Littérature suisse
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Archive pour février 2008

27 février 2008

Il y a un cercle autour de moi. Bon alors on va pas s’emballer en se disant que c’est juste un cercle dessiné, un cercle d’idées ou un cercle d’amis, non non c’est bien un cercle. Surtout comme dans "enfermé dans un cercle". T’es bien assis là, t’as rien de spécial à faire et t’es enfermé dans un cercle. Je pourrais marcher un petit peu et partir me promener. Admirer l’étendue des matinaux tripotant ce qu’ils vont faire. Là encore j’aurai mon cercle soigneusement dessiné autour de moi. Rien n’existe au-delà de ce cercle. C’est mon cercle. Plusieurs géométries invisibles, un peu perdues, le composent comme dans un tangram, sauf que c’est un cercle, et que s’il existe une infinité de façons de le composer, et bien il n’en reste pas moins un cercle. Mon cercle. Les pierres qui le constituent montent vers le ciel et je pourrais aussi bien dire que je suis au fond d’un puits.

D’ailleurs je suis au fond d’un puits.

Les pierres sont fades et friables et les couches qu’elles forment sont molles, s’effritent quand j’essaie de grimper. Mais grimper n’a aucun sens, ce serait comme de demander à un enfant de grandir un peu, tu déconnes tu fais n’importe quoi là, grandis un peu!, et puis les pierres reprennent leurs reliefs, fades et friables, où je tourne en rond comme tout le monde. Il ne faut pas penser qu’il n’y a pas d’issue, c’est plutôt que l’idée même d’une issue est fausse. Sinon les pierres ne seraient pas si friables, et le puits ne serait pas si haut, et le ciel ensoleillé ou étoilé ne verrait aucun inconvénient à ce que je projète des trucs en lui, des trucs loins, des trucs dans l’avenir, à faire un peu battre mon coeur. Sauf que quand je pense à ces trucs qui font un peu battre mon coeur le ciel se fâche. Et il pleut. Alors quand il pleut l’eau monte au fond du puits et c’est fou à quelle vitesse elle monte. D’ailleurs je ne sais pas pourquoi c’est de l’eau salée. Ca m’a perturbé la première fois parce que je me suis rendu compte en voyant cette eau dégouliner dans mon puits que j’avais soif, alors qu’avant de voir l’eau je n’avais jamais eu soif, avant de rêver je n’avais jamais eu soif, et puis d’essayer d’avoir soif et de l’assouvir m’a mené à l’eau salée. Qui monte. L’eau montant j’ai réalisé que j’avais besoin de respirer.

Désormais j’évite de penser à ces trucs qui font battre un peu mon coeur.

Je me dis que je m’observe mourir.
Une femme m’a une fois dit qu’elle admettait son enfermement, que l’espace et le temps lui étaient prêtés. J’avais opiné en tapant dans la boule de mon flipper parce que j’étais sur le point de gagner un jackpot. Elle m’avait parlé du résidu fermenté de tous les fromages qu’on bouffe et s’était sentie coupable de ne plus comprendre ce qu’était l’essentiel. Dans sa vie. Comme si c’était possible de vivre l’essentiel. Maintenant je sais que si j’étais capable de ne vivre que l’essentiel j’entendrais le long crissement d’un train de marchandises s’arrêtant à une gare. Et puis je continuerais à vivre sans savoir que ce long crissement aurait été l’essentiel. Mais ça je le sais parce que je suis au fond de mon cercle. Avant, quand elle me l’avait abattu au bord du lac, j’avais juste pensé qu’elle était un peu dépressive, qu’elle se posait trop de questions. J’avais eu envie de tirer sur le noeud de son maillot et de lui lécher le vagin, pour l’essentiel. Elle n’a pas aimé mon sourire et m’a quitté peu après pour une ville plus grande.

Alors je ne souris que rarement aux pierres qui m’entourent.

Parfois, je me dis que ce puits a jeté son dévolu sur ma déchéance; d’autres fois, je pense que je suis tombé dedans parce que je n’avais plus rien d’autre à faire. Pourtant je n’ai pas beaucoup lu, je n’ai pas vu grand chose des horizons des six continents, je n’ai pas assez aimé. Il me resterait donc tant à découvrir. En fouinant à mes pieds, dans la poussière cendreuse de mon puits, qui je le sais fossilise ceux qui ont hurlé là avant moi, outre des restes de fémur, j’arrache au passé des coins de photos. Où des bouts de visages réussissent encore à sourire.


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18 février 2008

Et si l’intelligence était une entité autonome qui aurait pris pour support un des grands singes dont l’évolution permettait de lui assurer la survie?

La thèse centrale, et la plus choquante, est que l’intelligence, au sens exprimé ici, serait une sorte d’entité utilisant l’homme comme véhicule et cherchant, à terme, à se détacher de lui pour trouver un support plus approprié. Ex: la machine.

Il faut utiliser deux hypothèses pour y répondre, largement discutées dans le monde scientifique.

1. Un nouveau-né projeté au paléolithique supérieur – époque du cro-magnon, autrement dit des premiers représentants connus de l’homo sapiens, il y a 40’000 ans -, développerait-il des capacités extraordinaires en rapport à son époque?
2. Un des premiers représentants de l’homo sapiens aurait réussi à survivre jusqu’à notre époque. Se baladerait-il à poil dans les rues en brandissant sa massue? (A ce sujet, voir absolument le film "The man from Earth", 2007, réalisé par Richard Schenkman, écrit par Jerome Bixby, scénariste de Twilight Zone le film et de plusieurs épisodes du Star Trek des années 60)

A la première question, selon la majorité de la communauté scientifique, la réponse est: non. Un nouveau-né transporté au paléolithique supérieur développerait exactement les mêmes capacités que ses congénères, i.e il évoluerait avec ce que ses sens lui apportent au fur et à mesure de son évolution personnelle, constituant son intelligence propre à l’évolution de son époque. Pourquoi? Contrairement à ce qui est effleuré dans cet article, cela n’a aucun lien avec le cortex, mais c’est le neocortex qui distingue l’Homme dans son évolution des autres mammifères. Chez l’Homme, l’ampleur du neocortex, parfaitement identique au neocortex d’il y a 40’000 ans, a donné naissance au langage. A partir de cette habilité, celle de la communication, l’Homme a construit son savoir, l’a communiqué de génération en génération pour créer sa culture, son histoire (le dessin, l’écrit) et ses progrès.

A la seconde question, la réponse est aussi: non. Cet homme hypothétique aurait vécu 14’000 ans d’évolution de l’humanité. Pourtant il serait tout bonnement comme "n’importe qui", au sens où son neocortex n’aurait pas évolué dans un laps de temps si court, pas d’un iota en fait. Sa mémoire serait tout aussi sélective que la notre, et il ne se souviendrait que de certains moments importants de sa longue vie, tout comme nous, sauf que certains de ces moments se situeraient au Moyen Age, par exemple. Son savoir (comme: nourriture apportée à son neocortex) aurait évolué exactement au même rythme que les progrès de l’humanité. Exemple: quand les découvertes de Newton ont été augmentées de la relativité restreinte, son cerveau aurait simplement logé aux oubliettes les lois de Newton pour les remplacer par celles d’Einstein. Son intelligence, encore une fois au sens où elle est mentionnée ici (on ne parle pas de sagesse, de connaissances intrinsèques, de psychologie freudienne, d’archétypes etc…), aurait suivi les connaissances immanentes au présent.

Donc l’intelligence en effet n’est pas innée, le cerveau de l’Homme actuel est capable de "recevoir" l’ensemble des progrès actuels dans le temps d’une vie, mais il n’en sait rien avant sa naissance. A vrai dire, il serait capable de recevoir bien plus (pour les soucieux). Par contre il ne sera jamais capable dès sa naissance de recevoir plus que les connaissances que son temps pourront lui apporter. Il pourra cependant les assimiler, en faire une théorie, et peut-être de ce pas faire avancer l’humain vers un autre progrès.

Pour revenir après ces considérations à la question initiale, oui l’intelligence mentionnée ici est indépendante de l’Homme en tant qu’individu, mais elle n’est pas indépendante de l’humanité dans ses progrès. Elle ne peut pas être considérée telle une simple superposition étrangère aux niveaux simiesques de l’humain. En réalité elle représente l’acquis de l’humain et, de façon plus significative, l’acquis de sa capacité (elle, innée) à communiquer. Autrement dit l’intelligence en soi n’est qu’un support acquis pour appréhender ce qu’on veut bien lui communiquer (inné). Elle s’appuie sur la constitution biologique actuelle du cerveau de l’Homme.

Enfin, l’intelligence artificielle. Contrairement à ce qu’on pourrait instinctivement se représenter par cet article, et relativement à tout ce que je viens de détailler, on ne peut pas donner à la machine plus que ce qu’on pourrait donner à un nouveau-né. Même si cette machine est douée initialement d’une capacité de calcul plus grande que celle d’un nouveau-né, donc d’un "neocortex" artificiel infiniment plus affamé, elle ne pourra jamais "savoir" plus que ce que l’intelligence de l’Homme peut lui offrir au moment de son apparition. Donc l’intelligence ne sera pas une "entité" bondissant d’un être à un autre par souci de prolifération, mais elle incarnera au contraire l’humanité entière qui s’offrira à la machine dans le stade actuel de ses connaissances. Ensuite, à la manière de ceux qu’on nomme "génies", cette intelligence saura peut-être en faire un avancement d’une autre nature, que nous, homo sapiens, nommeront "artificielle".

En résumé, pour ceux qui lisent tout en bas, la contradiction dans cet article vient du fait que l’intelligence y est à la fois considérée comme acquise, du fait de nos antécédents préhistoriques, et à la fois, dans sa propension fictive à vouloir "dépasser" l’Homme, comme innée: car on ne peut pas envisager l’intelligence comme un virus de l’Homme se propageant de génération en génération sans être "acquis". L’intelligence, c’est l’humain.

J’aimerais, en parallèle, insister sur le fait que ce qui a permis à l’intelligence, acquise, de se développer, est la capacité extensive à communiquer. Or s’il y a bien une chose qui est d’actualité, c’est la communication. Jamais, dans nos progrès, la possibilité et par conséquent la propension à communiquer n’ont été si puissantes. Tellement par exemple que beaucoup de mères craignent la société parce qu’elles ont peur que leurs enfants en verront trop, trop vite. Alors qu’en termes biochimiques il est établi que le cerveau ne PEUT pas être dépassé par ce qui lui est apporté par l’évolution de ses congénères (paradoxe bio-culturel). Néanmoins la communication s’intensifie depuis les années 80 de façon notoire. Donc la possibilité pour un enfant de recevoir ce savoir est d’autant plus grande, dans un laps de temps déterminé. Et là on peut relever une statistique intéressante, aussi dans le cadre des suppositions de cet article: ce n’est pas parce qu’on peut donner plus de savoir plus vite qu’il y a plus de génies…

J’espère avoir un peu éclairci le sujet. Je souligne le fait que le mystère reste sur la destinée de l’Homme après qu’une intelligence artificielle ait acquis son savoir, ses progrès, son intelligence.

Mais ça, la sf s’en occupe mieux que moi.

 

——-

Remarques:

Un nouveau-né se nourrit à chaque seconde de la totalité de notre savoir dès sa naissance, la différence avec une AI réside uniquement dans la manière et la vitesse de communication de ce savoir. L’AI ne pourrait pas en savoir plus, ou disons qu’elle pourrait en savoir plus de par la rapidité de ses mécanismes et de sa capacité à se connecter à l’information. Mais une fois qu’elle a tout, elle en fait quoi? Elle ne pourrait aller plus loin.
C’est dans sa capacité d’abstraction et d’imagination, par rapport à tout ce qu’elle sait, qu’un avancement inhumain (artificiel) serait envisageable. Or cette capacité-là ne pourrait lui être communiquée que par l’homme.
A ce moment la question revient à: cette capacité d’abstraction ne serait-elle qu’une somme de calculs dépassant l’intelligence du créateur? Ou, par défaut, le créateur ne peut-il pas la lui communiquer parce qu’il ne peut pas être plus que ce qu’il est lui-même dans sa totalité individuelle?
Si un génie peut aller au-delà de tout ce qu’il a appris des progrès de l’humain, et inventer quelque chose de nouveau, comment la machine pourrait en faire plus, alors qu’elle est issue du génie?
Car sa capacité de calcul serait elle-même proportionnelle à ce que l’Homme est capable de lui donner, et donc cette abstraction dont elle serait douée serait elle-même liée à son créateur.
Donc par définition, l’inventé ne pourra jamais aller plus loin que l’inventeur.


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4 février 2008

sans vergogne qu’il appuierait start
un type ivre, c’est samedi soir, ricane en voyant le pont s’effondrer à ce moment
j’en ai aucune idée, mec, j’en ai aucune idée
la caméra est on

serait sorti avec des images extraordinaires
un autre le tire alors qu’un immeuble s’écroule et que les militaires se mettent à flinguer l’air et la nuit
c’était quoi ça bordel, t’as vu?, c’était quoi ça (l’échoppe est remplie de souffles courts sous les néons)
la caméra est on

terré comme les autres pourtant il tiendrait sa caméra et verrait, entendrait
sous un néon d’urgence, le sourire d’une femme qui lui a sauvé la vie
parce qu’il y a des choses qui rampent dans le tunnel du métro où ils ont fui
la caméra est on

la ville serait en fumée et l’armée annoncerait tout détruire il s’épuiserait à monter des marches dans un immeuble désert pour la chercher
défoncer une porte pour rentrer par le toit,
t’es t’es t’es vraiment là? elle crie en le voyant et que les gravats sont arrachés
ils hurlent en courant dans la rue et qu’un grondement abat les hélicoptères dans les décombres pleuvant
la caméra est on

Baigné de sang dans les sirènes d’une attaque nucléaire de dernière chance, sous les détonations du matin il témoignerait en tenant la caméra et elle serait à côté
ok, je sais pas ce qui passe, quelque chose a envahi la ville, je suis allé la chercher, on a essayé de
des pas sourds écrasent tout
disparaissent dans un ultime éclat de caméra
la bombe les ensevelit
la caméra est on

ses images seront découvertes plus tard.

Il n’y a plus d’issue
la caméra est on


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