35 poèmes, textes, dessins, extraits
Actualité littéraire admin
:: 2 janvier Grand Chalet Leysin
:: 29 décembre La faiseuse de mondes
:: 23 décembre Le clou
:: 20 décembre Quand on s’endort
:: 6 décembre REP Gérard Delaloye ou La solidité de l’Existance
:: 14 novembre Que dire de plus?
:: 30 septembre Rêve d’architecte
:: 10 août Celui qui n’en était pas un
:: 8 août Rêve d’architecte
:: 1 juillet La valse sans temps
:: 28 juin Tout est architecture
:: 24 juin L’antre des Gobelins
:: 24 mai L’écrabouillement des rêves
:: 10 mai Entre les mots
:: 8 avril Je suis las du chaos de leurs vies
:: 18 décembre Les amours passés
:: 21 novembre Laetitia, mode intérieur
:: 20 novembre Mirko, joie et tristesse
:: 14 novembre Un monde sans travail
:: 5 novembre A la fleur le long de mon chemin
:: 21 octobre La lumière ne vient plus du soleil
:: 6 septembre 1 mois et demi plus tard
:: 27 juillet Dans la même voiture
:: 24 juillet Dans le même lit
:: 29 mai L’information
:: 21 mars Aranyo
:: 29 janvier Do not go gentle into that good night, traduction française
:: 9 décembre L’Architecture de l’image, à la réalité
:: 20 novembre La Pente en Architecture, l’exemple du Lavaux
:: 13 novembre Les mailles métalliques
:: 24 octobre L’échelle
:: 23 juin Du groupe à l’humanité
:: 6 juin Il y a des rencontres qui
:: 3 juin CrissieR1
:: 25 avril La somme du vide

5 mars 2008

Je n’ai plus de sens. Contrairement aux autres, je ne considère pas que le monde n’a plus de sens. Nooon, non non. Le monde a un sens, c’est forcé. Le monde a toujours un sens. Moi je n’ai plus de sens, et vous savez pourquoi ? Parce que je ne vois plus les tranches des livres, je n’entends plus les messes, je ne goûte plus les pages, je ne sens plus les reliures, et mes doigts ne touchent plus que des cadavres. Des idées mortes. Je suis l’estomac des idées mortes. Vous voyez ces quatre tours au-dessus de votre tête ? C’est moi. Je n’ai plus de sens parce que je suis vide comme elles, je suis vidé par la pesanteur des mots. Mais, justement, et je vois dans votre regard que vous avez compris, cela est nécessaire, parce que c’est par l’insensé que naîtra le sensé, parce que c’est par l’absolument absent que viendra l’absolument présent. Ouiiii, oui oui, vous me devinez c’est incroyable. Je suis le Gardien de la Mémoire, mais de ce fait je suis aussi celui par qui les portes de la Mémoire s’ouvriront. Pour cela, je suis taché de sang, parce que le sang est l’oeuvre inévitable de celui qui veut ouvrir les portes. Et d’ailleurs votre incroyable perspicacité confirme le début d’une nouvelle étape dans le plan qui m’a été adressé.

Extrait de "Lexivore", p.11, David Ruzicka, décembre 2003.


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7 avril 2005

L’oraison funèbre des corbeaux croassant sur les toits à six heures du matin sous la pluie, alors que les premiers pneus, levés par insomnie, commencent à chuinter sur l’asphalte trempe. Dans l’habitacle, bourdonnement de la ventilation cassée, et derrière le pare-brise les vitrines encore illuminées défilent le long du flou des rues. Les essuie-glace grincent et ce grincement rappelle un peu le croassement des corbeaux tout à l’heure. Des silhouettes sortent et se baissent sous des parapluies qui se morfondent. La ville s’ébroue, la grisaille ne l’ennuie pas, les phares se reflètent dans les rues, miroir soyeux de la vie du matin qui recommence. On dirait une baleine qui rejoint la surface avant de replonger. Les abîmes se taisent alors que les premiers enfants hurlent dans les rues près de l’école. L’habitacle est chaud; près d’un tea-room, ça sent le café. Un croissant, pour vivre un autre jour de silences intérieurs et de bruits universels.


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20 février 2005

Je suis arrivé de bonne heure au croisement des chemins. L’heure n’avait pas beaucoup d’importance puisque ce n’était pas un rendez-vous, mais l’idée d’être en avance sur un évènement qui devait se produire durant la journée, je ne sais pas pourquoi, me rassura quelque peu. La forêt était fraîche et les arbres, silencieux. En fait je ne dus pas attendre très longtemps. Elle arriva à 09h45 exactement, se postant près du ruisseau et avalant plusieurs lampées rapides d’eau, son long cou frétillant brilla sous un rayon de passage. La biche n’avait pas peur, mais j’avais peur pour elle. En la voyant vraiment arriver, j’eus en réalité l’idée saugrenue qu’elle n’était pas là , qu’elle était artificielle ou alors une biche domestiquée, si tant est que ce soit possible, envoyée par un fermier pour me narguer. Les brindilles ne craquaient pas sous ses pattes, ses oreilles tournaient un peu dans tous les sens et ses paupières, larges, se fermaient à moitié alors qu’elle se désaltérait. Elle ne voyait pas qu’elle allait mourir. Et j’ai ricané : qui le voit ? Qui le voit si ce n’est moi ? J’ai du faire un pas de coté car elle a sursauté. Elle a fixé un moment le tronc derrière lequel je me cachais, faisant un pas de travers et glissant sur de la glaise, mais ses articulations si fines se sont vite rattrapées et elle s’est redressée, droite, cette fois consciente d’un danger. Le pressentait-elle ou avait-elle vraiment entendu quelque chose, était-ce une palpitation de l’air véritable ou son esprit était-il en contact avec des couches supérieures de la Nature ? Des questions bourdonnaient en cet instant, mais c’était trop tard, il aurait fallu y penser avant. Car la biche se retrouva, du fait de son sursaut, exactement dans la position imaginée, dressée, tendue sur la rive glissante, tremblant dans l’air matinal, reniflant dans ma direction. Dans son dos un canon pointa et la balle la percuta en plein crâne. Elle vacilla, comme surprise, le soleil filtrant des branches brilla un moment dans ses yeux et ce reflet, cet infâme reflet, je le revis en moi tôt ce matin en me levant, un éclat final qui avait scintillé dans mon café comme dans ma vision, avant qu’elle ne s’écroule dans la glaise. Et même en cet instant je savais ce que j’allais entendre: « Joli coup, Gégé ! » J’ai encore murmuré contre l’écorce chauffant sous le soleil: « En plein dans le mille… » Et de ce fait j’entendis ce ricanement gras gicler dans l’air vierge de la forêt: « Joli coup, Gégé ! En plein dans le mille ! » La biche gisait et j’avais attendu sa mort, je l’avais attendue tel un charognard. Le chasseur gigota de fierté et je m’effondrai en tremblant, comme elle avant. J’étais glacé et un peu mort en moi, mais cela, je ne l’avais pas vu, dans mon café, ce matin.


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13 février 2005

Croisant ces gens dans les corridors métalliques du paquebot, ces ombres circulant de nulle part à nulle part, je me suis aperçu que mon cerveau était aussi séparé de moi que d’eux. La limite fatidique de la déconscience et du désamour du mal incarné, avait été atteinte. J’ai fait un drôle de rêve où je me voyais dans un vieux reportage des années 30 sur la crise en Allemagne avec tous ces gens bougeant par petites saccades, comme pris par les spasmes du temps. J’étais parmi eux dans une manifestation nazie et tout à coup je me suis retourné et j’ai observé la caméra, et l’instant d’après, je suis devenu cette caméra, cette œil unique observant le mal et l’irradiant. Toute la foule me fixait avec Hitler qui a continué à gesticuler un moment en arrière-plan puis, réalisant que plus personne ne l’écoutait, il a pointé son doigt sur moi à la manière de big brother is watching you, et ça finissait sur un gros plan sur sa moustache frémissante où restait accrochée une goutte de salive. J’étais ce gros plan. A Buenos Aires, un vieil homme croisé dans la gare, passionné par Borges et Lovecraft, m’avait expliqué que j’ai un pouvoir et que j’ai peur de la connaissance de ce pouvoir. Et pourquoi un vieux documentaire ?, avais-je demandé. Ce pouvoir remonte loin dans votre passé. J’avais bien ri. A mon rire, plusieurs femmes s’étaient retournées d’effroi, des enfants avaient cessé leurs jeux, des hommes avaient serré leurs poings, comme si d’anciens souvenirs de sifflements de bombes les avaient tendrement enveloppés l’espace d’une seconde. J’avais voulu leur promettre que bientôt ils n’auraient plus à me subir, que j’étais justement sur le chemin de ma propre destruction, j’avais voulu leur hurler que ma dernière descendante allait disparaître de mes propres mains et qu’aucun ange ne pourrait retenir mon geste. Mais j’étais juste monté dans le prochain train en direction de Rio Gallegos : mes hurlements attirent les anges.


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8 décembre 2004

L’existence du gouffre au creux même du quotidien m’est apparue évidente en voyant ce type à quelques têtes de moi, coincé dans la foule transpirante d’un milieu d’été, dans une rame du métro parisien, il gémissait. Le métro était à l’arrêt au milieu du tunnel depuis quelques minutes. Les gens commençaient à maugréer. Ce genre de situation terrible où on est obligé de respirer l’aisselle de l’autre. Le type a gémi, puis il s’est mis à marmonner, puis il s’est mis à hurler. Je crois qu’il voulait sortir du wagon. Un type en cravate à ses côtés l’enjoignait à se calmer, mais en fin de compte il hurlait presque autant. Les autres restaient parfaitement immobiles. Alors le gars a bousculé les gens jusqu’aux portes et a tiré la poignée de secours. Ça a fait un « pshhhht » de décompression et les portes se sont entrouvertes. Il a mis toute sa force pour les écarter et là une dame a voulu le retenir, mais il l’a poussée violemment en arrière contre moi et s’est jeté dans le tunnel. A ce moment, le Châtelet – Défense est passé en trombes dans l’autre sens et il y a eu ce bruit de pastèque éclatée qui a fait sursauter tout le wagon. Les portes se sont refermées, et le Défense – Châtelet est reparti. Sous les néons, les gens dans les vitres avaient l’air un peu plus pâles. Personne n’a rien dit, quelqu’un que je ne voyais pas s’est mis à pleurer. En sortant au Châtelet, j’ai vu la dame vomir dans une poubelle.


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29 octobre 2004

Je vois sa trame, les ramifications électriques de ses fonction-nements, ses multiples pulsations. Je ne vois pas l’avenir, je ne comprends pas le passé, mais je vois le monde présent dans ses moindres recoins. Cette lucidité est terrible et pour la supporter je ne peux fixer personne dans les yeux. Ce serait dévoiler un secret trop lourd pour les autres. Solitude illuminée. Je vois ses bassesses et ses lumières, ses drôleries, ses excentricités, et sa morne uniformité, ses conventions, et ses secrets. Tout ce qu’on vous cache, je le connais. Je vous le dis, les caméras cachées dans l’âme de chacun sont diffusées en continu à la télévision, droit devant vous, jour après jour, tout le temps sur tous les canaux, mais vous ne voyez rien. Vous vous contentez au mieux de disséquer le contenu élémentaire, la couche supérieure, parce qu’au fond vous ne voulez pas vraiment voir. Mais arrêtez-vous, voici l’Ultime Testament, la divulgation totale, diffusée à la vitesse de la lumière dans toutes les directions de l’Univers. La télévision est notre réputation extraterrestre. Pas étonnant dans ce cas qu’aucune civilisation évoluée ne nous contacte. Hé, hé. Nous sommes les Téléspectateurs du Nombril, les Grands Idiots de l’Univers et notre Mère la Terre est un Asile Intergalactique pour Retardés Notoires. Partout ailleurs, ils appellent la Terre « Catatonie », et il y a de grandes autoroutes de trous noirs qui font de larges détours pour leur éviter à tout prix ce lieu infect. Hé, hé. Mais moi je l’adore, ce lieu.


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27 octobre 2004

C’est si compliqué, la vie. Il y a des avions qui volent et au bout de leur trace blanche dans le ciel, des gens en train de manger du plastic ne savent même pas qu’on les observe en rêvant de leur destination. Il y a des bouchons sur les autoroutes alors qu’aucun accident ne les justifie et tous les conducteurs écoutent ce même air désaccordé leur hurlant dessus alors qu’ils rôtissent chacun dans sa voiture. Il y a des taux d’intérêt qui chutent, des immeubles qui poussent comme des champignons, des dealers millionnaires pendant que cette charmante vendeuse range des yaourts à la fraise huit heures par jour aux rayons 21 à 33 du supermarché. Il y a ces sirènes d’ambulance qui grossissent, grossissent, puis finissent par s’éloigner alors que cette femme se sert une autre vodka parce qu’une fois de plus son mari est en voyage d’affaire. Il y a ce peintre raté qui gagne sa vie en faisant des hot-dogs et alors qu’il se fait virer un jour parce qu’il s’est planté de sauce son patron goûtant le résultat invente le big mac. Il y a des palais pour une seule personne en Roumanie et des HLM s’entassant les uns sur les autres à Paris. Il y a des gens qui se flinguent dans des villas qui coûtent des millions et des gens heureux dans la villa modèle C-25 reproduite cent fois, avec ses parois en carton. Il y a la télé sans mémoire qui crache des images et le désastre d’après engloutit celui d’avant comme si l’univers entier renaissait à chaque minute tandis que la voisine en-dessous hurle au viol. C’est vraiment compliqué tout ça, beaucoup trop compliqué, un monde en forme d’anaphores aberrantes qu’il est devenu vain d’expliquer. Le laisser se répéter. Me contenter de programmer.


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23 septembre 2004

D’une certaine manière timide, je saute les étapes de l’horreur. Mon nouveau voisin était psychologue et il parlait de « crise nerveuse », ce terme ponctuait chacune de ses phrases alors que je lui resservais une rasade de mon meilleur rhum. J’avais envie de le consoler de n’avoir pas été moi-même le temps d’une infidélité. Evidemment, il était délicat de lui expliquer que sa femme l’avait trompé avec quelqu’un qui n’existe pas, surtout venant de la part de ce quelqu’un. Elargir l’horizon d’un psychologue revient presque automatiquement à parler de paranormal. Il parlait de la peur de la vie de couple alors que je voyais le cul de sa femme élargi par l’angle de la table pendant qu’elle hurlait que je la prenne « par derrière ». Néanmoins ses mots de psychiatre eurent le bienfait de me permettre de voir les limites de l’analyse de l’âme par l’âme : on ne conçoit que ce qui a été fait, on ne conçoit pas l’incréé. Or j’étais l’incréation incarnée, j’étais ce-qui-ne-peut-pas-exister. Du moins est-ce ainsi que je me sentais en face du discours ininterrompu du psychiatre. Il vivait son discours et en même temps son discours était mort et à chaque souffle de mots il le tuait un peu plus. Par exemple : « Je l’aime tellement », qu’il répétait, et à chaque fois je voyais le cul de sa femme balancer contre moi dans un hurlement un peu plus audible.
« Vous avez du connaître la peur du bonheur, non ? »
« Avant, sans doute. Maintenant j’ai peur de ce qu’on croit vrai, comme le bonheur. »
« Pourquoi ? Le bonheur ne peut pas être vrai ? »
« Le bonheur, c’est une impression de bonheur, ça dure le temps d’y croire. »
Il est parti un peu pété, et je me suis dit en le voyant piétiner ses roses, qu’il avait l’air heureux.


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17 septembre 2004

Le « C’est lui ! » résonnerait sans doute encore longtemps dans le crâne de ces demeurés. Bien que conscient que je n’aurai jamais à me disculper, j’essayais néanmoins de m’inventer des excuses et ce second réflexe d’autodéfense, sans aucun fondement, n’arrangea pas mon humeur. Parce qu’en plus il y en avait parmi elles qui étaient superstitieuses et je détestais d’avance cette coalition silencieuse des grosses mères contre moi. Je n’avais rien fait, bande de crétins, et même si une pensée avait pu tuer, pourquoi m’en serais-je pris à cette pauvre fille ? J’essayais de me convaincre de la coïncidence immanente aux activités humaines et aux pensées y liées mais aucune théorie ne me satisfît, au point que le lendemain, encore enragé, j’ai osé allumer la radio. Les nouvelles locales parlèrent du décès d’un bûcheron, accidentellement écrasé par le tronc mort d’un vieux pin, précisait-on. J’ai lorgné sur la maison de mon voisin en souhaitant que son successeur prît l’initiative d’une jolie rénovation.


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4 septembre 2004

Je constate que nous avons besoin d’un nouvel ordre malgré toutes nos plaintes.
Je constate que nous sommes perdus.
Nous sommes à la recherche d’une nouvelle identité.
En période de troubles et de guerre, nous inventons le surréalisme ou le dadaïsme.
En cette époque de libertés chaotiques, nous inventons un Système fortement régulé, pyramidal :
vous avez dit parano ?… Parano.be


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4 septembre 2004

Entrée en matière :
Le visage maculé de merde, il faut souligner la prouesse. J’ai réussi à passer l’angle droit bourbeux et à trois la plaque a bougé assez pour que Serge puisse y glisser un pied de biche. Nous étions dans le local des citernes. Les filles devaient rester sur place, surveiller notre unique échappatoire. Loque a utilisé un innocent trousseau de clés pour nous faire passer de pièce en pièce. Les corridors et les locaux techniques étaient aussi nombreux que dans une centrale nucléaire. Fabio tenait le plan, Serge, armé de son pied de biche, terminait la file. Ils avaient l’habitude de se retrouver dans ce genre de situation les trois, leurs gestes souples, leur communication silencieuse, leur paralysie synchrone au moindre bruit suspect en dehors des vibrations de la chaudière, commando d’idéalistes dont toute la force d’existence tenait à ce genre de moment.


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