Que la vie est douce à 3am.
Je me réveille à New Dehli et je prends un café au troquet de coin à Koshan Road, Bangkok. A Montréal, elle sourit dans son verre de vin.
3am. Tandis qu’ici ils font semblant de dormir en m’écoutant murmurer. Ils feront semblant d’être réveillés en m’écoutant hurler. 3am.
La jolie phrase qu’il faut trouver, à 3am à 493 mètres de la gare selon Google Map, un lampadaire sur la tête qui grésille de satisfaction.
Et si je m’arrachais les yeux à 3am. J’ai rêvé que j’étais aveugle. Maintenant je vois bien que je ne vois rien.
Que la vie est silencieuse à 3am. L’heure de la petite fin par la petite porte.
Et si je la fermais.
A 3am.
Quand je t’aime
J’aime la vie
Toits excitants
La ville brille de milles yeux
Sang dans mes veines
Veines dans mon sang
Sans
Jeu
Sang
Plénitude dans le métro
Les fenêtres qui me regardent
Et je me sens seul aimé
Putain de sentiment de se sentir
Seul en face des fenêtres qui passent
Dans les reflets
Sans
J’aime la
Vie
Quand je t’aime
Je t’aime
Et la nuit qui brille
Non s’embrase
M’embrasse
Tu m’embrasses
Comme une boule de pétanque
De billard
J’ai plus de cœur
Parce que tu me l’as volé
Au soleil couchant
Des Bahamas
J’aurais du faire de la télé
Sans toi mon trésor
Les délices lents
Quand je la prends
Tendre en songes
L’envie de la toucher
Elle glisse à côté
Liquide contre moi
Comment aimer
J’avais oublié
Les heures d’excitation
Dans un battement de cœur
La réjouissance inlassable
Insatiable envie
Encore et encore assouvie
Et de penser qu’elle existe
Ailleurs et sans moi
Elle serait à moi
Mais s’est toujours enfuie
Sur ses épaules caramel
Épouse la forme de mes dents
Elastique elle sourit
Et j’étale de ma main une sueur douce sur son dos
Quand sa jambe croise mes hanches
Et qu’en croix ses bras ma nuque
Ses yeux que j’ai tant murmuré
Sourient pour m’accrocher
Suspendue à moi lèvres farouches
Je suce le sucre de sa langue
Voici la nuit rousse
Qui nous emporte plus loin
Vacille dans l’éclat parfait
Lèvres peau dents
Au-dessus des gouffres du temps.
Toi là qui passe
Ne meurs pas s’il te plaît
Remonter le temps
Je ne veux pas qu’il s’en aille
Le temps où je ne pensais pas au temps
J’étais libre de penser l’avenir
M’imaginer là-bas
Pas juste maintenant
Seulement maintenant
Maintenant, j’y suis.
Ne t’en va pas.
De nous marchant dans la neige.
Les traces de pas profondes et main dans la main
La tête penchée sur tes pas, pensive, crissements
Ce n’est pas une journée de ciel bleu
Le ciel est bas et dans le brouillard il neige
Les sons étouffés et l’odeur de la résine
Buée autour de tes lèvres, cristaux sur ton bonnet
Le sentiment d’être ailleurs et nulle part
Et aussi au coeur du monde
Avec toi, élémentaire.
Je me tiens au milieu du stade
cauchemardesque
tous feux sur moi
je dois faire quelque chose avec cette balle et cette raquette
mais je n’ai aucune idée
Les projecteurs deviennent si chauds…
Indicible
inaudible
inexprimable
mais moi j’ose
moi
j’ose haut et fort
je l’entache de froc
je l’entiche de toc
moi Môssieur
moi Madame
que cette journée fut une journée de
Jamais sans penser aussi laide
oui Môssieur
et ça rime
OUI MADAME
PS: je sais je l’exprime mal
(ça fait justement partie de la journée de…)
L’entassement des petites choses que je fais qui se répètent jusqu’à la nuit
je crois que je dors; et ces choses que je crois que j’oublie jusqu’au matin
la répétition qui recommence et ces petites différences qui font comme si rien
alors que tout, un peu décalé, s’entasse encore, fine croûte sur la peau des jours
entre les failles des monoblocs granitiques que les monoblocs se font
le temps s’accumule, entre ses replis traînent les miettes des jours
Entre elles je suis, je m’élabore, le minuscule moi qui ne se voit nulle part
s’entasse, pousse, diurne, nocturne, diurne, nocturne, comme une fleur du mal
Je crains ne pas être là, ma puce
Toi tu vadrouilles avec toutes tes pensées
Et t’en as des pensées dans une journée
T’es grande, t’as plein de pensées
Sais-je quoi faire avec toi, ma chérie?
Je suis ce train de vie d’aveugle adulte
Je t’abandonne dans les compartiments
Avec toutes tes pensées qui le remplissent
Et tes questions, tes « pourquoi », tes « c’est vrai »
Toute ta vie qui me passe un peu à côté
Je poursuis seul, quelles chimères?
Je te laisse grandir, t’abandonne aux autres…
De ne jamais être assez là, avec toi
Vraiment avec toi tu vois
Pas juste pour te préparer ou vérifier
Pas juste contrôler ou surveiller
Mais être vraiment là avec toi
Au lieu de partir toujours un peu quelque part
Te laisser devenir sans moi,
Avalé par le quotidien, d’être là sans être père.