tant d&#8217;espoir, tant de ferveur, d&#8217;être encore entendu. Elle a vécu des années &agrave;  Genève. Puis quand j&#8217;ai commencé &agrave;  y travailler elle est partie loin. Comme les fées qui s&#8217;évaporent près d&#8217;une brindille trop secouée, et je ne le regrette pas, parce que c&#8217;est comme les fées justement. Elle est partie en Afrique, naturellement, comme il se doit. Dans cette zone de mon imaginaire où tout est encore permis, où tout est encore, si près de l&#8217;abîme, souriant.
<p><em><font size="1">&#8212;<br />Ce texte n&#8217;engage que son auteur et ne prétend en rien être exhaustif ou représentatif de quiconque. Il s&#8217;agit d&#8217;un instantané subjectif, d&#8217;une représentation parcellaire et momentanée, ayant pour but l&#8217;esquisse littéraire d&#8217;un personnage fictif autour d&#8217;une personne existante. En aucun cas ce texte n&#8217;a pour prétention ou objectif le viol de la vie privée ou la description unilatérale d&#8217;une personne existante. A considérer avec précautions, tel un tabloïde de seconde catégorie.</font></em></p>
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		<title>Manifeste d’un pendulaire Lausanne &#8211; Genève: maggic</title>
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		<pubDate>Tue, 18 Sep 2007 07:42:30 +0000</pubDate>
		<dc:creator>DR</dc:creator>
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		<description><![CDATA[S&#8217;il y a quelqu&#8217;un sur cette planète que je n&#8217;ai jamais rencontré, c&#8217;est bien maggic.&#160; Il n&#8217;a strictement rien &#224; voir avec ma vie de tous les jours, et pourtant il était le premier que je saluais, tôt avant 7h du matin et le départ vers la gare, devant le café dans la pénombre de [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>S&#8217;il y a quelqu&#8217;un sur cette planète que je n&#8217;ai jamais rencontré, c&#8217;est bien maggic.&nbsp; Il n&#8217;a strictement rien &agrave;  voir avec ma vie de tous les jours, et pourtant il était le premier que je saluais, tôt avant 7h du matin et le départ vers la gare, devant le café dans la pénombre de mon grenier. Quand j&#8217;ai déménagé &agrave;  Paris, sans le savoir je l&#8217;ai embarqué avec moi, et l&agrave; -bas il fut sans doute une des personnes de Suisse avec qui je parlais le plus. Et puis avant mes longues nuits sans sommeil je lui apprenais tout de mes petites misères, auxquelles il réagissait souvent avec humour, avant d&#8217;aller se coucher, aussi régulier qu&#8217;un pendulaire, vers 23.30. maggic n&#8217;a pas de corps, pas de visage, il n&#8217;a pas de voix, d&#8217;ailleurs il n&#8217;a même pas de majuscule! Il existe quelque part un peu hors du temps et tout &agrave;  la fois profondément ancré &agrave;  la réalité. A ma réalité du moins. Il fut un confident, un punching-ball, un savant jongleur de mots, et pour moi qui aime tant communiquer uniquement grâce aux fioritures scintillantes des lettres sur l&#8217;écran, ce fut une aubaine que nos chemins se fussent croisés. Et ce fut aussi une aubaine que notre rencontre n&#8217;ait jamais eu lieu. Parce qu&#8217;il y a des rencontres qui se sont déj&agrave;  produites alors même qu&#8217;on ne se connaît pas encore. Sans être intenses ou éclatantes, elles se répètent inlassablement et naissent d&#8217;elles une sorte d&#8217;amitié pointilliste tout &agrave;  la fois détachée et nécessaire. Nous n&#8217;avions simplement pas besoin d&#8217;en savoir plus; et ce petit espace vide, inconnu, entre nous, cette possibilité que cet autre soit un peu de moi-même tout en étant ailleurs et totalement autre, me donnait un peu plus confiance en ces inconnus l&agrave; -dehors auxquels en général je ne crois pas. Quand on parvient &agrave;  maintenir ainsi un tel équilibre (entre l&#8217;envie de se rencontrer et la conscience de la vanité d&#8217;une telle envie), la tension ainsi créée auréole le <a title="tchater" target="_blank" href="http://fr.wikipedia.org/wiki/Messagerie_instantan%C3%A9e">tchat</a> d&#8217;une certaine forme de pureté. Sur <a title="IRC Internet Relay Chat" target="_blank" href="http://fr.wikipedia.org/wiki/Internet_Relay_Chat">IRC</a> nos échanges étaient toujours publics et l&#8217;éventualité d&#8217;un voyeur nous lisant dans nos délires et analyses et jeux de mots, leur conférait l&#8217;excitation d&#8217;un débat public. Le plus souvent j&#8217;étais pessimiste, destructeur et désenchanté, tandis que maggic s&#8217;amusait de moi et de mes petits coups de dent. Je crois avoir incarné pour lui une certaine forme de liberté, un vagabondage lucide loin de sa routine, alors qu&#8217;il représentait la possibilité de vivre un quotidien, peut-être ennuyant, peut-être répétitif, mais au final un quotidien dans la paix et la bonne humeur. J&#8217;ai quitté notre salon de discussion il y a quelques mois, peu après la naissance de son enfant, mais ce ne fut sans doute qu&#8217;une coïncidence. J&#8217;ai été soudain effrayé &agrave;  l&#8217;idée que mon existence pût s&#8217;enfoncer continuellement, si loin de la réalité. Mais maintenant, pendulaire, j&#8217;en ai peu trop, de réalité. Et me demande si je ne fus pas plus heureux l&agrave; -bas, au creux de&#8230; de ces longues discussions, de cette appartenance &agrave;  un univers souterrain, tel un ordre secret, dont la virtualité était une mascarade cachant que je m&#8217;y exprimais pour y aller &agrave;  l&#8217;essentiel.
<p><em><font size="1">&#8212;<br />Ce texte n&#8217;engage que son auteur et ne prétend en rien être exhaustif ou représentatif de quiconque. Il s&#8217;agit d&#8217;un instantané subjectif, d&#8217;une représentation parcellaire et momentanée, ayant pour but l&#8217;esquisse littéraire d&#8217;un personnage fictif autour d&#8217;une personne existante. En aucun cas ce texte n&#8217;a pour prétention ou objectif le viol de la vie privée ou la description unilatérale d&#8217;une personne existante. A considérer avec précautions, tel un tabloïde de seconde catégorie.</font></em></p>
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		<title>Manifeste d’un pendulaire Lausanne &#8211; Genève : Antoinette</title>
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		<pubDate>Thu, 13 Sep 2007 06:41:47 +0000</pubDate>
		<dc:creator>DR</dc:creator>
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		<description><![CDATA[Reclu &#224; l&#8217;intérieur de mon pessimisme et de ma mélancolie quotidiens, parfois je vois défiler entre les chewing-gums sur le trottoir, les yeux d&#8217;Antoinette. Je les vois qui me sourient, confiants et lumineux, noisettes pétillantes &#224; l&#8217;assaut de l&#8217;existence, et ils me donnent envie d&#8217;un peu plus respirer les matins bleu pâle de septembre 2007. [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>Reclu &agrave;  l&#8217;intérieur de mon pessimisme et de ma mélancolie quotidiens, parfois je vois défiler entre les chewing-gums sur le trottoir, les yeux d&#8217;Antoinette. Je les vois qui me sourient, confiants et lumineux, noisettes pétillantes &agrave;  l&#8217;assaut de l&#8217;existence, et ils me donnent envie d&#8217;un peu plus respirer les matins bleu pâle de septembre 2007. La vie l&#8217;a jetée parterre, soulevée par le cou &agrave;  bras portant, et jetée contre des murs en béton, et encore, la vie, inlassable, a tenté de l&#8217;étrangler. Sa paume immense, qui ne voit pas, qui n&#8217;entend pas et qui ne sent rien, lui a écrasé la poitrine, le visage, le corps entier. Un jeu, un simple jeu parmi d&#8217;autres continuant &agrave;  marcher comme si la vie était naturellement gentille et fluviale. Pendant qu&#8217;Antoinette hurlait. Dans son sourire, je revois l&#8217;immense contentement, l&#8217;indéniable paix, d&#8217;être revenue de cet hurlement-l&agrave; . Le mesquin en moi répliquerait: &agrave;  chacun ses coups durs, on s&#8217;en sort comme on peut, pas la peine d&#8217;en faire une montagne. Mais justement le souvenir d&#8217;Antoinette règle en moi le volume du désespoir. Il me permet de rire de mes désarrois, ou au contraire d&#8217;éclater de colère quand il le faut. Elle me donne du courage aussi. Non &agrave;  cause de la quantité de malheurs dont elle a su sortir, mais grâce &agrave;  cette force liquide qui lui permet de s&#8217;élancer, de se tendre vers l&#8217;horizon comme une flèche parfaite, de se regrouper et d&#8217;exister presque avec férocité l&agrave;  même où elle se tenait auparavant, disloquée. De réussir &agrave;  éclater de rire &agrave;  la gueule de l&#8217;adversité, de tendre la main &agrave;  la vie, encore et toujours. J&#8217;ai le droit bien sûr d&#8217;être triste ou las, mais jamais je ne me laisserai totalement abattre. Et Antoinette fait partie de ceux qui me donnent la main et me permettent de me redresser par la seule force du souvenir.
<p><em><font size="1">&#8212;<br />Ce texte n&#8217;engage que son auteur et ne prétend en rien être exhaustif ou représentatif de quiconque. Il s&#8217;agit d&#8217;un instantané subjectif, d&#8217;une représentation parcellaire et momentanée, ayant pour but l&#8217;esquisse littéraire d&#8217;un personnage fictif autour d&#8217;une personne existante. En aucun cas ce texte n&#8217;a pour prétention ou objectif le viol de la vie privée ou la description unilatérale d&#8217;une personne existante. A considérer avec précautions, tel un tabloïde de seconde catégorie.</font></em></p>
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		<title>Manifeste d’un pendulaire Lausanne &#8211; Genève : cricri</title>
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		<pubDate>Tue, 11 Sep 2007 08:56:44 +0000</pubDate>
		<dc:creator>DR</dc:creator>
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		<description><![CDATA[Je n&#8217;ai aucune idée de la longueur de ce train. L&#8217;ayant entrevu sur la carrosserie au moment de monter, je sais uniquement qu&#8217;un wagon standard mesure environ 25 mètres. Mais je n&#8217;ai pas idée non plus du mécanisme détaillé faisant que lorsque je tape sur les touches d&#8217;un clavier des lettres apparaissent &#224; la surface [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>
Je n&#8217;ai aucune idée de la longueur de ce train. L&#8217;ayant entrevu sur la carrosserie au moment de monter, je sais uniquement qu&#8217;un wagon standard mesure environ 25 mètres. Mais je n&#8217;ai pas idée non plus du mécanisme détaillé faisant que lorsque je tape sur les touches d&#8217;un clavier des lettres apparaissent &agrave;  la surface de mon écran. Après, on s&#8217;étonne de vivre dans un monde où les gens se suicident, où ils sont pédophiles, où partout errent des âmes en peine, comme moi dans mon train, et comme toi, et beaucoup, beaucoup, beaucoup d&#8217;autres, errant &agrave;  la surface du globe, vacillant au sommet de cette prodigieuse quantité de savoirs et de savoir-faire et de méthodes, et de techniques et d&#8217;ingéniosités. D&#8217;inventions réinventées et améliorées et rapetissées au point que bientôt je m&#8217;asseyerais et n&#8217;importe où une chaise me saluera d&#8217;un suave: &quot;Bonjour, David Ruzicka. Portez les slips Naguerre, pour un plus beau derrière.&quot; Il n&#8217;est désormais plus possible pour un être humain d&#8217;avoir une compréhension explicite du monde dans lequel il est né, qui a été créé et qui est recréé en permanence, &agrave;  l&#8217;image de ces chantiers de ville qui ne finissent jamais, par les autres autour de lui et par lui-même autour des autres. Le cerveau de l&#8217;humanité est &agrave;  l&#8217;image des particules d&#8217;humains qui le composent: il ne se comprend pas soi-même. Alors dans ce mystère constant, totalement inventé par nous, je me plonge et j&#8217;invente encore d&#8217;autres phénomènes et je me berce encore d&#8217;autres idées et je m&#8217;enfonce vers d&#8217;autres mélancolies, tournant le dos, peut-être définitivement, &agrave;  ce qui est construit, au devenir permanent, ne cherchant plus ni &agrave;  comprendre ni &agrave;  voir le beau, ou m&#8217;imaginer comprendre ou &agrave;  m&#8217;imaginer voir le beau, mais dérivant &agrave;  la suite de millions d&#8217;autres riches et ennuyés vers un horizon pâle, éblouissant et fatiguant. Tandis que Cricri, lui, non. Rempli d&#8217;une candeur infatiguable, il est constamment &agrave;  la découverte de, &agrave;  la recherche d&#8217;un pourquoi, et s&#8217;il ne comprend pas comment se propagent les ondes éléctromagnétiques, qu&#8217;&agrave;  cele ne tienne! Il voudra comprendre la personnalité et les raisonnements de celui qui tentera de les lui expliquer. Car quelle que soit la complexité tissée de nos nouveaux univers, derrière tout cela cogitent des humains, avec des cerveaux semblables, avec des pensées banales, des désirs humains et des ambitions humaines et des vies. De vies &agrave;  profusion. Chacune avec son hisoire, chacune, chacune, brillant de sa trace exceptionnelle, aussi magnifique que soi-même et aussi mystérieux qu&#8217;un fossile du Crétacé. Ainsi Cricri trace ses généralités, ses conclusions sur une unique entité aux facettes infinies qui contiendrait tous ceux qu&#8217;il croise et beaucoup de lui aussi. Il recherche avant tout l&#8217;autre et dans l&#8217;autre ce qui fait qu&#8217;on est un peu tous semblables et un peu tous différents; promenant son regard sur la crête fine et fragile de laquelle s&#8217;envolent nos rêves. Tandis que d&#8217;autres dans leurs coins obscures se moquent obscurémment de leur propre obscurité et de l&#8217;irrévocable éloignement des autres, se moquent de lui, le voyant comme un doux gentil qui s&#8217;obstine &agrave;  plaquer de doux concepts sur la permanente maladie de l&#8217;homme: exister. Pour s&#8217;aider &agrave;  fuir le temps plus doucement.</p>
<p><em><font size="1">&#8212;<br />Ce texte n&#8217;engage que son auteur et ne prétend en rien être exhaustif ou représentatif de quiconque. Il s&#8217;agit d&#8217;un instantané subjectif, d&#8217;une représentation parcellaire et momentanée, ayant pour but l&#8217;esquisse littéraire d&#8217;un personnage fictif autour d&#8217;une personne existante. En aucun cas ce texte n&#8217;a pour prétention ou objectif le viol de la vie privée ou la description unilatérale d&#8217;une personne existante. A considérer avec précautions, tel un tabloïde de seconde catégorie.</font></em></p>
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		<title>Manifeste d’un pendulaire Lausanne &#8211; Genève : Olivier P.</title>
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		<pubDate>Sat, 08 Sep 2007 22:10:44 +0000</pubDate>
		<dc:creator>DR</dc:creator>
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		<description><![CDATA[C&#8217;est incroyable comme l&#8217;envie d&#8217;aimer peut se superposer &#224; l&#8217;envie d&#8217;être aimé. C&#8217;est incroyable comme il est difficile de ne plus vivre sous l&#8217;égide d&#8217;une relation qui a duré des années et qui a établi des règles et des droits et des libertés. C&#8217;est fini, elle est partie, et pourtant je continue &#224; vivre comme [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>
C&#8217;est incroyable comme l&#8217;envie d&#8217;aimer peut se superposer &agrave;  l&#8217;envie d&#8217;être aimé. C&#8217;est incroyable comme il est difficile de ne plus vivre sous l&#8217;égide d&#8217;une relation qui a duré des années et qui a établi des règles et des droits et des libertés. C&#8217;est fini, elle est partie, et pourtant je continue &agrave;  vivre comme si elle était encore l&agrave; . Elle était toute mon envie d&#8217;aimer et d&#8217;être aimé mais maintenant il faut que j&#8217;aime sans connaître ce qui me sera donné en retour. Et j&#8217;ai peur, et je me méfie. Mais en même temps j&#8217;ai envie, j&#8217;ai envie de quelque chose de grandiose, d&#8217;encore plus grand et d&#8217;encore plus fort que ce qui a disparu. Mais on sait bien que l&#8217;amour ne se mesure pas au nombre d&#8217;années. Qu&#8217;il peut être totalement l&agrave;  dans le présent, offert et magnifique, aussi soudain qu&#8217;une naissance. Qu&#8217;une naissance. Et puis ce jaillissement me plonge dans le doute, dans l&#8217;évasion, dans l&#8217;étrange absence que le quotidien renouvelé ne parvient pas &agrave;  combler. Toutes ces années&#8230; et puis l&agrave; , juste l&agrave; , maintenant, comme ça, soudain plus rien n&#8217;existe de celle qui a été aimée, et je dois exploser, irradier, montrer comme je peux aimer et comme je peux être aimé &agrave;  nouveau, brusquement, dans un recommencement qui paraît tout &agrave;  coup si futile. Qui résonne si fort comme un renoncement. Parce que j&#8217;aime, je peux tout recommencer, mais parce que j&#8217;aime, je dois tout recommencer.  </p>
<p><em><font size="1">&#8212;<br />Ce texte n&#8217;engage que son auteur et ne prétend en rien être exhaustif ou représentatif de quiconque. Il s&#8217;agit d&#8217;un instantané subjectif, d&#8217;une représentation parcellaire et momentanée, ayant pour but l&#8217;esquisse littéraire d&#8217;un personnage fictif autour d&#8217;une personne existante. En aucun cas ce texte n&#8217;a pour prétention ou objectif le viol de la vie privée ou la description unilatérale d&#8217;une personne existante. A considérer avec précautions, tel un tabloïde de seconde catégorie.</font></em></p>
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		<title>Manifeste d’un pendulaire Lausanne &#8211; Genève : Zelda</title>
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		<pubDate>Sat, 08 Sep 2007 20:49:00 +0000</pubDate>
		<dc:creator>DR</dc:creator>
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		<description><![CDATA[Quand la cocaïne rentre dans tes veines directement l&#8217;effet est comparable &#224; un éclat de jouissance étalé. Il est prolongé de quelques secondes, une vingtaine peut-être. C&#8217;est assez court. Mais ça dépend évidemment de la dose injectée. Je me souviens d&#8217;une totalité blanche sans émotion, sans pensée et sans réalité. A ma bête échelle de [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>Quand la cocaïne rentre dans tes veines directement l&#8217;effet est comparable &agrave;  un éclat de jouissance étalé. Il est prolongé de quelques secondes, une vingtaine peut-être. C&#8217;est assez court. Mais ça dépend évidemment de la dose injectée. Je me souviens d&#8217;une totalité blanche sans émotion, sans pensée et sans réalité. A ma bête échelle de mâle l&#8217;explosion orgasmique est évidemment ce qui s&#8217;en rapproche le plus. Zelda avait enfoncé cette jouissance en moi et en ce sens elle avait incarné ma soumission totale &agrave;  l&#8217;autre, &agrave;  l&#8217;inconnu. A l&#8217;étrangeté. Ou la sublime tentative de la femme de défoncer l&#8217;homme. Et cette excitation incohérente qui coule et respire la liberté infinie. La chaleur sur la ville explosait en brindilles de possibilités et chaque lumière dans les gratte-ciel m&#8217;irradiait. 20 secondes. Le reste n&#8217;est qu&#8217;envie de. Espoir de. Fredonner de. Un blindage intime trop puissant ne m&#8217;a pas permis d&#8217;aller plus loin. J&#8217;ai trop peur d&#8217;oublier la précision de la réalité. A l&#8217;inverse de Zelda, qui avait peur de la voir trop exactement. Elle était pour moi cette tentation d&#8217;oublier tout. Et logiquement j&#8217;étais pour elle cette envie de toucher &agrave;  nouveau l&#8217;existence sous sa lumière crue, sous sa lumière authentique. Une de ces lumières matinales de gare où on se dit &quot;ah merde je me suis levé trop tôt&quot; avec ce lundi clignant des yeux devant les jours improbables qui vont s&#8217;efforcer de suivre. Et moi qui suis resté &agrave;  genoux avec cette aiguille plantée dans le bras comme pour me dire que l&#8217;éclat blanc durera toujours. Je ne peux m&#8217;empêcher de penser que depuis elle a poursuivi son ascension vers la réalité. Qu&#8217;elle mériterait pleinement, qu&#8217;elle pourrait engranger totalement, qu&#8217;elle explorerait comme une enfant devant un Noël qui ne lui a jamais été offert. Et que depuis j&#8217;erre &agrave;  la recherche d&#8217;un éclat semblable &agrave;  cette infinie soumission &agrave;  l&#8217;autre. A l&#8217;inconnu. A la possibilité de tout.
<p><em><font size="1">&#8212;<br />Ce texte n&#8217;engage que son auteur et ne prétend en rien être exhaustif ou représentatif de quiconque. Il s&#8217;agit d&#8217;un instantané subjectif, d&#8217;une représentation parcellaire et momentanée, ayant pour but l&#8217;esquisse littéraire d&#8217;un personnage fictif autour d&#8217;une personne existante. En aucun cas ce texte n&#8217;a pour prétention ou objectif le viol de la vie privée ou la description unilatérale d&#8217;une personne existante. A considérer avec précautions, tel un tabloïde de seconde catégorie.</font></em></p>
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		<title>Manifeste d’un pendulaire Lausanne &#8211; Genève : Patrick M.</title>
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		<pubDate>Wed, 05 Sep 2007 23:34:43 +0000</pubDate>
		<dc:creator>DR</dc:creator>
				<category><![CDATA[Manifeste d'un pendulaire Lausanne - Genève]]></category>
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		<description><![CDATA[Il y a un peu de tout le monde en chacun de nous. Il y a un peu de Patrick &#224; côté. Au Kenya en 1994, lors d&#8217;un été si chaud qu&#8217;il ne faut même pas le mentionner, certains touristes méticuleux se demandaient pourquoi tressautait dans les fougères ce large chapeau de chasseur de papillons [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>Il y a un peu de tout le monde en chacun de nous. Il y a un peu de Patrick &agrave;  côté. Au Kenya en 1994, lors d&#8217;un été si chaud qu&#8217;il ne faut même pas le mentionner, certains touristes méticuleux se demandaient pourquoi tressautait dans les fougères ce large chapeau de chasseur de papillons sur fond de lions ennuyés. C&#8217;est l&agrave;  que j&#8217;ai vu la photo de Patrick la première fois, bondissant dans le flou de la chaleur devant un lion ébahi. Je ne crois pas qu&#8217;il chassait vraiment des papillons &#8211; il ne connaît rien aux papillons &#8211; mais il fallait qu&#8217;il soit l&agrave; . Un peu plus tard il vagabondait &agrave;  Monaco dans une Triumph Spitfire décapotable sans doute empruntée &agrave;  un garagiste qui affolé ameutait toutes les polices de la ville. Patrick est celui qu&#8217;on aimerait être tout en ne sachant pas très bien qui c&#8217;est. Il y a un peu de son regard et de son air faussement ahuri dans un coin de toutes ces photos de magazines surprenant les stars dans un éclat de flash. Si vous regardez bien, peut-être que vous le remarquerez. En fouillant dans les archives de France Culture vous l&#8217;entendrez aussi répliquer d&#8217;impertinentes questions &agrave;  quelques grands philosophes de passage sur les ondes. Mais certainement que vous l&#8217;avez remarqué animant une soirée sur la scène d&#8217;un club med. Parce que Patrick est un peu partout, il est celui qu&#8217;on n&#8217;attend pas mais qui est l&agrave;  plus que les autres. Une fois je l&#8217;ai remarqué &agrave;  un gala mondain parcouru de plantureux mannequins sous les projecteurs d&#8217;une fameuse terrasse de la rade genevoise, il avait arraché le micro pour une longue tirade, un tantinet dramatique, sur la disparition des pingouins d&#8217;Afrique du Sud. Il manie &agrave;  merveille cet art de surprendre l&agrave;  où il faut surprendre et surtout de surprendre l&agrave;  où il ne faut pas surprendre. A un repas entre amis il a avoué, dans un moment de silence ennuyant comme il en advient trop souvent, que la pornographie n&#8217;était pas trop son truc et que si on lui proposait encore de participer &agrave;  un film il n&#8217;accepterait qu&#8217;en la présence de guest stars. Mais en même temps qui a sa propre vie? Patrick n&#8217;a pas la sienne plus que d&#8217;autres, mais au moins il est un personnage. Un caractère sorti de la pièce d&#8217;un génie pour jouer tous les rôles auxquels on rêve dans le train-train. Avec ce panache et cette grandiloquence qui n&#8217;a d&#8217;égal que le mensonge. Mais un mensonge doux et enviable: la recomposition tendre et subtile de la réalité par amour des autres.  
<p><em><font size="1">&#8212;<br />Ce texte n&#8217;engage que son auteur et ne prétend en rien être exhaustif ou représentatif de quiconque. Il s&#8217;agit d&#8217;un instantané subjectif, d&#8217;une représentation parcellaire et momentanée, ayant pour but l&#8217;esquisse littéraire d&#8217;un personnage fictif autour d&#8217;une personne existante. En aucun cas ce texte n&#8217;a pour prétention ou objectif le viol de la vie privée ou la description unilatérale d&#8217;une personne existante. A considérer avec précautions, tel un tabloïde de seconde catégorie.</font></em></p>
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		<title>Manifeste d’un pendulaire Lausanne &#8211; Genève : Sylvain</title>
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		<pubDate>Sat, 14 Jul 2007 06:28:39 +0000</pubDate>
		<dc:creator>DR</dc:creator>
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		<description><![CDATA[Il y a parfois des clients pour lesquels je suis totalement transparent. Ils me voient, ils pourraient me toucher s&#8217;ils s&#8217;approchaient. Ils se contentent de m&#8217;offrir ce sourire désincarné me rappelant qui je suis pour eux: juste un employé. Un rouage, ce petit écrou que des main sales huilent de temps en temps grâce &#224; [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>
Il y a parfois des clients pour lesquels je suis totalement transparent. Ils me voient, ils pourraient me toucher s&#8217;ils s&#8217;approchaient. Ils se contentent de m&#8217;offrir ce sourire désincarné me rappelant qui je suis pour eux: juste un employé. Un rouage, ce petit écrou que des main sales huilent de temps en temps grâce &agrave;  une pipette qui s&#8217;infiltre dans les méandres d&#8217;acier et de sang chaud de la grande machine. Sylvain me vient alors &agrave;  l&#8217;esprit. Toute cette farouche intelligence s&#8217;obstinant &agrave;  lutter contre l&#8217;hypnotique mécanique du système. Avec finesse, un rationalisme horloger, il balaie les conventions. Emergeant au-dessus des petites arêtes boisées des mécanismes sous-jascents du Bon Ordre Global, ses vues révèlent les secrets sous le déroulement abrutissant de la réalité médiatique. Sylvain est un révolté de l&#8217;état actuel des choses. Mais pas de ceux qui se révoltent parce qu&#8217;une campagne marketing aussi subtile que massive le leur a suggéré. Il lit au travers des événements et des phénomènes, et interprète. Parfois, ces réflexions l&#8217;amènent &agrave;  des conclusions s&#8217;apparentant &agrave;  de la paranoïa. Parfois, ces conclusions paranoïaques sont en-deça de la réalité. C&#8217;est dire &agrave;  quel point il peut exister dans une réalité décalée des autres, et cela fait de lui un marginal presque naturel. Un soldat contre le système tout cuit, un dissident de la démocratie prémâchée et liquide. Il aurait pu aller trop loin hors de la société. A cause d&#8217;une épuisante dislexie, ces visions critiques de la société n&#8217;ont pu être couchées en mots, lui fermant du coup un intégration bâtarde au travers par exemple de l&#8217;écriture journalistique ou politique. Cette assimilation étant impossible, il aurait pu en accuser encore et encore le système, de ne pas l&#8217;accepter parce qu&#8217;il le comprend trop bien, le voit &quot;trop&quot; entièrement en ne pouvant partager avec lui ses visions, et cette exclusion aurait abouti &agrave;  une aliénation pathologique. Voir et critiquer, lucidité, voir et critiquer, lucidité, voir et critiquer, lucidité, etc. Tel un tourbillon hargneux et vengeur, et si gorgé de larmes qu&#8217;il en devient presque paisible et doucâtre par moments, l&#8217;éloignant toujours plus de la surface et nourissant au coeur son amertume.&nbsp; Mais la naissance de sa fille lui a donné la main. Cette attache tendre et prosaïque au Grand Système Global l&#8217;a sauvé.&nbsp; Sa révolte a été tempérée par l&#8217;obligation de suivre un rythme précis, ancestral, une sorte de danse ancestrale, au fil des jours, des semaines et des mois au côté de sa fille. Par exemple, je pense que s&#8217;il avait eu tout le temps de réfléchir &agrave;  quelle direction prendre dans l&#8217;action parmi la multitude de possibilités que sa pensée critique lui offre en permanence, en définitive il n&#8217;aurait rien choisi, restant assis dans cette vapeur du tourbillon agréable et paralysante. D&#8217;être &agrave;  côté d&#8217;un enfant sans arrêt et de n&#8217;avoir plus le temps, ou d&#8217;avoir l&#8217;impression de n&#8217;avoir plus le temps de rien faire d&#8217;autre, opère une sélection radicale dans le besoin d&#8217;agir. Une sélection qui lui permet de canaliser sa force et son intelligence dans des intentions plus précises et des objectifs plus aiguisés. De ne plus gigoter dans la complainte analytique ou l&#8217;expectative.&nbsp; En exergue, l&#8217;enfant lui tire la main en riant et l&#8217;amène &agrave;  danser, preuve d&#8217;humilité et d&#8217;acceptation, en compagnie de paysans pour la plupart arriérés, qui eux-même tireront la sarabande vers les élus locaux, et des élus locaux &agrave;  des entrepreneurs de la région, et des entrepreneurs de la région &agrave;  des conseils d&#8217;administrations citadins&#8230; Et le système, certes toujours aussi pourri, d&#8217;écarter les bras et de taper dans le dos de Sylvain. Qui lui n&#8217;aura rien oublié, avec son mince sourire en coin, derrière ses lunettes en éclats d&#8217;esprit, il serrera des mains, parfaitement conscient du sens de son acte.</p>
<p><font size="1"><em>—<br />Ce texte n’engage que son auteur et ne prétend en rien être exhaustif ou représentatif de quiconque. Il s’agit d’un instantané subjectif, d’une représentation parcellaire et momentanée, ayant pour but l’esquisse littéraire d’un personnage fictif autour d’une personne existante. En aucun cas ce texte n’a pour prétention ou objectif le viol de la vie privée ou la description unilatérale d’une personne existante. A considérer avec précautions, tel un tabloïde de seconde catégorie.</em></font></p>
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		<title>Manifeste d’un pendulaire Lausanne &#8211; Genève : Aranyo (2)</title>
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		<pubDate>Tue, 10 Jul 2007 18:30:53 +0000</pubDate>
		<dc:creator>DR</dc:creator>
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		<description><![CDATA[Il n&#8217;y a personne qui ose entrer dans cette grotte. Souvent ils tournent autour de mon trou, mais sans réel intérêt ou véritable envie. Ils ont peur. Sauf elle. Parfois je me retourne &#224; l&#8217;improviste et mon regard difforme, monstrueux, cette chose obscure qui me sert d&#8217;observatoire sur le monde, tombe sur elle. Je me [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>
Il n&#8217;y a personne qui ose entrer dans cette grotte. Souvent ils tournent autour de mon trou, mais sans réel intérêt ou véritable envie. Ils ont peur. Sauf elle. Parfois je me retourne &agrave;  l&#8217;improviste et mon regard difforme, monstrueux, cette chose obscure qui me sert d&#8217;observatoire sur le monde, tombe sur elle. Je me rappelle, &agrave;  une époque, dans cette posture attentive, quand le monde s&#8217;efface totalement autour d&#8217;elle, ses doigts tournaient dans ses cheveux. Cette manière de ne plus exister soudainement, les immeubles s&#8217;effondrent autour d&#8217;elle, tout tombe en miettes et les rues s&#8217;évaporent dans des nuages de poussière où seule elle se tient, au sommet d&#8217;une improbable éminence, en train par exemple, de lire un article. J&#8217;aime cette possibilité de disparition totale que son regard absolu me suggère si souvent. Elle a cette manière d&#8217;observer le monde comme un phare frappé par des vagues de néant. Elle n&#8217;a pas de limites, elle a décidé une fois de ne plus se donner de limites. Et si dans un sens elle est ainsi comme une nonne acceptant tout de ce qui vient sur elle du monde extérieur, sans même la force de pouvoir le refuser, dans un autre sens cela lui permet de tout comprendre et de tout accepter. Et si ce phare s&#8217;arrête sur toi, sois sûr qu&#8217;&agrave;  un moment tu baisseras les yeux, de peur d&#8217;aller trop loin en sa compagnie, de peur d&#8217;atteindre trop vite en face d&#8217;elle tes propres limites. De ce fait, sa relation avec les autres est souvent une forme d&#8217;expérimentation intime. Il faut savoir aller loin pour qu&#8217;elle reste intéressée par toi. Il faut savoir aller trop loin pour toi, parce qu&#8217;elle te tiendra la main l&#8217;air de rien et ensuite elle te jetera dans les vagues, l&agrave;  où tu n&#8217;as plus fond. Sans cesse, elle a conscience de sa présence et de son acte, mais elle a trouvé une issue &agrave;  cet enchaînement: plonger dans l&#8217;acte. Quel qu&#8217;il soit, plonger dedans. Et du fond de ma grotte j&#8217;ai la surprise de sa lumière, toujours insistante, et toujours inextinguible, où je la vois briller comme une fée toute-puissante qui n&#8217;aurait pas le droit d&#8217;être l&agrave; , de la courbe de sa nuque fragile, vaguement illuminée, &agrave;  la pointe de son épaule, iridescente le long du bras fin comme une branche avant l&#8217;hiver, et son corps entier se révèle dans l&#8217;obscurité, cisaillant un instant l&#8217;air, les muscles fins, les arêtes translucides, et pourtant ses courbes se déhanchent comme une esquisse au fusain. Déondulant comme un noir désir. Elle est faite pour cette époque, pour cette histoire, pour cet instant, dansant sur un char techno, chacun de ses regards vers la foule serait un geste, un mouvement, une grâce, un exemple et une offrande pour la femme du 21ème siècle. Mais elle n&#8217;est pas l&agrave; . Elle est juste dans ma grotte. Comme elle le disait il n&#8217;y a pas longtemps, dans un de ces moments où plus rien n&#8217;a aucun sens et où elle se retrouve, pantoise, au bout d&#8217;une longue suite d&#8217;instants dans lesquels elle s&#8217;est immergée, je suis son point final. La frontière au-del&agrave;  de laquelle toute liberté sera associée &agrave;  un manque, au vide, et &agrave;  l&#8217;échec. Pourquoi? Parce qu&#8217;elle est ce phare, et sa lumière observe la vague immense &agrave;  l&#8217;horizon qui un jour, inévitablement, la submergera et l&#8217;effacera, et m&#8217;inondera, et m&#8217;engloutira aussi. Nos enfants. Et les enfants de nos enfants. Et le temps qui passe. Je suis la fin de son amour et elle est la fin du mien, et quoi qu&#8217;il advienne mon amour pour elle ainsi survivra. </p>
<p><font size="1"><em>—<br />Ce texte n’engage que son auteur et ne prétend en rien être exhaustif ou représentatif de quiconque. Il s’agit d’un instantané subjectif, d’une représentation parcellaire et momentanée, ayant pour but l’esquisse littéraire d’un personnage fictif autour d’une personne existante. En aucun cas ce texte n’a pour prétention ou objectif le viol de la vie privée ou la description unilatérale d’une personne existante. A considérer avec précautions, tel un tabloïde de seconde catégorie.</em></font></p>
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		<title>Manifeste d’un pendulaire Lausanne &#8211; Genève : Christophe Me.</title>
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		<pubDate>Sat, 07 Jul 2007 08:37:28 +0000</pubDate>
		<dc:creator>DR</dc:creator>
				<category><![CDATA[Manifeste d'un pendulaire Lausanne - Genève]]></category>
		<category><![CDATA[Mes autres]]></category>

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		<description><![CDATA[Lorsque je me souviens de Christophe, je repense avant tout &#224; sa surdité congénitale. C&#8217;est dommage. Tout un immense personnage qui s&#8217;est placé &#224; l&#8217;ombre de ce problème d&#8217;audition&#8230; Fichtre, mille excuses, ce n&#8217;est pas un vulgaire &#34;problème&#34;, mais une catastrophe de naissance, un Hiroshima personnel l&#8217;ayant abandonné, seul miraculé, nimbé de silence dans les [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>
Lorsque je me souviens de Christophe, je repense avant tout &agrave;  sa surdité congénitale. C&#8217;est dommage. Tout un immense personnage qui s&#8217;est placé &agrave;  l&#8217;ombre de ce problème d&#8217;audition&#8230; Fichtre, mille excuses, ce n&#8217;est pas un vulgaire &quot;problème&quot;, mais une catastrophe de naissance, un Hiroshima personnel l&#8217;ayant abandonné, seul miraculé, nimbé de silence dans les vapeurs de poussière, chancelant, agressé par une radioactivité intime pour le restant de ses jours. Certes la surdité congénitale est une catastrophe pouvant annéantir toute une enfance, des jeux impossibles et des petits amis loins très loins plongés dans le silence, faisant du reste du monde un secret encore plus lourd qu&#8217;il ne l&#8217;est lors de l&#8217;apprentissage de l&#8217;autre et de la découverte des relations et des réseaux vivants. Un &quot;je t&#8217;aime&quot; lancé &agrave;  une moue timide chuchotant le même verbe en une réponse qui n&#8217;arrivera nulle part. L&#8217;univers entier se résume alors &agrave;  des interprétations d&#8217;une réalité impossible &agrave;  partager. Une forme de solitude d&#8217;anachorète imposée par la nature dès la naissance, comme une injuste marque. L&#8217;amour hurle au fond d&#8217;un cachot introuvable. Une marque apposée qui plus est, comme si cela ne suffisait pas, au coeur d&#8217;une famille de musiciens! Immonde ironie dont le seul coupable est éthérique. Alors Christophe s&#8217;est inventé un personnage autour de son handicap. Un personnage hybride, damné tel un Beethoven, rongé d&#8217;angoisses tel un Rilke, romantique et sentimental, mais aussi incisif et aiguisé qu&#8217;un chercheur en physique des particules, un Beethoven de la poésie, un Rilke découvrant la femme sur des posters de magasines X, un romantique qui a vu des pays se déchirer &agrave;  la télé, un chercheur essayant de retrouver la foi, de pardonner Dieu de l&#8217;avoir présenté aux autres ainsi. Mais ce personnage, j&#8217;essaie de ne pas l&#8217;oublier, est bel et bien&nbsp; une invention mirobolante. S&#8217;il ne s&#8217;était pas donné cette apparence de poète romantique échevelé rejoint par la folie &agrave;  un âge où on joue encore dans les bacs &agrave;  sable, Christophe M. aurait les cheveux nets et bien lissés, des habits soyeux méticuleusement choisis pour leur confort, il serait comme ces masses de lichen, compactes, potelées et bien entretenues &agrave;  l&#8217;ombre des bois. Il entretient derrière son personnage d&#8217;artiste illuminé le cercle vicieux du refus et de la peur des autres. Résigné, se condamnant aux limbes de la pensée et préférant se moquer des palabres ridicules de la parole. Mais qu&#8217;il retire ses lunettes, repousse un peu en arrière cette tignasse protégeant ses appareils auditifs des regards indiscrets, et soudain c&#8217;est un enfant qui apparaît. Un grand enfant immobilisé dans le silence de son enfance, infiniment naïf et tendre. Seul un sourire crispé rappelle l&#8217;adolescence frustrée et le jeune âge vexé par des amours rédhibitoires. Ainsi, d&#8217;obscure et confus Christophe M. devient translucide, de cette clarté surréelle des eaux des abysses. De terribles orages le traversent, aussi grandiloquents qu&#8217;enfantins: saisissant un couteau de cuisine il menace de se le planter dans le ventre, puis mime toute la scène et s&#8217;effondre sur le sol, comme mort; une heure plus tard nous buvons un jus ensemble dans la gargote du coin où avec une remarquable lucidité il analyse ses comportements déviés et ses pulsions, tout en rigolant. De ce rire hénissant, cette suite d&#8217;aspirations haletantes, comme s&#8217;il était sur le point de s&#8217;étouffer; un rire si hermétique. Il va trop au bout de lui-même, parce qu&#8217;il y est forcé, parce que son personnage le lui dicte, parce qu&#8217;il ne veut pas juste être le professeur de français sourdingue et looser mais l&#8217;Artiste Maudit (voil&agrave;  pourquoi son personnage existe). Il peut être agressif envers son entourage, et grâce &agrave;  une analyse de ses proches aussi fine et unilatérale que pour lui-même, le mal qu&#8217;il peut faire est aussi poignant que l&#8217;amour qu&#8217;il peut donner. Je n&#8217;amoindris pas l&#8217;ampleur de ces catastrophes émotionnelles qui le traversent, aussi comiques ou lassantes qu&#8217;elles puissent paraître lorsqu&#8217;on le connait mieux, car lui les vit sans artifice, de fulgurants instants d&#8217;émotion pure qui le laissent pantelant. Comme une drogue &agrave;  l&#8217;effet violent et instantané. D&#8217;ailleurs je soupçonne qu&#8217;il y puise aussi ses amples élans de poésie. Ses amples poèmes rythmant la composition d&#8217;opéras de mots, une profusion de sonorités verbales, des orfèvreries de vers, positionnés, échelonnés, hiérarchisés, calculés pour remplir des éternités d&#8217;harmonie mystique en l&#8217;honneur du personnage sourd qui rêvait d&#8217;être compositeur. L&#8217;écriture telle une occupation sacerdotale a naturellement envahi son univers silencieux. Avec minutie il classe ses élans, il range ses émotions dans la rime, écriture aussi incisive que son esprit entraîné &agrave;  l&#8217;analyse, et parfois aussi forte que ses jets qui le traversent, et &agrave;  d&#8217;autres moments aussi sentencieuse et fatiguante qu&#8217;un ermite radotant dans sa tour. Mais quand tout s&#8217;efface, quand il oublie le personnage qu&#8217;il s&#8217;est composé, ses mots atteignent la puissance des grandes oeuvres du génie de l&#8217;Homme, et je retrouve en Christophe le gentilhomme immaculé, un tantinet maniaque, follement drôle, promenant son regard sur tout et tous avec une acuïté inoubliable. Au coeur d&#8217;une nuit d&#8217;insomnies par exemple. Alors que dans la rue claquent des rires de femmes, des poupées enfantines et pornographique choyées comme des totems, &agrave;  jamais innabordables tant elles incarnent le summum de ses frustrations dans sa relation avec un monde noyé où, lumineux et idéalisés, île fatidique, l&#8217;amour et le divin émergent.</p>
<p><font size="1"><em>&#8212;<br />Ce texte n&#8217;engage que son auteur et ne prétend en rien être exhaustif ou représentatif de quiconque. Il s&#8217;agit d&#8217;un instantané subjectif, d&#8217;une représentation parcellaire et momentanée, ayant pour but l&#8217;esquisse littéraire d&#8217;un personnage fictif autour d&#8217;une personne existante. En aucun cas ce texte n&#8217;a pour prétention ou objectif le viol de la vie privée ou la description unilatérale d&#8217;une personne existante. A considérer avec précautions, tel un tabloïde de seconde catégorie.</em></font><br />&nbsp;</p>
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		<title>Manifeste d’un pendulaire Lausanne &#8211; Genève : Sophia</title>
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		<pubDate>Wed, 04 Jul 2007 06:30:02 +0000</pubDate>
		<dc:creator>DR</dc:creator>
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		<description><![CDATA[Elle se voit comme elle est, ce qui est rare, mais elle se voit trop comme elle est, et se retient de rêver au-delà , préférant tourner sur elle-même comme une ballerine en attendant l&#8217;imprévu, plutôt que de le provoquer. C&#8217;est un peu triste. Elle est un peu triste. Ce creux boisé et mélancolique caché [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>Elle se voit comme elle est, ce qui est rare, mais elle se voit trop comme elle est, et se retient de rêver au-delà , préférant tourner sur elle-même comme une ballerine en attendant l&#8217;imprévu, plutôt que de le provoquer. C&#8217;est un peu triste. Elle est un peu triste. Ce creux boisé et mélancolique caché au fond d&#8217;une vallée si verte, elle en arrache les mauvaises herbes, le tient vivant. Elle n&#8217;ose pas assez profiter des autres et cherche excessivement à  ne pas être inconvenante. Elle veut être remarquée mais pas trop non plus, s&#8217;emplissant d&#8217;un immense désarroi, une tristesse très disproportionnée, si elle apprend que quelqu&#8217;un ne l&#8217;aime pas. Elle ne se permet plus de croire encore en une vie meilleure, ou juste une autre vie, elle veut se satisfaire absolument de ce qui est, façonnant l&#8217;avenir à  tout petits coups d&#8217;espoirs modestes, pour ne pas être déçue si elle ne l&#8217;obtient pas et profiter du plaisir de l&#8217;obtenir malgré tout. Se limitant ainsi à  ce qu&#8217;elle estime &laquo;&nbsp;rêvable&nbsp;&raquo; et ne se permettant pas d&#8217;aller au-delà . L&#8217;entretien soigneux d&#8217;une envie spartiate de jouir de la vie. A l&#8217;abri sous le toit de cette morale par le plaisir immédiat, sous l&#8217;égide sans doute d&#8217;une philosophie du présent, se protégeant au mieux des déceptions, s&#8217;attendant souvent au pire, elle se promène dans sa vie, la regardant comme si elle ne lui appartenait pas tout à  fait, à  pas de loup, trop consciente de ce que chaque acte pourrait apporter de néfaste, peu encline à  se bercer d&#8217;illusions et encore moins à  essayer de les vivre. Alors elle préfère penser qu&#8217;elle est libre des ferveurs et des passions usantes et enfantines, mais tantôt celles-ci lui manquent, parce que la plaine est si lisse et les autoroutes si lassantes parfois. Avec les autres, elle devrait plus en tirer profit, au lieu de cela elle les aide parfois comme une millionnaire coupabe de l&#8217;être, portant la vaisselle sale aux cuisines à  la place du room service. Par lâcheté ou un peu par paresse, elle vit la passion de celui qu&#8217;elle aime, faire battre son coeur à  l&#8217;unisson de ce qui le fait vibrer lui, elle se dit que c&#8217;est de l&#8217;amour, alors que c&#8217;est un peu aussi, plus égoïstement (mais son égoïsme est tendre comme du beurre sur un croissant un matin d&#8217;été sous les oiseaux), une façon de se remplir de passion sans prendre le risque d&#8217;en être trop déçue&#8230; Pourquoi je l&#8217;imagine aussi en petite grand-mère toute sèche, fine comme un filet d&#8217;eau dans un endroit abandonné parmi les pierres sous le soleil, mais elle y cusinera de bons gros cakes humides, juteux de fraîcheurs: elle les aura préparé avec les meilleurs ingrédients et les distribuera avec toute l&#8217;immensité de son coeur, même aux inconnus, garnissant son visage de ce timide sourire qui en dit si peu mais qui, à  celui ayant eu la chance de connaître sa joie franche et piquante, en révèle tant. Sophia entretient en secret ce besoin d&#8217;échapper à  ce trop plein d&#8217;elle-même, comme si elle disparaissait souvent quelque part d&#8217;innatteignable, enfermée dans une minuscule prison, tendant son visage vers l&#8217;espoir et se permettant une larme au passage d&#8217;un oiseau solitaire. Donc elle peut être dure, glaciale, mais avec elle-même essentiellement, parce qu&#8217;elle en bave parfois, seule dans cette minuscule prison. En silence. Et même elle réussit à  sourire alors qu&#8217;elle pleurt. Observant depuis l&#8217;abri de mon train les constructions folles et vaporeuses des nuages caracolant sur les murailles des montagnes, j&#8217;aurais envie de lui chuchoter qu&#8217;elle se laisse aller en-dehors d&#8217;elle-même. De sauter par la fenêtre plusieurs fois par jour. Inconsistante, incohérente, mais éclatante. Sautillant à  pieds joints sur les autres surpris, en oubliant les conséquences et surtout en n&#8217;ayant aucune conscience d&#8217;elle-même. S&#8217;oublier. Avoir foi en l&#8217;univers, même si ce qui y souffle est lâche et violent et insensé et impitoyable, rire de l&#8217;éventualité de cataclysmes intimes, avoir foi en tous ces mirages qui traînent, nombreux, là -dehors, et les étreindre rigolant quand ils filent en lambeaux d&#8217;illusions.</p>
<p><em><span style="font-size: xx-small;">&#8212;<br />
Ce texte n&#8217;engage que son auteur et ne prétend en rien être exhaustif ou représentatif de quiconque. Il s&#8217;agit d&#8217;un instantané subjectif, d&#8217;une représentation parcellaire et momentanée, ayant pour but l&#8217;esquisse littéraire d&#8217;un personnage fictif autour d&#8217;une personne existante. En aucun cas ce texte n&#8217;a pour prétention ou objectif le viol de la vie privée ou la description unilatérale d&#8217;une personne existante. A considérer avec précautions, tel un tabloïde de seconde catégorie.</span></em></p>
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		<title>Manifeste d’un pendulaire Lausanne &#8211; Genève : Feodora</title>
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		<pubDate>Thu, 28 Jun 2007 05:42:40 +0000</pubDate>
		<dc:creator>DR</dc:creator>
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		<description><![CDATA[J&#8217;ai tellement de chance. Et puis après s&#8217;être dit cela elle s&#8217;en va en oubliant assez vite qu&#8217;elle se l&#8217;est dit. Elle est parfois comme cette auteur aux lunettes d&#8217;écailles et &#224; la vie de luxe, jouant &#224; l&#8217;écrivain alors que la femme de ménage qu&#8217;il a insulté a plus d&#8217;histoires &#224; raconter que lui. [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>J&#8217;ai tellement de chance. Et puis après s&#8217;être dit cela elle s&#8217;en va en oubliant assez vite qu&#8217;elle se l&#8217;est dit. Elle est parfois comme cette auteur aux lunettes d&#8217;écailles et &agrave;  la vie de luxe, jouant &agrave;  l&#8217;écrivain alors que la femme de ménage qu&#8217;il a insulté a plus d&#8217;histoires &agrave;  raconter que lui. <span style="padding: 0pt; background-color: rgb(255, 255, 255); color: black; display: inline; font-size: inherit;" id="__firefox-findbar-search-id">Feodora</span> est faite de convictions successives et changeantes; tantôt actrice, danseuse, poétesse, chanteuse ou rien de tout cela ou tout cela &agrave;  la fois, elle tente des chemins sans vraiment les essayer, parce qu&#8217;apprendre &agrave;  jongler est tellement plus pompant que de jongler vraiment. Beaucoup d&#8217;avantages, de qualités, de vies possibles, elle les voudrait l&agrave; , immédiatement, &agrave;  ses pieds. Cette frivolité papillonnante, cette façon de tournoyer en ayant l&#8217;air de lire du Spinoza fascine. Elle me rappelle Holly Golightly dans &quot;Breakfast at Tiffany&#8217;s&quot;, sa profondeur vient de son air de rien, de cette légèreté qui me ferait porter ses valises et m&#8217;empresser pour elle alors qu&#8217;elle me parlerait de sa prochaine pièce en riant et m&#8217;oublierait l&#8217;instant suivant sans que je puisse lui en vouloir. Elle me rappelle aussi un peu <a href="http://www.davidruzicka.com/blog/2007/06/13/manifeste-d%E2%80%99un-pendulaire-lausanne-geneve-yasha.html" title="Yasha">Yasha</a>: toutes deux partagent cette même ambition implacable teintée d&#8217;une timide et philosophique humilité. <span style="padding: 0pt; background-color: rgb(255, 255, 255); color: black; display: inline; font-size: inherit;" id="__firefox-findbar-search-id">Feodora</span> évite de se dire qu&#8217;elle aime souffrir parce que les artistes souffrent et qu&#8217;elle veut être une artiste. Mais tout est si aisé autour d&#8217;elle, l&#8217;existence coule, plus que fluide, aérienne, alors les soucis, pour être cette artiste digne de nom, elle se les invente. Elle se crée des relations compliquées, fait un enfant seule et s&#8217;arrange en général pour que tout soit un petit peu plus compliqué que nécessaire. Et elle a un don certain: une talentueuse et convaincante sensualité. Dont elle use et abuse pour se faire sa vie compliquée d&#8217;artiste. Mais il est fort possible que ce jour où elle cessera de jouer elle aura impliqué tellement de gens que ceux-ci s&#8217;arrêteront pour dire d&#8217;elle: voil&agrave;  une artiste accomplie. Peut-être qu&#8217;alors <span style="padding: 0pt; background-color: rgb(255, 255, 255); color: black; display: inline; font-size: inherit;" id="__firefox-findbar-search-id">Feodora</span> y croira tellement qu&#8217;elle poursuivra encore et toujours cette idée torturante de liberté absolue que l&#8217;artiste doit poursuivre et tournoira au milieu de toutes ces vies que sa grave frivolité implique presque naturellement, cherchant encore &agrave;  travers elles, comme si elles lui étaient données, ce secret impossible de la création ultime. Pendant que sa fille tirera en vain sur la chemisette immaculée de l&#8217;artiste refaisant le monde. Tout est dans l&#8217;art et <span style="padding: 0pt; background-color: rgb(255, 255, 255); color: black; display: inline; font-size: inherit;" id="__firefox-findbar-search-id">Feodora</span> a tout de l&#8217;artiste se disant que tout est dans l&#8217;art. Le plus drôle étant que cette hautaine conviction provient sans doute d&#8217;un talent authentique. A moins que je ne sois moi aussi sous l&#8217;effet du sortilège.</p>
<p><em><font size="1">&#8212;<br />Ce texte n&#8217;engage que son auteur et ne prétend en rien être exhaustif ou représentatif de quiconque. Il s&#8217;agit d&#8217;un instantané subjectif, d&#8217;une représentation parcellaire et momentanée, ayant pour but l&#8217;esquisse littéraire d&#8217;un personnage fictif autour d&#8217;une personne existante. En aucun cas ce texte n&#8217;a pour prétention ou objectif le viol de la vie privée ou la description unilatérale d&#8217;une personne existante. A considérer avec précautions, tel un tabloïde de seconde catégorie. </font></em></p>
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		<title>Manifeste d’un pendulaire Lausanne &#8211; Genève : Lisa</title>
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		<pubDate>Wed, 27 Jun 2007 05:12:34 +0000</pubDate>
		<dc:creator>DR</dc:creator>
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		<description><![CDATA[Le problème de cette fille, c&#8217;est qu&#8217;en pensant &#224; elle je pense tout de suite &#224; un problème. Elle sourit, séduit, immédiatement charmante, quand elle s&#8217;oublie au jeu charmeuse, et déj&#224; raisonnent au loin la kyrielle de casseroles d&#8217;eau bouillante que son minois tentant efface en insisant un peu. Cette séduction naturelle dont elle embaume [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>Le problème de cette fille, c&#8217;est qu&#8217;en pensant &agrave;  elle je pense tout de suite &agrave;  un problème. Elle sourit, séduit, immédiatement charmante, quand elle s&#8217;oublie au jeu charmeuse, et déj&agrave;  raisonnent au loin la kyrielle de casseroles d&#8217;eau bouillante que son minois tentant efface en insisant un peu. Cette séduction naturelle dont elle embaume provient d&#8217;une étrange association entre un courage formidable et une fierté non moins remarquable. Une fierté quasi animale, sensuelle, si pleine qu&#8217;elle donne envie de croquer dedans &agrave;  pleines dents: donner envie aux dragons qui rôdent, pas aux papa posés cadres supérieurs; cette aura de guerre lui évite la vie de station service au milieu de la plaine vidée par le soleil radio chantonnant. Une fierté animale qui lui permet néanmoins de distinguer le profitable du nuisible et d&#8217;avancer comme &agrave;  pieds nus sur un sentier de guerre dans la jungle. Son courage par contre, &agrave;  côté d&#8217;une capacité &agrave;  se dépêtrer des situations les plus extravagantes ou pénibles, est paradoxalement responsable de ces mêmes situations. Elle est d&#8217;autant plus courageuse qu&#8217;elle est impulsive et fonceuse. Déterminée: femme de tête qui s&#8217;approprie ce sur quoi elle a jeté son dévolu par passion ou par intérêt. Professionnellement c&#8217;est &agrave;  son avantage, sentimentalement elle peut tout obtenir moyennant un sourire en amandes et un décroisement de jambes approprié; par contre elle ne sait plus qu&#8217;en faire après, parce qu&#8217;elle est comme une petite fille perdue et s&#8217;attache, mais s&#8217;attache &agrave;  des colliers de dragons appâtés par la princesse tyrannique. Elle est comme cette déesse fatidique de tornades et de forces élémentaires des comics, se changeant soudain en une enfant chérie de manga, aux grands yeux brillants, perdue. Entre deux, sa révolte se manisfeste comme un profond doute existentiel qui lui laisse comme espace de liberté le seul jeu, et elle joue avec l&#8217;avenir comme une enfant boudeuse et riche laissant glisser entre ses doigts des bijoux. Elle a peur de creuser le même sillon de vie en impasse que celui de ses parents adoptifs. Elle doit tenir debout toute seule, elle doit faire face toute seule. Dans le fond le couple n&#8217;est qu&#8217;un moyen provisoire pour alléger l&#8217;existence, un moyen sur lequel Lisa ne peut absolument pas compter depuis l&#8217;artificielle et immense déception d&#8217;un divorce en réalité préparé de longue date, préparé depuis la naissance de sa fille. Lisa ressent trop l&#8217;artificiel dans la vie de famille, elle ressent la vie de famille comme si elle y était invitée, comme une réceptionniste d&#8217;hôtel 4 étoiles qui fait ce métier uniquement parce qu&#8217;elle s&#8217;est convaincue que jamais elle ne pourra se permettre de passer une nuit dans pareil endroit avec pareil bonheur: ce bonheur-l&agrave; , elle se l&#8217;est déj&agrave;  interdit. Elle craint les épanchements d&#8217;amour, car ils sont trop souvent de fausses promesses. Elle possède ce sentiment du mensonge de tout ce qui implique ses émotions, inné, parce qu&#8217;il y a longtemps elle a été trahie. C&#8217;est alors naturel de craindre la déception, si naturel qu&#8217;elle la prépare avec application. Mais il faut foncer! Il faut avancer! Ne pas s&#8217;attendrir trop longtemps, ne pas s&#8217;empesantir de regrets: elle sait qu&#8217;&agrave;  un moment ou un autre, sans crier gare, sans pourquoi, elle fera confiance &agrave;  l&#8217;idée d&#8217;avoir une vie de famille. Cette clé, cet évènement magique, ce peut-être, elle l&#8217;attend, la petite fille aux grands yeux accrochée &agrave;  sa peluche, sanglotant dans un coin de la vie, seule, mais têtue et patiente. Elle l&#8217;attend qui ressorte &agrave;  la surface.</p>
<p><em><font size="1">&#8212;<br />Ce texte n&#8217;engage que son auteur et ne prétend en rien être exhaustif ou représentatif de quiconque. Il s&#8217;agit d&#8217;un instantané subjectif, d&#8217;une représentation parcellaire et momentanée, ayant pour but l&#8217;esquisse littéraire d&#8217;un personnage fictif autour d&#8217;une personne existante. En aucun cas ce texte n&#8217;a pour prétention ou objectif le viol de la vie privée ou la description unilatérale d&#8217;une personne existante. A considérer avec précautions, tel un tabloïde de seconde catégorie. </font></em></p>
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		<title>Manifeste d’un pendulaire Lausanne &#8211; Genève : Julien</title>
		<link>http://www.davidruzicka.com/blog/2007/06/22/julien.html</link>
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		<pubDate>Fri, 22 Jun 2007 07:53:53 +0000</pubDate>
		<dc:creator>DR</dc:creator>
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		<description><![CDATA[Aranyo se marrait au téléphone avec une amie qu&#8217;elle a connu récemment. Le brouillard poisseux du temps affermit sa pression sur mes épaules. Cette musique divaguante qu&#8217;on entend dans le fond est la copie en cours de ma mémoire sur un support plus mou, sur de l&#8217;oubli, flasque dans le brouillard. Des pas spongieux empêtrés [...]]]></description>
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<a href="http://www.davidruzicka.com/blog/2007/05/27/manifeste-d%E2%80%99un-pendulaire-lausanne-geneve-aranyo.html" title="Aranyo">Aranyo</a> se marrait au téléphone avec <a href="http://www.davidruzicka.com/blog/2007/06/15/manifeste-d%E2%80%99un-pendulaire-lausanne-geneve-veronique.html" title="Véronique">une amie</a> qu&#8217;elle a connu récemment. Le brouillard poisseux du temps affermit sa pression sur mes épaules. Cette musique divaguante qu&#8217;on entend dans le fond est la copie en cours de ma mémoire sur un support plus mou, sur de l&#8217;oubli, flasque dans le brouillard. Des pas spongieux empêtrés dans les algues. Et cette voix chatoyante, élèctrique, de l&#8217;amie &agrave;  l&#8217;autre bout du fil, fait surgir une ombre. Non qu&#8217;elle soit menaçante, mais si lointaine que je sens des vers de terre me glisser entre les orteils. Pourtant il a surgit de la brume mains dans les poches, avec son sourire sympathique et son amour des autres, haussant les épaules. Un charisme naturel et on le suivait sans même s&#8217;en rendre compte parce qu&#8217;il ne se mettait pas en avant, trop timide pour ça. Une manière de donner l&#8217;impression que rien n&#8217;est vraiment important tout en s&#8217;insurgeant au bon moment et parce que c&#8217;est juste. Cette aptitude &agrave;  discerner l&#8217;injustice, je pense qu&#8217;elle le rendait populaire. Et aussi &agrave;  rire franchement, même par politesse, ce type de politesse rare, honnête et directe. Les autres souriaient en le voyant arriver comme je souris en repensant &agrave;  lui maintenant, parce qu&#8217;il incarnait le bon pote, le gars sympa, qu&#8217;on peut légèrement admirer mais sans trop virer dans la béatitude; parce qu&#8217;il le prenait avec flegme. Charmant, intelligent, il aurait pu avoir beaucoup de succès auprès des femmes, le genre de succès qui &agrave;  un moment ou un autre se serait retourné contre lui en le jetant dans l&#8217;arène des charmeurs-dragueurs. Mais il n&#8217;était pas assez causant pour cela. Julien respectait et admirait les femmes, un peu trop, comme de précieux totems, potentiellement dangereux, potentiellement magiques. Alors en entendant Aranyo rire au téléphone je me suis dit que ce genre de grande amitié, pleine de fraternité, me manque. Hélas au prochain train il aura fondu dans le brouillard.</p>
<p><em><font size="1">&#8212;<br />Ce texte n&#8217;engage que son auteur et ne prétend en rien être exhaustif ou représentatif de quiconque. Il s&#8217;agit d&#8217;un instantané subjectif, d&#8217;une représentation parcellaire et momentanée, ayant pour but l&#8217;esquisse littéraire d&#8217;un personnage fictif autour d&#8217;une personne existante. En aucun cas ce texte n&#8217;a pour prétention ou objectif le viol de la vie privée ou la description unilatérale d&#8217;une personne existante. A considérer avec précautions, tel un tabloïde de seconde catégorie.</font></em></p>
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		<title>Manifeste d’un pendulaire Lausanne &#8211; Genève : Anne</title>
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		<pubDate>Sun, 17 Jun 2007 19:25:35 +0000</pubDate>
		<dc:creator>DR</dc:creator>
				<category><![CDATA[Manifeste d'un pendulaire Lausanne - Genève]]></category>
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		<description><![CDATA[Et l&#8217;orage scintillait sur la colline de l&#8217;église d&#8217;où la nuit tombée chuchotait des mystères avec les gouttes sur la peau et les fleurs, odeurs d&#8217;eau fraîche, goût d&#8217;alcool dans les veines. En explosant comme d&#8217;habitude, ce souvenir. Impossible d&#8217;éviter l&#8217;inaltérable, le temps figé, et quand la beauté d&#8217;un instant tombe comme un éclair j&#8217;ai [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>
Et l&#8217;orage scintillait sur la colline de l&#8217;église d&#8217;où la nuit tombée chuchotait des mystères avec les gouttes sur la peau et les fleurs, odeurs d&#8217;eau fraîche, goût d&#8217;alcool dans les veines. En explosant comme d&#8217;habitude, ce souvenir. Impossible d&#8217;éviter l&#8217;inaltérable, le temps figé, et quand la beauté d&#8217;un instant tombe comme un éclair j&#8217;ai envie de pleuvoir, de bruisser et de jouer au grillon ivre une nuit d&#8217;été. Irrémédiable mémoire et révolue mais constante, mélancolique et sans regret, imprimée sur les vitres de mon train et &agrave;  chaque regard ailleurs la totalité sensuelle d&#8217;une nuit me suit comme si je la portais en lunettes. Constat malhonnête: le procès-verbal de l&#8217;amour. Mais il n&#8217;y a pas d&#8217;amour je le sais bien. Il n&#8217;y a qu&#8217;une envie d&#8217;aimer chevauchant endiablée angélique une envie d&#8217;être aimé. Mythologique dilemne entre aimer pour vivre bien et lentement et aimer pour brûler ensemble ou l&#8217;incestueux plaisir des moments volés égoïstement. Et je survole le champ de la bataille de l&#8217;amour en hurlant haut dans le ciel avant de fondre sur ma pauvre misère d&#8217;âme, d&#8217;existence, la platitude comme dessert et j&#8217;en redemande, je me gave. Anne, on s&#8217;évite. Quand il n&#8217;y a pas d&#8217;issue, on peut toujours s&#8217;éviter. Je m&#8217;en fous. J&#8217;existe avec articulé sur mon visage les expressions mécaniques d&#8217;émotions calculées et mortes. Un jour j&#8217;irai la revoir et je dirai &agrave;  ses enfants qu&#8217;elle aura eu avec un marin: votre maman est quelqu&#8217;un de très gentil. Ce sera con, ce sera dit, ils me prendront pour débile et me mettront sur l&#8217;échafaud, mais je m&#8217;en moque parce que cette phrase bête, cette envie de dire brute, petit joyau de simplicité, sera la seule pensée sans duplicité que je possèderai jusqu&#8217;&agrave;  l&#8217;anéantissement.</p>
<p><em><font size="1">&#8212;<br />Ce texte n&#8217;engage que son auteur et ne prétend en rien être exhaustif ou représentatif de quiconque. Il s&#8217;agit d&#8217;un instantané subjectif, d&#8217;une représentation parcellaire et momentanée, ayant pour but l&#8217;esquisse littéraire d&#8217;un personnage fictif autour d&#8217;une personne existante. En aucun cas ce texte n&#8217;a pour prétention ou objectif le viol de la vie privée ou la description unilatérale d&#8217;une personne existante. A considérer avec précautions, tel un tabloïde de seconde catégorie.</font></em></p>
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		<title>Manifeste d’un pendulaire Lausanne &#8211; Genève : Laurent</title>
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		<pubDate>Sat, 16 Jun 2007 09:02:08 +0000</pubDate>
		<dc:creator>DR</dc:creator>
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		<description><![CDATA[D&#8217;un univers étriqué, bourgeois au sens le plus profond du terme, d&#8217;un snobisme intello et matériel pris &#224; la source, d&#8217;un capitalisme carcéral et dogmatique, d&#8217;un style de vie de villa de banlieue française agrémentée d&#8217;attitudes hautaines envers le vil peuple, de léchouilles aux puissants et de foulards autour du cou pour faire &#34;artiste&#34;, c&#8217;est [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>
D&#8217;un univers étriqué, bourgeois au sens le plus profond du terme, d&#8217;un snobisme intello et matériel pris &agrave;  la source, d&#8217;un capitalisme carcéral et dogmatique, d&#8217;un style de vie de villa de banlieue française agrémentée d&#8217;attitudes hautaines envers le vil peuple, de léchouilles aux puissants et de foulards autour du cou pour faire &quot;artiste&quot;, c&#8217;est de l&agrave;  qu&#8217;il vient Laurent: pour mesurer le chemin qu&#8217;il a parcouru, les sentiers qu&#8217;il a grimpé, les falaises desquelles il est souvent tombé. Nous partageons avant tout ce sentiment de révolte qui tôt, depuis les parents, l&#8217;éducation, les moeurs familiales, nous a saisi pour se répandre lentement sur les années et s&#8217;adresser &agrave;  toutes les formes de convention, d&#8217;attitudes programmées, d&#8217;états des lieux de vies statiques, d&#8217;automatismes sociaux et d&#8217;abrutissements médiatiques. Il a recherché encore un <a href="http://www.urantia.org/" target="_blank" title="urantia">nouveau système religieux</a>, alors que par prudence et couardise je me suis éloigné de ces systèmes-l&agrave;  aussi. Sa beauté physique et une puissante volonté lui ont permis de se débarrasser très vite des chemins académiques, de faire des recontres initiatiques et d&#8217;apprendre par soi-même où se diriger et comment parvenir &agrave;  ses fins. Il a gardé ses apparats intimidants et au premier abord semble peu accessible, cacher derrière son sourire enjoliveur et ses paroles diplomatiques un ego trop encombrant, alors que c&#8217;est exactement le contraire. Laurent a réussi &agrave;  faire que tout l&#8217;ego soit immédiatement jeté &agrave;  la face du nouveau venu, il s&#8217;en déleste le plus vite possible, et ainsi procède déj&agrave;  une sélection, pour se débarrasser de ceux qui quoi qu&#8217;on fasse se limiteront aux apparences, pâmés ou méfiants, et approcher les autres, le cherchant au-del&agrave;  des premières impressions. Enseigner l&#8217;union du corps et de l&#8217;esprit, ce métier qu&#8217;il a embrassé, témoigne de cette tension entre le sportif et l&#8217;intellectuel, le charmeur et le solitaire, l&#8217;insouciant et le philosophe, l&#8217;entrepreneur et l&#8217;artiste. L&#8217;utopie d&#8217;un monde meilleur le place en héros, révolutionnaire, sauveur et martyr, tant sa vision du monde actuel se situe parfois dans le parano-apocalyptique. Il recherche des coupables, mais je me demande au juste de quoi ils sont coupables tous ces &quot;Ils&quot; derrière les théories et les arguments philosophiques dont Laurent les habille. Il accuse la société occidentale et en critiquant ses dysfonctionnements il se range dans ces courants de pensée actuels qui veulent d&#8217;un Changement, qui menacent d&#8217;une Catastrophe. Possible aussi que ce soit pour lui une forme d&#8217;amusement intellectuel, de jeu par lequel il réussit &agrave;  se construire un univers entier, dont les rouages lui sont parfaitements connus et grâce auquel il peut interpréter et comprendre des événements symboliques issus du monde des médias et de la communication globale. Continuellement, il découvre et redécouvre ce qu&#8217;il considère comme les vraies motivations de notre réalité. Ainsi a-t-il parfaitement conscience de chacun de ses actes, car cette interprétation complète de la réalité lui permet de traduire ses actes et ceux des autres. Quitte &agrave;  souvent oublier qu&#8217;il s&#8217;agit de sa propre traduction. Laurent est un mystique pragmatique, un adepte de la flagellation amoureux de la vie; tantôt si excédé par nos pulsions, par ces plaisirs érectiles de nos débauches que son côté anachorète méprise parce que les femmes le flattent, le tentent, lui obéissent, qu&#8217;il aimerait devenir eunuque, tantôt jouissif et festif, sauvage ou guerrier. Il craint l&#8217;emprisonnement moral, l&#8217;enfermement psychologique, la dépendance &agrave;  une seule personne et férocement il peut s&#8217;accrocher &agrave;  sa liberté, qu&#8217;il conçoit comme un rempart contre toutes les formes de dépendance. Même contre l&#8217;amour s&#8217;il le faut. Un jour il dirigera &agrave;  nouveau des danseurs, des corps dont il saura exactement quelles parties exprimer, il modèlera leurs mouvements, sculptera leurs gestes et créera cette alchimie entre le corps et le regard des spectateurs issue de sa vision de l&#8217;univers. Il le faut. Car l&agrave;  il n&#8217;y aura plus de coupables ni d&#8217;accusés, &quot;Ils&quot; seront tous l&agrave;  ressentant ces corps bougés par lui, et ils verront, et ils comprendront par le corps et par l&#8217;esprit mieux que par l&#8217;enseignement et mille mots. Je me réjouis de ce jour.</p>
<p><em><font size="1">&#8212;<br />Ce texte n&#8217;engage que son auteur et ne prétend en rien être exhaustif ou représentatif de quiconque. Il s&#8217;agit d&#8217;un instantané subjectif, d&#8217;une représentation parcellaire et momentanée, ayant pour but l&#8217;esquisse littéraire d&#8217;un personnage fictif autour d&#8217;une personne existante. En aucun cas ce texte n&#8217;a pour prétention ou objectif le viol de la vie privée ou la description unilatérale d&#8217;une personne existante. A considérer avec précautions, tel un tabloïde de seconde catégorie.</font></em></p>
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		<title>Manifeste d’un pendulaire Lausanne &#8211; Genève : Salonnique</title>
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		<pubDate>Fri, 15 Jun 2007 14:22:14 +0000</pubDate>
		<dc:creator>DR</dc:creator>
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		<description><![CDATA[C&#8217;est un joli contraste lunaire mettant les deux faces en un seul visage lisse comme du formica. C&#8217;est étrange comme il peut y avoir beaucoup de tension contenue derrière ce front et pourtant des regards si fragiles, presque perdus. Salonnique me fait penser à des personnages de Walt Disney, comme si elle avait été dessinée [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>C&#8217;est un joli contraste lunaire mettant les deux faces en un seul visage lisse comme du formica. C&#8217;est étrange comme il peut y avoir beaucoup de tension contenue derrière ce front et pourtant des regards si fragiles, presque perdus. Salonnique me fait penser à  des personnages de Walt Disney, comme si elle avait été dessinée pour exister et camper un caractère mixte, une Cruella, et en même temps une Bambi. Mais peut-être que je l&#8217;invente ainsi et qu&#8217;il n&#8217;y a pas plus de dichotomie chez elle que chez nous. Mince. Je l&#8217;ai encore fait. Ce lapsus. La positionnant en-dehors du monde des humains: elle et nous. Ubiquité, ambivalence, face cachée et deuxième peau la placent un peu ailleurs. Une actrice? <a class="thickbox" title="Véronique" href="http://www.davidruzicka.com/blog/wp-content/images/nastassja_kinsky.jpg">Nastassja Kinsky</a>. Plus jeune aussi elle lui ressemblait peut-être, comme dans &laquo;&nbsp;La Féline&nbsp;&raquo;, à  tomber mais léthale. Je n&#8217;ai pas d&#8217;explication au fait que je la soupçonne frigide, occasionnellement. L&#8217;ambiguité d&#8217;une chatte noire aux yeux jaunâtres lui sied. Mais je crains qu&#8217;elle n&#8217;aime trop les théories, les idées de toutes sortes, toutes origines, et les discussions, les discussions académiques ou farfelues, mais les discussions, pas forcément avec quelqu&#8217;un d&#8217;autre, adepte de l&#8217;avancement du monde par la compréhension de soi-même. Elle ne réfléchit pas toujours dans la bonne direction: la flèche lui revient souvent dessus. Et puis il y a tellement de frustrations et tellement de choses à  améliorer! Alors elle avance à  tâtons, de peur de laisser derrière elle une action à  améliorer, une facette de son évolution à  mieux conclure, ciseler le diamant de cette vie si précieuse jusqu&#8217;à  ce qu&#8217;il devienne parfait. Jusqu&#8217;à  ce qu&#8217;elle voie enfin, qu&#8217;elle comprenne dans sa totalité et qu&#8217;elle sache parfaitement. Quoi? Ca dépend des jours. Et puis ce n&#8217;est pas facile de comprendre le monde lorsqu&#8217;on a parfois si peur des autres; son regard louvoie entre les gens qui la croisent et lorsqu&#8217;elle s&#8217;arrête il semblerait que ce soit par erreur, suit une drague compulsive offensant sa pudeur; pudeur apparente, ce serait plus proche de l&#8217;ennui ou du désintérêt face au mâle qui lui soumet si ostensiblement son désir: l&#8217;innatteignable est tellement plus fascinant; alors elle repart, déçue, parce qu&#8217;on dirait que les autres ne sont pas là  comme ils faudraient qu&#8217;ils soient. Lui qui devrait l&#8217;aimer l&#8217;ignore, celui-là  qui devrait se calmer et philosopher doucement en sa compagnie sautille en réalité d&#8217;excitation avec sa bite à  la main, et l&#8217;autre là -bas qui pourrait éventuellement représenter une option intéressante est marié-trois-gamins. Pfff. La vie est si compliquée. A moins que ce ne soit Salonnique?</p>
<p><em><span style="font-size: xx-small;">&#8212;<br />
Ce texte n&#8217;engage que son auteur et ne prétend en rien être exhaustif ou représentatif de quiconque. Il s&#8217;agit d&#8217;un instantané subjectif, d&#8217;une représentation parcellaire et momentanée, ayant pour but l&#8217;esquisse littéraire d&#8217;un personnage fictif autour d&#8217;une personne existante. En aucun cas ce texte n&#8217;a pour prétention ou objectif le viol de la vie privée ou la description unilatérale d&#8217;une personne existante. A considérer avec précautions, tel un tabloïde de seconde catégorie.</span></em></p>
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		<title>Manifeste d’un pendulaire Lausanne &#8211; Genève : Yasha</title>
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		<pubDate>Wed, 13 Jun 2007 08:00:15 +0000</pubDate>
		<dc:creator>DR</dc:creator>
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		<description><![CDATA[Toute la fierté. La fougue. L&#8217;élan et l&#8217;amour-propre. Je me souviens de Yasha en deux visages: les yeux rieurs et tendres ou exhorbités irradiant la colère. Bien que ce soit ce qu&#8217;elle recherche, difficile de l&#8217;imaginer sage, posée, diplomate ou méditative. Et elle est trop entière pour être Suisse ou consensuelle. Son besoin impérieux du [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>
Toute la fierté. La fougue. L&#8217;élan et l&#8217;amour-propre. Je me souviens de Yasha en deux visages: les yeux rieurs et tendres ou exhorbités irradiant la colère. Bien que ce soit ce qu&#8217;elle recherche, difficile de l&#8217;imaginer sage, posée, diplomate ou méditative. Et elle est trop entière pour être Suisse ou consensuelle. Son besoin impérieux du monde et de la vie l&#8217;amène &agrave;  refouler sa sexualité, de peur de se laisser déborder par elle. De perdre le contrôle. Elle plonge aisément dans l&#8217;instant et s&#8217;immerge immmédiatement dans les émotions qui la traversent, en bien ou en mal. Avec l&#8217;âge elle a beaucoup appris sur elle-même, construit des digues, des pare-feux, pour maîtriser les débordements connus et faire face aux émotions imprévues avec plus de distance. Elle se méfie aussi plus facilement de tout l&#8217;amour qu&#8217;elle offre aux autres en général: il s&#8217;est déj&agrave;  retourné contre elle. Elle ne sait pas vraiment par quel coin attraper la société; les chemins usuels l&#8217;ennuient; sa passion et son énergie la poussent en-dehors des sentiers battus; mais en-dehors bien sûr, elle ne se sent parfois plus exister. Elle a envie d&#8217;aider, d&#8217;être utile, de donner toute l&#8217;immensité de son coeur, de manière unique, originale, innovante, elle place la barre très haut et est peu encline &agrave;  l&#8217;indulgence ou l&#8217;autosatisfaction. Si ce don aux autres part d&#8217;un sentiment altruiste profond, même naïf parfois &agrave;  force d&#8217;être limpide, elle ne néglige cependant pas au passage d&#8217;attendre des flatteries &agrave;  l&#8217;ego, de recevoir remerciements et reconnaissance. Car Yasha aime aussi briller. En cela elle me rappelle un peu <a href="http://www.davidruzicka.com/blog/2007/06/28/manifeste-d%e2%80%99un-pendulaire-lausanne-geneve-eleonora.html" title="Eleonora">Eleonora</a>. Peut-être même qu&#8217;elle aime surtout briller. Son étude opiniâtre de l&#8217;accordéon et sa passion pour le chant en sont témoins. Elle traîne derrière elle un léger complexe de l&#8217;autodidacte face &agrave;  l&#8217;académicien, qui la rend froide vis-&agrave; -vis de certaines personnes parce qu&#8217;elle a l&#8217;impression de ne pas être &agrave;  la hauteur en termes occidentaux de savoir et de culture. (Bien qu&#8217;avec l&#8217;âge et l&#8217;expérience elle se soit passablement ébrouée de ce complexe). Mais la dernière fois que nous nous sommes croisés, il y a un an, résidait toujours en elle cette incertitude, ce flottement émotionnel dont quelqu&#8217;un de banal se méfierait spontanément, de crainte qu&#8217;elle n&#8217;explose dans la mauvaise direction. Yasha se rend en effet la vie difficile en n&#8217;embrassant pas corps et âme, comme elle sait si bien donner d&#8217;elle-même, un métier amenant son corps et son âme justement sur le devant de la scène. Je la vois sur une scène plongée dans l&#8217;obscurité, seul un rai de lumière pâle la dévoile au public, et que le spectacle commence; elle:heureuse.</p>
<p><font size="1"><em>&#8212;<br />Ce texte n&#8217;engage que son auteur et ne prétend en rien être exhaustif ou représentatif de quiconque. Il s&#8217;agit d&#8217;un instantané subjectif, d&#8217;une représentation parcellaire et momentanée, ayant pour but l&#8217;esquisse littéraire d&#8217;un personnage fictif autour d&#8217;une personne existante. En aucun cas ce texte n&#8217;a pour prétention ou objectif le viol de la vie privée ou la description unilatérale d&#8217;une personne existante. A considérer avec précautions, tel un tabloïde de seconde catégorie.</em></font> </p>
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		<title>Manifeste d’un pendulaire Lausanne &#8211; Genève : Théo</title>
		<link>http://www.davidruzicka.com/blog/2007/06/12/theo.html</link>
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		<pubDate>Tue, 12 Jun 2007 07:04:53 +0000</pubDate>
		<dc:creator>DR</dc:creator>
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		<description><![CDATA[C&#8217;est le meilleur ami qui me déteste que j&#8217;ai. Parce qu&#8217;il y a aussi d&#8217;excellentes amitiés qui ne fonctionnent pas. Même si on parle plus volontiers d&#8217;amitié quand on se voit de temps en temps, il ne faudrait surtout par croire que l&#8217;existence d&#8217;une amitié est conditionnée &#224; de régulières rencontres. Théo, ça fait des [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>
C&#8217;est le meilleur ami qui me déteste que j&#8217;ai. Parce qu&#8217;il y a aussi d&#8217;excellentes amitiés qui ne fonctionnent pas. Même si on parle plus volontiers d&#8217;amitié quand on se voit de temps en temps, il ne faudrait surtout par croire que l&#8217;existence d&#8217;une amitié est conditionnée &agrave;  de régulières rencontres. Théo, ça fait des années qu&#8217;on ne se voit plus: c&#8217;est parce qu&#8217;il ne veut pas embarrasser sa vie de tout ce qui pourrait le retenir, le tirer en bas, et moi je suis bien trop destructeur pour lui, parce qu&#8217;il y a 15 ans j&#8217;ai porté préjudice &agrave;  une association dont il était responsable et il m&#8217;en voudra même &agrave;  Noël. Je soupçonne qu&#8217;il y a aussi de sa part un malaise plus subtile. Entretenir de trop longues intimités serait donner trop d&#8217;importance &agrave;  une seule personne alors qu&#8217;il y a l&#8217;humanité entière qui l&#8217;attend, trés impatiente et énervée de voir qu&#8217;il n&#8217;arrive pas. Et de donner trop d&#8217;importance &agrave;  une seule personne ce serait aussi donner &agrave;  cette personne une certaine forme de pouvoir sur lui, immanent &agrave;  l&#8217;épaississement de la relation. Ce qui serait intolérable. Derrière la tignasse loufoque et l&#8217;habit excentrique, l&#8217;ardeur qu&#8217;il déploie &agrave;  maîtriser sa vie est impressionnante. C&#8217;est d&#8217;ailleurs dans ce domaine, l&#8217;habit, que je suis forcé de lui concéder une innovation moderne: il a le look de l&#8217;organisateur-administrateur d&#8217;évènements du 21ème siècle, qu&#8217;on pourrait résumer &agrave;  une sorte d&#8217;excentricité sombre sur un regard intense et lucide. Quant &agrave;  l&#8217;ardeur qu&#8217;il met dans la quête d&#8217;argent pour aider le monde &agrave;  s&#8217;améliorer et &agrave;  collaborer &#8211; même sans les nazis &#8211; et ainsi se poser en leader alter-mondialo-alternatif, elle m&#8217;enrage. Je n&#8217;aurais alors qu&#8217;une constatation amère, unilatérale: toute sa personnalité unique aurait eu tellement plus d&#8217;influence, d&#8217;impact, de force sur les autres s&#8217;il était resté accroché plus longtemps &agrave;  son idée de départ. Etre metteur en scène. Mais peut-être sous des dehors d&#8217;artiste ultime n&#8217;a-t-il jamais eu assez de créativité ou d&#8217;audace pour cela, trop inquiété par sa survie et, pourquoi pas avec le temps et &agrave;  force de se battre, par la survie des autres. Maintenant je le croise &agrave;  la gare de Genève et il a juste l&#8217;air comme ces autres qu&#8217;il croit aider. Pressé.</p>
<p><em><font size="1">&#8212;<br />Ce texte n&#8217;engage que son auteur et ne prétend en rien être exhaustif ou représentatif de quiconque. Il s&#8217;agit d&#8217;un instantané subjectif, d&#8217;une représentation parcellaire et momentanée, ayant pour but l&#8217;esquisse littéraire d&#8217;un personnage fictif autour d&#8217;une personne existante. En aucun cas ce texte n&#8217;a pour prétention ou objectif le viol de la vie privée ou la description unilatérale d&#8217;une personne existante. A considérer avec précautions, tel un tabloïde de seconde catégorie.</font></em></p>
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		<title>Manifeste d’un pendulaire Lausanne &#8211; Genève : Jeremy</title>
		<link>http://www.davidruzicka.com/blog/2007/06/11/jeremy.html</link>
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		<pubDate>Mon, 11 Jun 2007 06:44:54 +0000</pubDate>
		<dc:creator>DR</dc:creator>
				<category><![CDATA[Manifeste d'un pendulaire Lausanne - Genève]]></category>
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		<description><![CDATA[Comme j&#8217;incarne l&#8217;Histoire, sur la minuscule maquette de mon existence, l&#8217;époque de Jeremy y tient la place de la grandeur, de la décadence et de la chute de l&#8217;Empire Romain. Non seulement pour y signifier son importance, mais aussi parce que je crois que l&#8217;habit du centurion, le casque surmonté d&#8217;une crête rouge, lui irait [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>
Comme j&#8217;incarne l&#8217;Histoire, sur la minuscule maquette de mon existence, l&#8217;époque de Jeremy y tient la place de la grandeur, de la décadence et de la chute de l&#8217;Empire Romain. Non seulement pour y signifier son importance, mais aussi parce que je crois que l&#8217;habit du centurion, le casque surmonté d&#8217;une crête rouge, lui irait bien. Jeremy, c&#8217;est ce que le dépressif a de plus charmant, ce que le sensible a de plus brutal, ce que l&#8217;intellectuel a de plus humble et ce que le sage a de plus fou. Un charisme fluet, un air d&#8217;air-de-rien, t&#8217;arrache &agrave;  ton insu un sourire en le voyant sourire.&nbsp; Et déj&agrave;  sans le connaître il t&#8217;a embarqué dans son histoire. Parce qu&#8217;il est bien plus qu&#8217;attendrissant, Jeremy, c&#8217;est de l&#8217;empathie-ready-made, le fast-food du charme, et pour ceux qui l&#8217;ont &agrave;  peine connu je suis certain que des années plus tard au détour d&#8217;une pensée nostalgique, suspendus dans un léger spleen, surgissent soudain les yeux plissés et le sourire serein de Jeremy, sans raison. Je l&#8217;ai connu bien plus qu&#8217;il n&#8217;est souhaitable de connaître un autre être humain. Une amitié si fusionnelle que l&#8217;amour le plus passionnel paraît une bête boutade d&#8217;un soir, au point que nous étions empêtrés l&#8217;un dans l&#8217;autre, ficelés de tous les liens tissés par l&#8217;entente, serrés par les moments forts et presque noyés sous la vie partagée. Si la vie était &agrave;  la taille du coeur, Jeremy serait immortel. Peut-être mon train s&#8217;arrêtera-t-il un jour &agrave;  une gare près de chez lui, mais il est difficile de revenir sur tout ce qui a été vécu l&#8217;air de rien, faire un coup de vent et du passage de tout ça, et j&#8217;ai peu d&#8217;espoir.</p>
<p><em><font size="1">&#8212;<br />Ce texte n&#8217;engage que son auteur et ne prétend en rien être exhaustif ou représentatif de quiconque. Il s&#8217;agit d&#8217;un instantané subjectif, d&#8217;une représentation parcellaire et momentanée, ayant pour but l&#8217;esquisse littéraire d&#8217;un personnage fictif autour d&#8217;une personne existante. En aucun cas ce texte n&#8217;a pour prétention ou objectif le viol de la vie privée ou la description unilatérale d&#8217;une personne existante. A considérer avec précautions, tel un tabloïde de seconde catégorie.</font></em></p>
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		<title>Manifeste d’un pendulaire Lausanne &#8211; Genève : Anne-Flore</title>
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		<pubDate>Wed, 06 Jun 2007 05:09:40 +0000</pubDate>
		<dc:creator>DR</dc:creator>
				<category><![CDATA[Manifeste d'un pendulaire Lausanne - Genève]]></category>
		<category><![CDATA[Mes autres]]></category>

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		<description><![CDATA[Je me demande quelle formidable supernova a lancé son énergie dans l&#8217;espace pour faire que nous nous rencontrions, je me demande si une amitié peut exister uniquement grâce &#224; un évènement puissant qu&#8217;on partagerait commme les rescapés d&#8217;un attentat. Je pense &#224; New-York, ce lointain après-midi de printemps 1994 où le mouvement général des foules [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>
Je me demande quelle formidable supernova a lancé son énergie dans l&#8217;espace pour faire que nous nous rencontrions, je me demande si une amitié peut exister uniquement grâce &agrave;  un évènement puissant qu&#8217;on partagerait commme les rescapés d&#8217;un attentat. Je pense &agrave;  New-York, ce lointain après-midi de printemps 1994 où le mouvement général des foules en T-shirt et en sueur cuisait dans la grille des rues déj&agrave;  estivales. Il y avait cette fin d&#8217;après-midi-l&agrave;  une discussion vive entre elle et moi sur une terrasse en balcon quelque part près de Central Park, elle me demandait d&#8217;interpréter ses rêves. Je parlais tellement et si vite que j&#8217;en avais la tête qui tournait et des picotements dans les mains. Nous nous étions rencontrés quelques jours auparavant &agrave;  une pièce de théâtre grâce &agrave;  Laetitia, une pièce montée par quatre ou cinq femmes de tête, des anecdotes drôles ou tragiques de vies de femmes. Depuis, ça n&#8217;a jamais cessé avec Anne-Flore, elle a toujours eu cet étrange effet sur moi le taciturne timide, cette aptitude naturelle &agrave;  me faire parler. D&#8217;habitude je ne dis pas grand chose. C&#8217;est grâce &agrave;  Anne-Flore que je crois aux alchimies de caractères, au mélange surnaturel de deux différentes personnalités avec des conséquences immédiates, en bien ou en mal. Il existe cette magie entre elle et moi, faisant qu&#8217;en présence l&#8217;un de l&#8217;autre il se produira forcément toujours quelque chose d&#8217;invisible et de puissant. Peut-être est-ce une forme paradoxale d&#8217;amour, une relation de la 4ème dimension, un échange de flux permanents qui s&#8217;intensifie inconsciemment lorsqu&#8217;on se revoit et explose &agrave;  l&#8217;intérieur. Ca n&#8217;a rien de l&#8217;ordre de la séduction ni même de la tendresse, encore moins de la sexualité, bien que parfois cette énergie puisse présenter des affinités avec un rapport sexuel, comme si on avait fait l&#8217;amour en bavardant, tandis qu&#8217;&agrave;  d&#8217;autres occasions il semblerait qu&#8217;un simple bavardage échangé avec le sourire contienne une mini-bombe nucléaires de tensions, non c&#8217;est plutôt que la réalité autour de nous se déforme un peu, l&#8217;air se pose &agrave;  fleur de peau, les mots s&#8217;épaississent, durcissent puis doivent impérativement exister; et dans les silences qui les séparent se précipitent des discours entiers que nous sommes les seuls &agrave;  entendre. Anne-Flore possède ce don extraordinaire de se souvenir intégralement de tous ses rêves. Dans une autre société, une autre époque, elle serait chiromancienne, &agrave;  mi chemin entre la sorcière dont elle a les yeux et la fée dont elle a la grâce, d&#8217;ailleurs son sourire espiègle suggère que la nuit elle a les oreilles qui s&#8217;effilent, elle se change en Elfe. Je la vois, attentive et pensive, assise quelque part dans ces forêts jurassiennes que la fenêtre du train fait disparaître trop vite, &agrave;  discuter avec les chants d&#8217;oiseaux et parler doucement &agrave;  une pierre. C&#8217;est grâce &agrave;  elle que j&#8217;ai compris ce que je vis, ce qui se passe, ce que je deviens, d&#8217;où vient ma réalité et surtout, où il faut agir pour tout changer.</p>
<p><em><font size="1">&#8212;<br />Ce texte n&#8217;engage que son auteur et ne prétend en rien être exhaustif ou représentatif de quiconque. Il s&#8217;agit d&#8217;un instantané subjectif, d&#8217;une représentation parcellaire et momentanée, ayant pour but l&#8217;esquisse littéraire d&#8217;un personnage fictif autour d&#8217;une personne existante. En aucun cas ce texte n&#8217;a pour prétention ou objectif le viol de la vie privée ou la description unilatérale d&#8217;une personne existante. A considérer avec précautions, tel un tabloïde de seconde catégorie.</font></em></p>
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		<title>Manifeste d’un pendulaire Lausanne &#8211; Genève : Laetitia</title>
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		<pubDate>Thu, 31 May 2007 06:33:50 +0000</pubDate>
		<dc:creator>DR</dc:creator>
				<category><![CDATA[Manifeste d'un pendulaire Lausanne - Genève]]></category>
		<category><![CDATA[Mes autres]]></category>

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		<description><![CDATA[En m&#8217;asseyant dans le train j&#8217;ai eu un flash comme dans les films où le héros a une vision (d&#8217;ailleurs je vis un film et je suis un héros) que Laetitia interpréterait tout de suite comme un miracle et je l&#8217;ai vue virvolter lentement dans un jardin anglais taillé en labyrinthe, vêtue de mousseline blanche [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>
En m&#8217;asseyant dans le train j&#8217;ai eu un flash comme dans les films où le héros a une vision (d&#8217;ailleurs je vis un film et je suis un héros) que Laetitia interpréterait tout de suite comme un miracle et je l&#8217;ai vue virvolter lentement dans un jardin anglais taillé en labyrinthe, vêtue de mousseline blanche et souriante, lasse et souriante. Parce qu&#8217;elle danse dans un univers &agrave;  part, où elle s&#8217;est perdue. Mais c&#8217;est une perte éternelle et glorieuse que celle de son labyrinthe: il mène vers de sombres forêts où personne n&#8217;ose vraiment se rendre, que tout le monde critique et dénigre. Non loin de la folie. Une analyse purement cérébrale de Laetitia la desservirait; beaucoup trop de gens inintéressants la traiteraient de folle, pour simplifier (parce que c&#8217;est très arrangeant la folie comme raison), alors que d&#8217;autres plus enfermés dans leur système, argumenteraient, professeuraux&#8230; Cas de dissociation structurelle de la personnalité du &agrave;  un choc émotionnel violent (trauma, en l&#8217;occurrence une rupture) l&#8217;ayant projeté vers son principal référant éducationnel, la religion; cette attitude introspective s&#8217;est lentement changée en enfermement supporté par une glorification religieuse béate de nature décompensatoire; la prolongation de l&#8217;état dissociatif jusqu&#8217;&agrave;  l&#8217;aliénation pathologique &agrave;  caractère antisocial n&#8217;est pas due au choc de la rupture mais &agrave;  la recherche d&#8217;un chemin unique, d&#8217;une voie particulière, induite et accentuée par le trauma; cette recherche provient de la frustration du patient &agrave;  ne pas réussir &agrave;  vivre une vie rêvée: vie d&#8217;artiste, succès, reconnaissance, besoin d&#8217;être admiré, aimé, voir suivi, vie sentimale réussie; d&#8217;où un sentiment d&#8217;échec totalement enfoui dans la ferveur religieuse permettant ultimement au patient d&#8217;échapper au trauma et &agrave;  la persistance d&#8217;un état dépressif refoulé en les percevant comme une forme de distinction spirituelle unique. Je pourrais continuer&#8230; Mais ce n&#8217;est pas &quot;ma&quot; Laetitia ça, me rote du regard le serveur, qui aujourd&#8217;hui semble souffrir de quelques soucis digestifs. Cette Laetitia qui s&#8217;en allait de part le monde avec tout le charme naturel qui l&#8217;accompagne partout, &agrave;  la conquête des étoiles comme on dit dans les milieux autorisés, le rêve de devenir actrice, car c&#8217;est bien l&agrave;  le rôle qui lui sied le mieux, le métier capable de canaliser d&#8217;elle aux autres tout ce charisme féminin qu&#8217;elle peut dégager. Au lieu de cela je contemple aujourd&#8217;hui un épouvantable champ de bataille quand je l&#8217;observe, ma Laetitia, avec cette vapeur matinale flottant dans l&#8217;odeur de la peine et du sang. Et je sais que j&#8217;ai sous les yeux le résultat d&#8217;un destin déchu, repoussé, évité. Moi aussi finalement je ne vis pas exactement ce &agrave;  quoi je me préparais (monter les marches de Canne, écrivain célèbre, adaptation au cinéma etc etc), nous sommes nombreux &agrave;  ne pas vivre ce qu&#8217;on nomme communément les &quot;rêves de jeunesse&quot;: le succès des magasines people est le témoin de cette déception générale comme du rêve permanent qu&#8217;ils provoquent. Mais j&#8217;ai eu des enfants, un peu par hasard certes, mais voil&agrave; , avoir des enfants est un phénomène qui m&#8217;a forcé &agrave;  faire des concessions, &agrave;  jouer un jeu diplomatique serré avec la réalité. Tandis que Laetitia, c&#8217;est un peu comme si sa rupture il y a 10 ans lui avait dit: &quot;Tu ne joueras pas pour le metteur en scène dont tu es amoureuse et tu ne seras pas actrice. Tu vas arrêter toutes ces frivolités maintenant et prier pour ton avenir. Basta.&quot; Alors elle a prié, ô oui elle a prié, prié le long de cheminements intérieurs interminables, et elle est revenue &agrave;  cette réalité commune en entamant des études de sciences humaines. Et cette formidable capacité de briller au-devant des autres s&#8217;est lentement changée, par dépis, en rêve absolu de sanctification; l&#8217;alcool, la drogue, la déchéance etc, tout cela était trop banal pour Laetitia qui a cherché la canonisation pour remplacer la simple illumination des feux des projecteurs&#8230; Si j&#8217;étais son metteur en scène je dirais que cette scène-l&agrave;  il faut la rejouer. Que tu peux heureusement toujours la rejouer. L, a, e dans l&#8217;a, t, i, t, i, a. Ô miracle.</p>
<p><font size="1"><em>&#8212;<br />Ce texte n&#8217;engage que son auteur et ne prétend en rien être exhaustif ou représentatif de quiconque. Il s&#8217;agit d&#8217;un instantané subjectif, d&#8217;une représentation parcellaire et momentanée, ayant pour but l&#8217;esquisse littéraire d&#8217;un personnage fictif autour d&#8217;une personne existante. En aucun cas ce texte n&#8217;a pour prétention ou objectif le viol de la vie privée ou la description unilatérale d&#8217;une personne existante. A considérer avec précautions, tel un tabloïde de seconde catégorie. </em></font></p>
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		<title>Manifeste d’un pendulaire Lausanne &#8211; Genève : O. L.</title>
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		<pubDate>Tue, 29 May 2007 07:31:01 +0000</pubDate>
		<dc:creator>DR</dc:creator>
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		<description><![CDATA[Il a vraiment l&#8217;allure du gentil androïde Sonny faisant la réplique à Will Smith dans I, Robot, ou une version adulte du petit David Swinton dans A.I. de Spielberg. Apparence plastique, yeux fait exprès pétillants, sourire cordial, mouvements posés, déplacements coordonnés, un homme politique doit se positionner physiquement selon ses convictions, sa gestuelle est calculée [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>Il a vraiment l&#8217;allure du <a class="thickbox" title="Olivier" href="http://www.icicom.up.pt/blog/take2/robot-sonny.jpg">gentil androïde Sonny</a> faisant la réplique à  Will Smith dans I, Robot, ou une version adulte du petit <a class="thickbox" title="Olivier" href="http://sfstory.free.fr/images/AI/08.jpg">David Swinton dans A.I. de Spielberg</a>. Apparence plastique, yeux fait exprès pétillants, sourire cordial, mouvements posés, déplacements coordonnés, un homme politique doit se positionner physiquement selon ses convictions, sa gestuelle est calculée pour obéir à  des objectifs précis, O. occupe l&#8217;espace comme un homme politique en vacances, avec une aisance presque liquide. Ce qui, forcément, est suspect. Parfois j&#8217;aurais envie de lui couper les doigts un à  un juste pour que son avenant minois soit déformé par une expression plus contrastée. Il émane de lui une énergie proche de celle d&#8217;un <em>Liquid Crystal Dysplay</em>: je le contemple en m&#8217;attendant à  ce qu&#8217;il se passe quelque chose mais il ne se passera rien si je n&#8217;appuie pas sur une touche. Notre relation doit être faussée parce qu&#8217;il sort avec S., mon ex. Faussée dans le sens qu&#8217;il se déplace devant moi un peu comme si j&#8217;étais l&#8217;oncle ou le grand frère de S., avec des espacements de politesse et de douceur. Mais je l&#8217;imagine aussi m&#8217;ôter les lunettes et me gifler soudainement et sans raison particulière, avant de replacer mes lunettes tranquillement. Qu&#8217;il soit un candide introspectif, geek faisant tournoyer autour de lui ses idées de programmation dans un système de pensées clos, presque autiste, me donne le sentiment qu&#8217;il ne cache finalement pas grand chose. Il joue la comédie du savant farfelu, entretenant une ambiguïté polie parcourue de secousses internes, silencieuses, arithmétiques, et au-delà  il attend peut-être une déclaration de guerre, un changement radical qui le ferait discrètement sourire. Une statue paisible sur son socle, mais une de ces statues qui nous observent où qu&#8217;on se tienne, avec selon l&#8217;angle une ombre un peu inquiétante sur les paupières. Il fait aussi souvent les aller-retour entre Lausanne et Genève, je soupçonne que ces déplacements sont une sorte de cure de solitude, une méditation provoquée par l&#8217;éloignement des Lausannois et le rapprochement des Genevois, et le soir inversement. Dans le souci d&#8217;être entouré par un univers maîtrisé au maximum. Quand je le vois dans le train avec son sourire détendu et le regard pétillant pour une toute autre raison que le fait de me croiser, je croirais qu&#8217;il porte autour de la taille une ceinture d&#8217;explosifs.</p>
<p><em><span style="font-size: xx-small;">&#8212;<br />
Ce texte n&#8217;engage que son auteur et ne prétend en rien être exhaustif ou représentatif de quiconque. Il s&#8217;agit d&#8217;un instantané subjectif, d&#8217;une représentation parcellaire et momentanée, ayant pour but l&#8217;esquisse littéraire d&#8217;un personnage fictif autour d&#8217;une personne existante. En aucun cas ce texte n&#8217;a pour prétention ou objectif le viol de la vie privée ou la description unilatérale d&#8217;une personne existante. A considérer avec précautions, tel un tabloïde de seconde catégorie.</span></em></p>
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		<title>Manifeste d’un pendulaire Lausanne &#8211; Genève : Aranyo (1)</title>
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		<pubDate>Sun, 27 May 2007 07:28:37 +0000</pubDate>
		<dc:creator>DR</dc:creator>
				<category><![CDATA[Manifeste d'un pendulaire Lausanne - Genève]]></category>
		<category><![CDATA[Mes autres]]></category>

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		<description><![CDATA[Je vis avec elle depuis huit ans et c&#8217;est seulement en la voyant assise devant le décor de mon déplacement quotidien &#8211; chaises vissées, tables en formica, mini-bar surchargé de pains au chocolats brillant si fort sous le néon qu&#8217;ils ont l&#8217;air en plastique &#8211; que je me rends compte de la distance qui s&#8217;est [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>
Je vis avec elle depuis huit ans et c&#8217;est seulement en la voyant assise devant le décor de mon déplacement quotidien &#8211; chaises vissées, tables en formica, mini-bar surchargé de pains au chocolats brillant si fort sous le néon qu&#8217;ils ont l&#8217;air en plastique &#8211; que je me rends compte de la distance qui s&#8217;est graduellement établie entre nous au long de ces années rapides. Dans notre vie de couple et vie de famille, j&#8217;ai presque fini par oublier qu&#8217;on faisait de plus en plus semblant, qu&#8217;on s&#8217;avançait encore plus loin vers cet illusion de bonheur familial, cet idéal entretenu ni par elle ni par moi, vissé dans l&#8217;espoir d&#8217;un avenir un jour différent comme les chaises du wagon-restaurant. Elle m&#8217;accompagne aujourd&#8217;hui exceptionnellement parce qu&#8217;elle doit signer &agrave;  Genève des papiers sur le décès de sa mère. Mirko dort &agrave;  ses côtés dans la poussette qu&#8217;elle secoue nerveusement, et Lorna dort chez ses grand-parents: invraisemblance concédée par Aranyo uniquement par l&#8217;injuste nécessité. D&#8217;ailleurs elle trépigne sur sa chaise de cette manière qui me rend moi-même si nerveux, je déteste ça. Elle éternue et se mouche sèchement alors qu&#8217;on passe Nyon sans avoir parlé. Je sais qu&#8217;elle est nerveuse parce que jamais elle ne veut, ne peut, travailler contre l&#8217;inénarrable bien-être de &quot;ses&quot; rejetons et d&#8217;avoir laissé Lorna pleurant chez ses grand-parents est &agrave;  ses yeux une faute aussi grave que de l&#8217;avoir abandonnée &agrave;  un réseau pédophile. Elle doit assurer leur bonheur, un point c&#8217;est tout. Et autour de cet axe inébranlable elle construit les mouvements de sa machinerie du quotidien, jetant les branches de son arbre mécanique autour d&#8217;elle afin que tout désserve ce but ultime, cet objectif géant, le sens de sa vie depuis six ans et dans lequel je suis tout au plus une bouteille d&#8217;huile posée &agrave;  côté. Ou un grain de sable. Ou un bug indésirable mais nécessaire, dans sa &quot;Matrice&quot;. Seul de l&#8217;autre côté de la table, parfois je culpabilise, je me dis que si elle ne m&#8217;accepte pas dans son système en me rejetant inconsciemment, c&#8217;est peut-être parce que je me rends constamment innacceptable. Cette idée provoque un tic illuminé en me détournant vers la vision du lac matinal et morne: elle a créé un système et elle ne parvient pas &agrave;  m&#8217;y intégrer parce que je refuse instinctivement d&#8217;intégrer quel que système que ce soit. J&#8217;ai horreur des systèmes. Plus particulièrement j&#8217;ai horreur des systèmes de vie nous précuisant des schémas précis, des attitudes attendues, des comportements &agrave;  avoir dans telle ou telle circonstance pour être heureux et vivre en harmonie et agir pour le bien du monde: ce type de chimère hippio-intellectuelle qu&#8217;Aranyo affectionne. Par exemple j&#8217;aime bien acheter des croissants pour me sentir un peu heureux le temps d&#8217;un dimanche matin. Mais elle considère cela de façon presque hautaine, comme un geste de défoulement pécunier dont on pourrait se passer. D&#8217;ailleurs toute dépense ne contribuant pas directement au bon fonctionnement de la mécanique de ses jours est suspecte et l&#8217;irrite. Ne lui offrez jamais de cadeau: elle risquerait de vous insulter. Je crois en réalité qu&#8217;elle aimerait bien être une femme battue, c&#8217;est son objectif inavoué afin d&#8217;incarner l&#8217;ultime victime et de justifier ainsi toutes les mesures radicales que son esprit un peu limité prépare pour le bon fonctionnement de sa mécanique. Car elle se pose en victime de la vie mais pour l&#8217;être complètement il faut que je la frappe le plus souvent possible, sinon ça lui manque. En ce sens aussi elle aime bien entendre les hurlements de ses enfants car ainsi en les éteignant elle se sent &agrave;  la fois victime et utile. Une victime utile esclave du bonheur préparé de ses enfants, un abrégé qui m&#8217;a arraché un sourire en passant Versoix. Qu&#8217;elle ne soit qu&#8217;une femme frustrée se sacrifiant pour ses enfants &agrave;  l&#8217;intérieur d&#8217;un univers bâti sur l&#8217;autisme et la peur de ne pas être &agrave;  la hauteur ne lui effleure jamais l&#8217;esprit: sa mécanique huilée ne peut se permettre le doute. Arrivés &agrave;  Genève nous n&#8217;avions toujours rien dit. Avant de s&#8217;éloigner sur le quai elle m&#8217;a dit poliment &quot;Bonne journée&quot; parce que ce type d&#8217;expression polie comme &quot;Bonjour tu as passé une bonne journée&quot; ou &quot;Bonne nuit&quot; contribue aux roulements parfaitement artificiels de sa mécanique bien huilée, et j&#8217;ai grimacé un rictus en l&#8217;observant quelques secondes se dépêcher d&#8217;aller &agrave;  sa tâche pour pouvoir revenir le plus vite possible vers Lorna, qu&#8217;elle imagine en ce moment chez mes parents en train d&#8217;hurler &agrave;  la mort en l&#8217;appelant. Ce qui est probablement vrai: elle construira ses enfants &agrave;  la hauteur de ses peurs.</p>
<p><em><font size="1">&#8212;<br />Ce texte n&#8217;engage que son auteur et ne prétend en rien être exhaustif ou représentatif de quiconque. Il s&#8217;agit d&#8217;un instantané subjectif, d&#8217;une représentation parcellaire et momentanée, ayant pour but l&#8217;esquisse littéraire d&#8217;un personnage fictif autour d&#8217;une personne existante. En aucun cas ce texte n&#8217;a pour prétention ou objectif le viol de la vie privée ou la description unilatérale d&#8217;une personne existante. A considérer avec précautions, tel un tabloïde de seconde catégorie.</font></em></p>
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		<title>Manifeste d’un pendulaire Lausanne &#8211; Genève : Brigitte</title>
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		<pubDate>Sat, 26 May 2007 14:42:43 +0000</pubDate>
		<dc:creator>DR</dc:creator>
				<category><![CDATA[Manifeste d'un pendulaire Lausanne - Genève]]></category>
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			<content:encoded><![CDATA[<p>Son sourire avait un impact certain sur les autres, et elle aimait bien avoir un impact certain sur les autres. C&#8217;est sans doute pour cela que son sourire était si généreux, si vaste, plissant les yeux comme pour en exprimer plus, large dentition qui à défaut de pouvoir croquer montrait combien elle a faim des autres. Je me rappelle surtout de son sourire parce que c&#8217;était comme si elle avait eu envie de moi, alors qu&#8217;en réalité elle voulait briller sur moi, essentiellement. Et briller pour elle signifiait m&#8217;emmener dans son univers tout en mouvements, d&#8217;idées, de gestes et d&#8217;action permanente. Une grande valse avec les autres et pour les autres, et elle au centre. Parfois un homme se coinçait entre ses jambes et elle le prenait dans son lit, puis l&#8217;emportait avec elle le temps que la relation fonctionne. Et pas une seconde de plus. Peut-être avec l&#8217;âge poinçonne-t-elle son intransigeance de petites concessions aimables. Mais pas une de trop. L&#8217;action qu&#8217;elle entreprend en permanence ne peut se permettre de se prendre les pieds dans de vaines tergiversations. Elle connait toutes les émotions possibles pour autant que celles-ci se reflètent joliment dans les yeux de son interlocuteur. Trois enfants, deux mariages, un peloton d&#8217;hommes essayés-pas-pu, et entre deux cafés elle organisait un festival ici, des cours de graphisme là , des films de propagande sur l&#8217;éconimie durable par là -bas et sous un coude elle gérait son agence de pub, un enfant dans un bras, l&#8217;autre sous la table avec la stagiaire account et un téléphone portable coincé contre l&#8217;oreille. D&#8217;ailleurs je l&#8217;ai croisée en partance pour Paris, dans le train avec sa fillette de 2 semaines et son téléphone portable, auquel elle parle comme si elle s&#8217;adressait à un ministre. Deux semaines après l&#8217;accouchement, donc; elle portait beaucoup plus d&#8217;intérêt aux détails techniques de son nouveau portable qu&#8217;à son nouveau-né. Elle allait une semaine à Paris pour rencontrer un célèbre magnétiseur dadaïste qui lui permettrait d&#8217;arrêter de fumer. Parce qu&#8217;une femme de la trempe de Brigitte a besoin de rencontrer des gens célèbres avec des idées à sa hauteur. Des idées contemporaines et, comme on dit ces temps, proactives. Des idées changeant des consensus habituels, des idées pour faire bouger le monde, et plus vite que ça, et elle au-devant de la scène le micro entre les ongles et son sourire gargantuesque au sommet de ces jeans sexy et cool, sous ces projecteurs dont la chaleur lui est finalement si douce. Un ego à sa hauteur, tout à la fois ample et souriant et envahissant. Et parfois, au détour d&#8217;un coup de reins, discrètement manipulateur. Brigitte a essayé de me convaincre en trente minutes que le monde courait droit à sa perte si chacun de nous ne cherchait pas à changer ses habitudes de consommateur occidental passif, avec ses yeux en amandes qui cherchaient à picorer toute mon attention, avec douceur et fermeté comme disent certains tortionnaires. Et au bout de trente minutes, en la laissant à son manuel dans le train, je me suis dit qu&#8217;en effet je devrais me mettre à trier mes ordures ménagères. Je suis allé voir le site web de son magasine sur l&#8217;économie durable. Rien que pour son sourire et rien que pour son charme. Je penserai à son corps voluptueux en vidant fièrement mes détritus végétaux (et sans doute aussi en vidant mes gonades génératrices, moins fièrement): elle a gagné son pari, elle m&#8217;a convaincu, grâce à elle le monde avancera, vers le mieux ce n&#8217;est pas certain, mais il avancera. Elle a gagné son pari mais elle a perdu depuis longtemps le souvenir d&#8217;une après-midi inutile de tendre auto-destruction, où je me confine trop rarement en m&#8217;étirant dans la vase épuisante du jour, où il est si paisiblement possible de déprimer à avoir envie d&#8217;en crever. Cet éclat de faïence brisée me manque dans le souvenir durable du regard de Brigitte. Ou alors, peut-être est-ce parce qu&#8217;elle le cache si admirablement, qu&#8217;il me manque.</p>
<p><em><span style="font-size: xx-small;">&#8212;<br />
Ce texte n&#8217;engage que son auteur et ne prétend en rien être exhaustif ou représentatif de quiconque. Il s&#8217;agit d&#8217;un instantané subjectif, d&#8217;une représentation parcellaire et momentanée, ayant pour but l&#8217;esquisse littéraire d&#8217;un personnage fictif autour d&#8217;une personne existante. En aucun cas ce texte n&#8217;a pour prétention ou objectif le viol de la vie privée ou la description unilatérale d&#8217;une personne existante. A considérer avec précautions, tel un tabloïde de seconde catégorie.</span></em></p>
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		<title>Manifeste d’un pendulaire Lausanne &#8211; Genève : Z. &#124; Nathalie</title>
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		<pubDate>Wed, 23 May 2007 20:00:41 +0000</pubDate>
		<dc:creator>DR</dc:creator>
				<category><![CDATA[Manifeste d'un pendulaire Lausanne - Genève]]></category>
		<category><![CDATA[Mes autres]]></category>

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		<description><![CDATA[Par un hiver si tendre de mon enfance, alors que la lumière du matin descendait lentement sur un paysage blanc, j&#8217;arpentais le chemin de l&#8217;école dans la pénombre. Songeant &#224; elle du haut de ses treize ans et &#224; moi du bas de mes 10 ans. Les flocons n&#8217;avaient aucune consistance, le monde entier par-del&#224; [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>
Par un hiver si tendre de mon enfance, alors que la lumière du matin descendait lentement sur un paysage blanc, j&#8217;arpentais le chemin de l&#8217;école dans la pénombre. Songeant &agrave;  elle du haut de ses treize ans et &agrave;  moi du bas de mes 10 ans. Les flocons n&#8217;avaient aucune consistance, le monde entier par-del&agrave;  le brouillard n&#8217;avait aucune consistance, seule, elle trônait dans l&#8217;immensité du jeune garçon. J&#8217;aurais pu la détacher du ciel en lui adressant au moins la parole, mais elle était bien trop belle pour que je la supporte de près. La perfection une classe au-dessus. Je n&#8217;avais aucune notion de la beauté du corps d&#8217;une femme ou des lignes de son visage, mon amour brillait c&#8217;est tout, pur rayonnement. J&#8217;aurais du aller vers elle pour lui déclarer mon amour, elle m&#8217;aurait ri au nez, peut-être avec un trou &agrave;  la place d&#8217;une dent, et de plus près j&#8217;aurais trouvé son regard stupide et je l&#8217;aurais dédaignée et si vite oubliée. Si vite comme un jouet perdu. Mais elle est devenue un dolmen ancrant les lois de l&#8217;amour dans l&#8217;impossibilité pathétique de le vivre, l&#8217;amour. Puisqu&#8217;elle se tenait l&agrave;  dans le brouillard, elle aussi en avance sur les autres, dans la cour de l&#8217;école sautillant pour se réchauffer. Ensemble, nous, si proches, si seuls, par hasard. Et l&agrave;  ma vie, machouillant sa clope, a dit au petit David, que si &quot;tu y vas ta vie sera comme ça mais si tu n&#8217;y vas pas alors ta vie sera autrement&quot;, dans un de ces élans que la vie sort parfois et qui n&#8217;ont aucun sens. Le petite David s&#8217;est amusé sur un tas de neige &agrave;  faire du toboggan parce que sur le coup ça paraissait vraiment drôle, de faire du toboggan sur un tas de neige &agrave;  quelques pas d&#8217;une déesse. Alors la vie s&#8217;est déroulée autrement.</p>
<p><em><font size="1">&#8212;<br />Ce texte n&#8217;engage que son auteur et ne prétend en rien être exhaustif ou représentatif de quiconque. Il s&#8217;agit d&#8217;un instantané subjectif, d&#8217;une représentation parcellaire et momentanée, ayant pour but l&#8217;esquisse littéraire d&#8217;un personnage fictif autour d&#8217;une personne existante. En aucun cas ce texte n&#8217;a pour prétention ou objectif le viol de la vie privée ou la description unilatérale d&#8217;une personne existante. A considérer avec précautions, tel un tabloïde de seconde catégorie.</font></em></p>
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