Littérature suisse
Dessins suissesadmin
:: 28 mars L'Ange Virus
:: 9 mars La bite molle
:: 8 mars Seule et bien
:: 28 février Ne pas être à la recherche
:: 26 février Se bercer
:: 15 février Mes caresses
:: 7 février Jouissant
:: 4 février Comme le bonheur
:: 31 janvier Jeudi soir
:: 21 janvier Bestiaire magaliesque
:: 19 janvier Le dernier dimanche
:: 15 janvier sable
:: 24 décembre des lèvres de noël
:: 21 décembre Tara
:: 18 décembre Dans l’obscur corridor des totalités
:: 12 décembre Un ruisseau de ressemblances
:: 20 novembre tout était immédiatement possible
:: 26 octobre Dialogue autour d’une feuille
:: 11 octobre Esprit d’automne en flammes
:: 7 octobre Impossibles calculs
:: 30 septembre Projet Lima
:: 28 septembre Silvina Simao Valente et Marc au Beau-Rivage
:: 10 septembre Nul ne sait nul n’a vu
:: 31 août Taches rouges sur Gran Sasso
:: 15 août Mowgli
:: 11 août Etoiles d’enfants
:: 5 août Sous les pinèdes
:: 8 juillet Câlins
:: 4 juillet Dans mon âme
:: 3 juillet La beauté du mensonge
:: 21 juin Au-delà de l’amour
:: 13 juin Justice?
:: 4 juin Je te condamne à l’amour
:: 2 juin Va t’en
:: 28 mai 2019 etc
:: 11 octobre | Esprit d’automne en flammes
:: 7 octobre | Impossibles calculs
:: 28 septembre | Silvina Simao Valente et Marc au Beau-Rivage
:: 13 juin | Justice?
:: 25 mai | L’envol
:: 4 mars | Mazot japonais
:: 17 février | La forêt sombre
:: 9 février | L’oeil retiré
:: 6 janvier | Tube infuseur de vie
:: 18 novembre | Effusion lente
:: 24 octobre | Le dernier des musées
:: 11 septembre | Sémantique urbaine
:: 21 juin | L’été flamboyant
28 mars 2020

Un autre soir s’allume
Vaste vide qu’un ange implore
Dans les charmes irréels
Du silence coronaviresque
Dans les rues vides et sans dehors

Il donne la main aux vents
Ivre des humains et de leurs tourments
Et vacillant il vaque immortel
S’en foutant et chevaleresque
Dans les rues vides, sans remord

L’ange se penche sur les damnés
Il leur donne la main, aux viciés
Et la retire soudain
Riant et vomissant de petits brins
D’amour dans son rituel de mort

Vacillez et marchez, humains
Avancez encore et encore
L’heure de se taire vous est donnée
Marchez lentement vers le vide
Maintenant que vous le sentez!

Hurle-t-il en levant ses ailes
Ange Virus flottant entre nous
Peur pour vos petites vies
Cachées dans vos petits salons
D’une poignée à l’autre et
D’une envie à l’autre
J’erre entre vous, vous embrassant
Vous violant doucement
Amoureux de vos peurs et vos silences
J’avance tel un roi entre vos joies tues
J’éclate de rire dans vos terreurs.


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9 mars 2020
La bite molle poème

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8 mars 2020

Maintenant tu es dans ta chambre
Tu es là maintenant 
A l’abri 
Tu respires
Amphore d’amour qui a eu son philtre 
Tu penses que ce silence et ce vide
Sont justes, comme c’est juste 
De se brosser les dents seule
Comme c’est juste de n’attendre rien
Surtout rien

Rassurez-vous solitude 
Tu fais tes gestes
Il y a cet espace autour
Est-il rassurant ou nécessaire 
Et lentement tu préfères oublier 
Comme il est vide
Sans l’autre comme je suis sans toi.
Ramasser le coussin contre ton corps nu.


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26 février 2020

Je marche dans ce monde comme je peux
Je m’invente à nouveau à chaque pas
J’agis comme je dois et comme je crois
A rien je ne m’arrête
A rien je ne m’arrête
J’écoute les douleurs, je pleure des chansons
Du crépuscule jusqu’à l’aube des heures
Je voyage de la nuit au jour
Qui va me bercer maintenant?
Maintenant, maintenant que je ne sens rien
Et ne dis plus rien

Je fais semblant, comme si rien n’était
Je ne suis plus rien
Et sur ton corps je fête lentement
Laisse-moi s’il te plaît
Laisse-moi
Tout est faux
Laisse-moi

Jusqu’au matin, je voyage
Qui, bientôt, va te vouloir?
Tu n’en sais rien, bien sûr
Bien sûr
Bien sûr
Et dans le temps qui vient
Sans le vouloir…

Je fais semblant, comme si rien n’était
Je ne suis plus rien
Et sur ton corps je fête
Lentement, lentement
Je voyage.

Librement traduit de Luedji Luna (Luedji Gomes Santa Rita), Acalanto, avec l’aide de steph8866: https://lyricstranslate.com/fr/translator/steph8866



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15 février 2020

Ta main passe
L’essaim de l’envie essaie
Ta main repasse
Suspendue sur un suce
Ma langue rapace
Te creuse de prémisses
Tes fesses enflent
Sans fin s’asseyent
Sur ma tendresse
Tu chasses l’oripeau
Et passe à la guerre
Attrapant ma sagesse
Tu l’ébranles sans politesse

Ma main passe
Tes creux et sur l’ivresse
Dressent ta cuisse
Lentement jouissent
Les gestes sans messe
Qui tressent nos petitesses
Sans cesse tu tends
L’absent et le présent
Ton temps rejoint ma tristesse
Quand je passe un index
Sur ton cri qui est un silence
Ton sexe m’efface
Ton âme est ma crevasse

Nos mains ressassent
L’ancien refrain
Qui tait l’ancien
Ressent l’entrain
La force et l’essence
Du chant des magiciens
Nos mains passent
Sur les sens et l’absence
Susurrent à l’immémorial
Que le temps est venu
D’encore aimer.


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7 février 2020

Jouir
Jouissez
Jouissons
Qu’ils jouissassent
Tu jouissais
Je jouissais
Jouir l’étincelle de lumière de vie pure avant que
l’effroyable sommeil ne nous reprenne
Tes bras
Ta manière incompréhensible de te recroqueviller
contre moi tout en étant parfaitement collée à moi
Et l’audace de ta main qui ne peut pas arrêter
De monter et descendre


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4 février 2020

Il neige
Mets les pieds dehors sur la terrasse en pensées
Tes pieds font fondre la mince couche
Jusqu’à ce qu’ils soient gelés
Lève tes bras
Pour que j’y glisse les miens
Appuie-toi en arrière contre moi
Les flocons picorent ton visage
Tu as froid mais tu sens ma chaleur
Et si sous la neige tu pleurs
Ce sera comme si tu étais heureuse


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19 janvier 2020

Ce n’est plus le moment de chercher des excuses
Maintenant c’est terminé
Aujourd’hui en est venu un autre, plus riche et intéressant que moi
Et avec toi, il a volé mon bonheur.
J’ai une demande, peut-être la dernière
La première depuis de nombreuses années
Donne-moi ce dimanche-là
Ce dernier dimanche
Puis laisse le monde s’effondrer.

C’est le dernier dimanche
Aujourd’hui nous allons nous séparer
Aujourd’hui nous allons nous séparer
Pour un temps éternel
C’est le dernier dimanche
Alors ne regrette rien pour moi
Regarde-moi tendrement, aujourd’hui
Une dernière fois.

Tu en auras d’autres, de ces dimanches
Et ce qui va m’arriver – qui sait…

C’est le dernier dimanche
Mes rêves de rêve…
Le bonheur tant désiré…
C’est terminé.

Tu te demandes ce que je vais faire et où j’irai
Mais où je dois aller, je le sais…
Maintenant pour moi il n’y a qu’une issue
Je n’en connais pas d’autre
La solution est…, ne parlons pas de ça.
Une chose est importante, tu dois être heureuse.
Ne t’inquiète plus pour moi.
Mais avant que tout ne finisse
Avant que le destin ne nous sépare
Donne-moi ce dimanche-là.

Ce dernier dimanche
Aujourd’hui nous allons nous séparer
Aujourd’hui nous allons nous séparer
Pour un temps éternel
C’est le dernier dimanche
Alors ne regrette rien pour moi
Regarde-moi tendrement, aujourd’hui
Une dernière fois.

Tu en auras d’autres, de ces dimanches
Et ce qui va m’arriver – qui sait…

C’est le dernier dimanche
Mes rêves de rêve…
Le bonheur tant désiré…
C’est terminé.


Traduction de « To ostatnia niedziela », un tango composé par Jerzy Petersburski, avec des paroles de Zenon Friedwald, 1935. Traduction inspirée par l’interprétation de Mieczysław Fogg.


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15 janvier 2020

Nous étions sur la plage près de Setubal. Couchés, le frottement du sable entre ta main et mes jambes. Après, debout, nos ventres se touchaient et ma main grattait ton dos entre les grains en te pressant contre moi, et tu murmurais mais j’entendais les vagues. Après, tu nageais et j’observais ce qui restait de toi, et j’observais comme entre ciel, eau et sable, tu étais loin tout à coup.


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24 décembre 2019

dormir?
mais non
mais y’a pas de sommeil
et quand il est là, c’est qu’il est faux
comme le père noël glissant sur la salive des songes

dormir?
mais non y’a pas de sommeil
et quand il est là, c’est qu’on rêve
de traineaux et de cadeaux
mais y’a pas de cadeaux
coulissant dans le cul de l’ange

dormir
au coin du feu, frénétique silence
des robots qui baisent
et des jouets qui hurlent
d’exister comme des jouets

dormir ?
mais non, qui s’enfuirait
pour une si belle grimace ?
les dents de père noël
derrière sa barbe humide
s’humectent de bonheur
à l’idée que tu rêves qu’il t’avale.

allez, dormir
écartons les lèvres du père noël
pour bien voir les caries sous sa barbe,
je suis sûr qu’il en a plein

Des lèvres tendres comme des élastiques.


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21 décembre 2019

Nous étions dans notre dernière forêt
Le long des rives du lac
Nous marchions sous les frondaisons
Des taches de soleil éparses
Marquaient la Terre
Autour de nos pieds nus

Je te ramenais quelque part
Et je voulais t’embrasser
Mais tu ne voulais plus trop
J’ai dit ton prénom comme pour te rapprocher
Tu t’es énervée: ne m’appelle plus comme ça
As-tu insisté, tu as dit: Appelle-moi maintenant Tara

Nous sommes arrivés non loin d’une terrasse de café
Cachés sous les branches nous murmurions
Tu devais y aller et il était là-bas assis
A t’attendre je crois, et tu es partie, je crois
Je revenais seul dans les bois
Entourés des gens faisant la guerre ou un sport violent

Le chemin était pénible et se perdait
Et je détestais ce nouveau prénom: Tara
Je répétais: Tara, Tara, mais pourquoi Tara?
Et la nuit pluvieuse m’a entouré
Une hirondelle chantait dans la nuit hivernale
Ou était-ce un nouveau matin?

Je suis allé voir ce que signifiait Tara.

Nos mains étaient proches autour de la petite table
Dans le brouhaha du café
Nos yeux s’évitaient, lourds et lents
Cette petite table plus vaste qu’un Océan
Autour de nos mains perdues, solitaires
Il s’est arrêté finalement, le temps
Le temps s’arrête parfois vraiment, tu vois
Tara.


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18 décembre 2019

Peut-être que je ne sais pas
Raconter une histoire, de mort
Peut-être que c’est trop, et que ça va trop loin
Parce que des trucs vont trop loin
Et qu’on pense qu’on sait, mais on ne sait rien

Il s’est jeté sous les rails et il a eu les bras coupés
Et les flics l’ont pris dans leurs bras
Il respirait encore, comme par défaut,
Et il a dit : merde je regrette, j’aurais pas du
Et son estomac coulait sur les rails

Dans l’obscur corridor des totalités,
Comme le couloir d’un supermarché
Mais là il n’y a plus de choix,
Tous les produits sont périmés
Il poussait un caddy vide

Peut-être que je ne sais pas
Il avait tout vu bien avant moi, et avant vous
Vous pensez connaitre le prochain week-end
MERDE, des conneries, lui il savait tout ce qui se passe
Avant même de comprendre

Avant même d’avoir une idée, d’espoir,
Il est allé vers les rails, près du talus
La lueur orange des lampadaires, et le brouhaha
Paisible des voitures qui freinent et
Des errances des piétons

Il voyait tout et comprenait tout,
Pendant que tu pensais à tes courses
Et ton rendez-vous du lendemain
Il savait bien que de lendemain, franchement
Il n’y en avait pas vraiment

Dans l’obscur corridor des totalités
La lumière est brutale et totale
Tes baskets ont l’air de rien, à la dernière mode
Et il se sentait nu, devant les rails
Mais nu bien, nu total, nu vrai

Nu vrai, dans la ligne droite de la chaille
Ce plongeon qui respire la vie
L’essence même de tout espoir déchu
Parce que c’est ça donner, donner sa vie
Pour que toi, quand tu te brosses les dents
Tu saches.

A Joël.


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12 décembre 2019

le soleil se couche tôt, là il se couche, c’est 16h43
le tabac ne lui manque plus, et ses longues nuits de sobriété adoucissent la journée qui suit, ne sommes-nous pas des créatures de rêve qui construisons la nuit, le prochain jour à venir?
ses affaires avancent et le bateau, contre vents et marées, engrange d’autres millions, et ses histoires, il les raconte en dessinant, maintenant, et l’amour? Il ne dit plus je, alors l’amour n’est plus là, il appartient à un autre, là-bas, quelque part au fond d’un désert au fond d’une vallée au fond d’une oasis au fond d’une grotte à l’intérieur d’une pierre, il y a le « je » et son coeur qui bat. Comme dans les histoires de sorcière maléfique. Il y a des histoires d’amour maléfique: elles existent en mourant, elles naissent en même temps qu’elles meurent.
il se couche tôt, il se lève tôt, il dicte, ordonne, prépare, il baise ou se fait baiser, dans la lente et parfaite coordination du temps de vie diurne de sa vie de cohabitant de la société des Hommes, et il s’écarte du temps d’une manière drôle en s’enfermant dans un sous-sol avec d’autres, pour transpirer et paraître beau.
il vit comme s’il se préparait à errer longtemps sur un sol aride, sans eau ni nourriture, il grossit pour avoir des réserves de graisse, et dort beaucoup car peut-être il ne dormira plus, et les autres il les aime comme des visages en noir et blanc sur d’anciennes photos.
il part maintenant et trottine dans la nuit qui s’ouvre devant lui, encore et encore, un berceau prometteur, un autre hôtel de luxe à la montagne, avec une autre femme à ses côtés, et une autre encore qui l’écrasera sous ses talons aiguille, et il ne sait pas, il oublie, quelle étoile regarder.

D’une certaine manière tragi-comique, il est libre.


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