Littérature suisse
Dessins suissesadmin
:: 20 janvier Élévation
:: 12 janvier La chambre immaculée
:: 7 janvier Jamais maudite
:: 6 janvier Tube infuseur de vie
:: 4 janvier La merveilleuse impossibilité de se détacher
:: 3 janvier Le Peuple mort
:: 29 décembre Il respire lentement
:: 25 décembre La Fleur de Nuit
:: 21 décembre Aimer tellement
:: 2 décembre Alto Paraiso
:: 30 novembre Je ne crois pas en lui
:: 21 novembre Aime-les tous
:: 19 novembre Les fils électriques
:: 18 novembre Effusion lente
:: 28 octobre Bang bang, mon amour m’a descendue
:: 27 octobre Le bateau coule
:: 26 octobre Corcovado
:: 25 octobre C’était sensé être
:: 24 octobre Le dernier des musées
:: 8 octobre Une étrange certitude
:: 12 septembre [Hommage] Dialogue d’elle-lui-elle
:: 11 septembre Sémantique urbaine
:: 7 septembre Nous allons mourir, mon amour
:: 6 septembre Quand le vent froid soufflera
:: 3 septembre Architecture réalisée : bureaux en mailles métalliques à Crissier
:: 2 septembre D’amour, de mères et de femmes
:: 1 septembre L’instant précis
:: 31 août Déréliction IV
:: 25 juin Où vas-tu, à Vinicius
:: 24 juin Quand elle dort
:: 23 juin L’abîme de l’été
:: 22 juin Vision
:: 21 juin L’été flamboyant
:: 20 juin Le lien
:: 16 juin La réalité
:: 6 janvier | Tube infuseur de vie
:: 18 novembre | Effusion lente
:: 24 octobre | Le dernier des musées
:: 11 septembre | Sémantique urbaine
:: 21 juin | L’été flamboyant
:: 24 décembre | Neige et solitude
:: 22 décembre | Morte Neige Reine
:: 2 janvier | Grand Chalet Leysin
:: 29 décembre | La faiseuse de mondes
:: 6 décembre | REP Gérard Delaloye ou La solidité de l’Existance
:: 8 août | Rêve d’architecte
:: 24 juin | L’antre des Gobelins
:: 18 décembre | Les amours passés
11 juin 2009

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10 juin 2009


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17 avril 2008

Il y a tant de choses à raconter sur cette journée mais je ne trouve rien à y mettre. Il y aurait éventuellement un dialogue vidéo mais
Cette rencontre se résume à tant d’autres.
Cette journée est si riche en
et puis est-ce vraiment si important? La moitié de ce que je pourrais dire est déjà publiée par des centaines d’autres avec images et des dizaines par vidéos. Le quart suivant est commenté. Un tiers du reste existe sur des liens dans les commentaires. Le quart du tiers vogue en ce moment sur Facebook et la moitié du dernier tiers est facilement trouvée par RSS. Le reste, inopiné, apparaîtra demain sur Twitter.

L’échelonnement surdimensionné des informations qui cascadent lentement d’un moyen à un autre.
Le web.

Ecouter la radio. Juste une radio avec un commentateur et un spécialiste. Ils peuvent appeler s’ils veulent pour réagir. Ils peuvent laisser un message sur le répondeur et espérer être choisi à l’heure d’audience.

La télé. Je pourrais y envoyer un sms pour me voir apparaître en bas de l’écran une seconde.

Il y a tant de choses à raconter sur cette journée alors que je suis juste allé boire un café avant de rentrer et de me planter devant l’écran.
Le web.

La toile de l’araignée.
Elle m’emballe, oui comme si c’était autre chose d’anodin, et puis je crois être libre parce que je pourrais y participer. Je pourrais aussi tisser la toile. En amadouer d’autres pour que devant l’écran ça dure un peu plus longtemps jusqu’au soir.

Un peu plus longtemps dans le web.

Et ces autres gens dehors qui existent avec leurs corps bougeant et leurs idées bulbant, que je me sente si paisible autour d’eux parce que moi aussi je peux les contrôler, comme eux ils le pourraient sur moi, et que je me sente tranquille devant l’horizon de ce pouvoir donné à tous, repris par tous, et ressorti par moi, pour tous, et de tous, à moi. L’illusoire démocratie des sens.


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27 février 2008

Il y a un cercle autour de moi. Bon alors on va pas s’emballer en se disant que c’est juste un cercle dessiné, un cercle d’idées ou un cercle d’amis, non non c’est bien un cercle. Surtout comme dans "enfermé dans un cercle". T’es bien assis là, t’as rien de spécial à faire et t’es enfermé dans un cercle. Je pourrais marcher un petit peu et partir me promener. Admirer l’étendue des matinaux tripotant ce qu’ils vont faire. Là encore j’aurai mon cercle soigneusement dessiné autour de moi. Rien n’existe au-delà de ce cercle. C’est mon cercle. Plusieurs géométries invisibles, un peu perdues, le composent comme dans un tangram, sauf que c’est un cercle, et que s’il existe une infinité de façons de le composer, et bien il n’en reste pas moins un cercle. Mon cercle. Les pierres qui le constituent montent vers le ciel et je pourrais aussi bien dire que je suis au fond d’un puits.

D’ailleurs je suis au fond d’un puits.

Les pierres sont fades et friables et les couches qu’elles forment sont molles, s’effritent quand j’essaie de grimper. Mais grimper n’a aucun sens, ce serait comme de demander à un enfant de grandir un peu, tu déconnes tu fais n’importe quoi là, grandis un peu!, et puis les pierres reprennent leurs reliefs, fades et friables, où je tourne en rond comme tout le monde. Il ne faut pas penser qu’il n’y a pas d’issue, c’est plutôt que l’idée même d’une issue est fausse. Sinon les pierres ne seraient pas si friables, et le puits ne serait pas si haut, et le ciel ensoleillé ou étoilé ne verrait aucun inconvénient à ce que je projète des trucs en lui, des trucs loins, des trucs dans l’avenir, à faire un peu battre mon coeur. Sauf que quand je pense à ces trucs qui font un peu battre mon coeur le ciel se fâche. Et il pleut. Alors quand il pleut l’eau monte au fond du puits et c’est fou à quelle vitesse elle monte. D’ailleurs je ne sais pas pourquoi c’est de l’eau salée. Ca m’a perturbé la première fois parce que je me suis rendu compte en voyant cette eau dégouliner dans mon puits que j’avais soif, alors qu’avant de voir l’eau je n’avais jamais eu soif, avant de rêver je n’avais jamais eu soif, et puis d’essayer d’avoir soif et de l’assouvir m’a mené à l’eau salée. Qui monte. L’eau montant j’ai réalisé que j’avais besoin de respirer.

Désormais j’évite de penser à ces trucs qui font battre un peu mon coeur.

Je me dis que je m’observe mourir.
Une femme m’a une fois dit qu’elle admettait son enfermement, que l’espace et le temps lui étaient prêtés. J’avais opiné en tapant dans la boule de mon flipper parce que j’étais sur le point de gagner un jackpot. Elle m’avait parlé du résidu fermenté de tous les fromages qu’on bouffe et s’était sentie coupable de ne plus comprendre ce qu’était l’essentiel. Dans sa vie. Comme si c’était possible de vivre l’essentiel. Maintenant je sais que si j’étais capable de ne vivre que l’essentiel j’entendrais le long crissement d’un train de marchandises s’arrêtant à une gare. Et puis je continuerais à vivre sans savoir que ce long crissement aurait été l’essentiel. Mais ça je le sais parce que je suis au fond de mon cercle. Avant, quand elle me l’avait abattu au bord du lac, j’avais juste pensé qu’elle était un peu dépressive, qu’elle se posait trop de questions. J’avais eu envie de tirer sur le noeud de son maillot et de lui lécher le vagin, pour l’essentiel. Elle n’a pas aimé mon sourire et m’a quitté peu après pour une ville plus grande.

Alors je ne souris que rarement aux pierres qui m’entourent.

Parfois, je me dis que ce puits a jeté son dévolu sur ma déchéance; d’autres fois, je pense que je suis tombé dedans parce que je n’avais plus rien d’autre à faire. Pourtant je n’ai pas beaucoup lu, je n’ai pas vu grand chose des horizons des six continents, je n’ai pas assez aimé. Il me resterait donc tant à découvrir. En fouinant à mes pieds, dans la poussière cendreuse de mon puits, qui je le sais fossilise ceux qui ont hurlé là avant moi, outre des restes de fémur, j’arrache au passé des coins de photos. Où des bouts de visages réussissent encore à sourire.


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18 février 2008

Et si l’intelligence était une entité autonome qui aurait pris pour support un des grands singes dont l’évolution permettait de lui assurer la survie?

La thèse centrale, et la plus choquante, est que l’intelligence, au sens exprimé ici, serait une sorte d’entité utilisant l’homme comme véhicule et cherchant, à terme, à se détacher de lui pour trouver un support plus approprié. Ex: la machine.

Il faut utiliser deux hypothèses pour y répondre, largement discutées dans le monde scientifique.

1. Un nouveau-né projeté au paléolithique supérieur – époque du cro-magnon, autrement dit des premiers représentants connus de l’homo sapiens, il y a 40’000 ans -, développerait-il des capacités extraordinaires en rapport à son époque?
2. Un des premiers représentants de l’homo sapiens aurait réussi à survivre jusqu’à notre époque. Se baladerait-il à poil dans les rues en brandissant sa massue? (A ce sujet, voir absolument le film "The man from Earth", 2007, réalisé par Richard Schenkman, écrit par Jerome Bixby, scénariste de Twilight Zone le film et de plusieurs épisodes du Star Trek des années 60)

A la première question, selon la majorité de la communauté scientifique, la réponse est: non. Un nouveau-né transporté au paléolithique supérieur développerait exactement les mêmes capacités que ses congénères, i.e il évoluerait avec ce que ses sens lui apportent au fur et à mesure de son évolution personnelle, constituant son intelligence propre à l’évolution de son époque. Pourquoi? Contrairement à ce qui est effleuré dans cet article, cela n’a aucun lien avec le cortex, mais c’est le neocortex qui distingue l’Homme dans son évolution des autres mammifères. Chez l’Homme, l’ampleur du neocortex, parfaitement identique au neocortex d’il y a 40’000 ans, a donné naissance au langage. A partir de cette habilité, celle de la communication, l’Homme a construit son savoir, l’a communiqué de génération en génération pour créer sa culture, son histoire (le dessin, l’écrit) et ses progrès.

A la seconde question, la réponse est aussi: non. Cet homme hypothétique aurait vécu 14’000 ans d’évolution de l’humanité. Pourtant il serait tout bonnement comme "n’importe qui", au sens où son neocortex n’aurait pas évolué dans un laps de temps si court, pas d’un iota en fait. Sa mémoire serait tout aussi sélective que la notre, et il ne se souviendrait que de certains moments importants de sa longue vie, tout comme nous, sauf que certains de ces moments se situeraient au Moyen Age, par exemple. Son savoir (comme: nourriture apportée à son neocortex) aurait évolué exactement au même rythme que les progrès de l’humanité. Exemple: quand les découvertes de Newton ont été augmentées de la relativité restreinte, son cerveau aurait simplement logé aux oubliettes les lois de Newton pour les remplacer par celles d’Einstein. Son intelligence, encore une fois au sens où elle est mentionnée ici (on ne parle pas de sagesse, de connaissances intrinsèques, de psychologie freudienne, d’archétypes etc…), aurait suivi les connaissances immanentes au présent.

Donc l’intelligence en effet n’est pas innée, le cerveau de l’Homme actuel est capable de "recevoir" l’ensemble des progrès actuels dans le temps d’une vie, mais il n’en sait rien avant sa naissance. A vrai dire, il serait capable de recevoir bien plus (pour les soucieux). Par contre il ne sera jamais capable dès sa naissance de recevoir plus que les connaissances que son temps pourront lui apporter. Il pourra cependant les assimiler, en faire une théorie, et peut-être de ce pas faire avancer l’humain vers un autre progrès.

Pour revenir après ces considérations à la question initiale, oui l’intelligence mentionnée ici est indépendante de l’Homme en tant qu’individu, mais elle n’est pas indépendante de l’humanité dans ses progrès. Elle ne peut pas être considérée telle une simple superposition étrangère aux niveaux simiesques de l’humain. En réalité elle représente l’acquis de l’humain et, de façon plus significative, l’acquis de sa capacité (elle, innée) à communiquer. Autrement dit l’intelligence en soi n’est qu’un support acquis pour appréhender ce qu’on veut bien lui communiquer (inné). Elle s’appuie sur la constitution biologique actuelle du cerveau de l’Homme.

Enfin, l’intelligence artificielle. Contrairement à ce qu’on pourrait instinctivement se représenter par cet article, et relativement à tout ce que je viens de détailler, on ne peut pas donner à la machine plus que ce qu’on pourrait donner à un nouveau-né. Même si cette machine est douée initialement d’une capacité de calcul plus grande que celle d’un nouveau-né, donc d’un "neocortex" artificiel infiniment plus affamé, elle ne pourra jamais "savoir" plus que ce que l’intelligence de l’Homme peut lui offrir au moment de son apparition. Donc l’intelligence ne sera pas une "entité" bondissant d’un être à un autre par souci de prolifération, mais elle incarnera au contraire l’humanité entière qui s’offrira à la machine dans le stade actuel de ses connaissances. Ensuite, à la manière de ceux qu’on nomme "génies", cette intelligence saura peut-être en faire un avancement d’une autre nature, que nous, homo sapiens, nommeront "artificielle".

En résumé, pour ceux qui lisent tout en bas, la contradiction dans cet article vient du fait que l’intelligence y est à la fois considérée comme acquise, du fait de nos antécédents préhistoriques, et à la fois, dans sa propension fictive à vouloir "dépasser" l’Homme, comme innée: car on ne peut pas envisager l’intelligence comme un virus de l’Homme se propageant de génération en génération sans être "acquis". L’intelligence, c’est l’humain.

J’aimerais, en parallèle, insister sur le fait que ce qui a permis à l’intelligence, acquise, de se développer, est la capacité extensive à communiquer. Or s’il y a bien une chose qui est d’actualité, c’est la communication. Jamais, dans nos progrès, la possibilité et par conséquent la propension à communiquer n’ont été si puissantes. Tellement par exemple que beaucoup de mères craignent la société parce qu’elles ont peur que leurs enfants en verront trop, trop vite. Alors qu’en termes biochimiques il est établi que le cerveau ne PEUT pas être dépassé par ce qui lui est apporté par l’évolution de ses congénères (paradoxe bio-culturel). Néanmoins la communication s’intensifie depuis les années 80 de façon notoire. Donc la possibilité pour un enfant de recevoir ce savoir est d’autant plus grande, dans un laps de temps déterminé. Et là on peut relever une statistique intéressante, aussi dans le cadre des suppositions de cet article: ce n’est pas parce qu’on peut donner plus de savoir plus vite qu’il y a plus de génies…

J’espère avoir un peu éclairci le sujet. Je souligne le fait que le mystère reste sur la destinée de l’Homme après qu’une intelligence artificielle ait acquis son savoir, ses progrès, son intelligence.

Mais ça, la sf s’en occupe mieux que moi.

 

——-

Remarques:

Un nouveau-né se nourrit à chaque seconde de la totalité de notre savoir dès sa naissance, la différence avec une AI réside uniquement dans la manière et la vitesse de communication de ce savoir. L’AI ne pourrait pas en savoir plus, ou disons qu’elle pourrait en savoir plus de par la rapidité de ses mécanismes et de sa capacité à se connecter à l’information. Mais une fois qu’elle a tout, elle en fait quoi? Elle ne pourrait aller plus loin.
C’est dans sa capacité d’abstraction et d’imagination, par rapport à tout ce qu’elle sait, qu’un avancement inhumain (artificiel) serait envisageable. Or cette capacité-là ne pourrait lui être communiquée que par l’homme.
A ce moment la question revient à: cette capacité d’abstraction ne serait-elle qu’une somme de calculs dépassant l’intelligence du créateur? Ou, par défaut, le créateur ne peut-il pas la lui communiquer parce qu’il ne peut pas être plus que ce qu’il est lui-même dans sa totalité individuelle?
Si un génie peut aller au-delà de tout ce qu’il a appris des progrès de l’humain, et inventer quelque chose de nouveau, comment la machine pourrait en faire plus, alors qu’elle est issue du génie?
Car sa capacité de calcul serait elle-même proportionnelle à ce que l’Homme est capable de lui donner, et donc cette abstraction dont elle serait douée serait elle-même liée à son créateur.
Donc par définition, l’inventé ne pourra jamais aller plus loin que l’inventeur.


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6 janvier 2008

Elle est très imparfaite.
Dans le sens où j’aurais à la comparer à un site web, en terme d’ergonomie, impossible de s’y retrouver.
Déjà, le menu est en-bas.
Ensuite le meta-titre est « Je suis eux ». Très mauvais pour les moteurs de recherche.
Bon, en piochant à gauche à droite au hasard, on a vite fait de se rendre compte qu’elle n’en a rien à foutre des moteurs de recherche.
Puisque c’est elle qui recherche.
Quoi, c’est pas sûr.
De même que le sexe d’ailleurs.
En se promenant sur ce site au hasard du fourre-tout des liens, on ne comprend pas vraiment si elle est il ou il est tel.
On aimerait se raccrocher au menu d’en-bas.
Alors: « Eux », « Moi j’eux », « Et si j’euzais », « Textes », « Aimer », « Fuir », « Furie », « Contact »
Moi en arrivant sur elle j’ai bêtement cliqué sur « Contact » parce que ça me rappelait d’autres sites.
Je suis tombé sur un court paragraphe assez rationnel m’expliquant que la probabilité de rentrer en contact avec une civilisation extraterrestre était très faible et que, à moins que je ne sois très patient, et surtout jeune, en bonne forme, avec un espérance de vie diluvienne, il valait mieux que j’oublie.
Dans mon sourire, j’avais déjà découvert sur ce site un peu d’humour. Et un peu de pessimisme.
Mais ce texte m’a suggéré que sous le chaos apparent je devais y trouver une organisation hors du commun.
Alors je suis tombé sur une page, parce dans ce site on ne peut que tomber sur quelque chose, inutile de se dire qu’on l’a voulu, le site prend la main, et tire le long de ces marches que Dürrenmatt a si bien décrites dans sa nouvelle sur le néant, tire vers une excitation bizarre, un peu comme de tenir un billet de loterie qui n’a aucune valeur, mais qui pourrait. Qui pourrait. Et cette page ne racontait rien de vraiment épatant. Néanmoins j’ai tout de suite compris qu’elle était une femme, à sa manière de tenir une cigarette en observant les fenêtres illuminées de l’autre côté de la rue. Ses mots respiraient ce désir d’être au-delà d’aimée. Un mec aurait voulu dominé, être admiré, même doucement, mais elle voulait se fondre.
J’ai pas tout lu et zappé sur un autre lien dans le texte: yeux. J’avais remarqué, au début de ma baguenaude sur ce site, que yeux apparaissait souvent en lien. Parce que c’est eux, à un y près, ai-je compris dans une image. Presqu’en plein écran, l’image de ses yeux, et dans les iris, presque une plaine après la bataille, fumante, sanglante, avec ces petits drapeaux flottant dans le vent, presque apaisants. Tout est terminé.
C’est à ce moment que j’ai été pris d’effroi. J’aurais voulu continuer à cliquer, dans « Aimer », sur « vidéo », mais ça me brulait, par-dessus la plaine de la guerre, je n’avais plus assez de souffle pour tous ces liens.
Et j’ai abandonné. Parce que ce site m’aurait mené loin et que j’étais trop lâche pour aller voir là-bas.


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20 décembre 2007

C’est un organisme vivant. Le principal espoir réside dans la liberté que cet organisme vivant nous laisse transparaitre. Dans la succession des réveils, des mois, des années, réside en moi l’idée que tout est possible. Qu’il suffit de. En réalité l’organisme enregistre. Je ne parle pas de "eux", de "ils", des oppresseurs, des condamnants et des bourreaux. Je ne parle pas de hiérarchie, de coupables, de victimes et de justice. J’évoque la machine des êtres vivants. Cette machine existe parce qu’il y a quelqu’un qui existe à côté de moi. Et si je lui prends sa place, il se plaint, et la machine se plaint. Le problème n’est pas qu’il existe des mécanismes oppressants et des structures révoltées, ni qu’il y ait des hiérarchies de luttes invisibles, le problème est qu’à côté de moi existe quelqu’un d’autre. En ce sens le couple est l’organisme ancestral le plus puissant, celui qui incarne tout le désarroi, toutes les luttes, tout le mal et tout le bien propulsé maladroitement dans ce qui m’entoure. Parce que le couple, c’est le premier contact avec l’autre. Avec l’organisme. Cette chose vivante que je peux définir parce qu’à la fois elle est en moi et à la fois elle n’est pas moi. L’organisme des êtres. Et si j’en suis le cancer, c’est que la mort possède un sens profond. C’est moi. Je suis là pour remettre en cause son fonctionnement, pour ne pas accepter ses rythmes, ses gloires, ses travers et sa marche toujours inéluctable. Je suis là pour les déraillements, les morts injustes, les familles hurlantes et les catastrophes des manchettes de journaux. C’est moi.

Mais je ne suis pas coupable. Je fais juste partie de.
 


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14 décembre 2007

Il y a des rencontres qui n’ont pas lieu d’exister. Et il n’y a pas d’espoir en elles.
C’est là précisément que je place tous mes espoirs.
Mettre tous ses espoirs dans la perte, dans l’inexistant, dans l’inutile, l’irresponsable et le superflu, c’est indispensable.
Sans moi, il n’y aurait aucun équilibre dans ce monde.
J’étais amoureux. Je le suis encore.
C’est complètement superflu.
Et vain. Et essentiel.
 


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15 octobre 2007

Quand j’ai envie. Il y a un doute. Et quand j’ai envie et il y a un doute je n’ai plus envie. Mais j’ai encore envie. Parce que je n’ai plus envie alors j’ai envie d’un peu plus d’envie. Mais si j’ai envie d’un peu plus d’envie alors ça me dégoûte et j’ai encore moins envie. Et j’envie ceux qui ont encore envie alors qu’il n’y a plus d’envie. Même si j’avais envie d’être comme eux et de continuer à avoir encore envie j’aurais encore moins envie parce qu’eux, ils l’ont déjà, cette envie. Du coup je me calfeutre dans le doute et je n’ai plus envie. Il se pourrait néanmoins que j’aie envie de ce dont ils n’ont jamais eu envie, et alors pour un moment sublime je suis celui qui a envie de ce dont ils n’ont jamais envie. Rapidement cependant leurs envies me rattrapent et alors j’ai à nouveau envie de leurs envies et il y a un doute et je n’ai plus envie. Si seulement je pourrais avoir envie de ce dont ils n’auront jamais envie… Mais ils ont envie comme moi et je suis comme eux, alors nous aurons envie ensemble. Et je douterai encore de l’utilité de mon envie. Car si j’ai envie ce doit être parce que personne n’en a jamais eu encore envie, sinon pourquoi en avoir encore envie, et donc je suis heureux le temps d’en avoir envie pensant que je suis le seul. Pourtant je ne suis jamais le seul à en avoir envie. Ils se jettent sur mon envie aussitôt que je l’embrasse et je ne peux que leur la tendre dans le dégoût de mon envie de départ. Parce que si j’avais su, je n’en aurais pas eu envie. Et je reste dans mon coin à en avoir envie alors que les autres la mangent plus vite que je n’en ai envie. J’essaie d’inventer des idées qui donnent envie, mais à peine ai-je envie d’elles que déjà les autres, par envie, les lancent au-dessus d’eux comme des envies qui manquent absolument. Je m’en fiche, je reste, las: ce ne sont déjà plus mes envies qu’ils se jettent entre eux, mais des idées d’envies dissoutes dans leur envie de partager les envies des autres. Ils n’ont plus envie d’eux-mêmes mais des autres, et les autres ont envie d’eux. C’est alors qu’ébahis je me rends compte qu’ils ont envie de moi comme j’ai envie d’eux. C’est alors aussi comme eux que j’ai envie, et que j’ai un doute, et que dans ce doute je n’ai plus envie. Tout aurait été tellement plus simple si j’avais eu une photocopieuse.


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26 avril 2006

Il nous faut un mouvement. Mais un mouvement qui ne va pas vers un but. Un geste artistique qui a autant de portée qu’un moment d’extase devant une oeuvre surréaliste. Un moment d’extase. Il nous faut un geste qui fait peur à tous ceux qui l’entourent. Une erreur. Une faute grave. Sans doute une imbécilité. Et cependant, un pas en avant vers une preuve irréfutable de la sensation. Il nous faut un sens qui ne soit pas une raison d’être. Une raison d’être qui ne soit pas juste une déclaration d’ego. Il nous faut une révolution non de la manière d’agir mais de la manière de penser. Il nous faut un autre lien entre nous. Intangible, fragile, à la limite de l’inutile, un lien qui soit plus que nous-mêmes. Que ce « je » qui nous terrasse porte un sens à travers tous les autres « je » qui y sont liés. Il nous faut un lien qui soit plus important que le « je » s’affirmant aux yeux des autres. Un mouvement. Indicible. Ridicule. Incohérent. Ce mouvement qui sans nous parviendra à l’union sans but, à l’union totale, au glissement de la vague sur la pierre usée. Et ce mouvement s’exprimera par les liens entre nous, non pour l’éclat de l’un ou de l’autre; mais bien pour le lien entre l’un et l’autre. Et il s’exprimera malgré nous. Il s’exprimera par la force égoïste de chacun de nous.


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17 février 2006

Graisse neuronale qui t’empêche d’aimer, fatuité de la pensée raisonnante qui fait de chaque excitation une palpitation glauque, comme préméditée. Ne pas aimer. Ne pas pouvoir aimer. Traverser la ville à cent à l’heure et sous cet abri bus l’image floue d’un couple qui s’embrasse. L’éclat de rire d’une femme au loin dans la rue, une nuit d’été charbonneuse. Des mains qui se nouent devant une boutique pour enfants, des épaules qui se tiennent en souriant le samedi matin au marché.

Conneries.

L’amour, c’est juste fait pour qu’on n’ait pas trop peur du jour où on bavera avec l’âme soeur de concert sur la pelouse en plastique d’un asile de vieux. L’amour est un moyen de reproduction cérébralisé, une façon d’avoir des manières charmantes, de ne pas trop se sentir animal, tout en s’astiquant frénétiquement. L’amour est une arnaque. Une illusion. Un pis-aller. Tout au plus, une rêverie romantique. Toute femme au-dessus de trente ans a envie d’un enfant parce que ses hormones le lui dicte. Tout homme, aussi moral soit-il – la bonne blague – finit par mater la voisine parce que ses hormones le lui dictent. Les femmes rêvent d’avoir un homme qui puisse tout leur donner, les hommes rêvent de toutes les femmes qui pourraient leur donner une seule chose.

Entre deux, on met l’amour, comme une pub pendant la mi-temps. L’amour est une canette de bière au savant grimage d’être toujours pleine.

Mais il y a ce couple qui s’enlace dans la nuit zébrée de lampadaires sous l’abri bus. Et cette femme qui saute de joie en le voyant descendre du train. Et ce bonheur, quelle que soit sa durée, sa vérité, son fondement, son but même, ce bonheur-là est vrai l’espace de cet instant.

L’amour est un instant.

Une mélodie sur une scène, un accord de guitare, des pupilles brillantes.
C’est aussi un réflexe pavlovien face à l’idée de forniquer, et, éventuellement, se reproduire. Elle mouille, je bande, c’est ok. (en passant, OK vient d’un général britannique analphabète qui signait toutes ses condamnations avec OK, signifiant dans son esprit atteint par le whisky : OLL KORRECT)

L’amour est une mise en scène religieuse séculaire.
Les illuminés vous le diront : des chiottes pleines de merde peuvent évoquer l’amour le plus profond, le plus humain, pour « celui-qui-sait-voir ». N’empêche, c’est toujours des chiottes pleines de merde.
Et il y a ce mec qu’elle matte depuis des semaines le même soir, au même bar, avec le même sourire. Quelle drôle de rêverie, cette réalité déguisée par l’amour.

Mais c’est plus vrai, plus consistant, plus puissant, que le crétin cynique qui disserte en ricanant de ne plus savoir aimer.


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16 décembre 2005

En mathématique quantique il est démontré l’existence de l’anti-matière. A chaque particule correspondrait une anti-particule. Il est donc vraisemblable de postuler qu’à plus grande échelle tout agrégat matériel possède son anti-agrégat matériel. Il est intéressant alors de remarquer, mais ceci est sujet à moult débats, que l’anti-résultat d’une vie humaine, autrement dit le résultat calqué dans l’anti-matière de toute une existence, serait sans doute la mort de cette existence. Et puisque cette existence extrojecte sa vie à chaque milliardième de seconde passant, on peut aussi prétendre, sans allusion philosophique, que cette même existence tend à la mort à chaque milliardième de seconde.
Cette théorie, appliquée aux mots et à l’acte d’écrire, autrement dit à la forme verbale de la représentation de la pensée, revient à croire que chaque mot possède son non-mot, son point final, chaque sens, son non-sens, chaque refrain d’amour, son abrégé de philosophie, et au-delà de ces parcelles d’être, chaque somme intellectuelle d’une vie individuelle, son absolue irréalité.
« Je pense donc je ne suis pas » serait ici le charmant résumé apporté par la mathématique quantique actuelle.


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18 juin 2005

C’est l’absence de volonté. La totale impuissance en face de l’action. L’abandon de tout geste créatif devant la trivialité du monde considéré comme un tout divaguant, inutilement bruyant. Pépier, pour mieux vivre ? Non, oublier. Oublier qu’il est possible d’agir, c’est l’horreur. Se souvenir de l’entrain illuminé de la jeunesse. Attraper cette énergie qui a foi en l’avenir et en chaque geste ; mais derrière ce souvenir et derrière cette énergie, entrevoir la fatuité immense de l’action humaine sous les étoiles et se refroidir comme le vide de l’univers à l’idée qu’un geste n’a de sens que pour soi-même et que d’aller vers l’autre, aller vers l’autre, est un cri lancé à l’inconnu dans le noir au cœur de son propre désespoir.


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