La forme fuyante des choses

La continuation d’une seule pensée à travers plus d’une journée est destructeur.
Il y en a qui aiment bien la répétition avec de légères variations. Il faut que je revoie « Un jour sans fin. » Je pensais au journaliste Kuffer et à ses textes qui sont des variations commençant par « Ceux qui… » et qui forment toutes sortes d’actes attribués aux autres. Quelle manière amusante de se projeter en eux tout en se mettant loin au-dessus.
Maintenant, je suis dans la métro sans aucune raison sensée. Sans doute parce que je passais devant et je me suis brièvement projeté à Epalinges sous le soleil.
A 16h00, quand les jeunes sortent de classe et rentrent chez eux.
La continuation de cette même pensée. Ce n’est même pas interrompu par le brouhaha.
Une dame stupide vient de se faire coincer les fesses dans la porte et le robot lui dit: « Attention, veuillez libérer les portes », pendant qu’un enfant dans le fond hurle sans cesse.
La Sallaz. Une de ces places lausannoises parfait exemple du désastre urbain.
Cela me fait penser à une ballade que j’avais fait avec Anne il y a 3 ans. J’essayais de devenir son ami et d’être léger. Quel con. Ça ne marche pas l’amitié après trop de passion. J’ai fait traîné ça dans de l’espoir et l’espoir s’est changé en boue.
S. me fait peur parfois. Je ne saurais dire pourquoi. Sans doute à cause du sexe évasif. Aussi parfois elle fait des efforts immenses et tout de suite après elle ne fait plus rien. C’est lorsqu’elle est provoquée que toute son énergie jaillit, sinon elle reste éteinte.
A. s’éloigne de moi. Je me souviens du début de la fin avec S., quand elle commençait à recevoir les mails de ce type fou amoureux d’elle, que finalement elle a épousé. A. échange des mails avec un type, une ancienne connaissance, elle lui fait ses confidences.
Cette pensée ininterrompue que ma vie, que toute vie, m’échappe. Ceux qui m’échappent.
Ma fille a des problèmes de digestion. Son estomac se gonfle démesurément. J’y peux quelque chose, mais je ne fais rien. Mon fils devient bouffi, harcelé par une diarrhée permanente. Mais je ne fais rien.
Je ne vais pas prendre ce bus-là, il est en retard, il sera bondé.
Je commence à avoir peur des jeunes.

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