Littérature suisse
Dessins suissesadmin
:: 17 septembre La vie est vaste
:: 7 septembre Arta
:: 22 août Dans les saveurs qui s’en vont doucement
:: 21 juillet Yeux en feu
:: 6 juin Le désert
:: 1 avril La géométrie de l'habitat
:: 22 mars Le bus romain
:: 26 février Le guide de haute montagne
:: 3 février Chrysalide
:: 15 décembre Mécanismes en place
:: 10 décembre Rencontre-bis
:: 5 décembre Il est temps de vivre ses émotions
:: 26 novembre Je ne savais plus
:: 17 novembre Les yeux des autres
:: 30 octobre Archivages
:: 20 octobre Séance MS-Project
:: 19 octobre Séance plannings
:: 9 octobre Avec M.
:: 6 septembre Le temps ne nous aide pas
:: 28 août Le vent de panique
:: 21 juin Un jour d'été
:: 8 juin Avant de s’endormir
:: 19 mai La famille
:: 18 mai La dent de la Nuit
:: 3 mai La distance
:: 1 mai Dans le temps
:: 15 avril Dans la solitude qui n'existe pas
:: 1 avril Comme si rien
:: 28 mars L'Ange Virus
:: 9 mars La bite molle
:: 8 mars Seule et bien
:: 28 février Ne pas être à la recherche
:: 26 février Se bercer
:: 15 février Mes caresses
:: 7 février Jouissant
:: 21 juillet | Yeux en feu
:: 3 février | Chrysalide
:: 15 décembre | Mécanismes en place
:: 10 décembre | Rencontre-bis
:: 5 décembre | Il est temps de vivre ses émotions
:: 17 novembre | Les yeux des autres
:: 30 octobre | Archivages
:: 20 octobre | Séance MS-Project
:: 19 octobre | Séance plannings
:: 9 octobre | Avec M.
:: 11 octobre | Esprit d’automne en flammes
:: 7 octobre | Impossibles calculs
:: 28 septembre | Silvina Simao Valente et Marc au Beau-Rivage
13 avril 2005

cette page, est-elle réellement tachée de
sang ?

ou de mots ?
ou de l’absangce de mots ?
est-elle sang mots ?

ce ne sont que des mauts,
n’est-ce pas ?
il n’y a pas d’odeur, de texture,
de chaleur, de goût
de couleur
rouge-brun-gluant,
pas de mouvement,
et pourtant ;

une plaie,
n’est-ce pas
une éternelle question
sang
vraie
réponse ?

Texte de phoenix, en ETC, sur Parano.be


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23 mars 2005

La vie sur terre est non seulement sans signification rationnelle,
mais aussi non-intentionnelle. Les lois du cosmos ont l’air d’exister
sans relation particulière avec l’existence humaine. L’homme est donc
une espèce de produit dérivé accidentel, comme les étincelles qui
s’échappent quand un forgeron fabrique un fer à cheval sur son enclume.

Les étincelles sont bien plus brillantes que le fer à cheval,
mais elles restent tout aussi inutiles. Au mieux, elles peuvent être vues
comme une maladie du fer à cheval, qui entame sa structure et détruit
son tissu.

Peut-être que la vie, de manière similaire, est une maladie du cosmos.

Phoenix, en ETC.


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19 mars 2005

vissée dans le parquet

Je suis celle qui, les pieds enracinés dans la terre, attend. Celle qui s’éparpille jusqu’au fin fond de vos yeux. Celle qui vous souffle dans les cheveux. Fille de feu, mélange d’eau et de terre de brume, je contemple. Enfermée dans des silences qui durent des cathédrales de râles. Je suis celle qui n’appartenait à personne, pas même à elle, celle qui collectionnait les solitudes comme des timbres à coller sur les lèvres. Maintenant, c’est moi la collectionneuse, celle qui a collé dans son cœur un autocollant marqué bonheur au marqueur, avec un prénom d’empereur. Colle forte, pour les moments de pluie, colle légère de sourire. Le reste, scotché dans ma mémoire amère et sucrée, confiture d’amitié assaisonnée de vent, trottoirs qui courent trop vite pour nos pas, et des rires qui glissent comme des mégères folles. Je suis celle qui rêve d’un cercle de femmes, d’une double touche noire blanche, d’un lac qui tressaille. Je suis l’eau qui coule le long de votre cou quand la pluie d’été se met à tomber, le chatouillis de l’herbe sous les pieds, la froideur d’une cascade, l’atmosphère des vitres ouvertes d’une voiture.
Je suis M… Se faisant la rousseur, se contemplant l’herbe des yeux, riant de sa blancheur de peau. J’ai les joues qui sont dragées, les courbes qui s’en mêlent. Je me vomis, je m’adule, j’électrifie ma peau, et je coule jour et nuit, redressant mes hanches pour mieux rebondir.
Si l’on vous demande qui je suis, dites un témoin. Une Morgane à la partie blanche qui se cache, une Viviane emmêlée dans ses roseaux, une dame de puits trop bavarde, une lavandière qui n’aime pas le goût du sang, une croqueuse qui empoisonne plutôt qu’elle endort. Je suis une Eve qui ne mange que des poires, une Sarah qui meurt jeune, une Dalila qui a des remords, une Bethsabée qui sanglote, une Judith qui collectionne les têtes dans sa tente, une Esther qui illumine, une Suzanne qui va au bain en maillot… Je suis femme-fille ,en fleur de cerisier, en pomme d’amour de fête foraine. Je suis le printemps de Botticeli, je suis une peinture de Moreau, je suis décousue par une couturière folle, enfilée sur un mannequin en bois patiné, grincée sur un parquet qui frotte, piétinée sur un carrelage qui glace, engloutie dans les grincements d’un lit. Je suis la dernière goutte de café le matin, le chocolat du soir, la fringale de quatre heures, l’odeur de pain dans la rue, le bruit des talons sur les pavés, le soleil le matin sur le visage, la lumière de la lune une nuit de printemps, une meule de foin roulée dans les champs. Je suis l’ombre de votre arbre, l’eau croupie du puits, la mousse sur les vieilles tombes, les miaulements des chats des cimetières, les plaintes des maisons la nuit.
Je suis le livre que vous froissez sous vos doigts, celui qui vous attire et vous rebute à la fois, que vous ouvrez cent fois par jour, pour mieux le jeter dans un coin de la chambre quelques secondes plus tard. Je suis une collection rare, ou trop utilisée, je suis un livre en papier recyclé, une presse qui ne fonctionne plus, une nouvelle pas fraîche…
Et je suis.

_________________________________________
[Encart à bazard de texte]

Un, deux, trois. Trinité celtique, rire de la déesse mère. Laisse moi prendre la barque pour l’île, et plonger mes mains dans le lac, j’attraperais les rites dans mon filet, et la nuit j’étendrais mon manteau sur la pierre, et j’attendrais. Elles arrivent, silhouettes sombres sous fond de lune, croissant bleu esquissé sur le front lisse. Elles ont tressé les cheveux comme leurs souvenirs, porteuses de coupes d’eau reflet. Le cercle se reforme, et les vibrations montent, le vent vient emmêler leurs cheveux, et le rêve commence. La voix monte, calme et sereine, baume apaisant pour les âmes troublées. Au fond du lac proche, elle sommeille, mais écoute. Et la dame blanche et noire est au centre. Double, double, elle illumine, au centre elle fait les éléments. Les étoiles semblent étinceler pour parer sa robe sombre, et la lune contemple son enfant, cœur de mère qui bat au rythme des paroles psalmodiées. Passe le temps à l’envers, je suis vêtue de sombre, entrée dans le cercle, et les pieds cloués. Les visages semblent se préciser, elles m’ont intégrée, et je suis dame de l’île. Sourire aux lèvres, j’ai réussi. Je suis femme de l’île. Celle des pommiers, et au loin, des cloches sonnent. Nous n’y prêtons pas attention, anciennes prêtresses, venues d’ailleurs et nulle part, conservées par une foi qui ne s’éteint pas. Demain, le printemps nous étreindra. Demain.

Elle enfile des perles. Elle ne sait plus faire que ça, regard dans les failles, perdue dans un monde dont elle ne sort plus. Attente de la barque, celle où il sera, LUI, son autre, son amant, son chevalier des jours perdus. Mais il ne vient pas.
Aujourd’hui elle a quitté le village, laissant au passage ses peignes d’ambre, ses vieux rires, son manteau de petite fille paumée, et eux. Les autres. Ils ne sont pas lui et leurs regards lui font mal. Et elles, ces femmes aux rides déjà trop prononcées, aux ventres déformés crachent leur venin sur son cou baissé. Infâme. Impure. Sorcière. Elle crie mais personne n’entend. Et ses yeux verts parlent. Sa chevelure longue se déploie. Ses mains s’électrifient. Le vent se lève. La pluie se bouscule. Les hommes ne parlent plus. Elle est en colère. Elle devient noire. Sa bouche se fait plus rouge. Ses dents pointues. Elle a des envies de morsures, de tueries. Puis son image dans sa tête. Ses cheveux retombent, et elle se sent lasse de tout.
Aujourd’hui elle a pris le sentier. Vers la rivière. Elle veut vivre en face de l’île. Leur île. Assise sur un rocher elle pourra attendre son retour. Bientôt elle le sait il sera la. Et ses mains. Sa bouche et son rire. Et tout recommencera. Elle sera à nouveau claire. Les mains sur les perles, elle continue. Elle enfile. Elle a parfois l’envie de s’étrangler avec le collier qui se fait de plus en plus long. Descend jusqu’à ses pieds. Il l’appelle.
Elle entend la voix. Voix douce. Puis menaçante. Elle frissonne. Dans le bas de son dos, ses souvenirs lovés. Ils serpentent. Elle crie. Et se mêlent les voix. Rauques. Violentes. Perdues. Perpétrées. Crispées. Volées sur les rochers.
Le rocher. Là -bas au milieu de la rivière. Il l’appelle. Elle le veut. Envie de s’y installer. Elle prend ses parles et les enferme dans sa robe. Dévoile ses jambes. Elle ne fait plus attention. Et elle s’enfonce dans l’eau. Glacée. Elle n’a plus froid pourtant. Elle sent la chaleur du courant monter en elle. Orgasme. Et elle monte sur le rocher. Les perles se sont éparpillées dans la rivière. Elle veut les ramasser.
Alors elle flotte. La tête sous l’eau. Il n’y a plus que ses cheveux qui sont visibles. Etincelants d’ambre liquides. Au fond elle voit une barque. LUI.
Chaque nuit elle grimpe sur le rocher. Elle est blanche maintenant. Bleue aussi. Et elle les appelle. EUX. Elle goûte. Savoure. Se nourrit. Et elle ATTEND.


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28 février 2005

A la recherche d’une autre histoire pour abreuver ses pages immaculées de vide, il devine dans l’acte à venir un mystérieux message.
Elles sont tellement présentes, obsédantes, imprimant leurs courbes marquées jusque dans ses rêves, sinueuses, insidieuses, lisses, veloutées, imprégnées de vie, de mort, de peur et de plaisir….

La marque de sa vie réside-t-elle indubitable dans cette étrange sensation que déjà , de longues houles de sérénité se meuvent erratiquement dans le corps servile qui les accueille. Encore ces images, encore ces corps, aléatoires… présentes… toujours présentes…une hantise vitale!

L’infini approche de ses mains, il le sent. Des essences d’immortalité imprègnent le bureau comme des spectres rageurs. Oui! Les immortaliser, les dessiner, les figer dans l’état instantané qu’il affectionne et faire deviner leurs histoires, les dévoiler à mots couverts, à sens ouverts!

Isolé de la terne réalité, l’estomac déchiré par l’épaisseur de l’atmosphère, il gémit intérieurement tandis que les éléments tournoient au-dessus de lui, se concentrent, se concertent, hésitent encore… avant d’enfin l’investir sauvagement.

Et voilà l’esprit guidé vers un nouveau monde où des plaines fertiles attendent d’être pillées de leurs mots inconnus. L’air y est visible, clair et intense, gonflant les veines de saveurs rares et généreuses qui appellent à jouir du ciel et de sa liberté. A jouir de ses jouissances à venir, venues, manquées…espoirs, regrets et souvenirs d’elles.

Des ribambelles de lettres dansent, se cherchent, s’effleurent, affluent en nombre grandissant, avec insistance. Elles s’entrechoquent en criant à la délivrance si proche de les emmener dans sa fuite, vers le fourneau de leur origine. Là , elles se soumettront, dociles, aux regards affamés de rêve. Elles s’accoupleront pour dire les chairs enlacées, les peaux délaissées, avant, après, sur l’instant des extases.

Un instant seulement, tout est simple ! Mais face au destin qui se débat, l’homme inconscient attend encore, apeuré. Il attend l’horizon qui se profile, il attend un signe qui lui dira peut-être qu’il est élu…que son chemin est tracé, qu’il l’a trouvé ! Ses mots diront pour lui ce qu’elles violent par leur existence, résidence acharnée là où l’esprit explose.

Un désespoir immense l’envahit alors, vieux et cynique compagnon de ses périples introspectifs. Peut-être qu’il n’y a rien à faire, qu’il ne peut rien faire ?! Juste se laisser porter par le temps et attendre que les actes, d’eux-mêmes, viennent dicter un itinéraire à sa vie ? Sans comprendre, sans partager, gardant tapies dans l’obscurité de tous ses élans les histoires de celles qui en sont les sources.
Que croire encore pour continuer à croire ?

Des questions, sans relâche injectées dans ses chairs, torturent sa raison, absorbent l’espace illusoire, puis disparaissent au gré de la futilité que sa lâcheté leur attribue. Et il ne reste plus rien de cet essentiel : une fuite, un vide, un répit qui déjà souffre de douleurs futures.
Le doute renâcle à s’évanouir une dernière fois ? Quelle importance ! Déjà , il se dissipe dans la brume du futur…car la valse s’emballe, étourdissante, enivrante, hystérique.

Peu à peu, un être entier redécouvre ses sens. Le muscle à nouveau tendu se bat contre le vent, les yeux assaillent sans merci la plus petite image, arrachent de leur torpeur des couleurs et la lumière de fantômes fugaces et sensuels puis recommencent ailleurs leur rite sauvage, ne trouvant pas le repos, insatiables pilleurs de leurs charmes, de leurs mystères.
.
Le combat est brutal, les blessures saignent, des corps tombent sans vie, le chaos est partout mais passé le brouillard encore tenace, une ombre donne le courage, appelle à la bravoure, au coup de rein, à creuser des sillons noirs, portant à bout de bras l’étendard des passions.

Bien plus tard, gorgés de larmes de bonheur, les yeux de l’âme remonteront l’abîme les bras chargés de poésie pour la livrer à l’alchimie du corps et de l’esprit. L’ombre deviendra un temple, son temple. Il le sait maintenant, il bâtira un lieu où brûler ses vertus et ses fantasmes.

L’infini agissant sans entrave, le blanc aveuglant s’assombrit de lumière, laisse jaillir la clarté tandis que de fines taches d’encre effacent les derniers vestiges de passivité.
Les doigts agiles survolent la virginité agonisante, l’emplissent de chairs imaginées, ballottées au gré de sentiments choisis pour leur indicible nécessité.
Des bruits hurlants silencieusement viennent parachever un relief d’images hallucinées, ensemencées par le souffle du besoin!

Dans une tempête de souffre et de douleur, la métamorphose s’opère ; matière palpable, fruit de tourmentes apprivoisées, fausse prisonnière de deux dimensions démesurées.
Cette sculpture horizontale et plate, taillée à la plume, n’a plus de léger que son support.

D’un trait continu, démence du serpent, une autre histoire, comme un cri de vie poussé par un être naissant, se livre à demain.

Alors seulement, les liens suspendus relâchent leur emprise pour laisser le corps reprendre sa forme meuble et docile.
Le bras retombe lourdement sur l’établi humide, la tête s’incline, épuisée, la respiration reprend son rythme apaisant et la jouissance se dissout en mille éclats foudroyants. Avec elles toutes, avec chacune, il a dansé jusqu’à la petite mort.

Vide d’avoir offert une parcelle de sa vérité, il repose enfin et – pour une nuit encore- laisse le sommeil l’emmener loin de tout, si proche d’une autre histoire…

Texte écrit par FrédÔm, secteur ODC, Parano.be


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23 janvier 2005

Les chemins de la mort

J’avais toujours connu mes arrière-grands-parents en vieux, si bien que je m’étais plus ou moins convaincu qu’il y avait des gens qui naissaient vieux, d’autres, adultes et d’autres encore, enfants ou nourrissons. L’idée même de l’évolution m‘était étrangère. Mon enfance à la campagne ne fût pas des plus palpitantes mais une anecdote bien particulière, qui se déroula durant les vacances passées dans la ferme de mes arrière-grands-parents, me revient souvent à la mémoire.

Pendant la Fête des Moissons*, c’était une période remplie de nombreux jeux et autres festivités ; du lancer de ballot de paille à la coupe de billots, de la course d’ânes ou de tracteurs à l’élagage de branches en un temps record, du concours de la plus belle laitière au jeu du cherche-monnaie**, tous les ‘arts’ de la campagne était représentés. Mais la danse des sabots restait un moment singulier qui faisait partie des traditions que tout le monde connaissait dans la région.

Pour l’occasion, une piste de danse en bois massif était montée en plein milieu des champs des Terres Rouges entre les deux rochers de Mâche-Fer et le Caniche, gros tilleul centenaire, surnommé ainsi pour la forme de son feuillage en tête de chien.
Les habituels lampions de papier et les guirlandes colorées donnaient un air de bal du quatorze juillet. Chaque habitant des hameaux et des lieux-dits voisins participait à la fête, arborant le costume dominical.

Je détestais cette culotte courte inconfortable, cette chemise étriquée en coton de drap et ces chaussettes immaculées, lesquelles s’évertuaient à descendre insolemment à chaque pas.
Le seul bon moment de ces journées de torture, c’était le repas. Une table des enfants était érigée non loin des tables des adultes, mais assez retirée pour que nous puissions nous sentir indépendants. Unique instant de liberté pendant lequel nous singions les adultes en nous montrant du doigt les uns les autres, en hurlant contre le ciel ; Dieu ou Jésus selon l’humeur et contre les femmes (nos mères bien souvent !) ou même en se faisant des bisous de grands avec échange de salive.

Pendant toutes ces réjouissances, notre unique grande crainte, au-delà de celle de se faire engueuler parce que nous faisions des batailles de pommes pourries ou de vesses-de-loup, était de se faire toucher par des vieux. Ces vieux qui affirmaient nous avoir vu grandir, qui disaient savoir tout sur tout et que nous devions « respecter ». Ces vieux, qui ne faisaient qu’être vieux et qui vivaient dans de vieilles maisons avec des vieux objets, souvent cassés. Ces vieux qui rouspétaient tout le temps et mangeaient des choses qui sentaient fort, lesquelles étaient conservées dans les garde-manger pendant des semaines.

Ces vieux étaient notre terreur, nous ébauchions constamment de nouvelles stratégies, des plans de fuite dans le cas où nos parents nous forceraient à leur apporter un verre d’eau, à danser ou à chanter avec eux.
L’un d’entre nous, un des plus grands, un qui avait déjà le droit de monter sur les moissonneuses-batteuses, avait émis l’hypothèse qu’en se faisant toucher par un vieux, on se transformerait en vieux. J’avais beau me rassurer en sachant pertinemment que lorsque l’on est touché « chat », on ne devient pas un chat, la crainte grandit avec les heures, jusqu’à en devenir une obsession. Mais les doutes m’envahirent petit à petit et en remarquant que les vieux restaient toujours qu’entre eux. J’imaginais alors leurs conciliabules, édifiant des stratégies pour leurs attaques perverses. Je craignais surtout les « méchants vieux », ceux qui bavent, qui sentent la curée ou qui ont perdu la tête, qui marmonnent dans leurs dentiers, ceux qui blasphèment ou tirent les oreilles, ceux qui peuvent vous attaquer par derrière, sans raison.

En ce samedi ensoleillé, la liste des danseurs pour la danse des sabots avait été rédigée. Malheureusement, aucun d’entre nous n’avait réussi à voir les noms à l’avance et nous nous charrions les uns des autres en imaginant lequel danserait avec la grosse Mériot, la moche qui habitait la dernière maison du village ou pire encore, qui devrait donner la main à une vieille au risque de se voir métamorphosé en vieux instantanément.

Après le copieux banquet, composé des victoires des chasseurs de la région, mets préparés par les femmes du village, la liste était passée entre les familles pour que chaque représentant se prépare à la danse des sabots.
Je vis alors mes parents s’avancer vers moi. Je fus rapidement avisé que j’allais être le meneur du bal, étant le plus jeune garçon en âge de danser. Mais la véritable mauvaise nouvelle était que j’allais ouvrir la danse avec la doyenne du village, la fameuse Fernande, laquelle nous n’avions jamais vu qu’assise dans un vieux fauteuil à grosses fleurs marron.
Paniqué, je demandai à mes parents de bien vouloir me laisser retourner à la maison, prétextant que c’était toujours moi qu’on punissait, que c’était injuste. Pleurnichant de plus belle, je réalisai que la supplication serait vaine et que mon tour était venu. Ma mère, outrée par mon ingrate attitude, monta le ton et me demanda de considérer la chance et l’honneur que j’avais et de tirer une leçon de vie et de respect de cette occasion.

Après seulement cinq années de vie plus ou moins paisible sur cette terre, j’allais passer de l’autre côté. Je serais bientôt vieux, peut-être même malade et décéderais avant tous mes copains. J’aurais une tombe au cimetière avec une vieille photo jaune et je serais mangé par les vers.
Des larmes que je tentai de dissimuler aux copains, coulaient les unes derrière les autres avec une ferveur presque religieuse. Une peur panique me prit violemment aux tripes. Des gargouillis intenses gazouillèrent dans mon estomac et je me mis à courir à travers champs pour me réfugier derrière ‘le Caniche’ afin de soulager mon envie pressante.

Malheureusement, à ma grande stupéfaction, je n’étais pas le seul à avoir eu l’idée d’aller me délester derrière le gros tilleul.
Fernande, la doyenne, mon ennemie jurée, se tenait debout, la culotte ouverte, un filet de liquide blanc et dru coulant entre ses grosses jambes flasques écartées. A mon arrivée, elle continua sa tâche gaillardement et m’offrit un sourire édenté et déformé.
Je me tins à distance tout en contemplant, effaré les couches de peaux et de lin contenues sous sa jupe noire.
« T’es le p’tit Garenne, toi, hein ? »
Je restai pétrifié pendant qu’elle parlait. Je ne sus quoi répondre. Pendant qu’elle secouait son derrière pour faire tomber les dernières gouttes, je ne pus plus me retenir et dégrafai ma culotte en un geste brusque et désespéré pour enfin me délivrer de cette douleur acide.
Il me sembla que je me vidais de l‘intérieur, comme si je n’avais plus été aux toilettes depuis des mois.
Pendant ce temps, Fernande m’observait.
« T’as l’air bien malade, mon p’tit ga’… t’as trop mangé de quetsches ? ou c’est la tarte aux pommes de Monique… ah celle là , elle force toujours sur le Calva… mais t’as l’estomac rudement fragile pour ton âge… »

La Fernande, j’aurais voulu qu’elle ne bouge plus, qu’elle se taise, qu’elle reste au dessus de sa petite mare de pisse fumante et qu’elle me laisse avoir honte face aux corneilles. J’aurais même souhaité qu’elle meure, là , sur le champ, une bonne fois pour toutes. Une vieille de moins dans le camp adverse.

Mais Fernande prit l’avantage, profita de mon incapacité de faire le moindre mouvement à cause de ma maudite culotte baissée, pour se placer juste devant moi.
Mon cul face au vent, je ne pus aucunement tenter une de ces techniques de fuite, mille fois répétées, sans risquer de tacheter ces foutues chaussettes blanches, ou pire, le bas de ma liquette, laquelle ma mère lavait, séchait, repassait pendant des heures, si bien que je ne pouvais même pas y toucher le reste de l’année.

Je pensai vivre mes derniers instants dans mon état d’enfant. J’imaginai, qu’une fois touché par Fernande, je deviendrais un vieil homme sans cheveux, avec un ventre énorme et une canne, vociférant contre les corneilles et plombant les pigeons avec un vieux fusil rouillé.

Fernande fit encore un pas, cette fois, elle était plus proche qu’aucun vieux ne m’avait jamais approché. La douleur dans mon estomac était intense. Je fermai les yeux et murmurai un début de prière de catéchisme, priant un Dieu auquel je n’avais pourtant jamais cru.

Fernande, en posant sa main sur mon front, dit cette phrase fatale;
« Ça va aller, mon p’tit ga’, ça va aller ».

*(éloge du monde rural et célébration de la faste splendeur de l’agriculture française)
** (jeu qui consiste à chercher une pièce de monnaie dans un grand saladier de farine rien qu’avec la bouche, les mains derrière le dos.)

Texte écrit sur Parano.be, secteur ETC, par M.Renoir


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13 janvier 2005


Celle-là , dans son petit tailleur, son sourire de charité et ses mains hésitantes, tronquées sur ses fesses (je crois très chère, que c’est là depuis quelques années, pas de pa-nique !). Probablement trop jeune, certainement abonnée à Sacristie Magazine.

Un cureton, un brave cureton, il me rappelle le bénitier de la petite chapelle derrière le quartier des matons – qu’avaient-ils pu FOUTRE avec ce bénitier pour que le Saint-Esprit pénètre un pénitencier ?

Celui-ci, un mioche joufflu et les dents en gruyère, me regarde pétillement. Son museau comme un rat de geôle, sournois. Merde ! Comment ce petite malicieux qui vient de passer du bavoir à l’alphabet peut déjà penser au con ?

(Il fait excessivement soif, 150 tickets pour venir poser mon séant respectable devant des universitaires et patriotes de la Grande littérature américaine, et rien d’autre à boire que du bourbon dilué à la pissotière – me demande laquelle des vendeuses en a fait son affaire –. Il fait soif, et je suis pochard depuis ce matin. Rien ne me soûle plus que d’être assoiffé lorsque j’ai trop bu.)

Un vieux gourou endimanché et flairant la cocotte au musc de châtaigne, me fait face. Un enfant des fleurs, un bronzé du lundi ; il me regarde de ses chicots en forme de sourire (il doit avoir à boire…je lui demande ?). Si nous étions dans une rue ombragée, je l’aurais délesté de sa barbe en papier-cul pour retaper la moquette pourrie du salon.

Deux seins, deux seins, même pas un chemisier ou un tissu à la con, non juste deux seins, là – sous mon nez ! Et le gros matou qui ronronne sur son chopper dehors, plus l’âge de ses conneries, je lui glisse un mot doux en première page (« Avec ou sans glaçons, les deux doigts ? »), peut-être je la retrouverai à la sortie, sûrement je la croiserai dans un boui-boui.

(Je ne tiens plus, et ils se pressent toujours devant moi. L’une en fourrure et fard à merde, l’autre en latex et…oh ! en latex. Des gosses et des croulants, des scouts et des fonctionnaires,…et votre serviteur, imbibé parfum d’automne, au milieu des regards et blabla… Ça ne ressemble à rien : heureusement que tout le monde se fout de mon anniversaire, moi le premier.)

Des lunettes saillantes qui dessinent sa bouche et son front, des mains grandes et fortes, en chair, trop selon sa courtoisie et juste ce qu’il faut pour moi. Elle a l’œil qui bave, et moi j’ai le froc qui déchire à la vieille couture. (Merde, à ce prix là , je peux bien lui dire !)

Et j’ai gueulé « JE VEUX T’ASPIRER JUSQU’À L’OS ! »

Et j’ai fini au trou. Cette bique reluisante et à reluque était au « SERVICE ET À LA PROTECTION » ; et plus d’amazone du chopper, et plus de vendeuse, et plus de gnôle, et toujours pas de chaussettes pour les rats…

L’avantage d’être connu en taule ou chez les flics, c’est qu’ils peuvent se permettre de m’appeler Buk. Pour le reste…

Texte rédigé par Creverte, Parano.be, secteur ETC.


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26 décembre 2004

marie-rose

« Deux cafés ! »
Marie-Rose hurle. Marie-Rose est la serveuse du Greenwich, café historique, repaire des Kasparov en gilet vert bouteille. A part le stylo autour du cou plutôt que sur l’oreille, elle a le look charcutière de grande surface. Marie-Rose aurait pu vendre des tripes à Mahomet, tellement elle impressionne.

« Un thé, une bière ! »
Marie-Rose ordonne, calcule, marche comme un pygmée dans la brousse avec ses souliers magiques, ses petits mocassins ouverts et compensés qui rappellent les espadrilles Scholl des infirmières d’hôpitaux.
Elle a plus de 35 ans comme le dit l’affiche de l’offre d’emploi qui est restée collée sur la vitre extérieure du café par des années de cigarettes.
Les pires provocateurs n’osent même pas affronter Marie-Rose (dite MR comme le parti conservateur).
Que le client fasse la passe la plus stratégique sur l’échiquier, qu’il lise l’article le plus saisissant d’Ignacio Ramonet, qu’il écrive la nouvelle la plus fracassante de la rentrée, Marie-Rose interrompt. L’argent qui ne rentre pas tout de suite, c’est comme de l’argent foutu.
Avec ses euros in the pocket of the tablier, Marie-Rose est belle comme une interruption de grossesse, comme une rupture d’anévrisme. Marie-Rose fait fantasmer les piliers de bar et allume les lustres avec sa coupe militaire et sa taille de guêpe à pinces.

Marie-Rose n’est pas une brève de comptoir, elle est une envolée lyrique au pays des oies sauvages. Au Greenwich, les vespasiennes sont classées monument historique, Marie-Rose aussi.

Texte écrit par furya sur Parano.be, secteur ETC.


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11 décembre 2004

Benidorm, Raspoutine, Union-Inter, Turkménistan. Autant de souvenirs merveilleux qui se bousculent dans ma tête mais dont le bruit m’est insupportable. Car tu n’es plus là . Tiraillée entre ta peur d’être abandonnée et celle de perdre ta liberté, tu as préféré partir. Ma vie n’a plus aucun sens. Banqueroute. Rapetissement. Ulcération. Interrogation. Tétanisation. Et pourtant, je me souviens. Je ne peux m’en empêcher.

Benidorm. Ramassage de coquillages. Ultra bronzage. Invitation au farniente. Tentations extrêmes. C’était le bonheur absolu. Mais je m’en rends compte seulement maintenant, à cause du bruit que font ses souvenirs depuis que tu es partie.

Raspoutine. Un génie. Indescriptible. Thaumaturge pour certains. Badins selon d’autres. Nous avions passé des heures à tenter de trouver sa cabane natale à Pokrovskoïe. On s’est séparé des milliers de fois à cause de notre désaccord sur ses relations avec la tsarine Alexandra Fedorovna. Mais on s’est toujours réconcilié en lançant une malédiction sur le prince Ioussoupov et tous ses descendants. Malheureusement, tout cela est terminé. Je pense de plus en plus à chasser Grigori Iefimovitch de ma tête, car il fait un bruit insupportable depuis que tu es partie.

Union-Inter. Totalement fou. Bière à n’en plus finir. Royal. L’Union saint-gilloise de retour en coupe d’Europe, contre l’Inter Milan. Qui aurait pu imaginer ça ? Peut-être moi, en cherchant bien. Mais imaginer que tu me proposes de regarder le match à la télévision et qu’on fasse l’amour chaque fois qu’un but serait marqué, c’était ultra-fantasmatique. L’Inter a finalement gagné 1-10. C’est le but de l’Union, un magnifique coup-franc tiré dans les arrêts de jeu, qui m’a achevé. Mais depuis que tu n’es plus là , je ne m’intéresse plus au foot. Le bruit d’un match m’est insupportable sans toi.

Turkménistan. Brossage des tapis. Rien de commun avec ce qu’on avait déjà vu. Unbelievable. Impossible de compter les images du président Saparmourad Niazov. Maintenant que j’y repense, ce voyage ne fut que du bruit. Le bruit de l’avion se posant sur la piste de l’aéroport international d’Ashgabat. Le bruit dans les couloirs de l’hôtel la nuit. Le bruit des chevaux piaffant dans les écuries. Le bruit du Tupolev en pièces détachées qui nous a conduit sans qu’on sache comment jusqu’à Turkmenbachi. Le bruit de la mer Caspienne s’échouant sur les magnifiques plages de sable d’un jaune unique au monde. Le bruit des stations de pompage de l’Amou-Daria. Le bruit de la statue dorée du président qui tourne avec le soleil. Je voudrais oublier tout cela depuis que tu es partie, mais je n’y arrive pas.

Bonheur ratiboisé. Une interminable turpitude.

Texte écrit par lenoil sur Parano.be, secteur ETC.


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7 décembre 2004

Cette métallique complainte qui m’asphyxiant rend chaque claquement de lèvre plus assourdissant que le baiser hurlé d’un amant, l’amant que j’ai oublié, je veux l’enterrer dans ce trou béant d’où même à l’Apocalypse aucun mort-vivant ne surgira… Il est parti parce qu’il le devait, je me répète en mordant, pépites grinçantes, la surface noire de mon tableau de mémoire. J’arrive à rire, parfois. Eclats de jubilation répercutés par l’hilarité d’une foule d’aveugles. L’Hila-Rité. Et quand je réhausse mon donjon aux allures enivrantes de certains quotidiens empreints de bonheur, je crois réussir, oui je crois, je crois, l’oubli, je crois réussir, enfin, je crois, je crois réussir, réussir oui, je crois, je crois oui, réussir, je crois, à l’oublier.

A Milady, peuplée de mots-flèches-plumes, consolation Allegretto (ma non troppo)


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4 décembre 2004

7h30…

Se lever… comme d’habitude. Aujourd’hui, début à la Claude François. (Note : Ne pas prendre de douche, plus prudent et en plus suis à la bourre). Abandonner pyjama mickey pour lingerie fine. Séance maquillage. Faire de moi la plus belle des femmes. Mon miroir se gausse ! Être loin d’être une belle au bois dormant, n’être qu’une cendrillon. Illusion malgré tout réussie, suis content.
Prendre mon sac, mes papiers et fermer la porte. Magali. Magali. Magali. Se répéter mon nom pour ne pas l’oublier, pour ne pas commettre d’imper. Un nom dérobé au coin d’une rue, un nom d’emprunt, un nom qui me va mieux qu’à elle.
Deux heures de route, métro, métro, métro. Putain de transport publique. Arriver vers 10 heures à Marne-la-Vallée. Etre encore en retard. Présenter son badge à l’entrée. Agents de la sécurité pas mal physiquement (note : très jolies fesses) mais pas très physionomistes. Apprécier leur incompétence.
Pénétrer dans le bâtiment, se faufiler parmi les autres, éviter mon chef d’équipe et ses remarques. Ne pas réussir et le croiser. Envie de lui hurler : «Je suis pas idiote, je sais que je suis en retard ». Rester calme. Mordre ma langue, accepter, s’excuser.
Se balader dans les avenues du parc. Sourire toujours et encore et encore. Caresser les cheveux des enfants, aguicher les ados et provoquer les plus vieux. Etre belle, être un rêve, être un phantasme, être une cendrillon et se vendre pour une chaussure.
Attendre la fin de la matinée pour en attraper un. Le regarder plaisanter, avancer, reculer, tenter puis se rétracter. Lui donner son accord et lui avouer que s’est 50 euros. Le voir fouiller son porte feuille et sortir un billet chiffonné. L’entraîner dans un coin, le parc en regorge à croire qu’il a été conçu pour cela.
Le rassurer, déboutonner son jean et en sortir son sexe. Envie furieuse de rire vu la taille. Le prendre dans la bouche, le titiller avec la langue. L’entendre souffler, gémir, jouir. Recracher par terre.
Le retenir, relever ma robe et lui montrer mon sexe pendouillant. Rire de son visage, de son dégoût, de sa répugnance. Aimer le voir vomir, marmonner, douter et se détester d’avoir pris ce plaisir contre-nature. Plonger de billet dans ma poche et le laisser à ses pleurs.
Revenir dans la foule, caresser les cheveux des enfants, aguicher les ados et provoquer les plus vieux. Attendre, attendre, attendre.

disneyworld
Le voir débouler furieux ! Penser à dénoncer à ses supérieurs son attitude déplacée au milieu de la bonne humeur ambiante. Sourire. Me faire amener dans une petite salle l’abri des regards. Sourire. Me faire sermonner, engueuler, injurier, frapper. Sourire. Me trouver entrain de lire ma propre démission et prendre le stylo pour la signer. Sourire. M’entendre dire de ne jamais remettre les pieds dans le parc. Sourire et marquer mon accord.
Rentrer chez soir. Deux heures de route, métro, métro, métro. Putain de transport publique. Rentrer dans la salle de bain, boucher son nez pour l’odeur. Saisir la scie à bois et s’acharner sur le cou de la pauvre. La mettre dans une boite, bien la fermer toujours pour l’odeur. Mettre la petite carte : « comme promis, ne pas y remettre les pieds » et l’adresser au chef de service.
Se demander quand grandir, quand arrêter de faire des blagues nuls et de jouer comme un gamin. S’endormir sur cette pensée.

7h30…
Se lever. Etre au chômage. Ne pas rester inactive. Abandonner pyjama mickey pour un caleçon. Redevenir le plus beau des hommes. Fermer la porte pour ne plus y revenir, abandonner ce nom et partir à la recherche d’un autre.

Texte écrit par wish sur Parano.be, secteur ETC.


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