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	<title>[ David Ruzicka - Mouvements de pensées ] &#187; on the fly</title>
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	<description>Assez souvent, David Ruzicka écrit encore</description>
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		<title>Mon papa aurait bien voulu que je sois architecte</title>
		<link>http://www.davidruzicka.com/blog/2008/10/31/mon-papa-aurait-bien-voulu-que-je-sois-architecte.html</link>
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		<pubDate>Fri, 31 Oct 2008 09:35:16 +0000</pubDate>
		<dc:creator>DR</dc:creator>
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		<category><![CDATA[on the fly]]></category>

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		<description><![CDATA[Mon papa ne me le disait pas comme ça, mais il aurait bien voulu que je sois architecte, je sais. C&#8217;aurait été plus simple aussi: j&#8217;aurais repris l&#8217;affaire familiale, je l&#8217;aurais mise un peu à ma sauce, j&#8217;aurais poursuivi l&#8217;oeuvre du père tout en essayant de l&#8217;amener plus loin. C&#8217;aurait été simple, beau, noble presque. [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><a href="http://www.davidruzicka.com/blog/wp-content/images/2008/10/20081031_architectures.jpg" class="thickbox"><img class="alignnone size-medium wp-image-1013" title="20081031_architectures" src="http://www.davidruzicka.com/blog/wp-content/images/2008/10/20081031_architectures-300x214.jpg" alt="" width="300" height="214" /></a></p>
<p>Mon papa ne me le disait pas comme ça, mais il aurait bien voulu que je sois architecte, je sais.<br />
C&#8217;aurait été plus simple aussi: j&#8217;aurais repris l&#8217;affaire familiale, je l&#8217;aurais mise un peu à ma sauce, j&#8217;aurais poursuivi l&#8217;oeuvre du père tout en essayant de l&#8217;amener plus loin.</p>
<p>C&#8217;aurait été simple, beau, noble presque.</p>
<p>Mais il a fallut que je complique tout avec mes ambitions d&#8217;artiste, 20 ans et têtu et tout ça.</p>
<p>Maintenant au téléphone, quand je fais des petits gribouillis, ça ressemble à des croquis d&#8217;architecture. Souvent.</p>
<p>Parfois il faut écouter ses parents.</p>
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		<title>Femme en train de fumer</title>
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		<pubDate>Thu, 09 Oct 2008 18:02:48 +0000</pubDate>
		<dc:creator>DR</dc:creator>
				<category><![CDATA[exclus]]></category>
		<category><![CDATA[on the fly]]></category>

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		<description><![CDATA[John John Jesse]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><a href="http://www.davidruzicka.com/blog/wp-content/images/2008/10/20081009_millenium1.jpg" class="thickbox"><img class="alignnone size-medium wp-image-1005" title="20081009_millenium1" src="http://www.davidruzicka.com/blog/wp-content/images/2008/10/20081009_millenium1.jpg" alt="" width="245" height="294" /></a></p>
<p><a href="http://www.brain-magazine.com/index.php?option=com_content&amp;view=article&amp;id=261:john-john-jesse&amp;catid=19:portfolio&amp;Itemid=9">John John Jesse</a></p>
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		<title>Timelog v2 &#8211; Assemblements poétiques du quotidien</title>
		<link>http://www.davidruzicka.com/blog/2008/09/27/timelog-v2.html</link>
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		<pubDate>Sat, 27 Sep 2008 11:50:13 +0000</pubDate>
		<dc:creator>DR</dc:creator>
				<category><![CDATA[exclus]]></category>
		<category><![CDATA[on the fly]]></category>

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		<description><![CDATA[0650-0700: Lever. Le samedi-dimanche une heure plus tard et parfois la semaine un peu plus tôt. 0705-0715: Salle de bain. 1 jour sur 2 je me rase. Sinon c&#8217;est assez vite fait. J&#8217;ai les habits pendus à côté du linge. 0715-0725: Le petit-déjeuner: préparation. La petite table pour 4 à la cuisine. Pain confiture thé [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><strong>0650-0700</strong>: Lever. Le samedi-dimanche une heure plus tard et parfois la semaine un peu plus tôt.<br />
<strong>0705-0715</strong>: Salle de bain. 1 jour sur 2 je me rase. Sinon c&#8217;est assez vite fait. J&#8217;ai les habits pendus à côté du linge.<br />
<strong>0715-0725</strong>: Le petit-déjeuner: préparation. La petite table pour 4 à la cuisine. Pain confiture thé miel. Pas de lait. On est interdits de lait de vache. Fruits et jus d&#8217;orange pour Lorna et moi. Perso je mange un mélange de pommes et de nectarines découpés avec des raisins secs. Pendant ce temps en général Lorna s&#8217;est levée et s&#8217;habille. Depuis le début de la 2ème primaire je dois moins la bousculer, elle fait sa routine en m&#8217;entendant mettre la bouilloire à la cuisine, pipi, choix des habits et habillage.<br />
<strong>0730-0740</strong>(idéalement): On prend le ptitdéj Lorna et moi. Elle s&#8217;enfile ses toasts et moi mes fruits. Premiers papotages. Parfois Aranyo nous rejoint, laissant Mirko encore dormir. Plus rarement Mirko se lève à ce moment-là aussi et vient manger avec. Ca stresse parfois le matin faut se dépêcher pour être à l&#8217;heure.<br />
<strong>0740-0745</strong>: Lorna va se brosser les dents et se peigne. Il m&#8217;arrive encore parfois de la peigner, mais elle préfère le faire seule depuis le début de la 2ème. Des fois c&#8217;est Aranyo aussi, mais elle s&#8217;occupe plutôt de Mirko.<br />
<strong>0745</strong>: heure du départ pour Lorna. Rencontre sur le pallier avec le fils des voisins, Arthur, qui va aussi à l&#8217;Ecole Steiner. Le matin c&#8217;est soit Aranyo soit la voisine qui les amène avec Zora, une fille qui habite l&#8217;immeuble à coté. Arthur est en 1ère et Zora va dans la même classe que Lorna.<br />
<strong>0750-0800</strong>: si Aranyo amène les enfants je fais la vaisselle et les lits. Sinon je me prépare à sortir.<br />
<strong>0805-1000</strong>: 1 jour sur 2 je pars en vélo. Je monte vers Epalinges, chez mes parents. Ca prends environ 40min. Là-bas je fais quelques exercices et redescends en 10min. Puis une douche. Si je ne pars pas en vélo et que je ne suis pas débordé je vais à la boulangerie à côté du Grancy prendre mon café. Le Grancy ouvre à 8.00 alors j&#8217;y vais moins souvent puisque j&#8217;y arrive avant si je n&#8217;ai pas eu les lits et la vaisselle à faire. Je vais voir le défilé de filles et de gars bcbg passant à la boulangerie pour un petit pain ou le café à l&#8217;emporter. Je survole le 20 minutes. Et je vais dans mon grenier vers 09.00<br />
<strong>(0905)1005-12.45</strong>: je bosse sur l&#8217;ordi. Les mercredi et jeudi je pars à 11.40 pour chercher les enfants. Arthur, Zora, Elisa et Lorna les mercredis et Lucie, Zora, Arthur et Lorna les jeudis.<br />
<strong>1250-1400</strong>: plutôt 13.30 si j&#8217;ai beaucoup de boulot; c&#8217;est l&#8217;heure du repas. Tendance végétarien. Aranyo est très soucieuse de la cuisine et essaie de faire de bonnes choses saines pour les enfants: pas facile. Mais pour quelqu&#8217;un qui ne savait cuisiner que deux ou trois plats avant d&#8217;avoir des enfants elle se débrouille très bien. Depuis trois semaines j&#8217;ai acheté 2 nouveaux jeux à Lorna pour la Nintendo alors parfois je joue et elle regarde. Et après elle s&#8217;y met. Elle reste l&#8217;après-midi avec ses copines. Jusqu&#8217;à une dizaine jours Aranyo mettait les plus petits, Mirko et Océane, à la sieste, tandis que les plus grands restent dans la chambre de Lorna, dessins, jeux etc.<br />
<strong>1405-1830(1900)</strong>: je retourne au grenier. Y&#8217;a des variantes où je dois aller en ville ou à un rendez-vous.<br />
<strong>1905-1925</strong>: parfois je fais à souper, parfois c&#8217;est Aranyo, selon où elle est allée l&#8217;après-midi avec les enfants, selon le travail que je dois terminer. Souvent chaud mais plus simple genre délices aux épinards, salades, du réchauffé du midi d&#8217;un autre jour.<br />
<strong>1930-1945</strong>:dîner.<br />
<strong>1950-2015</strong>:douche des enfants, brossage des dents pour Aranyo et vaisselle pour moi en général. Pyjamas.<br />
<strong>2020-2035(2055)</strong>: Aranyo raconte une histoire à Mirko pendant qu&#8217;on cause ou joue un peu à la Nintendo avec Lorna. Parfois je les mets les trois devant un film ou un dessin animé, surtout avec la venue du froid et la tombée de la nuit. Heidi l&#8217;hiver dernier, la maison dans la prairie, fifi brindacier. Ou je lis une histoire à Lorna et Aranyo se couche avec Mirko pour l&#8217;endormir. Peu avant 21.00 c&#8217;est Lorna au lit, baiser, dernier papotage.<br />
<strong>2100-2300</strong>:je me mets souvent devant un film sur wixi. Aranyo fait ses trucs, couture, douche, journaux, lecture. On cause parfois de la journée ou de tout et de rien, c&#8217;est aussi l&#8217;occasion parfois de se disputer. J&#8217;essaie de lire un peu plus ces temps. Millénium tome 2. Parfois je remonte au grenier terminer un truc ou surfer un peu. Du coup Aranyo utilise le portable pour surfer.<br />
<strong>2305-2355</strong>: lecture et coucher. Aranyo se couche plus tôt en général. Mais des fois je me couche à 22.00<br />
<strong>2400-0650</strong>:&#8230;</p>
<p><a href="http://www.davidruzicka.com/blog/2005/11/18/assemblements-potiques-du-quotidien.html">Lien vers la version 1 du timelog (11/2005)</a></p>
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		<title>De l&#8217;hébreu &#171;&#160;Daoud&#160;&#187;, aimé, sous-entendu de Dieu</title>
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		<pubDate>Sun, 15 Jun 2008 00:54:20 +0000</pubDate>
		<dc:creator>DR</dc:creator>
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		<description><![CDATA[Chéri des dieux, chéri des hommes&#8230; En moi, quel étonnant mélange de sensualité et d&#8217;intelligence, de trouble et de volonté, de spleen et de joie de vivre! Jamais immobile mais jamais non plus tout à fait absorbé par ma course perpétuelle, j&#8217;évoque la flèche de Zénon d&#8217;Elée &#171;&#160;qui vibre, vole et ne vole pas&#160;&#187;. On [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>Chéri des dieux, chéri des hommes&#8230; En moi, quel étonnant mélange de sensualité et d&#8217;intelligence, de trouble et de volonté, de spleen et de joie de vivre! Jamais immobile mais jamais non plus tout à fait absorbé par ma course perpétuelle, j&#8217;évoque la flèche de Zénon d&#8217;Elée &laquo;&nbsp;qui vibre, vole et ne vole pas&nbsp;&raquo;. On pourrait dire aussi que je danse plus que je n&#8217;avance, que j&#8217;échafaude plus que je ne bâtis. Ma séduction ne me laisse pas de repos: j&#8217;en use sans compter. Mais est-ce que je compte jamais? Je suis né pour dépenser. La joie de conceptualiser, le plaisir d&#8217;aimer &#8211; parfois même de souffrir -, le plaisir d&#8217;entreprendre, se disputent mon âme jamais blasée, jamais repue.<br />
Qu&#8217;est-ce qui fait courir David?<br />
Ni l&#8217;ambition, ni la gloire, ni la fortune n&#8217;ont à mes yeux valeur d&#8217;absolu. Je place plus haut, la vérité, l&#8217;honneur, l&#8217;amitié. Je suis de ceux que la condition humaine enchante et désespère à la fois et qui ne cessent d&#8217;écouter leur musique intérieure dont l&#8217;harmonie a quelque chose des caprices du vent.<br />
On aura compris que je ne suis pas toujours facile à vivre.<br />
Mais, si épuisant que je sois parfois, quelle fête!<br />
Ce vieux prénom royal ne saurait être sensible aux fluctuations de la mode. Dans les années 50-60 j&#8217;étais au sommet du hit-parade. Mon prénom est moins fréquent depuis &#8211; du moins, en France.<br />
Peut-être ma prodigieuse réserve d&#8217;énergie fait aujourd&#8217;hui un peu peur. A tort, puisque mon prénom comme moi-même sommes armés pour les tempêtes.</p>
<p><strong>Mon patron</strong>: jeune berger roux qui fut choisi par le grand prêtre Samuel pour être le roi d&#8217;Israël. Son règne fut glorieux: conquêtes, fastes, grandes réformes. Il enleva à l&#8217;un de ses officiers sa femme, Bethsabée, dont il eut un fils, le futur roi Salomon. Il passe pour l&#8217;auteur des <em>Psaumes</em>, le plus beau monument de la poésie universelle. Il mourut en 947 avant J.-C.</p>
<p><strong>Les David célèbres</strong>: plusieurs rois d&#8217;Ecosse, de Géorgie, de Trébizonde. Un héros de roman: David Copperfield, de Dickens. Un homme d&#8217;état: David Ben Gourian. Et des chanteurs et des acteurs, comme David Bowie, David Hallyday. Sans oublier un prix Nobel de physique: David Bohme.</p>
<p><strong>Correspondances</strong>: du signe du Bélier. Chiffre de chance: le 4. Couleur: le bleu. Pierre: le diamant. Métal: l&#8217;or.</p>
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		<title>Soirée avec mes deux derniers amis</title>
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		<pubDate>Fri, 13 Apr 2007 07:17:38 +0000</pubDate>
		<dc:creator>DR</dc:creator>
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		<description><![CDATA[Je passe une petite soirée avec mes deux derniers amis. Et même s&#8217;il me paraît vraisemblable qu&#8217;une personne au caractère comme le mien ne possède pratiquement pas d&#8217;ami, je m&#8217;en étonne parfois &#224; part moi car somme toute je suis quelqu&#8217;un d&#8217;assez intéressant, ouvert, patient et attentif. En tous cas il y a plein de [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>
Je passe une petite soirée avec mes deux derniers amis. Et même s&#8217;il me paraît vraisemblable qu&#8217;une personne au caractère comme le mien ne possède pratiquement pas d&#8217;ami, je m&#8217;en étonne parfois &agrave;  part moi car somme toute je suis quelqu&#8217;un d&#8217;assez intéressant, ouvert, patient et attentif. En tous cas il y a plein de gens totalement mauvais, salauds et cons qui ont beaucoup plus d&#8217;amis que moi. Anne-Laure* est sur le point de partir de cette petite soirée entre amis, lorsque je lui demande pour rire si avec son nouveau copain ils vivent encore chacun dans leur appartement, ceci évidemment pour suggérer qu&#8217;ils sont j&#8217;imagine souvent fourrés chez l&#8217;un ou chez l&#8217;autre. Elle maugrée qu&#8217;il dort souvent chez elle. M&#8217;ignorant ensuite ostensiblement elle organise avec Alina* (mon autre dernier ami) un petit après-midi &agrave;  deux &quot;si elle passe dans le quartier&quot;. Je me sens comme une merde. Si sur les deux derniers amis qui me restent il y en a un qui préfère m&#8217;éviter, c&#8217;est vraiment que j&#8217;ai un souci quelque part. Un grave souci. J&#8217;ai fait la remarque et Anne-Laure a réagi en me piquant d&#8217;abord d&#8217;un ironique : &quot;Ta positivié me fait vraiment du bien, David. J&#8217;en ai vraiment besoin&quot;, devant mon ahurrissement, elle poursuit d&#8217;un condescendant : &quot;Tu sais très bien que ça t&#8217;arrive de me tirer en-bas, d&#8217;être agressif et déprimant&quot;. Ce n&#8217;était peut-être pas exactement ses mots &#8211; l&#8217;émotion me coupe la mémoire &#8211; mais &agrave;  peu de chose près. J&#8217;étais arrivé &agrave;  cette soirée le coeur sur la main, ouvert, souriant je crois. Lorsqu&#8217;Anne-Laure a fermé la porte trois quinze-tonnes d&#8217;affilée m&#8217;étaient passés dessus. Ou la définition de &quot;se prendre une volée de baffes&quot;, ou &quot;tomber des nues&quot;. Depuis le début de l&#8217;année je l&#8217;ai vue trois ou quatre fois &agrave;  tout casser; si &agrave;  ce rythme-l&agrave;  j&#8217;arrive encore &agrave;  créer de tels sentiments négatifs, il vaut mieux effectivement que je n&#8217;aie aucun ami. Théodore* et Chris* doivent se frotter les mains; je suis bien obligé de leur donner entièrement raison, j&#8217;admets que si ces deux amis lointains n&#8217;ont plus souhaité me voir c&#8217;est parce que je suis un mauvais ami, parce que &quot;je tire en-bas&quot;. Même envers ceux qui sont le plus proches de moi je dois inspirer une automatique méfiance, une sorte de crainte sourde, un potentiel inné de cruauté, une vague toujours en approche de férocité. Cette peur ne fait sans doute que refléter ma propre peur des autres, au point que même lorsque je me sens ouvert et disponible je me ramasse des baffes parce que ma plus proche amie s&#8217;attend toujours &agrave;  un sardonique volte-face. Je me demande si Jérôme* ne m&#8217;évite pas depuis toutes ces années pour les mêmes raisons, peut-être qu&#8217;en quittant Paris du jour au lendemain je lui ai porté un coup au coeur, il s&#8217;est senti abandonné sans que de mon côté je ne me rende compte de rien. Je me demande si Nino* m&#8217;a toujours vu comme une bouilloire en permanence en train de siffler &agrave;  l&#8217;intérieur, si Lawrence* ou Sylvio* me tolèrent par politesse, bref tous ces amis que je ne vois plus, s&#8217;ils forment une ronde de méfiance suffisamment loin de moi, le pestiféré. Il faudrait peut-être que je m&#8217;accomplisse, que je devienne pleinement moi-même, que je me rende compte finalement de qui je suis, aux regards de ceux qui m&#8217;étaient le plus proche, on appelle cela &quot;en son for intérieur&quot;, le cynique mesquin et dangereux qu&#8217;ils évitent. M&#8217;enfermer dans une pierre. A moins que ce ne soit déj&agrave;  la cas.</p>
<p><em>*prénoms d&#8217;emprunt</em></p>
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		<title>Point-virgule</title>
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		<pubDate>Thu, 12 Apr 2007 06:20:28 +0000</pubDate>
		<dc:creator>DR</dc:creator>
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		<description><![CDATA[L&#8217;orgasmique entente entre les faiseurs et les penseurs est &#224; son point le moins humide. Et si toute action sur le net tenait plus du but sournois de communiquer &#224; tout prix en souhaitant interagir plus que du simple fait de penser &#224; part soi devant une page blanche, enfermé dans un chalet au sommet [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>L&#8217;orgasmique entente entre les faiseurs et les penseurs est &agrave;  son point le moins humide. Et si toute action sur le net tenait plus du but sournois de communiquer &agrave;  tout prix en souhaitant interagir plus que du simple fait de penser &agrave;  part soi devant une page blanche, enfermé dans un chalet au sommet d&#8217;une montagne innatteignable par le wifi ? Je pense que ma connexion internet incarne mon désir d&#8217;être lu. D&#8217;exister par mes mots, loin de mes actes. Je pense aussi qu&#8217;on écrit sur le web pour être entendu et non pour avancer soi-même dans sa vie grâce aux mots, grâce &agrave;  l&#8217;écriture. J&#8217;écris pour être aimé, pas pour m&#8217;aimer plus moi-même. On n&#8217;écrit pas par amour de communiquer avec les autres, on écrit avant tout pour affirmer sa propre existence. Pour émerger. Pour l&#8217;illusion d&#8217;émerger, parce que virtuellement je peux me sortir de la masse et avoir l&#8217;espoir que cette masse (informe par définition) me voit jaillir d&#8217;elle. L&#8217;échafaudage technique séparant le moi des autres s&#8217;est simplifié. Avant la Chose, il fallait des relations, du caractère, il fallait jeter son corps physique devant les autres en même temps que son écriture, il fallait s&#8217;impliquer corps et âme afin d&#8217;être lu, d&#8217;être entendu, il n&#8217;y avait presque pas d&#8217;espace entre les mots et l&#8217;être, ce qui était publié ramenait immédiatement &agrave;  celui qui avait écrit. Maintenant (après la Chose), je peux me jeter entièrement vers les autres et n&#8217;être pas plus qu&#8217;un point-virgule. Ou je peux pondre de l&#8217;info et attirer de l&#8217;attention en m&#8217;effaçant rapidement. Je suis un potentiel de mots, un potentiel de communications, je suis un potentiel d&#8217;interagir et mes mots sont noyés dans l&#8217;ambition qui les porte au-dessus des autres au lieu d&#8217;être simplement mes mots, avec leur rouille, leur inutilité, et ces conneries de point-virgules.</p>
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		<title>Moi, Alien XXL, ça va ?</title>
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		<pubDate>Wed, 11 Apr 2007 06:40:58 +0000</pubDate>
		<dc:creator>DR</dc:creator>
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		<description><![CDATA[Mon corps déborde de partout. Mon ventre et mes hanches gélatineux sont secoués de spasmes dès que je fais un mouvement un peu brusque. La plus petite torsion plie de multiples couches de graisse et m&#8217;attacher les chaussures est épuisant. Quand j&#8217;enfile mon pantalon, c&#8217;est un calvaire, et ensuite il me sert autour de la [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>Mon corps déborde de partout. Mon ventre et mes hanches gélatineux sont secoués de spasmes dès que je fais un mouvement un peu brusque. La plus petite torsion plie de multiples couches de graisse et m&#8217;attacher les chaussures est épuisant. Quand j&#8217;enfile mon pantalon, c&#8217;est un calvaire, et ensuite il me sert autour de la taille, entre les jambes et me gratte, je me sens moulé dans un sac &agrave;  patates. Le café a un goût d&#8217;huile &agrave;  moteur deux temps et d&#8217;interminables météorismes me gondolent les intestins, s&#8217;échappant en longs filets d&#8217;odeurs infâmes. Je suis envahi par un alien et lentement il gonfle pour faire craquer l&#8217;épiderme sec, exhiber ses bourrelets plein d&#8217;écailles. Non seulement mon corps flasque m&#8217;empêche de vivre mais en plus mon cerveau enfoncé dans les plis de graisse me répète que je n&#8217;ai plus assez de temps dans une journée pour la terminer en allant normalement me coucher, repus et fatigué. Je suis insatisfait et intranquille.  La nudité des gens sous le soleil qui chauffe trop &agrave;  cause de mes pets trouant la couche d&#8217;ozone est aussi intolérable que la vision de la première page d&#8217;un quotidien. La fonte des glaces me donne envie de m&#8217;offrir une coupe Danemark. Mon corps déborde et le niveau des océans monte. Comme il est bon lorsqu&#8217;ils me regardent passer comme une vache dans son nuage de méthane d&#8217;imaginer ces rues, ces parcs, ce fleuve, Genève, le Jura, les montagnes noyés dans l&#8217;Océan. Et j&#8217;y ajouterai une calotte glaciaire pour bien faire. Contenant toutes ces nobles sensations, je suis assez embarrassé lorsqu&#8217;il s&#8217;agit de répondre &agrave;  la question d&#8217;un collègue : &quot;Salut ça va ?&quot; Parfois, envie de gicler du sang; moi alien XXL, toi pas approcher moi sinon moi écrabouiller purée toi et manger, toi. Miam. Mon bide tremblote d&#8217;appétit et déj&agrave;  de bonheur je gargouille dans l&#8217;envie d&#8217;alcool mélangé &agrave;  du chocolat et de la chair humaine. &quot;Ça va et toi&quot; Insatiable envie de m&#8217;échapper, trottine trottine, ça passera tu sais bien, ça passera. Ce que j&#8217;ai froid, malgré le printemps radieux je suis une boule de neige. Ne pas oublier d&#8217;aller m&#8217;acheter un petit duplicateur pour carte graphique et brancher un troisième écran; après ça ira mieux.</p>
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		<title>Trentenaire avancé cherche équilibre zen</title>
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		<pubDate>Tue, 10 Apr 2007 07:01:53 +0000</pubDate>
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		<description><![CDATA[J&#8217;aime bien les gens qui reprennent le dessus sur la vie. Personnellement je reprends le dessus sur la vie chaque printemps, me suis-je aperçu avec effroi ce week-end en relisant quelques anciens articles sur ce site. Ce n&#8217;est pas négligeable, mon troisième printemps &#224; survivre &#224; moi-même sur le net, et puis ça permet déj&#224; [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>
J&#8217;aime bien les gens qui reprennent le dessus sur la vie. Personnellement je reprends le dessus sur la vie chaque printemps, me suis-je aperçu avec effroi ce week-end en relisant quelques anciens articles sur ce site. Ce n&#8217;est pas négligeable, mon troisième printemps &agrave;  survivre &agrave;  moi-même sur le net, et puis ça permet déj&agrave;  d&#8217;établir des courbes et des statistiques comportementales. Donc chaque printemps je me remets &agrave;  écrire avec vigueur, doué d&#8217;une énergie que chaque printemps j&#8217;estime être unique, surprenante, et décisive. Le genre d&#8217;énergie qui me permettrait de commencer et de terminer un roman par exemple, d&#8217;aller au-del&agrave;  de moi-même, de me surpasser (déprimant, j&#8217;associe l&#8217;écriture d&#8217;un roman &agrave;  un surpassement personnel), et chaque printemps j&#8217;asperge ce site de nouveaux espoirs. Généralement, &agrave;  titre plus personnel, c&#8217;est aussi &agrave;  cette époque que je me remets &agrave;  faire un peu de sport. Un béhavioriste me caserait avec indolence et rapidité dans la section des &quot;couches moyennes influencées par les magasines de mode, la télévision et le ciné, trentenaire avancé approchant la crise de la quarantaine paniqué &agrave;  l&#8217;idée de prendre du poids après avoir arrêté de fumer&nbsp; et tentant désespérément de trouver un équilibre zen dans sa vie de tous les jours&quot;, ou un truc plus long dans le genre&#8230; Le gars que les jolies midinettes imberbes de 25 ans commencent &agrave;  appeler &quot;Monsieur&quot; et &agrave;  voussoyer du haut de leur jeune indulgence.</p>
<p align="center">~&nbsp;</p>
<p>La gorge sèche, je viens de me rendre compte que cette description me correspond bien, en tout cas &agrave;  travers une certaine lorgnette un peu distante, mais somme toute on se voit tous de façon un peu distante. Toujours selon les statistiques, je devrais arrêter d&#8217;écrire aussi fréquemment d&#8217;ici fin avril ou début mai, date &agrave;  laquelle le rythme des saisons reprend le dessus sur mon enthousiasme de trentenaire lucide, aisé et cynique.<br />Je reste néanmoins remarquablement stable dans les chiffres nuls des commentaires laissés ici. Et dire que certains blogueurs très virils comparent le nombre de commentaires &agrave;  des performances sexuelles. Heureusement que je suis au-dessus de ça. Heureusement, oui.</p>
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		<title>Leonard Cohen dans le train</title>
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		<pubDate>Mon, 09 Apr 2007 11:04:03 +0000</pubDate>
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		<description><![CDATA[En rentrant de Bâle j&#8217;ai croisé Leonard Cohen dans le train. Une de ces journées ecclésiastiques où je repère une succession de détails sous forme de messages &#224; transcrire et interpéter. D&#8217;abord cette jeune femme aux cernes immenses et brunâtres qui m&#8217;a longuement fixé lorsque je me suis assis en face d&#8217;elle. Le titre de [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>En rentrant de Bâle j&#8217;ai croisé Leonard Cohen dans le train. Une de ces journées ecclésiastiques où je repère une succession de détails sous forme de messages &agrave;  transcrire et interpéter. D&#8217;abord cette jeune femme aux cernes immenses et brunâtres qui m&#8217;a longuement fixé lorsque je me suis assis en face d&#8217;elle. Le titre de son livre : &quot;Lexique de l&#8217;Esotérisme&quot;. Et puis le soleil brillait trop fort comme il sait le faire certains jours de printemps qui ressemblent encore &agrave;  l&#8217;hiver, conférant trop d&#8217;éclat et de reflets aux objets, la réalité paraît m&#8217;hurler aux yeux. Puis elle est sortie du train régional en secouant la tête et rigolant et a été remplacée par un yorkshire terrier dont les maîtres, un vieux couple moche et sans enfant, sentaient la naphtaline. Après quelques minutes leur chien s&#8217;est mis &agrave;  lentement grogner dans ma direction. Ses maîtres au dédain aussi flasque que leurs joues reniflaient de contentement; ou alors ils pouffaient. Et cet être indéfinissable aux longs cheveux gris, sales, enfoncé dans un blouson comme humide de larmes sur le quai de Bienne, elle reniflait, peut-être qu&#8217;elle avait pleuré toute la nuit et toute cette matinée avant de se trouver plantée devant moi sur ce quai aveuglant de lumière comme si elle m&#8217;avait attendu, cette chose avait l&#8217;air de me fixer aussi de derrière ses lunettes de soleil sauf qu&#8217;elle ne pouvait voir que son reflet de l&#8217;autre côté de la vitre teintée. Comme elle avait l&#8217;air triste et inutile dans cette ville aux immeubles fades. Elle aurait aussi bien pu mourir l&#8217;instant d&#8217;après, j&#8217;en aurais été soulagé. Ces éléments devaient se combiner, posséder un sens particulier, ils tentaient de me révéler quelque chose alors que j&#8217;observais le défilement des vignes neuchâteloises derrière la vitre teintée du wagon restaurant, doublement protégé par mes lunettes de soleil. Lorsque je l&#8217;ai vu. Il me fixait aussi depuis l&#8217;autre bout du restaurant. Il portait aussi des lunettes de soleil. D&#8217;abord j&#8217;ai eu un doute. J&#8217;ai vu la dernière fois Leonard Cohen dans un documentaire où il faisait le moine bouddhiste &agrave;  Los Angeles, il y a quelques années. Il me semble qu&#8217;il était plus vieux que ce type. Protégé par mes lunettes j&#8217;ai détourné la tête pour faire semblant de regarder dehors alors que je le scrutais attentivement. Ce long visage marqué, ce nez incomparable, l&#8217;arc fragile des sourcils, les joues émaciées, la coupe de cheveux&#8230; Il se teignait sans doute les cheveux. L&#8217;Afro-américaine qui l&#8217;accompagnait était grosse et solide, compagne imperturbable qui devait convenir au fil fragile de sa vie. Lui le tombeur de femmes, nul doute qu&#8217;il avait trouvé en elle un repos de fin de vie. Quel âge pouvait-il avoir ? 70 ans peut-être&#8230; Mais que faisait-il en Suisse ? A vrai dire aucune autre question logique ne me traversait l&#8217;esprit, tétanisé, gorge sèche, et j&#8217;ai été magnétisé, lentement obligé de lui rendre son regard droit dans les lunettes, comme un duel de lunettes solaires dont le sens m&#8217;échappait complètement. Je m&#8217;apprêtais &agrave;  faire une chose aussi débile que d&#8217;aller lui demander un autographe juste pour casser cette attention oppressante qu&#8217;il me portait, lorsque sa compagne lui a gentiment tapoté sur l&#8217;épaule pour lui signifier qu&#8217;ils s&#8217;en allaient. Soulagement impossible &agrave;  mesurer. Et puis elle s&#8217;est mise devant lui, lui a pris la main pour la poser sur son épaule et ainsi ils ont traversé le wagon entre les tables, Leonard trottinant derrière elle accroché d&#8217;une main &agrave;  son épaule, des petits pas d&#8217;aveugle pour éviter de s&#8217;égarer dans le noir absolu. J&#8217;ai grincé des dents en contemplant &agrave;  nouveau le paysage qui redémarrait. Je l&#8217;ai eu mon signe cabalistique d&#8217;ombres et de lumières. La réalité hurle parfois moins que le silence.</p>
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		<title>Yéyé et Marion</title>
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		<pubDate>Sun, 08 Apr 2007 06:58:28 +0000</pubDate>
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		<description><![CDATA[J&#8217;étais ici il y a environ&#8230; Je ne sais plus; deux ans ? Trois&#8230; L&#8217;année dernière ? De l&#8217;avoir oublié ne me rajeunit pas. On ne s&#8217;attend pas &#224; trouver Internet dans une auberge aussi kitsch, garnie de faux Picasso et de lampes &#224; fleurs. Comme les suisse-allemands sont prévoyants. Une Gasthaus d&#8217;Aesch, pas loin [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>J&#8217;étais ici il y a environ&#8230; Je ne sais plus; deux ans ? Trois&#8230; L&#8217;année dernière ? De l&#8217;avoir oublié ne me rajeunit pas. On ne s&#8217;attend pas &agrave;  trouver Internet dans une auberge aussi kitsch, garnie de faux Picasso et de lampes &agrave;  fleurs. Comme les suisse-allemands sont prévoyants. Une Gasthaus d&#8217;Aesch, pas loin de Dornach où vit ma belle-famille. Bourgade idyllique au pied du Jura, &agrave;  quelques minutes de Bâle, paysage vallonné de conte de fée, collines couronnées de ruines authentiques prouvant au touriste américain sceptique l&#8217;âge honorable de l&#8217;envahissement par l&#8217;homme de ces lieux vierges, mais au coeur de tous les grands axes de communication non virtuels. Où se tient Yéyé, tout contre mon bras droit; un vieux clebs de race indéfinie qui pue indécemment, au coeur de tous les grands axes de communication. J&#8217;ai demandé poliment &agrave;  la tenancière s&#8217;il avait 13 ans (au hasard) mais elle m&#8217;a répondu d&#8217;un sourire indulgent que &quot;Ohhh nein, il a neuve han hein!&quot; Yéyé attend que je lui donne quelque chose &agrave;  manger alors qu&#8217;il n&#8217;y a qu&#8217;un café sur ma table. Son regard imperturbable me rappelle ma belle-mère. Marion est arrivé &agrave;  cet état de l&#8217;âge et de l&#8217;existence où on peut rester assis toute la journée &agrave;  fixer un point précis dans l&#8217;air devant soi. Elle aligne une cigarette après l&#8217;autre, seul signe de vie. Les enfants et les heures défilent devant elle sans qu&#8217;on sache si elle a perdu toute forme de vie intelligente, si elle est sous l&#8217;effet permanent d&#8217;un nouvel antidote contre la consommation excessive d&#8217;alcool ou si, mais aucune personne la connaissant (ni moi ni aucune de ses trois filles ni son ex mari en tout cas) ne se berne de cette illusion, si elle est plongée dans la contemplation philosophique de l&#8217;existence des autres. <a class="thickbox" href="http://www.davidruzicka.com/blog/wp-content/images/paques2007_gr12.jpg">Elle fait un peu peur</a>. Une preuve flagrante étant que Mirko, du haut de son instinct de un an et demi, s&#8217;est agrippé violemment &agrave;  moi en la voyant assise sur sa chaise branlante devant la cuisine, ses cheveux violets et hirsutes jaillissant de sa petit tête au sourire énigmatique, elle a levé les yeux tentant d&#8217;y imprégner une forme de tendresse divaguante, et j&#8217;ai du retenir Mirko de grimper par-dessus mon épaule. Personnellement Marion me fait sourire parce qu&#8217;elle ressemble &agrave;  une ex-rock-star, ses tatouages aidant, ou &agrave;  une ancienne débauchée de la beat generation ayant survécu par miracle aux tentatives de suicide et &agrave;  l&#8217;alcool. J&#8217;ai tenu bon, je suis encore l&agrave; , maintenant j&#8217;ai plus qu&#8217;&agrave;  crever de mort naturelle &agrave;  la cigarette. Une vaste lassitude et un infini abrutissement aux médicaments d&#8217;où pointe néanmoins encore et toujours la pétillance de la déréliction possible. Une potentielle faille de l&#8217;âme continuellement remise sur pieds par une force de la nature indomptable, un ouragan humain enfermé dans un dé &agrave;  coudre. Et le tout de s&#8217;annihiler dans l&#8217;inutile répétition de l&#8217;âge. Marion survit &agrave;  des tempêtes, d&#8217;ailleurs elle a l&#8217;air d&#8217;un marin dont les requins ont déj&agrave;  dévoré la presque totalité du corps. Sa tignasse violette en guise de varech fou au sommet du pilot vermoulu presque noyé sous l&#8217;acharnement des vagues. Elle fait peur aux enfants parce qu&#8217;ils sont si proches de la naissance et de la vie, aux adultes parce qu&#8217;ils n&#8217;ont pas vraiment envie d&#8217;y penser, tandis qu&#8217;elle joue au funambule au-dessus de la lave. Ou alors j&#8217;imagine tout. Marion ne serait qu&#8217;un esclave de plus de la drogue et de la vie, miraculée par un hasard si&#8230; écossais. Yéyé me bave dessus que c&#8217;est bien possible, oui, son regard pétille aussi, en définitive.</p>
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		<title>Un balai est un ustensile de nettoyage</title>
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		<pubDate>Fri, 06 Apr 2007 09:50:11 +0000</pubDate>
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		<description><![CDATA[1,5 g de peau nourrit un million d&#8217;acariens. Ma mère piaffe &#224; l&#8217;idée de peindre les oeufs avec Lorna, paraît-il. Ma mère est une personne très énergique et je n&#8217;ai aucune peine &#224; l&#8217;imaginer piaffant d&#8217;impatience &#224; la perspective de peindre des oeufs avec ma fille. Il faut qu&#8217;elle s&#8217;occupe, qu&#8217;elle agisse dans un sens [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>
1,5 g de peau nourrit un million d&#8217;acariens. Ma mère piaffe &agrave;  l&#8217;idée de peindre les oeufs avec Lorna, paraît-il. Ma mère est une personne très énergique et je n&#8217;ai aucune peine &agrave;  l&#8217;imaginer piaffant d&#8217;impatience &agrave;  la perspective de peindre des oeufs avec ma fille. Il faut qu&#8217;elle s&#8217;occupe, qu&#8217;elle agisse dans un sens ou dans l&#8217;autre, même dans n&#8217;importe quel sens pourvu que ce soit un sens; sa vie est une grande offrande &agrave;  l&#8217;Action. Mais pourquoi peut-il y avoir jusqu&#8217;&agrave;  1500 acariens dans un ridicule gramme de poussière ? Souvant durant mes journées devant l&#8217;ordinateur j&#8217;entends le son de cloches lointaines, de sirènes imperceptibles ou parfois la tonalité occupée. Je sais que mon esprit crée ces sons &agrave;  partir des graillements et ronronnements fades de l&#8217;ordinateur, et que par conséquent mon esprit crée aussi cette obsession de propreté incarnée par le balai et les éponges, ce besoin féroce d&#8217;exterminer ces milliers d&#8217;acariens qui la nuit en profitent pour me grignoter des grammes de peau. Accrochées &agrave;  leurs abdomens, frétillant de joie sur leurs six pattes de microns, ce qui m&#8217;angoisse par contre est la vision de tous ces millions de têtes de ma mère mastiquant du derme sur le moindre millimètre carré de ma peau. Il existe une connvience psychanalytique entre ma fille peignant des oeufs avec ma mère piaffant d&#8217;impatience et les millions d&#8217;acariens qui m&#8217;entourent impunément. Ca doit être d&#8217;ordre sexuel. Mon hypophyse se vexe du dédain que j&#8217;offre au printemps et de fait elle pompe ses hormones d&#8217;une vigueur accrue. Il faut que je balaie, il faut que je fasse la lessive.</p>
<p><img src="http://www.davidruzicka.com/blog/wp-content/plugins/xinha4wp/xinha_core/plugins/InsertSmiley/smileys/0006.gif" alt="Smiley" /></p>
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		<title>Baise-minute</title>
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		<pubDate>Wed, 04 Apr 2007 06:28:50 +0000</pubDate>
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		<description><![CDATA[Que je la croise chaque matin devant les toilettes du restaurant n&#8217;a strictement rien &#224; voir. Le train surine le paysage des berges ennuyantes du lac chaque matin, et ça n&#8217;a strictement rien &#224; voir aussi. J&#8217;aurais très bien pu ne jamais faire l&#8217;amour avec elle. Je veux dire que de la prendre férocemment sur [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>Que je la croise chaque matin devant les toilettes du restaurant n&#8217;a strictement rien &agrave;  voir. Le train surine le paysage des berges ennuyantes du lac chaque matin, et ça n&#8217;a strictement rien &agrave;  voir aussi. J&#8217;aurais très bien pu ne jamais faire l&#8217;amour avec elle. Je veux dire que de la prendre férocemment sur la lunette ouverte des toilettes du train du restaurant pourrait très bien rester juste une phrase moche de plus sur mon long parcours de phrases moches. Le fait que la météo de ce printemps soit aussi impressionnante que celle du printemps d&#8217;avant et que celle probablement encore plus impressionnante du printemps prochain ne vient apporter qu&#8217;une once d&#8217;explication aux gémissements qu&#8217;elle étouffait sur la première page du journal &quot;20 minutes&quot;. Elle se pose l&agrave;  avec sa trotinette quelques instants après le départ du train et j&#8217;ai tout loisir de l&#8217;observer &agrave;  travers la porte vitrée du restaurant alors que le train traine sur ses fenêtres une succession de reflets tous moins intéressants que les autres. Elle aurait peut-être souhaité être prise ailleurs. C&#8217;est fascinant ce que la répétitivité a de puissant. Moi, je n&#8217;ai rien dit. Elle n&#8217;a pas dit grand-chose non plus. Se retournant avec ce déhanchement que je trouve si féminin pour que mon sexe glisse hors d&#8217;elle &agrave;  la fin prévisible de cette rencontre, elle a aussi glissé un sourire accompagné de : &quot;Emilie, enchantée.&quot; Je me demande si elle sera aussi l&agrave;  demain matin. Ca risque de poser problème désormais de la revoir tous les matins &agrave;  côté de sa trotinette. Eviter de la tancer d&#8217;un &quot;Bonjour&quot; inutile; changer de wagon, sueur en tête, ou alors plus simplement nous pourrions faire l&#8217;amour chaque matin. Je suis assez du matin. Elle aussi ça m&#8217;en a tout l&#8217;air&#8230; Ou encore elle n&#8217;était l&agrave;  que pour assouvir ce fantasme, apparaissant, disparaissant, comme les reflets ennuyants en surimpression sur le paysage fade du printemps. Et je ne la reverrai plus. Ce serait plus simple, oui.</p>
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		<title>C&#8217;est</title>
		<link>http://www.davidruzicka.com/blog/2007/03/22/cest.html</link>
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		<pubDate>Wed, 21 Mar 2007 23:03:12 +0000</pubDate>
		<dc:creator>DR</dc:creator>
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		<description><![CDATA[&#34;C’est les cheveux au vent, une sublime mélodie filant le long des berges claires, l’azur et le bleu marin ; c’est les bras levés, la tête en l’air, tourner &#224; la manière des derviches dans la légèreté de la transe ; c’est le rire qui tinte, la pluie fraîche sur le verre, les pétillances de [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>&quot;C’est les cheveux au vent, une sublime mélodie filant le long des berges claires, l’azur et le bleu marin ; c’est les bras levés, la tête en l’air, tourner &agrave;  la manière des derviches dans la légèreté de la transe ; c’est le rire qui tinte, la pluie fraîche sur le verre, les pétillances de bulles &agrave;  papillons et les cascades de rayons multicolores ; c’est la chaleur du poil humain, la simplicité fractale du manteau de flocons, une cigarette partagée et le clignement de sourire ; c’est la bonté du chocolat qui fond, la gravité des ardeurs déployées et le souffle lent, c’est l’instant dérouté du temps ; c’est les solitudes complices des univers concomitants, c’est l’ivresse, c’est les cuivres, les bois et les percutions et c’est les chants profonds des cordes ; c’est l’électricité et l’anti-matière des rues, la fantaisie d’un paradoxe entretenu, la plaisanterie des hirondelles roses et la toxicité des arcs-en-ciel, la douce déchirure d’un coup de tonnerre ; c’est l’appétit des ogres, les valses &agrave;  cent ans, le torticolis d’un beau cul qui passe. <a href="http://skoliad.blogspot.com/" target="_blank">C’est</a>.&quot;</p>
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		<title>Aranyo (Ruth Alexandra Blum)</title>
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		<pubDate>Sat, 27 Jan 2007 20:11:26 +0000</pubDate>
		<dc:creator>DR</dc:creator>
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		<description><![CDATA[]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><img alt="Aranyo Ruth Blum (photo photographie picture image) - home adress (as of february 2007) : Floréal 10 | 1006 Lausanne | Switzerland | Phone number : +41216017424 - Mobile : +41788419128 - email adress : aranyob[...at...]homtail.com " src="http://www.davidruzicka.com/blog/wp-content/images/aranyo_ruth_blum.jpg" /></p>
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		<title>Qui sont perdus</title>
		<link>http://www.davidruzicka.com/blog/2006/12/28/qui-sont-perdus.html</link>
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		<pubDate>Thu, 28 Dec 2006 21:06:54 +0000</pubDate>
		<dc:creator>DR</dc:creator>
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		<description><![CDATA[Il m&#8217;a dit &#34;je t&#8217;aime&#34;. C&#8217;est immense quand même. Il aurait pu dire qu&#8217;il reviendrait bientôt, qu&#8217;il savait qu&#8217;il ne reviendrait pas bientôt. Il aurait aussi pu dire qu&#8217;il ne reviendrait jamais mais qu&#8217;il penserait toujours &#224; moi. Notre fille me demandait si c&#8217;est vrai. &#34;Qu&#8217;il ne reviendra jamais &#224; la maison ?&#34; Et j&#8217;ai [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>Il m&#8217;a dit &quot;je t&#8217;aime&quot;.<br />
C&#8217;est immense quand même. Il aurait pu dire qu&#8217;il reviendrait bientôt, qu&#8217;il savait qu&#8217;il ne reviendrait pas bientôt.<br />
Il aurait aussi pu dire qu&#8217;il ne reviendrait jamais mais qu&#8217;il penserait toujours &agrave;  moi.<br />
Notre fille me demandait si c&#8217;est vrai.<br />
&quot;Qu&#8217;il ne reviendra jamais &agrave;  la maison ?&quot;<br />
Et j&#8217;ai aussi menti en souriant comme il m&#8217;a souri, parce que c&#8217;est beau un simple sourire.<br />On verra demain.&nbsp;</p>
<p>Y aura-t-il un jour un arbre pour tous ceux qui sont perdus ?&nbsp;</p>
]]></content:encoded>
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		<title>La menace fantôme</title>
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		<pubDate>Wed, 21 Dec 2005 21:27:20 +0000</pubDate>
		<dc:creator>DR</dc:creator>
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		<description><![CDATA[Je n&#8217;ai pas envie d&#8217;écrire. Non franchement je n&#8217;ai pas envie. Aucune envie d&#8217;écrire quoi que ce soit. Pour tout dire, je n&#8217;ai même pas envie d&#8217;écrire ce que je viens d&#8217;écrire. A tel point que ces pixels s&#8217;égrenant en lettres qui prolifèrent éhontément en mots eux-même si audacieux qu&#8217;ils en forment des phrases &#224; [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>Je n&#8217;ai pas envie d&#8217;écrire.<br />
Non franchement je n&#8217;ai pas envie. Aucune envie d&#8217;écrire quoi que ce soit. Pour tout dire, je n&#8217;ai même pas envie d&#8217;écrire ce que je viens d&#8217;écrire. A tel point que ces pixels s&#8217;égrenant en lettres qui prolifèrent éhontément en mots eux-même si audacieux qu&#8217;ils en forment des phrases &agrave;  tendance quasi puérile de singer un sens, refluent vers un point que j&#8217;aurais déj&agrave;  du écrire avant. Le point. Mais j&#8217;ai été trop paresseux et me suis laissé aller &agrave;  l&#8217;absence d&#8217;envie d&#8217;écrire trop longtemps, ce qui m&#8217;a, déj&agrave; , poussé jusqu&#8217;ici. Sans plus. Elle m&#8217;a dit : arrête-toi bordel y&#8217;a tes gosses qui pleurent c&#8217;est la vie CA merde ! Je lui ai simplement répondu que je n&#8217;ai strictement aucune envie d&#8217;écrire et que si je continue ce n&#8217;est même pas par gourmandise, qui mangerait de fantômes ?, mais parce qu&#8217;ILS représentent QUELQUE CHOSE &agrave;  côté de CA. Et puis j&#8217;en ai eu marre et j&#8217;ai mis un point final. Que j&#8217;ai souligné trois fois. Oui oui c&#8217;est possible sous OpenOffice. Et je me suis arrêté. Merde, j&#8217;ai continué &agrave;  cause d&#8217;OpenOffice. Pourtant je n&#8217;en ai aucune envie je le répète. Comme je répéterais que tout ceci est du vide, pur vide. Normal puisque je n&#8217;ai aucune envie d&#8217;écrire. Strictement aucune. Rien &agrave;  dire. Vraiment, rien. Mais &agrave;  tel point rien qu&#8217;il est sidérant qu&#8217;après rien j&#8217;écrive encore quelque chose. Oui mais quoi ? RIEN m&#8217;hurle-t-elle très justement &agrave;  côté du poupin violet. Ce &agrave;  quoi je ne réplique rien non plus puisqu&#8217;&agrave;  la place j&#8217;écris cette phrase. Et l&agrave; , dans un élan inouï d&#8217;espoir dans les mots, je me suis permis d&#8217;écrire enfin ce que je cherchais, peut-être, &agrave;  écrire depuis le début. Autrement dit, le fait que je n&#8217;ai strictement aucune envie d&#8217;écrire quoi que ce soit.<br />
Chaque mot est une menace fantôme.<br />
Ravalé, je suis parti hurler, moi aussi.</p>
]]></content:encoded>
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		<title>tranche de viande pour schizo</title>
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		<pubDate>Mon, 19 Dec 2005 17:55:29 +0000</pubDate>
		<dc:creator>DR</dc:creator>
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		<description><![CDATA[le délacement tendu des nerfs sous la viande l&#8217;irrespect total du couteau pour la chair scandale sanglant de l&#8217;ultime débat qui n&#8217;en est pas un puisqu&#8217;il se bat et la lame touche le bois le vide du bois quand elle recommence féminine &#224; trancher la suivante dans l&#8217;éclat ravageur du néon cuisinier la suivante alors [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>le délacement tendu des nerfs sous la viande l&#8217;irrespect total du couteau pour la chair scandale sanglant de l&#8217;ultime débat qui n&#8217;en est pas un puisqu&#8217;il se bat et la lame touche le bois le vide du bois quand elle recommence féminine &agrave;  trancher la suivante dans l&#8217;éclat ravageur du néon cuisinier la suivante alors que pas loin la poêle frémit nue elle divague d&#8217;huile dans l&#8217;attente de la tranche de viande suivante parce que la tranche de viande voyez-vous attend d&#8217;être coupée (forcément puisque c&#8217;est une tranche) et la vivacité de la lame sidérante d&#8217;efficacité dans son cisaillement quasi olfactif crée un espèce de vide entre le jus de la tranche et le morceau inerte de nerfs et de chair juteuse steak d&#8217;effroi proposé &agrave;  cuir en bleu alors que les cordons blancs se tortillent d&#8217;incertitude dans la graisse riche de lipomes voraces comme le boucher qui les a choisi d&#8217;un oeil certain globuleux ce matin suspendu &agrave;  côté des boeufs dans l&#8217;antichambre glaciale des estomacs sociaux pendant que gargouille matinaux des réveils automatiques les carnivores du bacon et de la patate rôtie sur le ciel d&#8217;oeuf mais qu&#8217;arrive-t-il au morceau choisi de nerfs gigotant dans la marre d&#8217;huile d&#8217;arachides vierges</p>
<p>oui qu&#8217;arrive-t-il</p>
<p>tranche de viande vidant l&#8217;estomac du plus vivant des vides : vidanger l&#8217;avenir, manger avant d&#8217;être mangé.</p>
<p>&#8212;</p>
<p><em>Ceci est une pub écolo végétarienne qui passe en ce moment sur VegiNN</em></p>
]]></content:encoded>
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		<title>Double tour</title>
		<link>http://www.davidruzicka.com/blog/2005/12/18/double-tour.html</link>
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		<pubDate>Sun, 18 Dec 2005 13:08:13 +0000</pubDate>
		<dc:creator>DR</dc:creator>
				<category><![CDATA[on the fly]]></category>

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		<description><![CDATA[J&#8217;ai rêvé de prison. Elle était belle, ma prison. Crasseuse, vide, résonnante et puante comme une Alcatraz abandonnée. J&#8217;ai rêvé de prison parce que j&#8217;ai envie de prison. Envie d&#8217;enfermement. Ma cellule est grise, spongieuse, j&#8217;y erre sur quelques centimètres humides. La lumière ? Il n&#8217;y a pas de lumière, l&#8217;éclat moribond de mes pupilles [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>J&#8217;ai rêvé de prison.<br />
Elle était belle, ma prison. Crasseuse, vide, résonnante et puante comme une Alcatraz abandonnée. J&#8217;ai rêvé de prison parce que j&#8217;ai envie de prison. Envie d&#8217;enfermement. Ma cellule est grise, spongieuse, j&#8217;y erre sur quelques centimètres humides. La lumière ? Il n&#8217;y a pas de lumière, l&#8217;éclat moribond de mes pupilles dégoulinant sur un miroir rouillé, tordu. Tordu. Le lavabo, brisé, est libre lui : le siphon s&#8217;engouffre vers un relent de varech et l&#8217;espace de l&#8217;Océan. J&#8217;ai tué quelqu&#8217;un. Ou plutôt, j&#8217;ai prémédité un meurtre, et un &laquo;&nbsp;on&nbsp;&raquo; scélérat, invisible, m&#8217;a enfermé l&agrave; . Parce qu&#8217;&nbsp;&raquo;on&nbsp;&raquo; savait que je voulais, plus que tuer, être enfermé. Une nuit, je me suis tué. Ma cervelle, crasseuse, vide, résonnante et puante m&#8217;attendait le lendemain; cette prison.</p>
]]></content:encoded>
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		<title>Le mot</title>
		<link>http://www.davidruzicka.com/blog/2005/10/15/le-mot.html</link>
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		<pubDate>Fri, 14 Oct 2005 22:57:09 +0000</pubDate>
		<dc:creator>DR</dc:creator>
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		<description><![CDATA[Un mot. Ecrire un mot. Il y a quelques touches pour cela. Et puis on passe aux suivantes. Peu importe finalement que les touches se suivent, écrire un mot revient &#224; écrire des touches. Il y a l&#224; toute une ambition; le virtuel crée cette ambition. Car tout est imaginable derrière une succsession de touches, [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>Un mot.<br />
Ecrire un mot.<br />
Il y a quelques touches pour cela. Et puis on passe aux suivantes. Peu importe finalement que les touches se suivent, écrire un mot revient &agrave;  écrire des touches. Il y a l&agrave;  toute une ambition; le virtuel crée cette ambition. Car tout est imaginable derrière une succsession de touches, tout est déterminable et en même temps, aléatoire. On dirait presque de l&#8217;indécis.<br />
Ecrire est une indécision. Une façon d&#8217;éviter le mot unique; vous savez, ce mot juste, cet unique mot qui tairait toute ambition d&#8217;en dire plus. Mais ce mot est introuvable. Il vogue dans l&#8217;indécision et de ce fait les autres, tous ces autres mots, comblent le vide pour essayer de le préciser, l&#8217;unique mot. &laquo;&nbsp;L&#8217;Aleph&nbsp;&raquo; de Borges, autant que le désir récent d&#8217;immortalité d&#8217;un clone reprodruit &agrave;  des millions d&#8217;exemplaires, sont des tentatives de fixer cette saveur indissoluble, cette marque d&#8217;absolu qu&#8217;aucun être concret ne puisse apporter, ni par amour, ni par admiration, ni par relation. Ecrire un mot.<br />
Graver sa tombe et respirer.</p>
]]></content:encoded>
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		<title>Chaos Cloud</title>
		<link>http://www.davidruzicka.com/blog/2005/09/16/chaos-clouds.html</link>
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		<pubDate>Fri, 16 Sep 2005 09:36:11 +0000</pubDate>
		<dc:creator>DR</dc:creator>
				<category><![CDATA[on the fly]]></category>

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		<description><![CDATA[Les Chaos Clouds ou &#171;&#160;Nuages de Plasma&#160;&#187; (NPA pour les intimes) sont d&#8217;étranges phénomènes résiduels découverts récemment sur la ligne d&#8217;horizon de certains trous noirs. Leurs caractéristiques stellaires les rendent particulièrement difficiles &#224; observer. Il semblerait pourtant que la découverte récente de ces objets stellaires, qui vient par ailleurs corroborer plusieurs théories quantiques émises au [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>Les Chaos Clouds ou &laquo;&nbsp;Nuages de Plasma&nbsp;&raquo; (NPA pour les intimes) sont d&#8217;étranges phénomènes résiduels découverts récemment sur la ligne d&#8217;horizon de certains trous noirs. Leurs caractéristiques stellaires les rendent particulièrement difficiles &agrave;  observer.</p>
<p>Il semblerait pourtant que la découverte récente de ces objets stellaires, qui vient par ailleurs corroborer plusieurs théories quantiques émises au début des années 90, apporte un ennemi de poids dans la palette des dangers cosmiques pour la Terre. On a parlé des astéroïdes, des explosions solaires, des trous noirs, il nous faut maintenant compter avec le &laquo;&nbsp;Chaos Cloud&nbsp;&raquo;.</p>
<p>Ceux-ci sont composés de particules élémentaires qui ont échappé &agrave;  l&#8217;attraction d&#8217;un trou noir (la ligne de fuite) et qui forment ensemble un amalgame chaotique  proche du plasma, au potentiel destructeur sans précédent. Se déplaçant &agrave;  une vitesse proche de la lumière, un chaos cloud peut littéralement sucer toute énergie, i.e. matière, se trouvant sur son chemin. Notre système solaire entier serait absorbé et réduit &agrave;  l&#8217;état d&#8217;énergie pure en quelques jours terrestres.</p>
<p>Contrairement aux autres dangers célestes, un tel objet est difficilement observable, son action sur le cosmos environnant étant aussi cataclysmique qu&#8217;immédiate. Néanmoins, et bien que l&#8217;information semble avoir été rapidement étouffée, une étrange masse obscure &agrave;  fort potentiel gravitationnel a été récemment observée &agrave;  seulement 9 années-lumière de la Terre, déformant fortement les rayonnements cosmiques d&#8217;arrière-plan. A l&#8217;échelle du cosmos, autant dire quelques millimètres&#8230;</p>
<p>De plus, les calculs ont démontré que la trajectoire de ce nuage de plasma rencontrerait notre système solaire aux alentours de l&#8217;an 2014. L&#8217;information est apparue discrètement et sur quelques sites spécialisés &agrave;  la fin du mois d&#8217;avril de cette année, accompagnée de beaucoup de points d&#8217;interrogation. ISO, le téléscope spatial européen permettant une analyse extrêmement fine du rayonnement infrarouge dans l&#8217;Univers, serait &agrave;  l&#8217;origine de cette terrible découverte, immédiatement vérifiée et confirmée par la NASA. De nombreux détails techniques ont mis en émoi les quelques scientifiques y ayant eu accès mais, tout de suite après, ces détails ont disparu de plusieurs sites et en fin de compte l&#8217;information a été prétenduement annoncée comme étant un canulard. Quelques scientifiques ont bien crié haut et fort qu&#8217;il n&#8217;en était rien, mais l&#8217;affaire a été rapidement et admirablement étouffée.</p>
<p>Le même phénomène semble se reproduire en ce mois de septembre, lorsqu&#8217;une fuite &agrave;  l&#8217;administration bruxelloise a clamé que tout était vrai et, non seulement vrai, mais recalculé et revérifié par nombre d&#8217;experts internationaux. Noyant la panique, il semblerait qu&#8217;un hoax ridicule et contradictoire ait été publié et repris par plusieurs sites d&#8217;informations, peu crédibles, tel le WWN. Un hoax qui n&#8217;a qu&#8217;un seul but : cacher la vérité en la traitant de farce.</p>
<p>On peut comprendre qu&#8217;un certain nombres de gouvernements, souhaitant éviter une panique générale, usent de tous les moyens afin de faire taire la rumeur; quoi qu&#8217;il en soit, et en attendant que plus de lumière soit faite sur ces obscures contradictions, si un &laquo;&nbsp;Chaos Cloud&nbsp;&raquo; venait &agrave;  surgir dans notre ciel un beau matin de printemps 2014, ne vous inquiétez pas, vous aurez &agrave;  peine le temps de cligner des yeux que l&#8217;ensemble de la planète se trouvera dissoute en particules tournoyantes. Car contre une telle menace, aucune esquive ne peut être envisagée.</p>
]]></content:encoded>
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		<title>Stop</title>
		<link>http://www.davidruzicka.com/blog/2005/08/16/stop.html</link>
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		<pubDate>Tue, 16 Aug 2005 05:39:02 +0000</pubDate>
		<dc:creator>DR</dc:creator>
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		<description><![CDATA[L&#8217;être virtuel ne m&#8217;inspire plus. Le direct a parfois des coupures. Aléas de la création ? Work in stop. Je ne vais pas arrêter, mais reprendre par un autre bout. Enfin, je pense.]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>L&#8217;être virtuel ne m&#8217;inspire plus. Le direct a parfois des coupures. Aléas de la création ? Work in stop. Je ne vais pas arrêter, mais reprendre par un autre bout. Enfin, je pense.</p>
]]></content:encoded>
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		<item>
		<title>La vie et l’esprit d’un site web</title>
		<link>http://www.davidruzicka.com/blog/2005/06/29/la-vie-et-lesprit-dun-site-web.html</link>
		<comments>http://www.davidruzicka.com/blog/2005/06/29/la-vie-et-lesprit-dun-site-web.html#comments</comments>
		<pubDate>Wed, 29 Jun 2005 04:33:23 +0000</pubDate>
		<dc:creator>DR</dc:creator>
				<category><![CDATA[on the fly]]></category>

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		<description><![CDATA[Un site web n&#8217;existe pas au sens matériel du terme. Tout au plus, matériellement, il s&#8217;agit en fait d&#8217;une série de particules métalliques dirigées dans une ou l&#8217;autre direction afin de définir au passage d&#8217;une tête de lecture microscopique une série d&#8217;octets formant des 0 et des 1. Au niveau de la matière, c&#8217;est tout. [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>Un site web n&#8217;existe pas au sens matériel du terme. Tout au plus, matériellement, il s&#8217;agit en fait d&#8217;une série de particules métalliques dirigées dans une ou l&#8217;autre direction afin de définir au passage d&#8217;une tête de lecture microscopique une série d&#8217;octets formant des 0 et des 1. Au niveau de la matière, c&#8217;est tout.<br />
Alors, qu&#8217;est-ce qui donne &agrave;  un site web son contenu ?<br />
L&#8217;information qu&#8217;il possède. Mais c&#8217;est quoi, l&#8217;information ?<br />
Un ensemble de 0 et de 1 ordonnés de manière &agrave;  être intelligibles pour l&#8217;être humain les interprétant. L&#8217;information est par nature anthropologique. Elle n&#8217;existe pas sans l&#8217;être humain pour l&#8217;interpréter, de même que l&#8217;être humain n&#8217;existerait pas sans l&#8217;information qu&#8217;il contient pour être identifié par ses autres congénères.<br />
Ainsi, au niveau infinitésimal de la matière, l&#8217;idée qu&#8217;un être humain ne soit rien mérite réflexion. Une particule élémentaire, tournée d&#8217;une certaine façon (son spin), possède en mathématique une valeur, tournée d&#8217;une autre façon, elle possède une autre valeur. La succession de ces deux valeurs définit un atome. Une autre combinaison de ces deux valeurs définit un autre atome. Et ainsi de suite tous les éléments connus peuvent être construit, formant eux-mêmes par leur assemblage des molécules, qui forment des cellules, des bactéries, jusqu&#8217;&agrave;  des organismes plus complexes tels que l&#8217;être humain.<br />
L&#8217;analogie entre ce que nous sommes et ce que nous créons n&#8217;est pas gratuite. Tout ce que nous inventons est une autre forme de ce que nous sommes. Un site web en est un exemple étonnant.<br />
Si un site web tel un être humain est une information, cela ne suffit pas néanmoins &agrave;  lui insuffler la vie, de même qu&#8217;un site web dépourvu d&#8217;information interprétable n&#8217;a pas d&#8217;esprit. A l&#8217;opposé de l&#8217;éternité métaphysique de l&#8217;esprit, la vie nait du cumul temporel des informations.<br />
Donc, pour être vivant, doué d&#8217;esprit et accueillant, un site web devrait :<br />
- permettre &agrave;  ses visiteurs de lui insuffler des informations (l&#8217;esprit)<br />
- laisser ces informations s&#8217;accumuler dans le temps (la vie)</p>
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		<title>De l’art d’être compliqué</title>
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		<pubDate>Sun, 26 Jun 2005 07:42:52 +0000</pubDate>
		<dc:creator>DR</dc:creator>
				<category><![CDATA[on the fly]]></category>

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		<description><![CDATA[Paradoxalement (c&#8217;est bien de commencer une phrase par un adverbe tel que &#171;&#160;paradoxalement&#160;&#187; parce que cela met le lecteur dans une situation où il attend qu&#8217;on lui présente une contradiction logique, qui plus est un adverbe suivi d&#8217;une longue parenthèse perturbant complètement le flux naturel de la lecture), il s&#8217;agit d&#8217;être doué d&#8217;une certaine facilité [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>Paradoxalement (c&#8217;est bien de commencer une phrase par un adverbe tel que &laquo;&nbsp;paradoxalement&nbsp;&raquo; parce que cela met le lecteur dans une situation où il attend qu&#8217;on lui présente une contradiction logique, qui plus est un adverbe suivi d&#8217;une longue parenthèse perturbant complètement le flux naturel de la lecture), il s&#8217;agit d&#8217;être doué d&#8217;une certaine facilité dans l&#8217;expression écrite afin de s&#8217;exprimer de manière compliquée. Cette facilité provient de l&#8217;exercice régulier de l&#8217;écriture, d&#8217;une bonne mémoire des mots, et enfin d&#8217;un talent naturel &agrave;  exprimer verbalement ses émotions et ses pensées.<br />
De plus, les écrivains vraiment doués dans l&#8217;expression écrite compliquée possèdent souvent un talent naturel relevant d&#8217;un chaos d&#8217;idées et d&#8217;émotions personnels qui, par le processus de l&#8217;expression écrite, s&#8217;amalgament de telle sorte &agrave;  paraître logique tout en étant dans le fond &laquo;&nbsp;naturellement&nbsp;&raquo; inextricable. Plus ils essaient d&#8217;être simples, plus le résultat est complexe.<br />
Néanmoins, comme je le soulignais plus haut, il serait erroné de penser que l&#8217;expression écrite compliquée provient uniquement d&#8217;une succession loufoque de raisonnements. L&#8217;émotion elle aussi peut &agrave;  plus d&#8217;un titre s&#8217;exprimer de façon &agrave;  être totalement ou partiellement illisible.<br />
Dans le cas de l&#8217;émotion, le talent de l&#8217;auteur se doit d&#8217;être encore plus éprouvé. La joute orale avec son propre vocabulaire se doit d&#8217;être de la haute voltige verbale. L&#8217;interférence de ses connaissances avec le flux émotionnel doit être quasi permanent. Il faut que l&#8217;émotion devienne une prétention de simplicité savante et que l&#8217;honnêteté soit si fictive qu&#8217;elle en devienne presque convaincante. Bref, il faut être naturellement complexe, contradictoire et échevelé en soi-même. Ceci, l&#8217;exercice n&#8217;y pourvoit pas ou très peu.</p>
<p>Ce texte est un exemple de logique et d&#8217;émotion tentant de s&#8217;exprimer de manière compliquée. Le lecteur devrait ne pas s&#8217;y retrouver et au bout du compte avoir l&#8217;impression peu dérangeante (car il suffit somme toute d&#8217;ouvrir un quotidien pour avoir cette impression) de n&#8217;avoir rien lu.</p>
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		<title>Momie sans fin</title>
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		<pubDate>Wed, 15 Jun 2005 23:43:44 +0000</pubDate>
		<dc:creator>DR</dc:creator>
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		<description><![CDATA[Le fait de divulguer son adresse. En imaginant que ce moment-l&#224; ne s&#8217;arrêtera jamais. L&#8217;être virtuel est ce moment de bonheur qui ne peut s&#8217;arrêter et qui ne connaît pas la confidence. Le bonheur est divisé par le temps. Il peut y avoir un moment de bonheur et l&#8217;instant qui suit du rien poussièreux. En [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>Le fait de divulguer son adresse.<br />
En imaginant que ce moment-l&agrave;  ne s&#8217;arrêtera jamais.<br />
L&#8217;être virtuel est ce moment de bonheur qui ne peut s&#8217;arrêter et qui ne connaît pas la confidence.<br />
Le bonheur est divisé par le temps.</p>
<p>Il peut y avoir un moment de bonheur et l&#8217;instant qui suit du rien poussièreux.<br />
En imaginant que ce moment-l&agrave;  ne s&#8217;arrêtera jamais.</p>
<p>De nuit, de jour, penser &agrave;  un moment qui pourrait ne jamais s&#8217;arrêter.<br />
Et c&#8217;est le moment qu&#8217;il faut. Le moment qui, en ne s&#8217;arrêtant jamais, contiendra tous les moments.<br />
Peut-il être détruit ?</p>
<p>Oui, ce moment de toute beauté est détruit de toute beauté par le moment qui suit.<br />
Car il y a toujours un moment qui fait cesser d&#8217;être un autre moment.<br />
Et s&#8217;il était possible de ne pas faire cesser un seul moment ?</p>
<p>Le fait de divulger son adresse serait un geste éternel et le spameur serait un robot d&#8217;amour s&#8217;accolant pour l&#8217;éternité &agrave;  un nom qui lui serait inconnu.<br />
Imaginez un peu ce moment qui ne finirait jamais.<br />
C&#8217;est Internet.</p>
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		<title>Le coma du monde</title>
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		<pubDate>Sat, 23 Apr 2005 10:35:48 +0000</pubDate>
		<dc:creator>DR</dc:creator>
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		<description><![CDATA[Il suffit d’un clic pour sombrer dans le coma du monde. Cette fille qui s’échine &#224; leur échapper, rampant sur un carrelage vide de toute commisération, alors qu’ils la fouettent en riant, nus et verges érigées autour d’elle. Elle, elle pense &#224; son père, &#224; sa mère, et &#224; sa sœur qui prend des cours [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>Il suffit d’un clic pour sombrer dans le coma du monde. Cette fille qui s’échine &agrave;  leur échapper, rampant sur un carrelage vide de toute commisération, alors qu’ils la fouettent en riant, nus et verges érigées autour d’elle. Elle, elle pense &agrave;  son père, &agrave;  sa mère, et &agrave;  sa sœur qui prend des cours de théâtre &agrave;  New York ; et puis elle rampe vers ce qui semble être la porte d’entrée, mais le plancher gondole sous l’effet du manque. Elle a tellement envie, finalement, d’être fouettée, d’être prise par toutes ces queues, juste pour qu’ils lui donnent quelques gouttes du liquide transparent qui sourit près du bar dans une seringue. Elle a tellement envie. Ne pas être ce clic du Net qui fait sombrer dans le coma du monde.</p>
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		<title>Humeur (13)</title>
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		<pubDate>Thu, 21 Apr 2005 09:37:29 +0000</pubDate>
		<dc:creator>DR</dc:creator>
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		<description><![CDATA[Un ciel enrhumé crache son venin sur la ville affaiblie. Les toits se tassent luisant sous le crachin épais que les passants d’une ruelle &#224; l’autre tentent désespérément d’éviter. Le regard pendu sur les chaussures. Les filets d’eau entre les pavés et les semelles. L’éclat déplacé d’un rire d’enfant, quelque part. Les vitrines essaient d’être [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>Un ciel enrhumé crache son venin sur la ville affaiblie. Les toits se tassent luisant sous le crachin épais que les passants d’une ruelle &agrave;  l’autre tentent désespérément d’éviter. Le regard pendu sur les chaussures. Les filets d’eau entre les pavés et les semelles. L’éclat déplacé d’un rire d’enfant, quelque part. Les vitrines essaient d’être gaies, mais au-del&agrave;  des reflets il y a le regard vague des vendeuses imitant leurs mannequins. </p>
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		<title>Moi</title>
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		<pubDate>Wed, 20 Apr 2005 13:36:41 +0000</pubDate>
		<dc:creator>DR</dc:creator>
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		<description><![CDATA[Je suis très timide et très sensible. J&#8217;ai de la peine &#224; vivre, souvent, pratiquement chaque jour. En ce sens, mon apparence ainsi que les modes d&#8217;expression de mon alter-ego sur le web sont très trompeurs. Je donnerais presque l&#8217;impression d&#8217;être caractériel, orgeuilleux, pompeux, incisif et toujours légèrement menaçant. Vous avez tout faux. L&#8217;autre jour [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>Je suis très timide et très sensible. J&#8217;ai de la peine &agrave;  vivre, souvent, pratiquement chaque jour. En ce sens, mon apparence ainsi que les modes d&#8217;expression de mon alter-ego sur le web sont très trompeurs. Je donnerais presque l&#8217;impression d&#8217;être caractériel, orgeuilleux, pompeux, incisif et toujours légèrement menaçant. Vous avez tout faux.<br />
L&#8217;autre jour j&#8217;ai montré &agrave;  un vieil ami cette photo qui me sert de passeport ici. Il m&#8217;a dit qu&#8217;&agrave;  chaque fois qu&#8217;il la voyait il éclatait de rire. C&#8217;est pour vous dire&#8230;<br />
Quand je bois je deviens certes différent. Plus osé, plus direct et parfois, agressif ou, tout au moins, provocateur. Rien qui ne soit inconnu aux effets usuels de l&#8217;alcool&#8230; Sauf que dans la vie &laquo;&nbsp;réelle&nbsp;&raquo; personne ne me connait comme ça : quand je bois, il s&#8217;agit d&#8217;une fuite virtuelle, je suis un web-coolique. N&#8217;allez pas imaginer que je sois alcoolo non plus, c&#8217;est aussi une fausse piste.<br />
Je crois que mon blog, si on se met &agrave;  le lire d&#8217;un mois &agrave;  l&#8217;autre en diagonale, est *un peu plus* représentatif de mon personnage. Et encore, j&#8217;ai des doutes, puisque essentiellement il s&#8217;agit de tentatives d&#8217;expressions littéraires où parfois surnagent des parcelles de mon identité.<br />
Cette image de &laquo;&nbsp;parcelles de mon identité&nbsp;&raquo; vient &agrave;  me faire penser que je suis quelqu&#8217;un d&#8217;explosé. Attention, pas explosif, explosé. Cette subtile nuance fait sans doute un joli résumé de moi, puisque je bascule aisément d&#8217;un qualificatif &agrave;  l&#8217;autre sans que cela ne se remarque trop.<br />
Que signifie &laquo;&nbsp;être explosé&nbsp;&raquo; ? Cela veut dire l&#8217;opposé d&#8217;unité. Je ne me sens pas un mais myriades, il y a par exemple des jours où je peux écrire sur l&#8217;amour et d&#8217;autres jours où je noie avec plaisir la Terre sous des langues de lave.<br />
Tout un chacun possède sans doute cette variété en soi, tout en préservant une certaine unité de caractère, ce que je ne préserve pas. Le problème étant que j&#8217;existe uniquement par l&#8217;écriture. Je pense par l&#8217;écriture, je suis par l&#8217;écriture, je n&#8217;ai pas d&#8217;identité autre que ce que j&#8217;écris. Autrement dit en-dehors du web je suis quelqu&#8217;un qui parle très peu, qui ne donne jamais une opinion claire ou engagée, quelqu&#8217;un dont les émotions ne se manifestent que par la négation de la vie ou, lorsque c&#8217;est positif (rarement &agrave;  cause de cette dualité qui fait qu&#8217;en moi l&#8217;un regarde l&#8217;autre  en permanence et vice-versa), par de répétitifs et peu signifiants &laquo;&nbsp;c&#8217;est beau, c&#8217;est beau&nbsp;&raquo;.<br />
Pour tortiller un peu plus cette confusion, toute identité sur le web existe avant tout elle aussi par les mots. Cette pluralité possible par les mots, gangrène de l&#8217;union du moi, fait que je déverse ou retiens toutes sortes d&#8217;opinion d&#8217;un &laquo;&nbsp;moi du web&nbsp;&raquo; qui en fait n&#8217;existe pas autrement que par ce déversement, ou ce silence, de mots. Cet état vient encore nourrir l&#8217;ambiguité originelle.<br />
Je suis ce que j&#8217;écris, or dans l&#8217;écriture, je peux être le personnage que mon imaginaire souhaite.<br />
Attention, je ne parle pas d&#8217;un acte conscient, d&#8217;une volonté d&#8217;être multiple, mais bien de la manifestation spontanée d&#8217;une identité qui n&#8217;a pas son équivalent en-dehors du web, en-dehors de l&#8217;expression de soi par les mots.<br />
Ma photo de couverture image bien cet état de non-existence, ici comme dans le vrai monde. Je semble menaçant, mais en même temps je vous regarde d&#8217;en-bas, comme si je me redressais ahuri d&#8217;un rêve de moi-même où je me serais retrouvé, regroupé. En fait j&#8217;ai peur de vous. Et la peur de l&#8217;autre engendre justement, la peur de cet autre.<br />
L&agrave; , je vous ai décris un mécanisme, une procédure qui, partant d&#8217;une identité explosée, aboutit en fin de compte &agrave;  la création d&#8217;un personnage. Moi. Car vous vous êtes construit ou vous vous construirez une idée de moi, une idée unique, une entité concrète et réunie, ne voyant peut-être pas cette ensemble désordonné, ces contradictions, ce chaos qui, bon gré mal gré, car il faut avoir une idée unie de quelqu&#8217;un d&#8217;inconnu, constituera mon personnage &agrave;  vos yeux.<br />
Je devine cependant qu&#8217;on me prend souvent avec des pincettes. On se méfie, on craint que je ne me retourne en hurlant, que je sois en réalité quelqu&#8217;un d&#8217;autre que ce personnage, que cette idée qu&#8217;on s&#8217;est faite de moi. Vous ressentez quelque part le côté explosé, et le faites basculer automatiquement, dans ce processus d&#8217;unification de l&#8217;autre, &agrave;  explosif, donc &agrave;  &laquo;&nbsp;manipuler avec précautions&nbsp;&raquo;. C&#8217;est en effet la conséquence logique de ce que je viens de vous décrire.<br />
Maintenant que vous avez terminé cette lecture, ces mots vont venir s&#8217;agglutiner &agrave;  votre univers et apporter une autre touche &agrave;  mon personnage, aux côtés des autres. Ce personnage qui, ai-je l&#8217;impression, plus j&#8217;écris plus s&#8217;éloigne de moi.<br />
Vous croyiez être HRP ? Mais non, il n&#8217;y a PAS d&#8217;HRP. Regardez un peu les fiches autour de vous. C&#8217;est VOTRE monde, c&#8217;est MON monde, c&#8217;est un monde qui n&#8217;existe pas.<br />
Et pourtant, il a beaucoup plus de sens que l&#8217;autre.</p>
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		<title>Le mâle</title>
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		<pubDate>Mon, 11 Apr 2005 18:17:24 +0000</pubDate>
		<dc:creator>DR</dc:creator>
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		<description><![CDATA[Strié. Dur. Chaque geste dessiné dans le moindre recoin musculaire. Carnivore. Concubin du désir des femmes. Carnassier. Giclant. Fesses rebondies, demi-lune de pierre. Effervescent. Félin. Finesse du dos ondulant sous leurs mains. Un chat aux soupirs d&#8217;armure. Grandes mains veineuses. Sanguines. Eclats de rire blancs et ronronnants. Arracheur de chairs douces. Promoneur nocturne des roseaux [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>Strié. Dur. Chaque geste dessiné dans le moindre recoin musculaire. Carnivore. Concubin du désir des femmes. Carnassier. Giclant. Fesses rebondies, demi-lune de pierre. Effervescent. Félin. Finesse du dos ondulant sous leurs mains. Un chat aux soupirs d&#8217;armure. Grandes mains veineuses. Sanguines. Eclats de rire blancs et ronronnants. Arracheur de chairs douces. Promoneur nocturne des roseaux de femmes. Emprise vorace. Regard si tendre. Clignements gourmands. Salive affamée. Erigée &agrave;  sa gloire, pénétration retournée. Ecartèlement attendri. Langue lézardant sur leurs douceurs. Mains agrippées &agrave;  leurs rondeurs. Ongles enfoncés dans leur tiédeur. Hurlements de plaisir. Hurlements de terreur. Exorbité. Ahanant. Fébrile. Gorge épaisse. Tendons explosant. Fouiller la chevelure, emprisonner la cervelle. Ecrasements d&#8217;os et retournement de vulve. Visage maculé. Eclat de rire blanc et ronronnant. Encore érigée, elle gicle sur du sang. Lit inondé d&#8217;amour écarlate, le Suceur de Femelle s&#8217;en va promener ses muscles dans une autre alcôve. Douillet.</p>
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		<title>Glabre miroir de la pluie</title>
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		<pubDate>Thu, 07 Apr 2005 19:47:42 +0000</pubDate>
		<dc:creator>DR</dc:creator>
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		<description><![CDATA[L&#8217;oraison funèbre des corbeaux croassant sur les toits &#224; six heures du matin sous la pluie, alors que les premiers pneus, levés par insomnie, commencent &#224; chuinter sur l&#8217;asphalte trempe. Dans l&#8217;habitacle, bourdonnement de la ventilation cassée, et derrière le pare-brise les vitrines encore illuminées défilent le long du flou des rues. Les essuie-glace grincent [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>L&#8217;oraison funèbre des corbeaux croassant sur les toits &agrave;  six heures du matin sous la pluie, alors que les premiers pneus, levés par insomnie, commencent &agrave;  chuinter sur l&#8217;asphalte trempe. Dans l&#8217;habitacle, bourdonnement de la ventilation cassée, et derrière le pare-brise les vitrines encore illuminées défilent le long du flou des rues. Les essuie-glace grincent et ce grincement rappelle un peu le croassement des corbeaux tout &agrave;  l&#8217;heure. Des silhouettes sortent et se baissent sous des parapluies qui se morfondent. La ville s&#8217;ébroue, la grisaille ne l&#8217;ennuie pas, les phares se reflètent dans les rues, miroir soyeux de la vie du matin qui recommence. On dirait une baleine qui rejoint la surface avant de replonger. Les abîmes se taisent alors que les premiers enfants hurlent dans les rues près de l&#8217;école. L&#8217;habitacle est chaud; près d&#8217;un tea-room, ça sent le café. Un croissant, pour vivre un autre jour de silences intérieurs et de bruits universels.</p>
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		<title>Pylônes</title>
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		<pubDate>Tue, 05 Apr 2005 06:57:41 +0000</pubDate>
		<dc:creator>DR</dc:creator>
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		<description><![CDATA[Le diagramme hiérarchique des croix de St-André s’entassant l’une sur l’autre jusqu’&#224; la pointe proche du ciel vibre doucement de son métal grailleux. Les communications vont bon train d’un pylône &#224; l’autre, même si la campagne reste silencieuse. Presque inaudibles, des impulsions électriques parcourent les câbles, chaque impulsion tel un milliardième de mot, un ersatz [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>Le diagramme hiérarchique des croix de St-André s’entassant l’une sur l’autre jusqu’&agrave;  la pointe proche du ciel vibre doucement de son métal grailleux. Les communications vont bon train d’un pylône &agrave;  l’autre, même si la campagne reste silencieuse. Presque inaudibles, des impulsions électriques parcourent les câbles, chaque impulsion tel un milliardième de mot, un ersatz de sens après l’autre, cumulé par l’ingéniosité pour donner un message, apporter un espoir, gonfler un cœur, ou au contraire détruire, achever la journée d’un cerveau épuisé. Impulsions électriques au-dessus de la campagne, des craquements du bois et du chant des oiseaux. Un « je t’aime » électrique, tant d’importance pour les cerveaux crépitant au bout de l’alignement des pylônes, tant de silence du monde autour du passage électrique de la pensée.</p>
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		<title>Autoroute</title>
		<link>http://www.davidruzicka.com/blog/2005/04/04/autoroute.html</link>
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		<pubDate>Mon, 04 Apr 2005 11:13:47 +0000</pubDate>
		<dc:creator>DR</dc:creator>
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		<description><![CDATA[Traits-tillés avalés par le capot et vitres ouvertes pour accueillir un certain air de printemps, radio muette et sifflement apaisant des pneus sur l’autoroute nocturne. La glissière glisse sur le côté et disparaît derrière, abandonnée &#224; la nuit du rétroviseur. Les phares dévoilent l’avenir sur quelques centaines de mètres. Plus loin, le néant de la [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>Traits-tillés avalés par le capot et vitres ouvertes pour accueillir un certain air de printemps, radio muette et sifflement apaisant des pneus sur l’autoroute nocturne. La glissière glisse sur le côté et disparaît derrière, abandonnée &agrave;  la nuit du rétroviseur. Les phares dévoilent l’avenir sur quelques centaines de mètres. Plus loin, le néant de la nuit se jette sous le capot. L’habitacle est verdi par le tableau de bord, une aiguille monte toujours plus haut. Dépasser le temps, dépasser les limites du raisonnable, l’autoroute joviale répond avec plaisir &agrave;  la pédale qui s’enfonce alors que la nuit entière se tait, brièvement écartée par le sifflement du véhicule emportant son propre univers de vitesse et de métal et de circuits électroniques. L’odeur est celle de l’essence brûlée.</p>
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		<title>Ivre</title>
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		<pubDate>Sun, 03 Apr 2005 02:24:28 +0000</pubDate>
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		<description><![CDATA[L’horizon de l’esprit se perd au premier pas. Un cendrier déborde et fume encore. Deux pas plus tard la musique raisonne le long du bar. Des verres et des sourires étincellent et des bougies tamisent les regards. Une barmaid virevolte entre les tables, longues jambes filiformes et décolleté juteux effleurent l’air &#224; chaque pas. Au [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>L’horizon de l’esprit se perd au premier pas. Un cendrier déborde et fume encore. Deux pas plus tard la musique raisonne le long du bar. Des verres et des sourires étincellent et des bougies tamisent les regards. Une barmaid virevolte entre les tables, longues jambes filiformes et décolleté juteux effleurent l’air &agrave;  chaque pas. Au troisième pas l’envol est presque assuré et le sigle des toilettes apparaît sous un UV qui bourdonne parce qu’il est cassé. Des affichettes traînent devant l’embrasure. Une lumière violente illumine l’alignement étonnant des lavabos ; au-dessus, des femmes bourdonnent en se maquillant. Les miroirs sont comme du métal glacé par les reflets. Au quatrième pas une cuvette libre baille d’ennui. Et au dernier pas une odeur de pizza et de vodka &agrave;  genoux coule dedans, l’horizon enfin a disparu.</p>
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		<title>D’un point &#224;  un autre</title>
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		<pubDate>Sat, 02 Apr 2005 13:11:17 +0000</pubDate>
		<dc:creator>DR</dc:creator>
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		<description><![CDATA[Les traces blanches dans le ciel. Des départs, des arrivées, et mon café qui réchauffe le matin. Une abeille tourne autour de la lavande. Le flot des voitures rumine jusqu’ici, depuis l’autoroute cachée par la colline boisée. Des départs, des arrivées. D’un point &#224; un autre ils avancent, parce que c’est le matin, et le [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>Les traces blanches dans le ciel. Des départs, des arrivées, et mon café qui réchauffe le matin. Une abeille tourne autour de la lavande. Le flot des voitures rumine jusqu’ici, depuis l’autoroute cachée par la colline boisée. Des départs, des arrivées. D’un point &agrave;  un autre ils avancent, parce que c’est le matin, et le matin, il faut passer la journée, et les journées avancent d’un point &agrave;  un autre point. Des mallettes dans des mains d’hommes d’affaire, des sacs d’écoles sur le dos des élèves, des cuillères enfoncées dans les bouches piaillantes de bébés par des mères vigilantes, des levers sur la même longitude doucement rasée par la rotation de la Terre et le soleil. Les insectes aussi volent d’un point &agrave;  un autre. Je tourne lentement sur un talon, vissé au sol. La demi-lune finit de s’éteindre. Les traces blanches dans le ciel sont plus nombreuses, l&agrave; -bas ils pensent &agrave;  où ils vont et &agrave;  ce qu’ils vont faire, l&agrave; -bas au bout de leurs traces blanches.</p>
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