A la recherche d’une autre histoire pour abreuver ses pages immaculées de vide, il devine dans l’acte à venir un mystérieux message.
Elles sont tellement présentes, obsédantes, imprimant leurs courbes marquées jusque dans ses rêves, sinueuses, insidieuses, lisses, veloutées, imprégnées de vie, de mort, de peur et de plaisir….
La marque de sa vie réside-t-elle indubitable dans cette étrange sensation que déjà , de longues houles de sérénité se meuvent erratiquement dans le corps servile qui les accueille. Encore ces images, encore ces corps, aléatoires… présentes… toujours présentes…une hantise vitale!
L’infini approche de ses mains, il le sent. Des essences d’immortalité imprègnent le bureau comme des spectres rageurs. Oui! Les immortaliser, les dessiner, les figer dans l’état instantané qu’il affectionne et faire deviner leurs histoires, les dévoiler à mots couverts, à sens ouverts!
Isolé de la terne réalité, l’estomac déchiré par l’épaisseur de l’atmosphère, il gémit intérieurement tandis que les éléments tournoient au-dessus de lui, se concentrent, se concertent, hésitent encore… avant d’enfin l’investir sauvagement.
Et voilà l’esprit guidé vers un nouveau monde où des plaines fertiles attendent d’être pillées de leurs mots inconnus. L’air y est visible, clair et intense, gonflant les veines de saveurs rares et généreuses qui appellent à jouir du ciel et de sa liberté. A jouir de ses jouissances à venir, venues, manquées…espoirs, regrets et souvenirs d’elles.
Des ribambelles de lettres dansent, se cherchent, s’effleurent, affluent en nombre grandissant, avec insistance. Elles s’entrechoquent en criant à la délivrance si proche de les emmener dans sa fuite, vers le fourneau de leur origine. Là , elles se soumettront, dociles, aux regards affamés de rêve. Elles s’accoupleront pour dire les chairs enlacées, les peaux délaissées, avant, après, sur l’instant des extases.
Un instant seulement, tout est simple ! Mais face au destin qui se débat, l’homme inconscient attend encore, apeuré. Il attend l’horizon qui se profile, il attend un signe qui lui dira peut-être qu’il est élu…que son chemin est tracé, qu’il l’a trouvé ! Ses mots diront pour lui ce qu’elles violent par leur existence, résidence acharnée là où l’esprit explose.
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