Le monticule

Le laser de ses yeux qui virent du bleu au gris et au brun et sous les paupières tanguent les étoiles. Dans l’infinie vibration de l’univers un monticule sombre détruit tout. Il appartient au temps. Il est son ombre. Il échelonne tout et son point de vue ne peut se détacher de sa naissance et de sa fin. Il voit tout dans cette tension. Et il grandit et il s’effondre. Je le vois qui s’effondre en moi et dans les autres.

Il fut un temps où il n’existait pas parce que personne ne le voyait sous les étoiles. Mais en grandissant et en s’effondrant il a créé ceux qui le voient. Je les vois aussi. Des ombres qui trottinent sans but autour du monticule gris. Les battements du coeur sont le rythme de leur raison et ils scandent l’effondrement du monticule dans un vaste élan qui ne mènera pas plus loin que le premier mouvement de la tectonique des plaques.

L’expérience fut amusante. Mais personne n’a vu comment elle finirait. Car le chemin est apparu et à l’horizon il doit disparaître, là-bas au loin emportant la limite elle-même et enfin le temps du monticule sera venu. Ils auront arrêté de faire battre leurs coeurs autour du monticule et disparus avant la vraie disparition aucun d’eux n’aura vu le monticule s’effondrer une dernière fois.

Ca n’a finalement fait du bien à personne d’exister jusqu’à la fin.

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