35 poèmes, textes, dessins, extraits
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:: 29 décembre La faiseuse de mondes
:: 23 décembre Le clou
:: 20 décembre Quand on s’endort
:: 6 décembre REP Gérard Delaloye ou La solidité de l’Existance
:: 14 novembre Que dire de plus?
:: 30 septembre Rêve d’architecte
:: 10 août Celui qui n’en était pas un
:: 8 août Rêve d’architecte
:: 1 juillet La valse sans temps
:: 28 juin Tout est architecture
:: 24 juin L’antre des Gobelins
:: 24 mai L’écrabouillement des rêves
:: 10 mai Entre les mots
:: 8 avril Je suis las du chaos de leurs vies
:: 18 décembre Les amours passés
:: 21 novembre Laetitia, mode intérieur
:: 20 novembre Mirko, joie et tristesse
:: 14 novembre Un monde sans travail
:: 5 novembre A la fleur le long de mon chemin
:: 21 octobre La lumière ne vient plus du soleil
:: 6 septembre 1 mois et demi plus tard
:: 27 juillet Dans la même voiture
:: 24 juillet Dans le même lit
:: 29 mai L’information
:: 21 mars Aranyo
:: 29 janvier Do not go gentle into that good night, traduction française
:: 9 décembre L’Architecture de l’image, à la réalité
:: 20 novembre La Pente en Architecture, l’exemple du Lavaux
:: 13 novembre Les mailles métalliques
:: 24 octobre L’échelle
:: 23 juin Du groupe à l’humanité
:: 6 juin Il y a des rencontres qui
:: 3 juin CrissieR1
:: 25 avril La somme du vide
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9 mai 2008

certains disent qu’on devrait éviter les remords personnels dans le poème,
rester abstrait, et c’est assez sensé,
mais putain;
douze poèmes disparus et je ne garde pas de copies et tu as pris
mes peintures aussi, mes meilleures; c’est suffocant:
tu essaies de me réduire en miettes comme tous les autres?
pourquoi t’as pas pris mon argent? c’est ce qu’elles font
dans les pantalons ivres dormant malades dans un coin.
la prochaine fois prend mon bras gauche ou un billet
mais pas mes poèmes:
je suis pas Shakespeare
mais parfois simplement
il y en n’aura pas plus, abstraits ou autres;
il y aura toujours de l’argent et des putes et des ivrognes
jusque sous la dernière bombe,
mais comme Dieu a dit,
croisant les jambes,
je vois où j’ai fait plein de poètes
mais pas tellement
de la poésie.

Charles Bukowski
to the whore who took my poems
Tiré de « Burning in Water, Drowning in Flame
Selected poems 1955 – 1973
« , Black Sparrow Press, 1986.
Paru la première fois dans:
« It Catches My Heart in Its Hands« , 1963.

Traduit par David Ruzicka.


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12 janvier 2007

Le présent n’a même plus le temps de passer, il se voit analysé, découpé en tranches, terrassé. On ne vous laisse plus rien vivre, simplement vivre, oui, tout est sujet à commentaires, à la diarrhée des images et du verbe.

Sometimes il y a des gens, des cars de touristes non nippons. Prendre garde à ne pas glisser sur du rouge à lèvres frais posé à même le sol, pas de pièges, juste des jeux de piste qui vont tout droit, évitent le mur, tracent la route sans emprunter les chemins de traverse désormais connus, reconnus, arpentés, sur lesquels nombre de genoux se sont écorchés… Les bottes cousues de diverses matières ne sont plus entachées de la boue des sentiers, c’est qu’il est parsemé de grandes toiles blanches qui attendent l’inspiration, le parfum du champagne et les demains sans fin. Que la colère quitte désormais les terres fertiles, l’archipel aux rues pavées de vérités est ouvert d’un coup de ciseaux aiguisés.

Fétichiste des phrases qui tournent en boucle sur les menus des DVD…
Fétichiste des clubs de golf de la région de Waterloo…

Un soleil blafard se couche sur une mère d’huile. Le verre déchire mes pieds, les vers se déchirent, je prends mon pied.
Les verres se déchirent, les piédestaux ne sont plus de mise. Miser les oripeaux, détrôner les seuils trop haut, ceux qu’on idole, ceux qu’on démiurge, ceux que l’on atteint qu’après s’être fait roi de nos propres batailles futiles. J’embrasse les oublis, je détrône les dénis, je joins les mains même si je ne sais plus prier. Je vous adresse mes prières oubliées, mes chandelles étouffées, mes psaumes reniés.
Je frotte une allumette, je respire la fumée… Je souffre, je monoxyde. Je m’oxyde, je caresse mes poignets percés, je bois mon âme, je me baise devant la télé, je me branle de l’obscénité. Je souris, je, saoul, ris, je me perds en un dédale d’humanité et vomis votre liberté, vous ne me faites plus bander. J’attends, me tends et observe l’obséquiosité.
Quoi, enfin quoi ? Me toucher, me supplier, me lasser, m’assouvir ? Savourer l’urgence lancer les scènes d’apparence. Briller, lustrer, frémir et tomber. A même la peau, à même l’ego. Maudire les nombrils irrités, sculpter les heures, retoucher les ardeurs. Savourer les patiences et me jeter dans l’oubli des ressentis. Vois l’aube, cette femme sereine, cette idole des déceptions qui croit voir dans les lumières précoces les promesses d’esquives tranquilles. Non ne crachez pas sur l’immédiat. Finalement il n’est pas si ingrat.
Quoi, enfin quoi ? Me troncher, me sublimer, me baiser et tout ça, saoul, vire ? Savourées, les décades dansent. Brûler, simuler, jouir et débander ? Ah m’aime la peau, ah hurle l’écho. Sans mot dire, les « non » brillent irrités… Je suis loin, si loin au dessus de vous, je contemple l’humanité, foulez de vos pieds mon icône brisée, je marchais, marcherais dans le désert de vos pensées. Je vaincrais, je vaincrais dans le trouble de vos certitudes. Peaux frêles, lèvres embrassées, j’ai tenté les abstraits, j’ai tenté les futiles. J’ai obligé les corporalités. Feinter, feinter, toujours feinter. Je vous veux lointains, je vous veux fébriles, je vous veux surprise des paupières et scintillements. Je suis adossé contre une dune de papier, je toise les étoiles, j’ose espérer mais m’efface sans plus d’équité. Le sang brûle, je simule, j’ai peur de demain comme j’apprécie un coup de rein. On oublie, on faiblit, on gémit pour ne pas aller de mal en pis…

Il titube, s’assoit, me toise de ses yeux hagards, d’une main malhabile, il cherche à se redresser. Il bafouille quelques phrases incohérentes et se plonge dans la douceur relative du coton couvert d’une toile satinée. Son costume beige clair en lin, froissé à cette heure-ci, comme il se doit, est souillé d’une substance nauséabonde qui s’auréole de bile jaunâtre et malodorante. Il regarde ses mains tremblantes, la crasse sous ses ongles manucurés, il caresse nonchalamment son annulaire sur lequel survit le spectre d’or et de platine d’un amour révolu. Il tente de parler, sa voix s’éraille, ses yeux se piquent d’humidité. Il a un haut-le-coeur, j’ai peur qu’il ne vomisse, il se couvre le visage. Je l’entends hoqueter, ne me résous à entamer la conversation, trop digne qu’il doit être, pour assumer d’avoir pleuré.
Il regarde par la fenêtre, l’incendie de néon qui brûle au travers de la nuit. Son visage s’éteint, s’illumine, dans un chaos par trop ordonné, au rythme de la publicité. Des yeux, il caresse la réalité au travers d’un écran de plexiglas griffé. La pluie, telle son âme, commence à tomber, s’écrase sur le trottoir, et dans un ultime soubresaut, tente de se redresser mais s’affale sur l’asphalte, piétinée. Il fouille ses poches, en quête de liquidité. Finalement je me tourne vers lui, mon visage grimé d’un sourire surfait.
-Où désirez-vous aller?
-J’ai pris la sortie 78, j’ai été très déçu, on ne part jamais de nulle part, on entre toujours quelque part.
Il pose un billet de vingt euros sur le siège passager, me salue avant de s’en aller.
Dans le silence du vide qu’il m’a laissé, je lui soupire ce que j’espère être une parole de réconfort
«A demain soir, comme tous les soirs, avec plaisir.»
Avant d’empocher le billet comme une prostituée…

Au bout de cinq jours, il restait hagard dans le désert. Bien sûr, ses larmes avaient fait pousser un buisson, mais cinq jours c’était long… Pas de femme, pas de clope, pas de pote avec qui partager les émois d’un match de foot en jogging vert chiasse adidas. Bon, pas besoin de sortir le clebs non plus, peut être était il crevé, sur le tapis persan devant la cheminée, de toute façon il n’avait jamais pu piffrer les bouldogs. Il lui avait posé un lapin, mais c’était pas la première fois, et puis les lapins, c’étaient trop de réminiscence d’un passé houleux et tourmenté, de fouets, jarretières de cuir noir et autres instruments de torture qu’il ne pouvait plus blairer, c’est vrai quoi, c’était pas un vieux SS en quête de mal à distribuer. C’est pas comme s’il allait tirer les juifs d’un chalet, où les hommes s’entassaient et scrutaient un vieux morceau de pain rassis avec gourmandise. Pourquoi s’était-il barré? Il avait fuit, fuit une réalité asthmatique, des pouffiasses décolorées, les jambes ouvertes, alanguies en quête de maternité après s’être fait sautées. Il avait fuit un hypothétique rejeton qui lui avait vomi dans son intimité et dont le souvenir s’étiolait comme un éclat de verre, brisé comme un rire. Et puis quoi? Peut-être que cette petite conne s’était fait avorter, dressant un mur rouge sang entre l’avenir et la réalité. Peut-être que sa marmaille croupissait au fond d’une poubelle, entre son pote tumeur et son ami placenta… Peut être ne restait-il de lui qu’un spectre malsain. Mais il n’allait pas se laisser crucifier par les regrets. Le regret, c’est démodé, pensait-il, juché sur sa paire de baskets adidas. De ses lapins, seul survivait un embryon d’égocentrisme, se savoir aimé, se savoir désiré, voila le seul intérêt. Ca faisait cinq jours qu’il s’était barré et il imaginait le nombre d’amantes qui l’attendaient, penchées contre le téléphone, dans l’attente d’un hypothétique coup de fil qu’il ne passerait jamais. Si les femmes veulent espérer, c’est leur affaire se disait-il, il ne fallait pas le prendre pour un âne, et encore moins menacer de le choper par les couilles, jamais on ne lui foutrait un harnais. A quoi bon se faire un sang d’encre, à quoi bon voir un signe dans des taches sans importances. Allez, il avait une religion à créer. Il s’aimait d’un amour si beau que la barbarie des hommes serait oubliée.

Les programmes salvateurs et avilissants du prime time avaient laissé place à une mire évocatrice, et moi, je contemplais benoîtement cet écran télé sans plus d’utilité. Il y eut quelques secondes, quelques minutes d’un mutisme religieux, puis sept trompettes sonnèrent simultanément depuis les cieux. Un coq chanta et l’hallali se déclencha.
Un simple cri hystérique, loin, très loin au dessus de moi, une cavalcade, des sanglots, des râles. Mon plafond tremblait, mon lustre de faux cristal de Bohème cliquetait.
Hagard, j’attrapais la télécommande posée sur l’accoudoir de velours côtelé et fit taire le silence de la télé. J’allumais une Lucky Strike, coup de chance, au moins il m’en restait. Je pensais à mon toubib qui avait passé sa vie à me mettre en garde contre ce poison à inhaler, avant de succomber à une cirrhose foudroyante.
Enfin je pus détourner mes yeux de cet écran placide, j’observais, rien n’avait changé. Pas d’ange de la mort à mes côtés, pas de ténèbres où s’enfoncer. Je finis mon verre de whisky, mis ma veste que je venais de récupérer chez le teinturier et lâchai ma clope à demi consumée sur la montagne de papier qui s’évertuait à annexer ma salle à manger.
L’air dehors était frais, le ciel étoilé. N’aurait été cette bande de clowns courant en tout sens autour de moi, pathétique comme issus d’un cirque de campagne, j’aurais pu apprécier la soirée.
Je marchais droit devant moi, pour la première fois, je ne regardais pas mes pieds, mais les façades bariolées. Je m’extasiais…

Je flotte, ballotté sans grâce par des lames de fond incendiaires. Je bois la tasse et les flammes me brûlent la gorge… Je défigure ta beauté, j’arracherais ton souvenir photographique, mes ongles creuseront des sillons dans tes joues, carnassier. Je suis une antiquité revisitée, une entité séquestrée, un jésus défiguré, je suis le fond de cale d’un chalutier, empli pour être vidé, sans attache et non sans tache…

Entrelacs d’asphalte dessinant mille et une formes auxquelles notre esprit associe des visages, des figures. Des taches anonymes de couleur plus ou moins vive se reflètent, affairées, sur le dédale vitré qui n’en finit pas. De loin en loin, des messages d’espoir ou de haine sont griffonnés à la hâte. Les taches progressent, chacune s’accordant inconsciemment sur un métronome apathique. Le chant des oiseaux, masqué par le silence de nos idées impassibles alors que nous brûlons notre avenir chaque fois que nous tournons une clé. Alors on regagne notre prison dorée, trop propre, trop exiguë, s’élevant toujours plus haut vers les cieux encastrés les uns sur les autres, immense abattoir de plâtre et de contreplaqué. On souffle, heureux, protégés par un rempart d’acier.


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3 janvier 2007

pas trop de chance,
complètement sans
but,
c’était un jeune homme
dans un bus
traversant la Caroline du Nord
en chemin vers
quelque part
et il a commencé à neiger
et le bus s’est arrêté
à un petit café
nulle part dans les collines
et les passagers
sont entrés.

Il s’est assis à un coin
avec les autres,
il a commandé et la
nourriture est arrivée.
ce repas était
particulièrement
bon
et le
café.

la serveuse n’était pas
comme les femmes
qu’il avait
connues.
elle était pure,
quelque chose
d’authentique
émanait
d’elle.
le cuisinier à la friteuse disait
des imbécilités.
le gars à la plonge,
derrière,
rigolait, un rire
bon
clair
agréable.

le jeune homme observait
la neige tomber derrière
les vitres.

Il avait envie de rester
dans ce café
pour toujours.

le curieux sentiment
le parcourut
que tout
était
magnifique
ici,
que cela restera toujours
magnifique
ici.

ensuite le conducteur
a dit aux passagers
qu’il était temps
de réembarquer.

le jeune homme
a pensé, je vais rester assis
ici, je vais juste rester
ici.

mais ensuite
il s’est levé et a suivi
les autres vers
le bus.

il s’est assis à sa place
et a regardé vers le café
à travers la fenêtre
du bus.
alors le bus a
démarré, repris la route,
descendant, loin des
collines.

le jeune homme
regardait droit
devant lui.
il entendait les autres
passagers
parler
d’autres choses,
ou ils lisaient
ou
ils essayaient
de dormir.

ils n’avaient pas
remarqué
la
magie.

le jeune homme
appuya sa tête
d’un côté,
ferma ses
yeux,
prétendit
dormir.
Il n’y avait rien
d’autre à faire –
seulement écouter le
son du
moteur,
le son des
pneus
dans la
neige.

 

—————————————–
Merci au dernier album de Tom Waits ("Orphans"), pour m’avoir permis de redécouvrir ce poème de Bukowski interprété par Waits. Librement traduit en français par David Ruzicka.
Ecouter le mp3 >>>
Page d’infos sur cette chanson de Tom Waits >>>


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20 juin 2005

Il faisait presque jour, je suivais le brouillard, l’inconnu(e) qui me souriait. Je me suis perdu, retrouvé, coincé sur un grand boulevard dont je ne me rappelle plus le nom et pendant que la foule solitaire se pressait, je pouvais toujours crever. Sur le trottoir, on ne m’indiquerait jamais la sortie. On me bousculerait même, comme si j’aimais valser au milieu des fumées noires, du bruit et des chantiers qui n’en finissent plus de pousser.
C’était une de ces villes malades qui crache ses poumons. Chaque matin et comme partout ailleurs, j’entendais des voix chuchoter, des radios grésiller et des dizaines de voitures qui passaient sous mon nez. C’était ça, le plus profond des transmissions qu’on pouvait capter. Mais j’oubliais qu’ici, on était juste en train de se réveiller.
Finalement, je ne faisais rien d’autre que contempler l’autodestruction que résument les journaux, la société aseptisée qu’on repasse chaque matin aux environs de 7 heures, la multiplication des maux, comme s’il n’y avait pas de poings à serrer mais des vieilles têtes, résignées, dressées au doigt, à l’œil, à tout ce qu’on voudra. Tout ça me donnait envie de gerber, de claquer la porte. Qui aime extrapoler le passé, vendre au présent et s’en foutre royalement ? C’est le futur qui nous attend, il faudra s’habituer. Regarder tout gris, même les hommes petits ou bien vivre sur une île, observer les éclaircies, vivre utopie, retrouver un semblant de raison quand les sapins dessineront l’horizon.

Ecrit par minipol sur Parano.be, en ETC


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12 mai 2005

Who besides me saw Aldo come back from the factory on a summer morning, his face covered with sweat and dust?
Who will remember my father’s youth after I am gone?
What about the smell of bleach on my mother’s hands?
Is there anyone else who will remember the “tartaruga” in the kindergarten?
And the Minestrone the children would eat at lunchtime between play ground and the little nap?
What about Walter who wanted to marry me as soon as possible?
Age four: As soon as possible is an eternity, but eternity is tomorrow.
And later, when the factory closed down, Aldo stopped working. He kept a garden in the neighborhood where he would raise rabbits.
Walter and I would observe them in their cages, but as soon as they were in our plates we would eat them without a single thought for their cuteness as little rabbits.
This poor woman in her hospital bed. She is missing her right arm and leg because of a rare disease. She is crying and wants to die, who else sees her besides me?
And the taste of polenta on a rainy day in a rainy country, when Livia would invite me to share their meal. How proud Aldo was of his little family. Who knows how happy I was picking up the mushrooms with my fork and sitting between Stefano and Walter?
A summer next to the sea, I lost my tooth and I am throwing it in the Ocean. On a picture I am smiling, a childish, innocent and toothless smile. Who will know why I was smiling?
One day someone told me a secret, I never told anyone, but where do secrets go when they are never told?
The day I blushed after a teenager whispered something in my ear. He does not remember what he whispered.
In London an old Lady telling me how in Germany they stuck a needle in her ear and injected her with chemical products. She survived.
Grandmother, her stories from older times, her sayings and her laugh.
The endless hours spend on learning: Ich bin, du bist, ihr seit, wir sind… German language that I hated. Now I am glad that I know it.
In the little line between the date of birth and the date of death there lies identity.
Books read, movies seen, people met, places been. This is what creates us.

There is no identity without memory.


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26 avril 2005

J’aimerais que
Et tout le temps
Pouvoir voir
Et toucher
Te voir me
Et sourire malgré moi…
J’aimerais te dire que
ET tout le temps le crier,
Te montrer à quel point
Malgré mes demis mots…
Et à longueur de temps
Pouvoir tant et tant…
Mais tout ça tu le sais.
J’aimerais pouvoir croire
Et que tu y crois aussi,
Te faire entendre que
Te murmurer que
Et te voir sourire.
Te toucher
Te couver
T’effleurer
Tracer plus de mots et te voir rougir…
J’aimerais te dire que
Mais je ne le ferai pas
Parce que mes demis mots
Plus que moi…
J’aimerais te dire tant
Mais je ne le ferai pas
Quand mes mots sont entiers
Ils ne sont plus justes,
Quand je comble les vides
Je n’en dis plus assez…

Proposé par Poca-19833 sur Parano, en ETC.


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19 avril 2005

J’ai la tête qui flotte, les idées en vrac sur un paquet de notes. Je dis parfois bonjour aux inconnus, comme si c’était une musique que j’aimerais entendre plus souvent dans la rue. J’ai en moi des montagnes de rêves colorés et en général, les psychotropes sont mes amis, puis mes ennemis… Mais ce n’est pas grave, j’ai depuis toujours adoré, me sentir grave et léger. Sur mon frigo, j’accroche régulièrement des listes, des post-it pour mes pensées. Hier, j’ai écrit « se rayer provisoirement de la liste des vivants » parce que je vais certainement être absent, du moins quelques temps. Dans l’idéal, je voudrais mourir d’un sourire mais une balle oui, je ne sais pas. J’aime bien jouer au tennis, faire ricocher les balles, transpirer sur matières synthétiques. Et je m’imagine même en Kuerten tout vide parce que je n’ai pas le soleil pour m’inspirer. Mais bon, c’est pas très important.
En ce moment, je vis dans les trous. En attendant la lumière, le creux est ma matière première comme je me plais à raconter. Et c’est vrai que j’aime disparaître. Mais l’attachement aux symptômes, j’aime pas trop. Je préfère les fantômes. Je précise que mon baromètre mental va bien, merci pour lui. Mais je peux écrire un interlude pour dépressifs si vous préférez. Je crois que je sais assez bien assembler des gammes recomposées et sentir les émotions passées. Mais le truc que je préfère, c’est marcher à l’envers dans Nantes-Atlantique. Je dis Atlantique à cause de l’océan parce que j’en parle depuis que je suis enfant. Mais bref, je tenais juste à dire que je ne connais pas Greg Davis. Je peux par contre vous chanter la chanson de Lois et Salomé si vous aimez les trucs pour bébés. C’est un peu la fin de tout, comme un retour à l’année zéro. Et finalement, je me demande si ce n’est pas ce dont j’ai toujours rêvé : tout recommencer.

Texte écrit par minipol, en ETC, Parano.be


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18 avril 2005

Toute cette histoire a commencé un 8 car le 8 est le chiffre de la vie nouvelle. Ce bouge est un octogone monté sur un couple de serpents autophages.
Elle scrute l’orient pour chaque matin assister à la naissance du jour, j’ai renversé la mappemonde avec mes médiocres mots, le temps est un mort-né, les premières heures sont celles du jugement dernier, elle part crever en occident… Occidere…

Si je suis omniprésent, dans le parfum âcre d’une mare urbaine, dans les aspérités rêches des parpaings, dans la teinte jaunâtre d’une pluie filtrée par les cheminées des usines, c’est que j’ai explosé, l’expansion d’un moi sans ego, j’ai fusionné pour n’être que globules de la ville. Tu suces la moelle de mes mots qui exsudent et qui stagnent dans les déchetteries isolées.

Ton ombre errante qui se détache de la normalité cyclique du monde, ton ombre errante claudiquant traînant avec orgueil le fardeau congénital, comme un bagnard fraîchement rasé lâché dans le petit matin.
Tu t’enfonces dans les bouches de metro, attirée irrémédiablement par la respiration machinale du monde, tu seras recrachée plus loin, inchangée. Et c’est bien parce que l’aspect corrosif du monde ne te fait pas plus brillante que de plus en plus tu deviens fruit amer.

Quelque part, une cave chauffée par des conduits détournés, un sol de terre battue, murs de briques molles, air lourd, moite, air palpable. Une silhouette, un sourire or, yeux au milieu des joues, parmi un tas de poupées chiffon il y a toi, transpercée, brûlée, humiliée. La poupée a elle aussi le sourire aux lèvres, le sourire or peste, l’attrape pour alimenter la chaudière puante. Tu te libères dans un rire rédempteur.

Texte écrit par Tveroz, en ETC, sur Parano.be


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17 avril 2005

J’ai été de la Môle et De Rénal, princesse ou sorcière, de Merteuil et de Volanges, Maman ou putain, maîtresse ou épouse, Sappho ou Salomé, ni pute ni soumise, Jane Eyre et Miss Tique, Folcoche et Chloé D… j’ai été celles et aussi ceux, à travers toutes les lignes, avalant des coins de page et des recoins d’esprits… Je n’ai de recul qu’à la fin, quand le livre me quitte. Je n’ai d’avis que lorsque je baigne dans le sens des feuilles. Je n’ai de sentiment que lorsque j’ai souffert et projeté, sinon, je m’ennuie, je m’endors sur leur lauriers et conchie toute vérité adaptée.
Je suis un livre, dé-livrée du mal…

Et si mon p’tit Blod était encore là , avec son dos pesé de citations, il dirait peut-être :

Les livres ont les destinées
Que leur fait, d’après ses idées
Et ses goûts, celui qui les lit.

‘Terentianus Maurus’

Texte proposé par Milady Renoir en ETC, sur Parano.be


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16 avril 2005

La lame cheveu qui brûle l’estampe.
L’épine d’ocre qui scrute la peau.
L’ongle incarné qui pointe l’épure.
Le triptyque s’enflamme, bouts de plume.

La dent contre le cœur, l’amour me tourbillonne malgré les larmes. L’obscure pulsation, de ma main, mais le souffle n’est pas glauque, oh que non. Il écume l’humus, transperce l’épiderme et explose le cloaque.

Les liens du sang, et du vent.

Bientôt Nos sourires sous les rayons de papier glacé, bientôt l’affaissement du Mont Chauve, la farandole diurne des veines et des branches qui portent l’ombre aux rampants et le suc aux bourgeons. Pourquoi j’ai noyé la mère…

Mon bonheur est dans cette confrontation des astres, mon plaisir dans le scintillement perpétué par le crépuscule de la mort. Briller pourpre et boucle par le passé, sans s’être agenouillé sur la vallée.

Je suis prêt au meurtre de l’oubli, paré contre les désillusions du martyre. Je ne suis ni plus ni moins, je suis tout autant, et vous m’êtes si précieux sous vos allures « dandyloquentes », dans vos sourires empreints de vérité. Je ne veux tout compliquer sans fin, j’ai faim, et la spirale est le plus long et périlleux parcours jusqu’à la sérénité des chemins.

Ecrit en ETC, sur Parano.be, par Creveine


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15 avril 2005

Lorsque d’une démarche altière et assurée,
J’entre en ce lieu sacré qu’on appelle « Leclerc »,
Mes yeux, bien malgré moi, sont toujours attirés
Par ces êtres divins surnommés les « caissières ».

Mais de toutes ces fées de la grande surface
Qui ont pourtant chacune un charme indescriptible
Il en est une qui de beaucoup les dépasse
Tant chez elle beauté et grâce sont visibles.

Je veux parler de toi, ô suave Morgane,
Dont le gracieux prénom rappelle à ma mémoire
Le magicien Merlin et le tigre Chere Kan
Quoique là je crois bien m’être trompé d’histoire.

Et quand vient le moment fatidique et cruel
Où je dois, pour payer, choisir une caissière
Je me dirige alors toujours vers la plus belle :
Vers Morgane bien sûr, Déesse du Leclerc.

Ecrit en ETC, sur Parano.be, par LaPlaie


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14 avril 2005

La photo prise par un car de touristes d’un couple valsant sur un des ponts surplombant la Seine est ma photo, dans la mémoire du vieux Monsieur souriant, il restera le souvenir de deux ombres marchant à vive allure suivies de volants virvoltants, les paumes de nos mains se rappellent encore le marbre froid des rigoles du Louvres.
Sometimes il y a des gens, des cars de touristes non nippons. Prendre garde à ne pas glisser sur du rouge à lèvres frais posé à même le sol, pas de pièges, juste des jeux de piste qui vont tout droit, évitent le mur, tracent la route sans emprunter les chemins de traverse désormais connus, reconnus, arpentés, sur lesquels nombre de genoux se sont écorchés… Les bottes cousues de diverses matières ne sont plus entachées de la boue des sentiers, c’est qu’il est parsemé de grandes toiles blanches qui attendent l’inspiration, le parfum du champagne et les demains sans fin.
Que la colère quitte désormais les terres fertiles, l’archipel aux rues pavées de vérités est ouvert d’un coup de ciseaux aiguisés – Une Julie.

Ecrit en ETC, sur Parano.be, par Ubik


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13 avril 2005

cette page, est-elle réellement tachée de
sang ?

ou de mots ?
ou de l’absangce de mots ?
est-elle sang mots ?

ce ne sont que des mauts,
n’est-ce pas ?
il n’y a pas d’odeur, de texture,
de chaleur, de goût
de couleur
rouge-brun-gluant,
pas de mouvement,
et pourtant ;

une plaie,
n’est-ce pas
une éternelle question
sang
vraie
réponse ?

Texte de phoenix, en ETC, sur Parano.be


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