Littérature suisse
Dessins suissesadmin
:: 6 juin Le désert
:: 1 avril La géométrie de l'habitat
:: 22 mars Le bus romain
:: 26 février Le guide de haute montagne
:: 3 février Chrysalide
:: 15 décembre Mécanismes en place
:: 10 décembre Rencontre-bis
:: 5 décembre Il est temps de vivre ses émotions
:: 26 novembre Je ne savais plus
:: 17 novembre Les yeux des autres
:: 30 octobre Archivages
:: 20 octobre Séance MS-Project
:: 19 octobre Séance plannings
:: 9 octobre Avec M.
:: 6 septembre Le temps ne nous aide pas
:: 28 août Le vent de panique
:: 21 juin Un jour d'été
:: 8 juin Avant de s’endormir
:: 19 mai La famille
:: 18 mai La dent de la Nuit
:: 3 mai La distance
:: 1 mai Dans le temps
:: 15 avril Dans la solitude qui n'existe pas
:: 1 avril Comme si rien
:: 28 mars L'Ange Virus
:: 9 mars La bite molle
:: 8 mars Seule et bien
:: 28 février Ne pas être à la recherche
:: 26 février Se bercer
:: 15 février Mes caresses
:: 7 février Jouissant
:: 4 février Comme le bonheur
:: 31 janvier Jeudi soir
:: 21 janvier Bestiaire magaliesque
:: 19 janvier Le dernier dimanche
:: 3 février | Chrysalide
:: 15 décembre | Mécanismes en place
:: 10 décembre | Rencontre-bis
:: 5 décembre | Il est temps de vivre ses émotions
:: 17 novembre | Les yeux des autres
:: 30 octobre | Archivages
:: 20 octobre | Séance MS-Project
:: 19 octobre | Séance plannings
:: 9 octobre | Avec M.
:: 11 octobre | Esprit d’automne en flammes
:: 7 octobre | Impossibles calculs
:: 28 septembre | Silvina Simao Valente et Marc au Beau-Rivage
:: 13 juin | Justice?
1 avril 2021

Aimer dans un carré
Habiter c’est comme aimer
Aimer le lieu qui vient
Le plan qui donne vie

Ça sera construit pour aimer
On va vivre ensemble là
C’est une cabane au bord de rien
C’est un attique avec vue sur tout

On vivra là, pour s’aimer
Avec des jours sans eau
Avec les jours sans vie
Nos enfants qui errent

Ce sera chez nous, sans,
Avec, on vivra là bien
Entre des murs comme d’autres
Dans un plan agréable

Tout sera bien défini
On aura une vie entre nos murs
Et ces murs seront les nôtres
Ce sera planifié pour nous

Quand on mourra
J’aurai ma fille contre moi
Le monde se détruira
Mais elle m’embrassera
Planifiée, entre nos murs.


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22 mars 2021
Le bus romain

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26 février 2021

Il avait un œil qui partait de côté,
Dans la télécabine
Depuis mon rêve de mort
La nuit précédant l ‘ascension
Son œil partait ailleurs
Aux sommets, qu’on croit inimaginables
Des crevasses partout
Sous la neige éternelle
Son œil partait dans mon rêve
Quand la télécabine s’est arrêtée
Nous étions en-haut, le plus haut
J’ai mis mes crampons, sur le glacier
Cette glace éblouissante
Quand je grimpais, il grimpait loin
Déjà il montait, vers l’inatteignable
Je l’ai suivi, là où il allait
Vers ces cimes qui ne veulent rien
Vers ce ciel noir qui te dit viens
Dans mon rêve je mourais
Au sommet, je l’ai laissé partir
Avec son œil de travers et mon rêve de fin
Et j’ai glissé sur les crevasses
Entre la roche vierge et la glace
Au creux de monstres qui se moquent
Du temps que je vis, entre eux
J’ai glissé loin des sommets inhumains
Et loin de son œil de travers
Loin de la télécabine, et de son œil
Qui me fixait comme la glace
La glace fine des crevasses
Qui a cédé sous moi et je suis tombé
Entre les vagues de la crevasse bleue
Avec son œil bleu qui me suivait
Il y avait des reflets d’autres mondes
Au creux du glacier vivant
Des êtres qui comme lui dansaient
A l’infini, nul n’est figé
On danse toujours lentement avec la roche
Tout était tellement doux
Dans la crevasse de glace bleue
Qui avançait lentement vers un destin
Tellement plus vaste que moi, enfermé
Dans mon rêve de mort et de télécabine
Sous le ciel de la ville brute
Dans sa brume qui répète tout
J’étais rentré avec ma valise ouverte
Eventrée sur mon quotidien
Morte d’avoir trop porté
Agonisante, à mes pieds
Telle une crevasse qui m’aurait avalé
Celle de son œil bleu
Celle d’un autre sommet


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26 novembre 2020
Je ne savais plus

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6 septembre 2020

Le temps il ne fait rien pour nous aider. Il passe. Ces jambes qui trottinent devant la terrasse du bistrot. Ces voitures qui se croisent. Un torrent qui cascade dans la roche au creux des montagnes et une mer qui s’étale informe et rigide à l’horizon. L’oiseau crie en glissant dans le vent. Le babil de la foule dans la hall de l’aéroport. L’accélération du métro quand les portes se sont refermées. Le temps imprègne chaque seconde et nous on les arrête, on les rend éternelles, parce qu’on sait qu’il n’est qu’une autre illusion. Le temps ne nous aide pas, mais lorsqu’on sent son passage on sait qu’on vit. Et la tendresse des secondes de conscience qui sont des siècles. Et des respirations immémoriales.


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21 juin 2020

Le jour le plus long fut cet été-là le jour de ton rire le plus long, large et voluptueux, s’étalant dans la lumière tachetée des quelques nuages. L’air était rempli de toi le long des ruelles médiévales, et le lac dans ses couleurs des jours de plaisir faisait résonner ton rire au-dessus des foules dominicales, jusqu’au Jura qui te répondait, et me renvoyait ton coeur jusqu’au creux de ma main dans la tienne. Nous nous promenions dans ce dimanche du premier été entre nous comme si nous en avions déjà vécu tant et tant et tant et tant nous allions en vivre.

Maintenant, au crépuscule, je repense à toi qui était comme en moi ce jour-là, ce jour l’air de rien, ce jour d’été, et j’aurais du savoir alors que ce fut un jour magique, un jour réunissant tout, simplement, sans folies, d’amour partagé pour toujours. J’entends ton rire encore, si vrai et si tendre, comme nous nous aimions!, et je laisserai ce souvenir, lent, long, infini, m’accompagner jusqu’à la fin.


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8 juin 2020

c’est la fête
dansons sur les lits
jetons les draps
tapons-nous avec des coussins
laissons la nuit pleuvoir
alors que nous rions
avant de nous endormir


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18 mai 2020

Les éclairs frappent derrière la Dent d’Oche révélant par moment son immense et infaillible silhouette, comme si elle n’avait jamais été là et que soudain dans la nuit sa présence dans l’ombre aspirait les vents et les vies qui par malchance l’entrevoyaient. La dent de la Nuit.


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3 mai 2020

Elle est arrivée chez elle. Son appartement est tout comme il faut. Peut-être qu’il y a encore 2-3 trucs à ranger pour bien débuter la semaine qui vient. Elle rentre dans une routine rassurante faite d’éléments connus qui l’entourent. Les lumières, la température de l’eau, tout est là où il faut une fois que les bagages sont vidés.
Elle grignote quelques noix, un morceau de chocolat. Tout est bien là même si elle a laissé derrière elle quelque chose qui n’est pas là.
Agréable sensation de vide. Agréable sensation de tout ce qu’il faut remplir à nouveau. Il y a comme une énergie de nouveau départ qui, même si elle est artificielle, la réconforte.
Elle rentre d’une sorte de voyage savoureux. Tout est possible, encore et toujours. Libre. Libre. Les ablutions passées, ce sentiment de liberté et de paix rend le calme encore plus évident. Elle a eu des vacances dont la durée n’a rien à voir avec la réalité. Elle est chez elle, et c’est important, autant que ce qu’elle a rêvé le temps de son absence est important.

Maintenant, elle retourne doucement dans une autre réalité, celle que je ne connais pas.


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1 avril 2020

J’ai envie de respirer avec toi maintenant cet air au milieu des océans ou en-haut des cimes, froid et inhumain, où nous nous rencontrons et explosons, pour donner la vie comme une étoile dans le vide du cosmos, où la seule action est celle de notre présence commune, et la seule ambition est celle de notre présence commune, et quand nous sommes là toi et moi le passé et l’avenir s’annulent tendrement comme s’ils n’étaient rien.


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28 mars 2020

Un autre soir s’allume
Vaste vide qu’un ange implore
Dans les charmes irréels
Du silence coronaviresque
Dans les rues vides et sans dehors

Il donne la main aux vents
Ivre des humains et de leurs tourments
Et vacillant il vaque immortel
S’en foutant et chevaleresque
Dans les rues vides, sans remord

L’ange se penche sur les damnés
Il leur donne la main, aux viciés
Et la retire soudain
Riant et vomissant de petits brins
D’amour dans son rituel de mort

Vacillez et marchez, humains
Avancez encore et encore
L’heure de se taire vous est donnée
Marchez lentement vers le vide
Maintenant que vous le sentez!

Hurle-t-il en levant ses ailes
Ange Virus flottant entre nous
Peur pour vos petites vies
Cachées dans vos petits salons
D’une poignée à l’autre et
D’une envie à l’autre
J’erre entre vous, vous embrassant
Vous violant doucement
Amoureux de vos peurs et vos silences
J’avance tel un roi entre vos joies tues
J’éclate de rire dans vos terreurs.


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9 mars 2020
La bite molle poème

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8 mars 2020

Maintenant tu es dans ta chambre
Tu es là maintenant 
A l’abri 
Tu respires
Amphore d’amour qui a eu son philtre 
Tu penses que ce silence et ce vide
Sont justes, comme c’est juste 
De se brosser les dents seule
Comme c’est juste de n’attendre rien
Surtout rien

Rassurez-vous solitude 
Tu fais tes gestes
Il y a cet espace autour
Est-il rassurant ou nécessaire 
Et lentement tu préfères oublier 
Comme il est vide
Sans l’autre comme je suis sans toi.
Ramasser le coussin contre ton corps nu.


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