Le présent n’a même plus le temps de passer, il se voit analysé, découpé en tranches, terrassé. On ne vous laisse plus rien vivre, simplement vivre, oui, tout est sujet à commentaires, à la diarrhée des images et du verbe.
Sometimes il y a des gens, des cars de touristes non nippons. Prendre garde à ne pas glisser sur du rouge à lèvres frais posé à même le sol, pas de pièges, juste des jeux de piste qui vont tout droit, évitent le mur, tracent la route sans emprunter les chemins de traverse désormais connus, reconnus, arpentés, sur lesquels nombre de genoux se sont écorchés… Les bottes cousues de diverses matières ne sont plus entachées de la boue des sentiers, c’est qu’il est parsemé de grandes toiles blanches qui attendent l’inspiration, le parfum du champagne et les demains sans fin. Que la colère quitte désormais les terres fertiles, l’archipel aux rues pavées de vérités est ouvert d’un coup de ciseaux aiguisés.
Fétichiste des phrases qui tournent en boucle sur les menus des DVD…
Fétichiste des clubs de golf de la région de Waterloo…
Un soleil blafard se couche sur une mère d’huile. Le verre déchire mes pieds, les vers se déchirent, je prends mon pied.
Les verres se déchirent, les piédestaux ne sont plus de mise. Miser les oripeaux, détrôner les seuils trop haut, ceux qu’on idole, ceux qu’on démiurge, ceux que l’on atteint qu’après s’être fait roi de nos propres batailles futiles. J’embrasse les oublis, je détrône les dénis, je joins les mains même si je ne sais plus prier. Je vous adresse mes prières oubliées, mes chandelles étouffées, mes psaumes reniés.
Je frotte une allumette, je respire la fumée… Je souffre, je monoxyde. Je m’oxyde, je caresse mes poignets percés, je bois mon âme, je me baise devant la télé, je me branle de l’obscénité. Je souris, je, saoul, ris, je me perds en un dédale d’humanité et vomis votre liberté, vous ne me faites plus bander. J’attends, me tends et observe l’obséquiosité.
Quoi, enfin quoi ? Me toucher, me supplier, me lasser, m’assouvir ? Savourer l’urgence lancer les scènes d’apparence. Briller, lustrer, frémir et tomber. A même la peau, à même l’ego. Maudire les nombrils irrités, sculpter les heures, retoucher les ardeurs. Savourer les patiences et me jeter dans l’oubli des ressentis. Vois l’aube, cette femme sereine, cette idole des déceptions qui croit voir dans les lumières précoces les promesses d’esquives tranquilles. Non ne crachez pas sur l’immédiat. Finalement il n’est pas si ingrat.
Quoi, enfin quoi ? Me troncher, me sublimer, me baiser et tout ça, saoul, vire ? Savourées, les décades dansent. Brûler, simuler, jouir et débander ? Ah m’aime la peau, ah hurle l’écho. Sans mot dire, les « non » brillent irrités… Je suis loin, si loin au dessus de vous, je contemple l’humanité, foulez de vos pieds mon icône brisée, je marchais, marcherais dans le désert de vos pensées. Je vaincrais, je vaincrais dans le trouble de vos certitudes. Peaux frêles, lèvres embrassées, j’ai tenté les abstraits, j’ai tenté les futiles. J’ai obligé les corporalités. Feinter, feinter, toujours feinter. Je vous veux lointains, je vous veux fébriles, je vous veux surprise des paupières et scintillements. Je suis adossé contre une dune de papier, je toise les étoiles, j’ose espérer mais m’efface sans plus d’équité. Le sang brûle, je simule, j’ai peur de demain comme j’apprécie un coup de rein. On oublie, on faiblit, on gémit pour ne pas aller de mal en pis…
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