Littérature suisse
Dessins suissesadmin
:: 8 octobre Une étrange certitude
:: 12 septembre [Hommage] Dialogue d’elle-lui-elle
:: 11 septembre Sémantique urbaine
:: 7 septembre Nous allons mourir, mon amour
:: 6 septembre Quand le vent froid soufflera
:: 3 septembre Architecture réalisée : bureaux en mailles métalliques à Crissier
:: 2 septembre D’amour, de mères et de femmes
:: 1 septembre L’instant précis
:: 31 août Déréliction IV
:: 25 juin Où vas-tu, à Vinicius
:: 24 juin Quand elle dort
:: 23 juin L’abîme de l’été
:: 22 juin Vision
:: 21 juin L’été flamboyant
:: 20 juin Le lien
:: 16 juin La réalité
:: 15 juin Le départ de l’ange
:: 13 juin La lente disparition
:: 11 juin Dans l’orage
:: 8 juin Sur l’océan
:: 4 juin Pourquoi tu pleures?
:: 3 juin Danse!
:: 1 février La forêt
:: 7 janvier Le bistrot Il s’appelerait Marc
:: 24 décembre Neige et solitude
:: 22 décembre Morte Neige Reine
:: 2 janvier Grand Chalet Leysin
:: 29 décembre La faiseuse de mondes
:: 23 décembre Le clou
:: 20 décembre Quand on s’endort
:: 6 décembre REP Gérard Delaloye ou La solidité de l’Existance
:: 14 novembre Que dire de plus?
:: 30 septembre Rêve d’architecte
:: 10 août Celui qui n’en était pas un
:: 8 août Rêve d’architecte
:: 11 septembre | Sémantique urbaine
:: 21 juin | L’été flamboyant
:: 24 décembre | Neige et solitude
:: 22 décembre | Morte Neige Reine
:: 2 janvier | Grand Chalet Leysin
:: 29 décembre | La faiseuse de mondes
:: 6 décembre | REP Gérard Delaloye ou La solidité de l’Existance
:: 8 août | Rêve d’architecte
:: 24 juin | L’antre des Gobelins
:: 18 décembre | Les amours passés
:: 21 novembre | Laetitia, mode intérieur
:: 20 novembre | Mirko, joie et tristesse
:: 14 novembre | Un monde sans travail
3 septembre 2018

Bureaux Arta Crissier

Bureaux Arta Crissier


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2 septembre 2018

Elle observe le ciel du couchant entre les arbres noueux du Cerrado. Sa petite-fille a déjà préparé le feu. Comme elle bouge vite ! Comme elle est fluide ! Elle est dans son élément. Elle coule entre les branches, autour de la cascade elle sautille d’une pierre à l’autre, elle semble partout à la fois dans la joie et l’harmonie avec la nature immense qui n’en finit pas de s’étendre vers l’horizon. A l’Est, les première étoiles. Elle lui rappelle son enfance. Comme elle se détachait dans l’air vibrant de son pays, comme dès son plus jeune âge tout ce qui l’entourait la portait dans le temps et l’espace vers une destinée tracée, aussi limpide que l’air de ce soir naissant.
Les laissant seules elle et sa petite-fille, Helena est allée se perdre vers les petites cascades qui par douces étapes descendent jusqu’à la chute du Sertao Zen.
« Grand-mère ! Regarde la libellule ! »
Elle lui sourit, acquiesce.
Ce lieu et cette lumière lui font penser à ses histoires d’amour. Et à une en particulier. Dans son sac, elle a emporté la manchette du journal qui lui a annoncé sa mort. Comme il aimait la lumière de son pays !
Sa petite-fille lui ramène une pierre parfaitement ronde et transparente.
« Regarde, grand-mère, c’est mon coeur ! »
« Ton coeur ? Il est beau ! Alors garde-la bien toujours avec toi, et quand tu seras amoureuse, tu pourras partager cette jolie pierre avec ton amoureux. »
« Mais je suis déjà amoureuse ! »
« Ah bon ? C’est un petit copain de l’école ? »
« Non… Du cheval. Mais je ne sais pas s’il est aussi amoureux de moi. »
La petite fait la moue et détourne son regard un instant vers l’horizon où le soleil s’est évanoui.
« Tant pis. Je vais quand même lui montrer ma pierre ! »
« Tu as raison. Et puis s’il ne l’aime pas, tu auras toujours ta pierre et tu auras toujours ton coeur avec toi. »
Un peu plus tard, Helena est revenue des cascades, sa fille fait rôtir au bout d’une branche quelques légumes et du manioc. Les étoiles se sont levées et la voûte de la Voie Lactée nimbe le ciel d’une brume lumineuse d’un horizon à l’autre. Elles sont restées longtemps en silence, elle observant sa fille Helena, Helena observant sa propre fille. Helena s’est détournée du feu un moment et a souri à sa mère.
C’est maintenant qu’elle veut le faire. Péniblement – elle n’a plus l’habitude de ces longues marches dans la savane – elle se redresse et sort la manchette de journal qu’elle a soigneusement découpée plus tôt dans la journée. Lentement, elle plie le texte et sa photo en un petit carré blanc. Elle s’approche du feu. Au bout de ses doigts encore graciles, le petit bout de papier brille près des flammes. Cela faisait si longtemps qu’elle n’avait plus entendu parler de lui ! A part dans les livres et les poèmes, et les chansons qui avaient repris ses poèmes, et dans chaque poème d’amour et dans chaque histoire et dans chaque chanson elle avait reconnu un petit bout de leur histoire.
Avec un geste à la fois tendre et gracieux qui se détache du temps, du ciel et des flammes, elle laisse tomber le petit carré blanc dans les braises. Les larmes scintillent discrètement entre les rides de son visage.
« Grand-mère ! Tu pleures ? »
Tandis que de l’autre côté du feu, Helena la fixe intensément.
« Oui ma petite, parfois, il faut pleurer. »
Elle s’assied sur un rocher près de sa petite-fille et rend son regard à Helena dans un sourire paisible et triste.
« A cause d’un amoureux ?! »
Elle la prend dans ses bras et serre sa petite main qui tient son petit caillou.
« Autrefois, oui, mon amoureux. »
« Il est parti ? »
« Il est parti, il y a longtemps. »
« Alors tu es triste… »
« Je suis triste, et heureuse. Il a écrit plein d’histoires sur nous et notre amour ! Je lui ai donné de l’amour et il m’en a donné, et c’était comme ce feu que tu vois là, et ce feu est devenu comme toutes ces étoiles que tu vois là au ciel ! Beaucoup de femmes et d’hommes autour de la Terre ont aimé ces mots comme nous nous sommes aimés, les ont chanté et dansé, et à leur tour ils se sont aimés et ont touché un petit bout de bonheur, grâce à nous. Alors je suis heureuse. »
« Mais tu es triste, parce qu’il est parti… »
Elle sert sa petite-fille fort contre elle. Helena sourit, son regard perdu dans les étoiles. Le ciel est noir et lumineux. Comme il aimait ce ciel qu’il a rejoint !
« Oui. Et aujourd’hui, il est parti une deuxième fois. Mais dans mon cœur, il reste toujours. »


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1 septembre 2018

Comment te relâcher? Comment fuir, juste pour un petit moment? Comment ne pas avoir le sentiment du flux tendu entre un point et un autre en permanence dans la réalité? Comment ramollir ta vie et traverser quelque chose de doux au lieu des angles violents et nets qui se répètent de vendredi en vendredi? Où vas-tu pour t’échapper?

As-tu trouvé ce lieu clair ?
Quelque chose
qui n’est ni toi ni elle
a jailli des entrelacs éreintants
L’instant précis
L’instant plus-que-présent
échappé du cursus de la raison
vos voix
écartées de milliers de kilomètres
simultanément deux Je distincts
Vous avez chuchoté ensemble de vos deux voix:
J’irai vers tes bras
Je suis au bord du chemin

Et j’ai frissonné, de la terreur paisible et respectueuse, devant la voix ubique de l’amour, loin et contre moi.

Seuls ceux qui savent entendre et les hurlements et les chuchotements de l’instant précis.


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31 août 2018

Déréliction
Besoin de
Envie de
Déréliction
Rien n’a plus aucune importance
Après cette minute-là, celle-là
Maintenant
Le néant
Le jour de demain
Un vide incertain
La nuit naissante
Pourrait durer à jamais
Déréliction
Tout est continuellement en train de finir
La boucle d’énergie recommence
Inlassable, elle tourne dans la finitude permanente
Dans son mouvement cyclique qui n’a plus de sens
Et le lendemain peut aussi bien ne jamais être
Ou être hier
Besoin de envie de
mourir
Juste un petit peu
S’il vous plaît
Juste un petit peu


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25 juin 2018

Le soleil se couche là où tu n’es pas
La ville s’illumine là où tu n’es pas
Les étoiles brillent là où tu n’es pas
Les sons de la vie bourdonnent là où tu n’es pas
Où vas-tu
Toi, tu vas là où je ne suis plus

Où vas-tu
Toi tu as planté une fureur
Même sans toi je vais la vivre
Que vibrent toutes les noirceurs !
Où vas-tu
Toi tu vas là où tu dois
Peu m’importe où tu vas
Que tu ailles ou pas
J’ai à vivre tout ce qui est en toi


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